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Ohishi

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Il est des maisons qui semblent nées d'un lieu autant que d'une main. La distillerie Ohishi appartient à cette famille rare de producteurs japonais dont le savoir-faire se confond avec la géographie qui les entoure. Installée à Kumamoto, dans le sud-ouest du Japon, à quelques encablures du village de montagne de Mizukami, elle veille depuis 1872 sur un art discret : celui du shochu de riz, cet alcool distillé profondément japonais que Trinquay a choisi d'accueillir dans son rayon nippon, aux côtés des sakés. Découvrez ici l'univers d'une maison familiale six fois centenaire par la transmission, arrimée à l'une des eaux les plus pures de l'archipel.

La maison Ohishi et la rivière Kuma

Fondée en 1872, la distillerie Ohishi — que l'on nomme aussi Ohishi Shuzo — est une entreprise familiale que se transmettent les générations depuis un siècle et demi. Aujourd'hui, c'est Kazunori Oishi, maître-distillateur de la sixième génération, qui perpétue l'héritage de ses aïeux. Cette continuité n'est pas un détail marketing : elle raconte une manière de faire lente, patiente, où chaque geste hérité pèse davantage que la mode du moment. Dans un Japon qui a longtemps réservé son shochu à la consommation intérieure, Ohishi incarne cette fidélité tranquille au produit de terroir.

La maison a pris racine dans la préfecture de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, terre de riz et de montagnes. C'est là, près de Mizukami, que la distillerie s'est établie au plus près d'un trésor naturel : la rivière Kuma. Comptée parmi les cours d'eau les plus rapides du Japon, la Kuma dévale les reliefs avec une vigueur qui lui vaut une réputation de pureté remarquable. Ohishi revendique une position singulière — celle de la distillerie la plus proche de sa source. Or, dans la fabrication de tout alcool japonais, l'eau n'est pas un simple ingrédient : elle est la matière première invisible qui façonne le grain, nourrit la fermentation et donne au produit fini sa texture et sa netteté. Travailler une eau vive et cristalline, prélevée quasiment à sa naissance, constitue un avantage que peu de maisons peuvent revendiquer.

Une exigence qui commence au riz

Chez Ohishi, l'attention au terroir se lit dès la rizière. La maison cultive elle-même une part de sa matière première : environ 30 % du riz utilisé provient du domaine, tandis que le reste est sourcé au sein de la préfecture de Kumamoto. C'est une proportion notable dans un secteur où beaucoup de producteurs achètent l'intégralité de leur grain. Plus original encore : le désherbage des rizières se fait par des carpes koï, méthode biologique qui écarte les mauvaises herbes sans recourir aux traitements chimiques. Les poissons se nourrissent des jeunes pousses parasites et travaillent le sol, entretenant un équilibre naturel entre l'eau, le riz et le vivant. Cette agriculture attentive traduit une conviction simple : un bon shochu de riz commence par un bon riz, cultivé proprement.

Historiquement, la distillerie a produit à la fois du saké et du shochu de riz — les deux grandes expressions de l'alcool de riz au Japon. Ce double héritage a nourri, plus récemment, une notoriété nouvelle : Ohishi est aussi devenue célèbre pour son whisky de riz, obtenu par la distillation du shochu de riz puis vieilli en fûts ayant contenu du xérès, du brandy, du porto ou des whiskies d'Islay. Cette élégance dans le vieillissement dit beaucoup de la maison : une maîtrise du grain, du feu de la distillation et du temps.

Le shochu de riz : un alcool distillé, cousin du saké

Pour bien comprendre ce que Trinquay vous propose ici, il faut d'abord distinguer deux univers que l'on confond souvent en Occident : le saké et le shochu.

Saké brassé, shochu distillé

Le saké est un alcool brassé, issu de la fermentation du riz. Selon un procédé qui rappelle, dans son principe, celui de la bière, l'amidon du riz est transformé en sucres par un champignon, le koji, puis ces sucres sont convertis en alcool par des levures. Le saké titre généralement autour de 14 à 16 % d'alcool et se boit comme un vin japonais, avec toute sa richesse aromatique de fermentation.

Le shochu, lui, est un alcool distillé. On part d'un moût fermenté — à base de riz dans le cas d'Ohishi, mais il existe aussi des shochus d'orge, de patate douce ou de sarrasin — que l'on fait ensuite passer à l'alambic. La distillation concentre les arômes et élève le degré d'alcool. Le shochu de riz appartient donc à la même famille que les spiritueux : c'est un distillat, au même titre que l'eau-de-vie, quand le saké demeure une boisson fermentée. Voilà pourquoi le shochu Ohishi trouve naturellement sa place dans le rayon japonais de Trinquay, aux côtés des sakés qui l'accompagnent culturellement, mais bien comme un spiritueux à part entière.

Le geste de la distillation

La singularité d'Ohishi tient à cette continuité entre les traditions. Le riz cultivé au plus près de la rivière Kuma, l'eau prélevée à sa source, le koji patiemment travaillé, puis le passage à l'alambic : chaque étape prolonge la précédente. Le shochu de riz obtenu conserve la douceur et la rondeur propres au grain, tout en gagnant en netteté et en profondeur par la distillation. C'est un alcool à la fois franc et délicat, où l'on retrouve la signature d'une eau pure et d'un riz soigné. Certaines expressions de la maison sont ensuite affinées en fût, ce qui les rapproche des grands spiritueux vieillis et explique la réputation croissante d'Ohishi hors du Japon.

