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Whisky Domaine des Hautes Glaces

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Une ferme d'altitude où l'orge et le seigle poussent à neuf cents mètres, un vieux moulin écossais posé dans l'atelier, des alambics charentais chauffés au feu de bois : le whisky Domaine des Hautes Glaces se fabrique du champ à la bouteille sur un seul et même lieu, dans le Trièves. Cette page réunit nos embouteillages de la maison et explique ce que chacune de ses gammes engage réellement, de Moissons aux cuvées parcellaires Épistémè.

Le whisky Domaine des Hautes Glaces, une ferme distillerie du Trièves

Le Trièves occupe le sud de l'Isère, entre les falaises du Vercors et les sommets des Écrins, à une altitude où la culture des céréales relève encore de la montagne. C'est là que le domaine cultive, malte, brasse, distille et élève, quand la plupart des distilleries achètent leur malt tout fait à un malteur. L'expression ferme distillerie n'est donc pas une image de marque : elle décrit une chaîne complète tenue sur place. Rappelons au passage que « whisky français » désigne une origine et non une appellation, sujet que notre page consacrée au whisky français traite en détail.

Frédéric Revol, Jérémy Bricka et l'année 2009

La maison naît en 2009 de la rencontre entre Frédéric Revol, ingénieur agronome, et Jérémy Bricka, œnologue. Les deux profils disent assez bien le projet : un agronome pour la conduite des parcelles et le choix des variétés, un œnologue pour la fermentation et l'élevage. Le domaine s'installe alors sur les hauteurs de Saint-Jean-d'Hérans, au col Accarias, à environ neuf cents mètres. Le pari tenait en une phrase à l'époque : faire du whisky comme on fait du vin de domaine, en partant de la terre plutôt que d'un cahier des charges de distillation.

Du col Accarias au prieuré de Cornillon-en-Trièves

La distillerie a changé d'adresse sans quitter la vallée. Le domaine acquiert en 2018 les bâtiments d'un ancien prieuré à Cornillon-en-Trièves, anciennes dépendances agricoles du château de Cornillon, engage les travaux en 2020 et fait l'objet en 2021 d'une enquête publique portant sur la création de la distillerie. Le siège et l'établissement principal y sont transférés en janvier 2023. Une bouteille peut donc porter l'une ou l'autre commune selon sa date, sans que cela signale deux maisons différentes.

Rémy Cointreau, propriétaire du domaine depuis 2017

Des négociations exclusives s'ouvrent en octobre 2016 avec le groupe Rémy Cointreau, qui annonce le 5 janvier 2017 la finalisation du rachat de la totalité du capital du domaine. Frédéric Revol est resté à la tête de la maison après l'opération. Le groupe lui a donné les moyens d'agrandir son équipe et son outil, sans que la ligne fondatrice bouge : céréales biologiques, approvisionnement de proximité, tout le cycle mené sur le site. Pour un amateur, ce point compte à la lecture d'une étiquette récente, puisque la montée en capacité explique que des cuvées autrefois confidentielles se trouvent plus facilement aujourd'hui.

De la parcelle au fût, ce que le domaine fait lui-même

Dans l'immense majorité des distilleries, la céréale arrive maltée, broyée par un tiers, et le distillateur travaille une matière qu'il n'a pas vue pousser. Les Hautes Glaces ont pris le chemin inverse et gardé chez elles les étapes que l'industrie a séparées depuis un siècle. C'est un choix coûteux en main d'œuvre, et c'est la raison d'être de la maison : chaque bouteille se rattache à des parcelles nommées, pas à un lot de malt anonyme.

Des céréales cultivées en agriculture biologique autour du domaine

L'orge, le seigle et l'épeautre sont conduits en agriculture biologique sur le domaine et chez des fermes voisines du Trièves, dans une démarche d'agriculture régénératrice revendiquée par la maison. La montagne impose ses variétés et ses rendements : à cette altitude, la fenêtre de récolte est courte et les rendements restent modestes comparés à la plaine. Cette contrainte devient l'argument du domaine, puisque c'est elle qui permet de rattacher un embouteillage à une parcelle précise plutôt qu'à une région entière.

