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Il existe en Alsace une poignée de distillateurs dont le nom circule entre amateurs comme un mot de passe. Metté en fait partie. Depuis une petite maison de la rue des Tanneurs, à Ribeauvillé, la distillerie a construit un répertoire de plus de cent vingt références, dont trente-deux liqueurs, en refusant obstinément de grandir. Les liqueurs Metté que Trinquay a réunies ici — mandarine, orange, framboise, pêche, melon, ananas, cacao, menthe, gingembre — racontent cette obsession de la matière première et cette curiosité pour les saveurs que personne n'avait encore mises en bouteille.
Jean-Paul Metté attrape le virus de la chauffe à quinze ans, au contact d'un voisin bouilleur de cru dont les alambics de cuivre le fascinent. Dans les années 1960, il fonde sa propre distillerie à Ribeauvillé, sur la route des vins d'Alsace. Il aurait pu se contenter des grands classiques régionaux — kirsch, mirabelle, marc de gewurztraminer — mais il choisit très vite d'explorer ce que personne ne distille : baies rares, fleurs, épices, légumes. Cette liberté de ton, gardée intacte par ses successeurs, fait aujourd'hui la signature de la maison et explique l'étendue inhabituelle du catalogue.
En 1985, Jean-Paul Metté prend sous son aile son filleul Philippe Traber pour lui transmettre son art. En 1998, il lui cède l'affaire, que Philippe dirige avec son épouse Nathalie. Après la disparition de Philippe, leur fils Timothée rentre de Hong Kong pour reprendre la distillerie aux côtés de sa mère et continuer d'imaginer de nouveaux arômes. La particularité de cette maison tient là : la transmission ne s'est jamais faite par simple filiation mais par choix, le maître désignant celui qui saurait tenir le niveau. Trois générations de distillateurs, une seule exigence de qualité.
Ribeauvillé se trouve au coeur du vignoble alsacien, entre les coteaux de riesling et de gewurztraminer et les vergers du piémont vosgien. Ce voisinage nourrit directement le travail du distillateur : les marcs de raisin issus des vendanges, les fruits des vergers, les baies sauvages des forêts voisines. Autour de la maison, la culture du bouilleur de cru est ancienne et vivante, avec ses cuves, ses levures, ses bonbonnes et ses règles précises de fermentation. Une liqueur Metté n'est donc pas un produit hors-sol : elle prolonge une tradition régionale que l'on retrouve dans les eaux-de-vie comme dans les crèmes de fruits.
La maison revendique une promesse simple : rester petite. Ce n'est pas une posture, c'est une contrainte de production assumée. Distiller et macérer des lots réduits permet de trier les fruits, de surveiller chaque fermentation et de ne mettre en bouteille que ce qui atteint le niveau attendu. Les volumes sont donc limités et certaines références disparaissent le temps d'une récolte. Pour un caviste, c'est une contrainte d'approvisionnement ; pour l'amateur, c'est la garantie qu'une liqueur Metté ne ressemble à aucune autre, et qu'elle n'a pas été lissée pour tenir un cahier des charges de grande distribution.
Une liqueur artisanale se construit par macération : la matière première — fruit frais, écorce, feuille, racine, fève — infuse dans l'alcool jusqu'à lui céder ses arômes, sa couleur et son amertume. C'est long, coûteux, et le résultat varie d'une année sur l'autre. L'industrie contourne ce travail avec des arômes standardisés et des colorants, qui donnent des produits parfaitement réguliers mais plats. La différence se sent immédiatement à la dégustation : une liqueur de mandarine issue d'une vraie macération garde le zeste, l'amertume légère de l'écorce et la fraîcheur du jus, là où un arôme ne restitue qu'une note de bonbon.
La mention portée sur l'étiquette n'est pas décorative. Pour être appelée liqueur, une bouteille doit contenir au moins 100 grammes de sucre par litre. Une crème de fruit en réclame au minimum 250 grammes par litre, ce qui lui donne cette texture plus épaisse et cette longueur sucrée en bouche. La crème de cassis, catégorie la plus riche, exige au moins 400 grammes par litre. Connaître ces seuils change la façon de choisir : une liqueur à faible taux de sucre se déguste volontiers pure, tandis qu'une crème trouvera plutôt sa place en base de cocktail ou de kir.
Le catalogue de la distillerie compte quatre-vingt-huit eaux-de-vie et trente-deux liqueurs, soit plus de cent vingt références. Cette ampleur est rare pour un atelier de cette taille et elle dit beaucoup de l'esprit maison : on distille la mirabelle et le kirsch comme le veut la tradition alsacienne, mais aussi la framboise sauvage, la fraise des bois ou des matières franchement inattendues. Les liqueurs suivent la même logique d'exploration, avec des agrumes, des fruits d'été, des fruits exotiques et des racines. Trinquay sélectionne dans cet ensemble les bouteilles les plus abouties et les plus faciles à conseiller.
Les deux agrumes de la gamme jouent des registres distincts. La liqueur de mandarine offre un nez immédiat de zeste frais, une bouche juteuse et une amertume discrète qui empêche le sucre de s'installer : elle fonctionne remarquablement en digestif très frais, comme un limoncello mais avec plus de rondeur. La liqueur d'orange, plus classique dans son principe, rappelle la tradition des triple sec tout en gardant la texture d'une macération artisanale. C'est la bouteille à choisir pour une pâtisserie flambée, un chocolat noir ou une base de cocktail où l'orange doit rester lisible.
