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Whisky Arran

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Un chantier de distillerie arrêté par un couple d'aigles royaux : c'est ainsi qu'a commencé le retour du whisky sur l'île d'Arran, au milieu des années 1990. La maison en exploite aujourd'hui deux, à chaque extrémité de l'île, et le nom Arran ne désigne pas le même site selon la bouteille. Cette page démêle les deux avant de parler de fûts.

Arran Whisky, le malt d'une île qui compte deux distilleries

Arran Whisky vient d'une île du Firth of Clyde que la réglementation écossaise ne traite pas comme une région à part : les îles sont rattachées aux Highlands, et le mot Islands n'est qu'un repère de dégustation. La maison qui porte ce nom exploite deux distilleries sur l'île, ce qui rend la lecture des étiquettes moins immédiate qu'il n'y paraît.

Harold Currie et la première distillerie légale de l'île depuis cent cinquante ans

Harold Currie, ancien dirigeant de Chivas, crée la société Isle of Arran Distillers en 1994 et lance le chantier de Lochranza, au nord de l'île, en décembre de la même année. Le premier distillat coule le 29 juin 1995 et le site est inauguré le 17 août. Arran avait connu des distilleries au début du dix-neuvième siècle, dont une à Lagg fermée vers 1840, mais il n'y en avait plus une seule en activité légale sur l'île depuis cette époque, et le savoir-faire y avait entièrement disparu.

Un couple d'aigles royaux qui interrompt le chantier

Pendant la construction, un couple d'aigles royaux installe son nid sur une falaise voisine. L'espèce étant protégée, les travaux sont suspendus le temps que la nichée aboutisse. L'anecdote est devenue un morceau du récit de la maison, mais elle dit surtout où le site a été planté : dans un vallon du nord de l'île, adossé aux reliefs, loin des zones habitées, à un endroit où l'eau descend directement des hauteurs.

Lochranza au nord, Lagg au sud

La maison a ouvert un second site en 2019, à Lagg, à la pointe sud de l'île, à une quarantaine de kilomètres du premier. Depuis cette date, la distillerie d'origine porte officiellement le nom de Lochranza, et le whisky qui en sort s'appelle Arran. Deux lieux de production, deux noms, une seule maison : c'est la lecture à avoir en tête, car une bouteille marquée Lagg ne vient pas du même atelier qu'une bouteille marquée Arran.

Comment se fabrique le whisky Arran à Lochranza

Une distillerie récente ne peut pas s'appuyer sur des chais anciens : elle doit construire sa gamme au fur et à mesure que ses fûts vieillissent. Celle de Lochranza a suivi ce chemin depuis 1995, en publiant d'abord des embouteillages jeunes, puis des âges de plus en plus longs. Voici les partis pris techniques qui la caractérisent, et qui n'ont pas bougé depuis l'origine.

L'eau de Loch na Davie et les quatre alambics

L'eau de production descend de Loch na Davie, dans les hauteurs derrière le site. La salle des alambics en compte quatre, deux de brassin et deux de repasse, pour une capacité annuelle de sept cent cinquante mille litres d'alcool pur. C'est un outil de taille modeste au regard des grandes maisons du continent, et cette échelle se retrouve dans la façon dont la gamme est construite, série par série plutôt qu'en très gros volumes constants.

Une mise en bouteille sans filtration à froid ni colorant ajouté

La maison a fait le choix de sortir ses embouteillages sans filtration à froid ni colorant ajouté, à des degrés supérieurs au minimum légal. La filtration à froid retire les composés gras qui font blanchir un whisky quand on le refroidit ; s'en passer conserve de la matière en bouche. Renoncer au colorant signifie que la teinte du liquide vient du seul fût, et non d'un ajout destiné à harmoniser les lots entre eux.

Le premier fût légal ouvert en 1998

Le premier fût de la nouvelle distillerie a été ouvert le 25 juillet 1998, une fois les trois ans de vieillissement exigés en Écosse accomplis. C'était le premier whisky légal bu sur l'île depuis plus d'un siècle et demi. Un dix ans d'âge est apparu en 2006, mis en bouteille à 46 % sans filtration à froid, puis la gamme s'est étendue vers les mentions d'âge plus longues au fil de la maturation des stocks.

La part fumée du whisky Arran

Une distillerie peut travailler une orge fumée sans que la fumée devienne sa signature. Celle de Lochranza a consacré une série à cet exercice pendant une quinzaine d'années, avant de confier ce registre à son second site. La séquence compte, car elle décide de ce que contient une bouteille tourbée portant le nom Arran, et elle explique pourquoi deux étiquettes de la même maison peuvent annoncer de la fumée sans venir du même atelier ni du même niveau de phénols.

