- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Une île de quatorze kilomètres de long au large de Skye, un forage de soixante mètres percé sur place, deux distillats conduits en parallèle et une recette d'assemblage à six fûts publiée par la maison : le whisky Isle of Raasay se lit d'abord comme un projet de production, pas comme un héritage. La distillerie est la première légalement installée sur l'île. Cette page réunit nos bouteilles et détaille ce que chacune engage.
Raasay est une île étroite des Hébrides intérieures, séparée de Skye par un bras de mer. Elle n'avait jamais abrité de distillerie déclarée avant celle-ci, ce qui fait de chaque bouteille la production d'un site sans antécédent local à reproduire. La distillerie y mène toutes les étapes, de la distillation à la mise en bouteille, ce qui reste peu courant à cette échelle. L'insularité impose sa contrainte, tout ce qui entre et tout ce qui sort passe par le ferry, ce qui pèse sur l'organisation autant que sur le coût.
Le projet s'installe autour de Borodale House, une demeure victorienne acquise en 2015, à laquelle un bâtiment de production contemporain a été adjoint. La maison accueille aujourd'hui l'hébergement des visiteurs. Ce parti pris de conversion, plutôt que de construction sur terrain nu, relie l'outil à un bâti existant et donne à la distillerie une adresse identifiable depuis la mer. Les chais sont sur place, la maturation se fait donc dans le climat de l'île et non sur le continent.
La société R&B Distillers est fondée en 2014 par Alasdair Day et Bill Dobbie. Le premier projet visait les Borders écossais, et c'est une recommandation qui a orienté les fondateurs vers Raasay. Alasdair Day a défini le caractère recherché, un distillat propre et fruité obtenu par des fermentations longues et un contact prolongé avec le cuivre, doublé d'une version fumée. Le nom de la société renvoie aux initiales des deux régions que le projet visait au départ, avant que l'île ne s'impose.
Les premiers brassages et les premières distillations d'essai ont lieu en septembre 2017, et les premiers fûts sont remplis le mois suivant. La distillerie travaille avec deux alambics, un de première distillation et un de repasse, et six cuves de fermentation en acier inoxydable. Les fermentations annoncées durent environ quatre-vingt-dix heures, une durée longue qui pousse le distillat vers les notes fruitées. Une fermentation courte donne une matière plus céréalière, une fermentation longue laisse le temps aux bactéries lactiques d'agir sur le moût.
La particularité de production de la maison tient en une décision : produire deux liquides distincts sur le même outil, les élever séparément, puis les réunir. Beaucoup de distilleries alternent des campagnes tourbées et non tourbées ; ici, la coexistence des deux est la base même de la recette de la bouteille de signature. La distillerie ne choisit donc pas entre fumé et non fumé, elle se donne les deux registres et les assemble.
La distillerie produit un distillat fumé et un distillat sans fumée, vieillis chacun de leur côté avant l'assemblage. Ce choix donne à l'assembleur deux matières aux profils opposés, avec la même eau, les mêmes alambics et la même conduite de fermentation. L'écart entre les deux ne vient donc que du maltage, ce qui isole la variable de la fumée mieux que ne le ferait une comparaison entre deux distilleries. C'est aussi ce qui permet à la maison de faire varier la part fumée d'un embouteillage à l'autre sans changer d'outil.
La maison publie deux chiffres pour son distillat fumé : une orge maltée relevée entre 48 et 52 ppm, et une teneur résiduelle mesurée entre 6 et 11 ppm sur les lots récents de la bouteille. L'écart entre les deux dit l'essentiel : les phénols se comptent sur le grain, après touraillage et avant brassage, et la plus grande partie se perd ensuite, à la fermentation et surtout à la seconde distillation.
L'eau de production vient d'un forage de soixante mètres percé sur le site, alimenté par les eaux qui descendent du Dùn Cana et traversent un grès jurassique. La maison présente une eau chargée en minéraux, conséquence des roches volcaniques et sédimentaires de l'île. Une eau ne fait pas un whisky à elle seule, mais elle explique ici le choix du site autant que le forage l'a permis : sans ressource en eau sur place, aucun projet de distillation n'aurait tenu sur cette île.
La bouteille de signature n'est pas un fût unique : c'est un assemblage de six lots, deux distillats croisés avec trois types de bois. La maison publie cette composition, ce qui permet de lire l'étiquette autrement qu'en s'en remettant à des notes de dégustation. Chacune des trois essences apporte une matière différente, et la proportion de chacune est publiée lot après lot par la maison.
