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Chez Alain Milliat, un jus ne porte pas un nom de parfum mais un nom de variété. Poire Williams, Passe-Crassane, pêche de vigne, fraise Sengana, mangue Chato de Ica, abricot Bergeron : ce sont des cultivars, sélectionnés un par un, comme un vigneron sélectionne son cépage. C'est le principe fondateur de la maison, et c'est ce qui explique qu'on y trouve deux jus de poire et trois jus de pêche qui n'ont rien de commun au nez comme en bouche.
Trinquay référence vingt-neuf boissons Alain Milliat : dix-huit jus de fruits et nectars en bouteille de dégustation, dix limonades, citronnades, infusions et thés glacés bio en petit format, et un concentré de gingembre pensé pour le bar. Des purs jus sans sucres ajoutés aux nectars riches en pulpe, cette page vous aide à choisir le bon fruit, la bonne variété et le bon moment de service.
Alain Milliat est fils et petit-fils d'agriculteurs. L'histoire de la marque commence dans une ferme, pas dans un laboratoire, et cette origine paysanne se lit encore dans la façon dont les fruits sont choisis : à la parcelle, à la variété, à la maturité.
En 1983, Alain Milliat reprend l'exploitation familiale d'Orliénas, au sud-ouest de Lyon. Pendant une quinzaine d'années, il restaure et replante les parcelles à la manière traditionnelle, en les traitant comme un jardin et en introduisant des méthodes plus respectueuses du sol. Ce long travail de verger précède de très loin la première bouteille : avant de faire du jus, la maison a d'abord fait pousser des fruits.
En 1997 naissent six premiers jus et nectars. Plutôt que de démarcher la grande distribution, Alain Milliat tire au sort une soixantaine d'établissements dans le guide Relais & Châteaux et envoie ses bouteilles à leurs sommeliers. Leurs retours servent à ajuster les textures, les équilibres entre sucres et acidité, les couleurs. Le jus est ainsi né comme un produit de dégustation, jugé au verre par des professionnels du goût — d'où sa place naturelle chez un caviste.
Les racines restent à Orliénas, mais la transformation se fait aujourd'hui à Valence, dans la Drôme, au centre du bassin fruitier français. Les fruits y convergent, les jus y sont extraits, les nectars préparés, les bouteilles remplies puis expédiées dans plus de vingt pays. Plus de la moitié des fruits travaillés sont français ; pour les fruits exotiques, la maison fait extraire et congeler le jus sur zone afin de l'acheminer par bateau plutôt que par avion. Le reste du sourcing suit la même logique de proximité : la maison privilégie les producteurs installés près de l'atelier et sélectionne des fruits issus d'exploitations conduites en agriculture biologique ou à bas niveau de résidus. Jusqu'au contenant, puisque les bouteilles sont fabriquées à partir de 70 % de verre recyclé et que les coproduits du pressage sont revalorisés localement au lieu d'être évacués.
C'est la particularité qui saute aux yeux dans le rayon : les étiquettes annoncent une variété, pas une catégorie. On n'achète pas « du jus de poire », on achète une Williams ou une Passe-Crassane, et les deux n'ont ni la même saison, ni les mêmes arômes.
La Poire Williams est cueillie avant maturité puis affinée en caisses : le nectar qui en sort livre des arômes éclatants et une texture finement granuleuse, fidèle à la chair du fruit. La Passe-Crassane, elle, est la poire d'automne récoltée le plus tard, et la plus aromatique de sa saison ; devenue rare dans les vergers, elle donne ici un pur jus à 99,93 % de jus de poire, sans sucre ajouté. Deux poires, deux moments de l'année, deux boissons distinctes.
La pêche de vigne est récoltée au moment des vendanges : son nectar tire sur l'amande, avec une légère amertume et cette texture reconnaissable entre toutes. La pêche jaune, cueillie fin août après un mûrissement lent sous de fortes amplitudes thermiques, donne un jus généreux et gourmand ; la pêche blanche joue au contraire la finesse et la délicatesse. Quant à l'abricot Bergeron, variété emblématique de la vallée du Rhône, il apporte une robe orangée, des arômes légèrement boisés et une belle acidité naturelle sous l'onctuosité de la pulpe.
La Sengana est une fraise choisie pour sa richesse aromatique : le nectar en garde la texture pulpeuse et une fraîcheur franche. La mangue Chato de Ica, cultivar péruvien, donne un profil solaire et une chair fondante. Le litchi apporte ses notes florales, le fruit de la passion sa forte acidité et sa persistance, le pamplemousse rose son équilibre rare entre douceur, vivacité et amertume maîtrisée. Les agrumes ne sont pas en reste avec l'orange blonde d'Espagne, récoltée à pleine maturité dans la région de Valence, pressée en pur jus sans amertume.