Le maltage et le moulin écossais de la distillerie

Le maltage se fait sur place : la céréale est trempée, germée puis séchée dans l'atelier, opération que presque aucune distillerie française ne mène elle-même. Le broyage passe ensuite par un ancien moulin écossais installé dans la distillerie, machine conçue pour rendre trois fractions bien distinctes, la farine, la semoule et les enveloppes. Le rapport entre ces trois fractions décide de la clarté du moût et donc, plus loin, de la finesse du distillat.

Des fermentations longues et des levures indigènes

La fermentation se déroule en cuves de chêne et dure au minimum cent vingt heures, là où beaucoup d'ateliers tournent en deux ou trois jours. Elle est conduite avec des levures indigènes, celles que la maison prélève sur ses propres champs, et non avec une levure sèche de commerce. Une fermentation longue laisse le temps aux bactéries lactiques d'agir après les levures, ce qui construit une matière plus complexe avant même le premier passage à l'alambic.

La distillation au feu de bois du Domaine des Hautes Glaces

Le matériel de distillation est ici emprunté au cognac et non à l'Écosse. Ce détail d'atelier a des conséquences directes sur la forme du distillat, sur la conduite de la chauffe et sur le rythme de production, et il explique pourquoi les whiskies de la maison ne ressemblent pas à un malt écossais de format comparable. Le domaine distille deux fois, comme la plupart des distilleries écossaises, mais avec un appareil de contenance très inférieure.

L'alambic charentais plutôt que l'alambic à repasse écossais

L'alambic charentais est l'appareil du cognac : une chaudière trapue, un chapiteau en col de cygne, un col de cygne prolongé par un serpentin. Les Hautes Glaces y mènent une double distillation dans un appareil de vingt-cinq hectolitres, une contenance modeste au regard des alambics écossais courants. Un petit volume augmente le contact du liquide avec le cuivre, ce qui retient une partie des composés soufrés et donne un distillat plus net à la sortie.

La flamme nue et ce qu'elle demande au distillateur

La chauffe se fait au feu de bois, sous la chaudière, et non par un serpentin de vapeur comme dans presque tous les ateliers modernes. La différence n'est pas décorative : une flamme nue ne se règle pas au robinet, elle se conduit à la main, et elle crée au fond de la chaudière des points chauds que le distillateur doit surveiller pour éviter que la matière n'attache. C'est un mode de chauffe exigeant, que la maison a choisi et maintenu malgré la construction d'un outil neuf.

Des fûts français, du cognac au vin jaune

L'élevage se fait exclusivement en fûts français, avec des chauffes de bois variées, auxquels s'ajoutent des contenants ayant porté du cognac, de l'armagnac ou du vin jaune du Jura. Certaines cuvées passent par des feuillettes de cent douze litres, un format bourguignon dont le rapport entre le volume et la surface de bois accélère nettement les échanges. Le domaine ne cherche donc pas un bois unique de maison : il assemble des passages de fûts choisis cuvée par cuvée.

Choisir un whisky Domaine des Hautes Glaces

La gamme se lit en deux registres, et les confondre mène à des attentes fausses. D'un côté deux embouteillages permanents, qui donnent la grammaire de la maison et se retrouvent d'une année sur l'autre. De l'autre des cuvées de parcelle, tirées d'une seule récolte et d'un seul lieu, qui ne reviendront pas à l'identique. Un même domaine, deux promesses différentes, à ne pas comparer terme à terme.

Moissons, le single malt et le single rye de la maison

Moissons est le nom des deux whiskies permanents, un single malt d'orge et un single rye de seigle. Ce sont eux qui donnent la trame de la maison et qui servent de point d'entrée : même conduite agricole, même atelier, même chauffe au bois, mais deux céréales et donc deux dessins en bouche. Le seigle apporte une trame épicée et sèche que l'orge maltée ne donne pas, et il occupe chez les Hautes Glaces une place que peu de distilleries européennes lui accordent.