La part principale vient de fûts ayant contenu du whiskey de seigle américain, en premier remplissage. C'est un bois peu courant dans le scotch : un fût de rye a porté un distillat épicé et sec, et il restitue une trame poivrée plus nette que celle d'un fût de bourbon classique. Le premier remplissage signifie qu'il n'a servi qu'une fois auparavant, et qu'il cède donc beaucoup.
Une deuxième part est élevée en chêne chinkapin neuf, une essence de chêne blanc d'Amérique du Nord distincte de celle qui sert habituellement aux fûts de bourbon. Un fût neuf n'a jamais porté d'alcool avant le whisky, il donne donc l'intégralité de sa matière boisée, sur des notes de vanille et d'épice douce, et il agit vite sur un élevage court. C'est le bois qui donne à la bouteille sa part la plus démonstrative.
La part la plus faible vient de fûts de vin rouge de Bordeaux, également en premier remplissage. Un bois qui a porté un vin rouge tannique laisse une empreinte de fruit sombre et une couleur plus soutenue, sans l'aspect confit d'un fût de xérès. Cette petite proportion joue un rôle d'appoint dans l'assemblage, elle ne domine pas la matière de seigle. Un fût de vin n'apporte pas non plus le même sucre qu'un fût de spiritueux, ce qui change l'équilibre de l'ensemble.
La gamme se lit en trois familles, et chacune répond à une question différente : la recette complète, l'un de ses composants isolé, ou une variation datée. La distillerie donne sur ses étiquettes le degré, le mode de filtration et l'année, ce qui suffit à s'orienter. Aucune de ces trois familles n'est supérieure aux autres, elles ne racontent simplement pas la même chose.
Le single malt de signature est embouteillé à 46,4 %, en couleur naturelle et sans filtration à froid. La maison lui a donné le nom The Draam en 2025. C'est la version qui porte la recette à six fûts dans son intégralité, et donc la référence à laquelle comparer toutes les autres bouteilles de la distillerie. Une couleur naturelle signifie qu'aucun colorant n'a été ajouté, et l'absence de filtration à froid laisse en place des composés qui participent à la texture.
La série Na Sia prend la même recette et la démonte : chaque bouteille présente un seul des fûts qui la composent, embouteillé séparément. C'est un exercice de lecture rare, puisqu'il permet de goûter isolément ce que l'assemblage réunit. Ces bouteilles portent un numéro de fût et un degré propres, et elles ne se comparent pas entre elles comme des millésimes : ce qui les sépare est le bois et la nature du distillat, pas le temps.
Notre bouteille appartient aux Distillery Special Releases, les éditions annuelles de la maison. L'édition 2022 a été élevée en fûts de seigle puis finie en quarts de fût de Pedro Ximénez et d'oloroso, et embouteillée à 52 %, sur un tirage annoncé de 9 000 flacons, chacun numéroté. Distillation, élevage et mise en bouteille ont eu lieu sur l'île.
Sur l'île de Raasay, dans les Hébrides intérieures, au large de la côte est de Skye. Notre master range ces bouteilles en Islands, un repère de dégustation usuel : ce n'est pas une région protégée, puisque la Scotch Whisky Association rattache les îles aux Highlands. La distillerie y produit, y élève et y embouteille son whisky, du brassage à la mise en bouteille.
En partie. La distillerie produit deux distillats, l'un fumé et l'autre non, et sa bouteille de signature réunit les deux. La maison annonce une orge maltée relevée entre 48 et 52 ppm pour la version fumée, et une teneur résiduelle de 6 à 11 ppm en bouteille selon les lots. Un relevé de phénols porte toujours sur le grain, jamais sur le liquide du verre, et la distillation en fait perdre la plus grande partie.
Elle désigne l'assemblage de la bouteille de signature : deux distillats, l'un fumé et l'autre non, élevés séparément dans trois types de bois, ce qui donne six lots distincts réunis à la mise en bouteille. Les trois bois sont le fût de seigle américain de premier remplissage, le chêne chinkapin neuf et le fût de vin rouge de Bordeaux.
Le choix se fait selon ce que l'on cherche à lire : la recette complète avec la bouteille de signature, un fût isolé avec la série Na Sia, ou une variation d'élevage avec une édition annuelle. Nous indiquons sur chaque fiche le degré, le type de fût et l'année d'embouteillage, et notre conseil personnalisé aide à choisir entre ces trois entrées.