Machrie Moor, une lande de la côte ouest de l'île

Machrie Moor est une lande de la côte ouest d'Arran, connue pour ses cercles de pierres levées. Son nom a été donné à la série tourbée de la maison, apparue en décembre 2010 et rapidement intégrée à la gamme permanente. Le nom renvoie donc à un lieu de l'île, pas à un lieu de production : les bouteilles ainsi nommées ont été distillées à Lochranza, comme le reste, à partir d'une orge préparée différemment.

Vingt ppm relevés sur l'orge maltée

L'orge employée pour cette série est séchée à la fumée de tourbe et affiche une vingtaine de parties par million de phénols. Ce chiffre se mesure sur la céréale, avant le brassage : il décrit ce que la distillerie achète, pas ce que l'on sent dans le verre, car la distillation en retire ensuite une large part. Le repère situe la série dans une fumée modérée, loin des malts les plus chargés de la côte ouest écossaise.

Le malt tourbé passé à Lagg en 2019

La production fumée s'est arrêtée à Lochranza en 2017. Depuis l'entrée en service de Lagg, au printemps 2019, c'est ce second site qui porte le malt tourbé de la maison, sous son propre nom et avec une spécification de phénols nettement plus élevée, de l'ordre de cinquante parties par million sur l'orge. Une conséquence pratique : les bouteilles marquées Machrie Moor reposent sur un distillat produit au nord de l'île, dans un atelier qui ne fabrique plus ce liquide.

Choisir un whisky Arran

Le catalogue de la maison se lit sur trois entrées : l'âge, le bois de finition, et le site de production quand il s'agit d'un malt fumé. À cela s'ajoutent quelques fûts achetés par des maisons indépendantes, comme Adelphi, Cadenhead ou Le Gus'T, qui les sortent sous leur propre étiquette, souvent au degré du fût. Ces trois entrées suffisent presque toujours à situer une bouteille avant même de lire une note de dégustation. Voici comment s'y retrouver.

Le 10 ans, le 25 ans et les embouteillages d'âge

La gamme permanente s'appuie sur des mentions d'âge qui s'étendent du dix ans aux embouteillages les plus longs, en passant par des versions brut de fût à douze ans. En Écosse, le chiffre affiché est celui du composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne : un dix ans peut donc contenir des fûts sensiblement plus âgés. Ces bouteilles cherchent un profil constant d'une mise à l'autre.

Les finitions en fût de vin, du porto au sauternes

La maison s'est fait connaître par ses seconds élevages en fûts de vin. Le porto pousse le fruit rouge et donne de la rondeur, le sauternes apporte du miel et de l'abricot confit, le xérès installe le fruit sec. À cela s'ajoutent les quarts de fût, plus petits, dont le rapport entre le bois et le liquide accélère l'échange. Une finition ne réécrit pas un distillat : elle l'habille sur une durée courte.

Robert Burns et les embouteillages sans mention d'âge

À côté des âges figurent des bouteilles sans mention d'âge, dont une série qui porte le nom du poète écossais Robert Burns. Une absence d'âge ne dit rien de la qualité d'un whisky : elle laisse l'assembleur libre de composer avec des fûts d'âges différents, sans être tenu d'afficher celui du plus jeune. C'est un choix d'assemblage, et il permet des registres que la contrainte d'âge rendrait impossibles.

Questions fréquentes sur le whisky Arran

Où est distillé le whisky Arran ?

À Lochranza, au nord de l'île d'Arran, dans le Firth of Clyde, en Écosse. La distillerie a produit son premier distillat en juin 1995 et porte officiellement le nom de Lochranza depuis 2019. L'eau vient de Loch na Davie, dans les hauteurs voisines. Une seconde distillerie de la même maison, Lagg, se trouve à la pointe sud de l'île et embouteille sous son propre nom.

Le whisky Arran est-il tourbé ?

La plupart des embouteillages reposent sur un malt pour lequel aucune tourbe n'est revendiquée. La maison a toutefois consacré une série au malt fumé, Machrie Moor, distillée à Lochranza à partir d'une orge affichant une vingtaine de parties par million de phénols. Cette production a cessé sur ce site en 2017 : le malt tourbé de la maison vient depuis de la distillerie de Lagg, qui l'embouteille sous son nom.

Quelle différence entre un whisky Arran et un whisky Lagg ?

Ce sont deux distilleries de la même maison, situées aux deux extrémités de l'île. Arran désigne le malt produit à Lochranza, au nord, majoritairement sans tourbe revendiquée. Lagg désigne celui du site ouvert en 2019 à la pointe sud, dédié au malt fortement fumé. Le nom porté par l'étiquette suffit donc à savoir de quel atelier et de quel registre on parle.

Quel Arran choisir chez Trinquay ?

Pour approcher le caractère de la maison, un embouteillage avec mention d'âge donne la lecture la plus directe du distillat. Les finitions en fût de vin, porto ou sauternes, conviennent à qui cherche un profil plus fruité et plus rond. Les fûts uniques signés par des maisons indépendantes offrent une lecture plus étroite. Nos conseillers vous orientent selon ce que vous voulez trouver dans le verre.