C'est la partie de la gamme la plus proche de notre métier. Quatre jus de raisin déclinés par cépage, pensés pour tenir la table quand on ne sert pas de vin — et qui se dégustent d'ailleurs comme tels, avec un œil, un nez et une bouche.
Le Chardonnay se présente sous une robe jaune paille, avec des arômes généreux de fruits mûrs et une fin de bouche jamais encombrée de sucre : il est issu d'une vendange précoce et d'un désucrage par membrane végétale. Le Sauvignon, plus clair et transparent, ouvre sur des notes de fleurs blanches et garde la vivacité qu'on attend du cépage. L'un et l'autre sont des purs jus, sans sucres ajoutés.
Le Cabernet donne un jus de raisin rosé aux notes d'herbe séchée, de fruits d'automne et de miel, issu d'une vendange précoce sur une parcelle identifiée. Le Merlot va plus loin encore : robe rouge-violet soutenue, nez de myrtille et de bois, bouche marquée par le fruit du raisin avec une légère amertume — un profil presque vineux. Les baies sont lavées et broyées, pressées sans chauffage, filtrées, puis pasteurisées à 85 °C.
La vendange précoce est le geste clé de ces jus de raisin. Ramassé plus tôt, le raisin contient moins de sucres et conserve son acidité : le jus reste digeste au lieu de tomber dans la lourdeur sucrée qu'on reproche souvent aux jus de raisin industriels. C'est aussi ce qui les rend capables d'accompagner un plat plutôt que de le couvrir.
La gamme mélange quatre types de boissons qui ne répondent pas aux mêmes règles. Savoir les distinguer évite les mauvaises surprises au moment de comparer deux bouteilles et deux prix.
Un pur jus est le fruit pressé et rien d'autre : c'est le cas du Chardonnay, du Sauvignon, du Cabernet, du Merlot, de la Passe-Crassane, du pamplemousse rose et de l'orange blonde, tous sans sucres ajoutés. Un nectar, lui, associe de la pulpe, de l'eau et du sucre, parce que le fruit concerné est trop dense ou trop acide pour être bu pur : c'est la règle pour la pêche, la fraise, la mangue, le litchi, le fruit de la passion ou l'abricot. La proportion de pulpe est indiquée sur chaque fiche, de 35 % pour le litchi à 53 % pour la pêche jaune.
Le petit format rassemble dix références bio à boire telles quelles : limonade au citron de Sicile aux fines bulles, citronnades citron-gingembre et citron-passion sans sucres ajoutés, infusions citron vert-gingembre-pomme et framboise-menthe-pomme, thés glacés au thé vert Chunmee et Gunpowder ou au Sencha du Hunan, prêts à boire au gingembre, au yuzu et au fruit de la passion. Ce sont les bouteilles de l'apéritif sans alcool, du goûter et de la terrasse, à servir bien fraîches.
Le concentré de gingembre est le seul produit de la gamme qui se dilue. Gingembre mûri de Madagascar, verveine, citron vert de Sicile et piment langue d'oiseau : une chaleur vive et fumée, adoucie par l'infusion de verveine. Comptez 3 cl de concentré pour 20 cl d'eau, soit environ vingt-cinq doses dans la bouteille de 75 cl. C'est la base d'une limonade maison, et un excellent point de départ de cocktail, avec ou sans alcool.
La maison est née de la ferme familiale d'Orliénas, dans le Rhône, reprise en 1983. La transformation se fait aujourd'hui à Valence, dans la Drôme, où les fruits sélectionnés sont pressés et où les nectars sont préparés et mis en bouteille. Plus de la moitié des fruits travaillés sont français.
Le jus est le fruit pressé, sans sucres ajoutés ni additif. Le nectar associe de la pulpe de fruit, de l'eau et du sucre, dans une proportion indiquée sur l'étiquette. Ce n'est pas une question de qualité mais de fruit : une pêche ou une fraise ne se boit pas pure, une orange ou un raisin si.
Les jus de raisin de cépage sont les plus à l'aise à table : le Chardonnay et le Sauvignon sur les entrées et les poissons, le Merlot sur des plats plus soutenus. Servez-les bien frais, entre 6 et 8 °C, dans un verre à vin plutôt que dans un grand verre à eau. Le Cabernet rosé fait la transition entre les deux : assez léger pour une entrée fraîche, assez marqué pour tenir jusqu'au fromage. Les nectars de fruits, plus gourmands, trouvent mieux leur place au petit-déjeuner ou à l'apéritif. Pour un repas entier sans alcool, le plus efficace reste de changer de jus au fil des plats comme on changerait de bouteille, plutôt que de garder le même verre du début à la fin.
Trinquay référence vingt-neuf boissons Alain Milliat sur cette page : jus de fruits, nectars, jus de raisin de cépage, limonades, citronnades, thés glacés et concentré de gingembre. Le rayon est constitué par un caviste, avec les mêmes critères que pour une bouteille de vin — la variété, la récolte, le pressage et l'équilibre en bouche.