Déguster le shochu Ohishi et l'accorder à table

Le shochu de riz est un alcool d'une grande souplesse de service, ce qui en fait une découverte idéale pour qui souhaite s'aventurer au-delà du saké. Sa polyvalence est l'une de ses plus belles qualités.

Comment le servir

Le shochu se prête à plusieurs styles de dégustation, chacun révélant une facette différente du produit :

  • Nature, à température ambiante ou légèrement rafraîchi, pour saisir toute la finesse du riz et la pureté de l'eau — c'est la manière la plus fidèle d'apprécier le travail d'Ohishi.
  • Sur glace (on the rocks), une façon très répandue au Japon, qui adoucit le degré et allonge la dégustation.
  • Allongé d'eau fraîche (mizuwari) ou d'eau chaude (oyuwari), deux rituels japonais qui ouvrent les arômes et rendent le shochu particulièrement digeste au fil d'un repas.
  • En cocktail, où sa rondeur discrète en fait une base élégante et originale.

Cette liberté de service explique en partie l'attachement des Japonais au shochu, boisson du quotidien que l'on partage volontiers à table, sans cérémonie.

Les accords à la japonaise

Comme au Japon, le shochu de riz Ohishi se marie merveilleusement avec la cuisine nippone. Sa fraîcheur et sa netteté accompagnent sans les écraser les saveurs délicates de la gastronomie de l'archipel :

  • Sushis et sashimis, dont la finesse iodée dialogue avec la pureté du distillat de riz.
  • Yakitoris et brochettes grillées, où le shochu, servi sur glace ou allongé, rafraîchit le palais entre deux bouchées caramélisées.
  • Tempuras et fritures légères, que sa vivacité vient équilibrer.
  • Bouillons, ramen et plats mijotés, particulièrement en version oyuwari, allongé d'eau chaude, qui réchauffe et prolonge le repas.

Au-delà de la table japonaise, le shochu Ohishi se plaît aussi en apéritif, à l'heure où l'on cherche un alcool net et dépaysant, ou en fin de repas pour clore un dîner sur une note originale. Les amateurs de spiritueux vieillis apprécieront particulièrement les expressions affinées en fût, à savourer lentement, comme on prendrait le temps d'un grand whisky.

La sélection Ohishi chez Trinquay

Fidèle à sa vocation de caviste en ligne curieux et exigeant, Trinquay a souhaité faire une place au Japon des spiritueux dans son offre. Le shochu de riz Ohishi y trouve une place naturelle : c'est un produit de terroir, familial, sincère, porté par une eau d'exception et un riz cultivé avec soin. Il complète notre rayon nippon, où sakés brassés et shochu distillé cohabitent pour offrir un panorama fidèle de la culture japonaise de l'alcool de riz.

Nous croyons que le meilleur moyen de faire découvrir un produit méconnu est de le raconter honnêtement. Le shochu reste, en France, un alcool encore confidentiel, souvent éclipsé par la renommée du saké et du whisky japonais. Pourtant, il incarne à lui seul une part essentielle de l'art de vivre nippon : celle de la boisson du quotidien, généreuse et sans façon, que l'on partage entre proches. Choisir un Ohishi, c'est goûter à cette authenticité, et découvrir une maison qui a su rester fidèle à son village de montagne, à sa rivière et à son riz.

Que vous soyez amateur éclairé de spiritueux japonais ou simple curieux en quête d'une nouvelle expérience de dégustation, la maison Ohishi mérite le détour. Parcourez notre sélection et laissez-vous surprendre par la douceur d'un alcool de riz distillé, façonné au plus près de l'une des eaux les plus pures du Japon.

Questions fréquentes sur le shochu Ohishi

Quelle est la différence entre le shochu Ohishi et un saké ?

Le saké est un alcool brassé, obtenu par la fermentation du riz, à la manière d'un vin ou d'une bière, et titre généralement autour de 14 à 16 %. Le shochu Ohishi est un alcool distillé : on distille un moût de riz fermenté, ce qui concentre les arômes et rapproche le produit des spiritueux comme l'eau-de-vie. Les deux sont des alcools de riz japonais, mais le shochu appartient à la famille des distillats, raison pour laquelle Trinquay le classe dans son rayon japonais parmi les spiritueux.

Comment déguster le shochu de riz Ohishi ?

Le shochu Ohishi se sert de multiples façons : nature, légèrement frais, sur glace, allongé d'eau fraîche (mizuwari) ou d'eau chaude (oyuwari), voire en cocktail. Nature ou à peine rafraîchi, il révèle le mieux la finesse du riz et la pureté de l'eau de la rivière Kuma. Allongé d'eau chaude, il devient un compagnon idéal des plats mijotés et des bouillons japonais.

Pourquoi la distillerie Ohishi est-elle réputée ?

Fondée en 1872 à Kumamoto, Ohishi est une distillerie familiale transmise sur six générations, aujourd'hui menée par le maître-distillateur Kazunori Oishi. Elle est la plus proche de la source de la rivière Kuma, l'une des rivières les plus rapides et les plus pures du Japon. Sa réputation tient à ce lien intime avec une eau d'exception, à un riz cultivé en partie sur son propre domaine et désherbé naturellement par des carpes koï, ainsi qu'à son savoir-faire dans le shochu de riz et, plus récemment, le whisky de riz vieilli en fûts.