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Les liqueurs Salettina viennent de Corps, un village de la Matheysine, entre l'Isère et les montagnes du Dévoluy. La recette remonte à 1865 et à un berger devenu célèbre, Maximin Giraud, témoin de l'apparition de Notre-Dame de La Salette. Depuis 1961, une distillerie artisanale installée dans sa maison natale perpétue cet héritage à partir de vingt et une plantes des montagnes environnantes. Chez Trinquay, la collection réunit trois flacons de cette tradition alpine : la Salettina verte à 45°, la vulnéraire et le cernoix des Alpes, un apéritif de vin et de noix vertes.
Peu de liqueurs françaises possèdent une histoire aussi précisément datée. Celle-ci commence avec un berger, une recette de plantes et un village de moyenne montagne qui n'a jamais cessé de la fabriquer.
La recette de la Salettina est attribuée à Maximin Giraud, le jeune berger de Corps qui fut, en 1846, l'un des deux témoins de l'apparition de Notre-Dame de La Salette. Devenu adulte, il composa dans les années 1860 une liqueur à base de plantes de montagne, dont la formule est datée de 1865. Sa formule se perdit ensuite pendant près d'un siècle, avant de réapparaître à Corps dans un cahier de recettes oublié. Ce détour par la pharmacopée locale n'a rien d'anecdotique : les élixirs de plantes ont presque tous commencé comme des remèdes de famille avant de devenir des digestifs de fin de repas.
La distillerie actuelle est née en 1961, année où le cahier de recettes de Maximin Giraud fut retrouvé dans sa maison natale, à Corps, et où la famille Manent y relança la production. L'adresse n'est pas un argument de communication : c'est bien dans ce bâtiment que la liqueur est élaborée, dans une cave où le matériel centenaire est resté en service. La maison est ouverte à la visite, avec des dégustations gratuites qui expliquent tout le parcours, de la récolte des plantes à la mise en bouteille. Peu de distilleries françaises offrent une continuité aussi lisible entre le lieu d'origine et l'atelier d'aujourd'hui.
De Maximin Giraud à la famille Manent, puis à Arnaud et Jamila Le Goff qui dirigent aujourd'hui la maison, la Salettina a changé de mains sans changer de formule. Les repreneurs actuels se présentent volontiers comme les quatrièmes gardiens de ce savoir-faire et de ce patrimoine, formule qui dit bien la nature du métier. Dans une liquoristerie de montagne, la valeur ne réside ni dans une marque ni dans un outil industriel, mais dans un assemblage de plantes et dans les gestes qui permettent de le reproduire à l'identique d'une année sur l'autre.
La Salettina appartient à la famille des liqueurs de plantes composées, celle des grands élixirs français. Sa complexité vient d'un assemblage, pas d'une plante dominante.
La tradition alpine décline la Salettina en trois couleurs, qui correspondent à trois degrés d'alcool : la jaune à 40°, la verte à 45° et la blanche à 50°. C'est la verte, la plus emblématique, que nous avons retenue chez Trinquay. Toutes reposent sur le même socle de vingt et une plantes que l'on trouve dans les montagnes environnantes, mais le degré change complètement la perception : plus l'alcool monte, plus les plantes s'affirment, plus la finale s'allonge et plus l'amertume gagne en netteté. On retrouve là une logique proche de celle des chartreuses.
Le secret de la maison tient dans la distillation des plantes sauvages pour obtenir un alcoolat, qui sert ensuite de base à la préparation de la liqueur. Cet alcoolat concentre les principes aromatiques du mélange végétal ; il est ensuite assemblé, sucré et réduit au degré voulu. Cette méthode diffère de la simple macération : elle demande une étape de distillation supplémentaire, plus exigeante, mais elle donne une liqueur plus nette, moins végétale à l'attaque et plus persistante. C'est la marque des liquoristeries de tradition, qui distillent avant d'assembler plutôt que d'infuser directement dans la bouteille.
L'alambic de cuivre de la maison date des environs de 1860 : il est donc contemporain de la génération de Maximin Giraud, et du matériel sur lequel la recette a été mise au point. Il fonctionne toujours, dans la cave que l'on visite. Le cuivre n'est pas un choix esthétique : il fixe une partie des composés indésirables et affine le bouquet, exactement comme dans un alambic charentais ou une colonne de whisky. Travailler sur un outil de cette taille impose des lots courts et une conduite manuelle, ce qui explique la production limitée et la constance du profil aromatique.
La distillerie ne se limite pas à sa liqueur éponyme. Elle décline tout un répertoire alpin, entre plantes médicinales, fruits sauvages et apéritifs à base de vin.
