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Au pied de l'ancienne forteresse d'Arlay, dans le Jura, un domaine viticole signe autre chose que des vins tranquilles. Notre sélection de liqueurs Château d'Arlay est consacrée à une bouteille : la Liqueur Ambre, un macvin du Jura né de l'assemblage de moûts de raisin non fermentés et de la Fine Blanche du domaine, élevé deux ans en fût de chêne. Un vin de liqueur ambré et gourmand, à 16,5°, qui se sert à l'apéritif comme sur les desserts aux fruits blancs.
Avant d'être un producteur de vin de liqueur, Arlay est un vignoble jurassien de longue mémoire. C'est ce qui donne à sa Liqueur Ambre son point de départ : des raisins du domaine, pas un approvisionnement extérieur.
Le domaine s'est constitué au Moyen Âge, au pied de la forteresse des comtes de Chalon-Arlay, princes d'Orange. La propriété est restée dans la même lignée familiale depuis, sans jamais avoir été achetée ni vendue, ce qui en fait un cas rare dans le paysage viticole français.
Le comte Renaud de Laguiche puis son fils Alain de Laguiche l'ont exploité à partir de 1960, avant que Pierre-Armand ne prenne la suite. La continuité familiale y tient lieu de cahier des charges.
Le vignoble couvre une vingtaine d'hectares en appellation Côtes du Jura, plantés en pinot noir, trousseau, poulsard, chardonnay et savagnin. Ce sont les cinq cépages historiques du Jura, chacun avec sa fonction dans la gamme.
La production tourne autour de 80 000 bouteilles par an, dont une large part part à l'export. À cette échelle, chaque cuvée correspond à un volume réellement limité.
Arlay s'inscrit dans un vignoble minuscule à l'échelle nationale : le Jura viticole couvre environ 1 850 hectares, une bande de collines étroite qui court entre la Bourgogne et la Suisse. Cette exiguïté explique la rareté chronique des cuvées jurassiennes et la difficulté à en trouver hors de la région, en particulier sur les productions confidentielles.
La région compte quatre appellations géographiques, Arbois, Côtes du Jura, L'Étoile et Château-Chalon, auxquelles s'ajoutent trois appellations de produit : le crémant du Jura, le marc du Jura et le macvin du Jura. Le vin de liqueur y est donc une appellation à part entière, pas une production annexe.
Le domaine élabore des vins rouges, rosés et blancs en Côtes du Jura, mais aussi du vin jaune, du vin de paille, du macvin du Jura et des eaux-de-vie. C'est cette dernière famille qui rend la Liqueur Ambre possible.
Un domaine capable de distiller sa propre Fine peut en effet muter ses moûts avec un alcool issu de ses propres raisins, sans faire appel à un distillateur extérieur. Le vin de liqueur reste alors entièrement une affaire de maison.
Cette gamme dit aussi quelque chose du savoir-faire de la maison. Le vin jaune demande au savagnin plus de six années d'élevage sous un voile de levures, sans jamais ouiller le fût, et le vin de paille impose de faire sécher les raisins avant pressurage. Un domaine rodé à ces élevages lents aborde sans difficulté les deux ans de fût que réclame un vin de liqueur.
La Liqueur Ambre est une cuvée particulière, née d'une année difficile et tirée en très petite quantité. Voici ce qui la compose et ce qui lui donne sa couleur.
La recette repose sur des moûts de raisin non fermentés, issus du chardonnay et du savagnin, assemblés à la Fine Blanche du domaine. Le sucre du raisin n'a donc pas été transformé en alcool : il reste dans le verre.
C'est ce principe qui donne aux vins de liqueur leur douceur naturelle. Le titre final s'établit à 16,5° pour une appellation AOC Macvin du Jura.
L'assemblage a ensuite passé deux années en fût de chêne. C'est ce séjour qui a donné à la cuvée sa couleur ambrée, et par conséquent son nom.
Le bois apporte aussi le caractère gourmand et convivial revendiqué par le domaine, avec ce fond de fruits confits et de notes douces qui accompagne les élevages longs dans les vins mutés.
La Liqueur Ambre n'existe que parce que 2021 a été une année de gel et de mildiou dans le Jura. Face à des volumes de vendange réduits, le domaine a choisi cette voie plutôt que de renoncer à la récolte.
Seuls 1 129 litres ont été mis en bouteille. C'est une micro-cuvée au sens strict du terme, sans reconduction annoncée.
Malgré son nom, la Liqueur Ambre n'appartient pas à la même famille que les crèmes de fruits ou les liqueurs de plantes. Elle relève des vins de liqueur, une catégorie à part entière.
Le mutage consiste à ajouter une eau-de-vie à un moût de raisin avant, ou très tôt pendant, la fermentation alcoolique. L'alcool arrête l'action des levures, qui n'ont donc pas le temps de convertir tout le sucre.
Le résultat est une boisson naturellement sucrée par le raisin lui-même, et non par un sucrage. C'est l'exact opposé d'une crème de fruits, où l'on part d'un alcool déjà fait avant d'ajouter du sucre.
Le macvin du Jura, connu dans la région depuis le XIVe siècle, bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée par décret du 14 novembre 1991. Le cahier des charges impose un moût issu de l'aire jurassienne, muté à une eau-de-vie du Jura.