C'est le versant gourmand du catalogue. La liqueur de framboise conserve l'acidité de la ronce et la couleur profonde du fruit, sans le confire. La liqueur de pêche joue sur le velouté et la chair blanche, avec un soupçon d'amande venu du noyau. La liqueur de melon, elle, surprend par sa fraîcheur végétale, aux antipodes des liqueurs de melon industrielles très sucrées. La liqueur d'ananas, enfin, apporte une note exotique et légèrement caramélisée qui excelle dans les cocktails au rhum. Quatre bouteilles à servir bien froides, seules ou allongées.
La liqueur de cacao Metté travaille la fève plutôt que le chocolat sucré : nez torréfié, bouche sèche et longue, parfaite en digestif ou dans un cocktail construit sur le whisky. La liqueur de feuille de menthe part de la feuille elle-même, ce qui donne une fraîcheur végétale et herbacée très différente des sirops de menthe habituels. La liqueur de gingembre, enfin, apporte du piquant et de la chaleur, un profil recherché en mixologie contemporaine pour relever un long drink au tonic ou à l'eau gazeuse. Trois bouteilles qui montrent l'étendue du savoir-faire maison.
Les liqueurs de fruits Metté donnent le meilleur d'elles-mêmes entre 6 et 10 °C, servies en dose de 3 à 4 cl dans un petit verre resserré qui concentre les arômes. Le froid tend le sucre et fait remonter l'acidité du fruit ; à température ambiante, la même bouteille paraîtra plus lourde. Les liqueurs herbacées ou torréfiées comme le cacao supportent une température un peu plus haute, autour de 12 °C. Un conseil simple : sortir la bouteille du réfrigérateur au moment de servir plutôt que de la laisser sur la table, et déguster avec modération.
Une liqueur artisanale change la donne derrière un bar, parce qu'elle apporte l'arôme sans la platitude d'un sirop. La mandarine et l'orange remplacent avantageusement un triple sec dans les grands classiques à base de vodka ou de rhum. La framboise et l'ananas construisent des cocktails fruités très lisibles, montés au shaker avec un jus de citron pour l'acidité. Le gingembre et la menthe s'orientent plutôt vers les long drinks allongés d'eau gazeuse ou de tonic, sur glaçons. Deux centilitres suffisent en général : ces liqueurs sont concentrées et supportent mal d'être surdosées.
En cuisine, les liqueurs Metté servent à souligner un fruit par lui-même. Un trait de liqueur de pêche sur des pêches pochées, un peu de framboise dans une crème fouettée, quelques gouttes de mandarine sur une salade d'agrumes : le résultat est plus net qu'avec un sirop. La liqueur de cacao trouve sa place dans un tiramisu ou sur une glace vanille, et le gingembre relève étonnamment bien une salade de fruits exotiques. Ces usages permettent aussi de finir une bouteille entamée sans se limiter au verre de fin de repas.
Une liqueur se conserve nettement mieux qu'un vin, grâce à son degré d'alcool et à son sucre. Fermée, une bouteille se garde plusieurs années debout, à l'abri de la lumière et loin des variations de température. Une fois ouverte, elle reste bonne de nombreux mois si le bouchon est correctement remis en place ; seule la fraîcheur aromatique des liqueurs d'agrumes et de plantes s'estompe progressivement. Le réfrigérateur convient très bien aux liqueurs de fruits, qui se servent de toute façon froides. Évitez simplement le rebord de fenêtre ensoleillé, ennemi de tous les spiritueux.
La distillerie Metté est installée au 9, rue des Tanneurs à Ribeauvillé, en Alsace, au coeur du vignoble et de la route des vins. Fondée dans les années 1960 par Jean-Paul Metté, elle est aujourd'hui dirigée par Nathalie et Timothée Traber. La production reste artisanale et volontairement limitée en volume.
Les eaux-de-vie sont obtenues par fermentation puis distillation à l'alambic de cuivre : elles sont incolores, sèches et titrent généralement autour de 40 à 45 %. Les liqueurs reposent sur une macération de fruits, de plantes ou de fèves dans l'alcool, complétée par du sucre — au minimum 100 grammes par litre. Elles sont donc plus douces, colorées et plus abordables pour qui découvre les spiritueux. La maison produit quatre-vingt-huit eaux-de-vie et trente-deux liqueurs.
Pour un amateur de spiritueux confirmé, la liqueur de cacao ou celle de gingembre surprendront agréablement, car elles sortent des sentiers battus. Pour un cadeau consensuel et gourmand, la mandarine et la framboise font l'unanimité, y compris auprès de ceux qui boivent peu d'alcools forts. Si la personne aime cuisiner ou préparer des cocktails, orientez-vous vers l'orange ou l'ananas, plus polyvalentes au shaker comme en pâtisserie.
Directement sur Trinquay. Nous travaillons en sourcing direct auprès des distilleries, ce qui nous permet d'obtenir des références parfois difficiles à trouver et de proposer un tarif juste sur toute la gamme. Chaque bouteille est accompagnée de ses notes de dégustation et de nos conseils de service, et vous pouvez nous solliciter pour un conseil de caviste avant de commander. La livraison est offerte dès 100 € d'achat en point relais.