Le mot vulnéraire désigne une plante qui aide à soigner les blessures, du latin vulnus. Il s'applique en particulier au millepertuis nummulaire, surnommé vulnéraire des Chartreux car il est endémique du massif de la Chartreuse, dans les Alpes. Utilisée depuis le Moyen Âge pour ses propriétés médicinales, elle figure parmi les plantes mystérieuses qui entrent dans la composition de la Chartreuse, et se macère depuis des générations pour préparer des digestifs de maison. La liqueur de vulnéraire de la Salettina prolonge exactement cette tradition domestique, avec un profil herbacé et une amertume franche.
Le cernoix des Alpes n'est pas une liqueur mais un apéritif à base de vin, élaboré artisanalement selon une vieille recette de famille. Il associe du vin, des noix vertes, du sucre, du miel, de l'alcool et des plantes aromatiques, dans la lignée des vins de noix que l'on préparait autrefois dans toutes les fermes du Dauphiné et du Sud-Est. Sa cueillette suit un calendrier strict, puisque la noix doit être encore verte et tendre pour livrer son amertume et sa couleur. Le résultat est un apéritif ambré, rond, légèrement tannique, nettement moins alcoolisé qu'une liqueur de plantes.
La maison produit également un génépi des Alpes sous Indication Géographique Protégée, une liqueur d'hysope et toute une série de liqueurs de fruits sauvages : framboise, cassis, mûre et myrtille, cueillis dans le même environnement de moyenne montagne. À cela s'ajoutent d'autres apéritifs à base de vin, comme le Genalpin, le Muscat Montana ou les Tchin à la gentiane et à la framboise. Cette diversité dessine le portrait complet d'une liquoristerie alpine : un élixir de plantes emblématique, des mono-plantes de tradition et des fruits de cueillette.
Trois bouteilles, trois usages différents. La liqueur verte et la vulnéraire appartiennent au monde du digestif, le cernoix à celui de l'apéritif.
La Salettina verte à 45° se sert sèche, en fin de repas, dans un petit verre à digestif, à température ambiante ou sortie du congélateur pour gagner en tension. On évite les glaçons, qui diluent la liqueur et effacent la longueur qui fait tout son intérêt. La vulnéraire demande le même respect : petit volume, pas d'allongement, et le temps de laisser le nez s'ouvrir. Ces deux bouteilles se comportent comme des chartreuses ou des génépis de tradition, elles gagnent à être bues lentement et en petite quantité.
Le cernoix, lui, se sert frais à l'apéritif, comme un vin de noix ou un ratafia. Un verre à vin plutôt qu'un verre à digestif, une température de cave, éventuellement un glaçon si la journée est chaude, et l'affaire est entendue. Il accompagne très bien les charcuteries de montagne, les tourtes salées et les fromages à pâte pressée du Dauphiné. Sa légère amertume de brou de noix en fait aussi une base intéressante pour des cocktails d'apéritif, allongé de vin blanc sec ou d'eau gazeuse.
En fin de repas, la Salettina verte s'entend parfaitement avec le chocolat noir, les desserts au café et les tartes aux fruits rouges de montagne. Quelques gouttes suffisent sur une glace vanille ou un sorbet, dans le registre du café gourmand. La vulnéraire, plus herbacée, se marie mieux avec les fromages persillés et les préparations au miel. Le cernoix, enfin, trouve sa place sur une tarte aux noix ou un gâteau au chocolat, dont il prolonge l'amertume sans l'écraser.
La Salettina est une liqueur de plantes alpines élaborée à Corps, en Isère, à partir d'une recette de 1865 attribuée à Maximin Giraud, berger et témoin de l'apparition de Notre-Dame de La Salette. Elle repose sur un assemblage de vingt et une plantes cueillies dans les montagnes environnantes, distillées en alcoolat avant assemblage.
Les trois couleurs correspondent à trois degrés d'alcool : la jaune titre 40°, la verte 45° et la blanche 50°. Le socle de plantes reste le même, mais la montée en degré renforce l'expression végétale, allonge la finale et affirme l'amertume. La verte, la plus emblématique de la maison, est celle que propose Trinquay.
La vulnéraire désigne le millepertuis nummulaire, plante endémique des Alpes surnommée vulnéraire des Chartreux, utilisée depuis le Moyen Âge pour ses vertus médicinales et connue pour entrer dans la composition de la Chartreuse. Macérée dans l'alcool, elle donne un digestif herbacé de tradition, préparé depuis des générations dans les vallées alpines.
La Salettina verte, la vulnéraire et le cernoix des Alpes sont disponibles sur Trinquay, votre caviste en ligne. Commandez ces trois bouteilles de tradition alpine en quelques clics, avec la livraison offerte en point relais dès 100 € d'achat. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.