Épistémè, une céréale, une récolte et une parcelle

Épistémè est la collection d'exploration du domaine. Chaque flacon isole une céréale, une récolte et une parcelle, et son code sert d'adresse plutôt que de nom commercial. La maison va jusqu'à publier le lieu-dit, la variété semée et le nom de l'exploitant : l'Épistémè R18P23 vient ainsi d'une parcelle du Mont-Aiguille plantée d'un seigle de variété Caroasse récolté en 2018, distillé l'été suivant, élevé en fût de cognac puis en feuillette. Deux cuvées jumelles peuvent sortir la même année et ne différer que par la parcelle.

Indigène, Ceros et les embouteillages parcellaires

Autour de ces deux ensembles, la maison publie des cuvées à tirage court. Indigène est un single malt d'orge biologique embouteillé à quarante-quatre degrés, issu de la double distillation au bois. Ceros travaille le seigle en single rye. Un XO de dix ans figure parmi les bouteilles les plus âgées d'une maison créée en 2009, ce qui rappelle une évidence utile : un domaine né il y a quinze ans ne peut pas proposer les âges d'une distillerie centenaire, et ses vieux flacons sont mécaniquement rares.

Questions fréquentes sur le whisky Domaine des Hautes Glaces

Quatre questions reviennent régulièrement à propos de cette maison alpine : son adresse exacte, la lecture de ses codes de parcelle, sa certification et le flacon par lequel commencer. Nous répondons ici avec ce que les sources publiques de la maison permettent d'affirmer, et nous disons franchement ce sur quoi elles restent muettes. Une maison qui publie autant de détails agricoles laisse en effet peu de place à l'approximation, et c'est tant mieux pour l'acheteur.

Où est distillé le whisky Domaine des Hautes Glaces ?

Dans le Trièves, au sud de l'Isère, à environ neuf cents mètres d'altitude entre Vercors et Écrins. Le domaine est né en 2009 sur la commune de Saint-Jean-d'Hérans, au col Accarias, puis a installé sa distillerie dans les bâtiments d'un ancien prieuré à Cornillon-en-Trièves, où le siège a été transféré en janvier 2023. Les deux adresses désignent la même maison à deux moments de son histoire.

Que signifie un code Épistémè comme B17P25 ?

Le code identifie une cuvée par sa céréale, sa récolte et sa parcelle : B17P25 est un single malt issu d'une parcelle d'orge récoltée en 2017. La maison ne publie pas de table de correspondance caractère par caractère, et nous n'en inventerons pas : ce qui est vérifiable, c'est que chaque flacon Épistémè nomme sur son étiquette la parcelle, la variété semée et l'exploitant qui l'a conduite.

Le whisky Domaine des Hautes Glaces est-il certifié bio ?

Oui. Les céréales sont conduites en agriculture biologique certifiée, sur le domaine comme chez les fermes voisines qui l'approvisionnent, et la maison revendique en plus une démarche d'agriculture régénératrice qui va au delà du cahier des charges biologique. La certification porte sur la matière première et sur sa transformation, ce qui suppose de tracer chaque lot depuis la parcelle. La mention figure sur les étiquettes des embouteillages concernés, et c'est le seul endroit qui fasse foi pour un lot donné.

Quel whisky Domaine des Hautes Glaces choisir chez Trinquay ?

Pour découvrir la maison, Moissons donne la trame complète, en orge ou en seigle selon que l'on cherche le fruit ou l'épice. Pour comprendre ce que le domaine appelle une parcelle, une Épistémè est la bouteille qui le montre, code et lieu-dit à l'appui. Les flacons les plus âgés s'adressent aux amateurs qui suivent déjà la maison. Notre équipe répond aux questions par message avant l'achat.