L'assemblage doit ensuite vieillir au minimum douze mois en fût de chêne, et le titre alcoométrique final se situe entre 16 et 22 % vol. La Liqueur Ambre, avec ses deux ans de fût et ses 16,5°, se place dans le bas de cette fourchette.
Les proportions relèvent du même cahier des charges. L'assemblage repose sur environ deux tiers de moût de raisin frais pour un tiers d'eau-de-vie, un rapport qui donne au macvin sa douceur sans le faire basculer du côté des alcools forts. C'est aussi ce qui le sépare d'un vin doux naturel, muté plus tardivement et avec un alcool neutre.
Les cinq cépages du Jura peuvent entrer dans un macvin : chardonnay et savagnin pour les blancs, pinot noir, trousseau et poulsard pour les rosés et les rouges. Chaque couleur donne un vin de liqueur différent, le blanc jouant sur les fruits à chair blanche et les notes d'élevage, le rouge sur les fruits noirs et le noyau.
La Liqueur Ambre part de moûts de chardonnay et de savagnin, donc de la voie blanche. Sa robe ambrée ne vient pas de la couleur du raisin mais du bois : la distinction est utile au moment de choisir, car un macvin rouge et un macvin blanc longuement élevé ne se servent pas sur les mêmes assiettes.
Le macvin appartient à la famille des mistelles, ces jus de raisin mutés que l'on retrouve dans plusieurs régions françaises. Le pineau des Charentes est muté au cognac, le floc de Gascogne à l'armagnac, le macvin à une eau-de-vie du Jura.
Toutes partagent la même logique : un moût, une eau-de-vie de la région, un élevage sous bois. Elles se boivent à l'apéritif ou au dessert plutôt qu'en digestif, contrairement aux eaux-de-vie sèches qui les composent.
Un vin de liqueur se sert froid mais pas glacé, en petite quantité, dans un verre à vin plutôt que dans un verre à digestif. Voici les usages qui lui conviennent le mieux.
Le domaine recommande d'abord l'apéritif. Comptez une température de service fraîche, autour de 8 à 10 °C, qui tient la douceur du sucre et laisse remonter les arômes d'élevage.
Servie ainsi, la cuvée joue le même rôle qu'un pineau ou un floc à l'entrée du repas : un verre gourmand, servi seul, sans allongement ni glaçons qui diluent le fruit.
Les accords conseillés par le domaine vont vers les desserts : tartes aux pommes, entremets au praliné et à la noisette, puddings et fruits à chair blanche. Le sucre du vin de liqueur répond au sucre de l'assiette sans se faire écraser.
C'est un point où les vins de liqueur battent la plupart des vins tranquilles, qui paraissent maigres face à un dessert. Le macvin, lui, tient la comparaison.
À l'apéritif, ce vin de liqueur ne se limite pas au registre sucré. Nous le servons volontiers sur un comté de longue affinage, dont les notes de noisette et de croûte grillée répondent aux deux années de fût, ou sur une assiette de fruits secs, noix, amandes et abricots moelleux, qui prolongent le même registre.
Il tient également devant un foie gras ou une terrine de campagne, là où un vin blanc sec paraîtrait tranchant. Le principe reste celui de tous les vins mutés : le sucre du verre doit égaler ou dépasser celui de l'assiette, faute de quoi le vin semble creux et perd sa rondeur.
Une bouteille non ouverte se garde debout, à l'abri de la lumière et des variations de température. Le degré d'alcool et le sucre assurent une bonne tenue dans le temps, y compris après quelques années de cave.
Une fois ouverte, la bouteille se conserve plusieurs semaines au frais, rebouchée. Servez de petites doses de 6 à 8 centilitres : la richesse en sucre sature vite le palais, et un vin de liqueur se déguste par gorgées plutôt que par verres entiers.
Cette discipline permet d'étirer une bouteille sur plusieurs services, à l'apéritif un soir et au dessert un autre, sans lasser le palais. Sur une cuvée tirée en si petit volume, c'est aussi la meilleure façon d'en profiter longtemps. Comme pour tout alcool, la dégustation se fait avec modération.
C'est un macvin du Jura en AOC, élaboré par le Château d'Arlay à partir de moûts de raisin non fermentés assemblés à la Fine Blanche du domaine, puis élevé deux ans en fût de chêne. Il titre 16,5° et doit son nom à la robe ambrée acquise pendant cet élevage.
Le domaine se trouve à Arlay, dans le Jura, au pied de l'ancienne forteresse des comtes de Chalon-Arlay. Il exploite une vingtaine d'hectares en AOC Côtes du Jura, plantés en pinot noir, trousseau, poulsard, chardonnay et savagnin, et produit également vin jaune, vin de paille et eaux-de-vie.
Servez-le frais, autour de 8 à 10 °C, dans un verre à vin et en petite quantité. Il se boit à l'apéritif, seul, ou au dessert avec une tarte aux pommes, un entremets au praliné ou à la noisette, et des fruits à chair blanche. Évitez les glaçons, qui diluent le fruit et cassent l'équilibre du sucre.
La Liqueur Ambre est disponible sur cette page de Trinquay, notre cave en ligne, dans la limite des volumes disponibles : la cuvée n'a été tirée qu'à 1 129 litres. Nous sourçons en direct auprès des domaines, expédions dans toute la France, et la livraison est offerte en point relais dès 100 euros de commande.