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Whisky BenRiach

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Il existe des distilleries qui ont fermé, et il en existe une qui a continué de travailler l'orge pendant que ses alambics restaient froids. BenRiach a passé plus de six décennies à malter pour la voisine avant de redistiller pour elle-même. Cette page rassemble les bouteilles nées à Elgin et commence par cette longue parenthèse, parce qu'elle explique une bonne part de ce que la maison est devenue.

Whisky BenRiach, plus de soixante ans passés à malter sans distiller

Whisky BenRiach vient du Speyside, la plus dense des régions reconnues par la réglementation écossaise, dont notre page régionale détaille les contours. La maison y occupe une place à part : son histoire est faite d'une très longue interruption pendant laquelle elle a servi une autre distillerie. Comprendre son catalogue actuel, très large en matière de bois et de registres, commence par cette séquence.

John Duff, 1898, et la faillite qui suit presque aussitôt

BenRiach est bâtie en 1898 par John Duff, au sud d'Elgin, à côté de Longmorn qu'il possédait déjà. Les deux sites furent reliés par une voie ferrée privée et une petite locomotive à vapeur surnommée la Puggy. La conjoncture se retourne immédiatement : la faillite de Pattisons, énorme acheteur de whisky, assèche le marché et la distillation s'interrompt dès les premières années du siècle. Le chantier avait à peine séché que la production s'arrêtait déjà.

L'aire de maltage qui tourne pour Longmorn

Les alambics se taisent, mais l'aire de maltage continue de fonctionner. Elle produit du malt pour Longmorn, sa voisine immédiate, et c'est cette activité qui maintient le site en vie et son personnel sur place. Pendant des décennies, BenRiach n'est donc plus une distillerie au sens strict : c'est une malterie qui attend. Cette parenthèse explique pourquoi le maltage à l'aire est resté, dans la mémoire de la maison, une compétence à part entière plutôt qu'un vestige.

La distillation reprise en 1965

Le site est repris par The Glenlivet Distillers, qui remet les alambics en marche en 1965. La maison passe ensuite à Seagram en 1978, puis dans le giron de Pernod Ricard en 2001, avant d'être rachetée en 2004 par un groupe d'investisseurs mené par Billy Walker. Brown-Forman en prend la propriété en juin 2016. Chacun de ces passages a laissé sa trace dans les chais, où dorment des fûts remplis sous des directions successives et selon des partis pris différents. Une maison passée de main en main garde ainsi, dans ses chais, la mémoire des goûts successifs de ceux qui l'ont dirigée, et un assembleur y puise des fûts que personne n'aurait remplis aujourd'hui.

Les trois distillats du whisky BenRiach

Une distillerie qui fabrique un seul liquide est plus simple à raconter, mais elle offre moins de matière à ses assembleurs. BenRiach travaille trois distillats différents dans les mêmes alambics, en alternant les campagnes au cours de l'année. Cette liberté explique l'étendue de son catalogue, où l'on croise des bouteilles très éloignées les unes des autres sans qu'aucune n'ait quitté le site d'Elgin.

Le distillat de référence de la maison, sans tourbe revendiquée

Le registre principal de la maison est un malt pour lequel aucune tourbe n'est revendiquée, conforme à ce que l'on attend d'une distillerie de la région : de la pomme, de l'abricot, du miel et une trame céréalière que le bois vient habiller. C'est ce distillat qui remplit les embouteillages permanents portant une mention d'âge, et c'est lui qui sert de référence quand on veut comparer deux fûts différents d'une même maison.

Le malt fumé, revenu dans le Speyside au début des années 1970

Au début des années 1970, la maison recommence à distiller de l'orge séchée à la fumée de tourbe des Highlands, à une époque où la région ne le faisait pratiquement plus. La décision est restée : une partie de l'année, les alambics travaillent un malt fumé, qui donne des bouteilles où la tourbe s'installe sur un fond fruité au lieu de le recouvrir. Les phénols se mesurent sur l'orge maltée, avant le brassage, jamais dans le verre.

La distillation triple, une campagne par an

Le troisième distillat sort d'un passage supplémentaire à l'alambic. La maison en produit de petits volumes depuis les années 1990 et en fait aujourd'hui une campagne annuelle. Une distillation de plus resserre le distillat, en retire du gras et en allège la texture, ce qui donne un liquide plus fin et plus vif. C'est une pratique rare en Écosse, davantage associée à l'Irlande et à quelques maisons des Lowlands, et elle reste ici une production d'appoint. Les volumes concernés restent faibles au regard du reste de l'année.

Le maltage à l'aire et le bois chez BenRiach

Deux sujets occupent la maison au-delà de la distillation elle-même : la céréale et le contenant. Le premier l'a ramenée à un geste ancien qu'elle avait pratiqué pendant des décennies pour le compte d'une voisine. Le second explique l'ampleur de sa gamme, où des bouteilles issues du même distillat ne se ressemblent pas du tout parce qu'elles n'ont pas dormi dans le même bois.

Les aires de maltage remises en service en 2012

Les aires de maltage, restées en place après leur arrêt, ont été remises en service en 2012. Le procédé consiste à tremper l'orge, à l'étaler sur un sol de pierre et à la retourner à la main pendant plusieurs jours pour que la germination reste régulière, avant de la sécher au four. Presque toute l'Écosse a confié cette étape à des malteries industrielles ; la maison a choisi de la refaire chez elle, sur des volumes forcément réduits.

Les Malting Season et leur orge tournée à la main

La série Malting Season est née de cette remise en route : ses bouteilles sont faites d'orge maltée sur l'aire du site, une première depuis un siècle. La première édition repose sur de l'orge Concerto maltée et séchée à l'automne 2013. Chaque édition est distincte, la maîtresse d'assemblage choisissant pour chacune la variété d'orge et le degré de mise en bouteille. La quatrième édition combine des fûts de bourbon de premier remplissage et des fûts d'oloroso.

Bourbon, chêne vierge et xérès dans les chais

Le bois est l'autre terrain de jeu de la maison. Les fûts ayant contenu du bourbon donnent la vanille et la noix de coco, les fûts de xérès apportent le fruit sec et le raisin de Corinthe, et le chêne vierge, jamais rempli auparavant, pousse l'épice et le tanin bien plus vite. À cela s'ajoutent des finitions en fûts de vin sur certaines éditions. Un même distillat en ressort méconnaissable selon le contenant qui l'a accueilli.

Choisir un whisky BenRiach

Le catalogue de la maison se lit sur deux entrées : le distillat retenu, fumé ou non, et la main qui a mis en bouteille. Un embouteillage officiel et un fût acheté par une maison tierce ne racontent pas la même chose, même à millésime égal. Voici comment s'y retrouver, et ce que chaque famille d'étiquettes engage sur le contenu du verre.

The Original Ten, The Twelve et The Sixteen

La gamme permanente s'organise autour de mentions d'âge, The Original Ten, The Twelve et The Sixteen, auxquelles s'ajoute une version Sherry Wood à douze ans. Rappelons qu'en Écosse le chiffre affiché est celui du composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne. Ces bouteilles reposent sur des mariages de bois choisis pour retrouver un profil constant d'une année sur l'autre, ce qu'un fût unique ne cherche jamais à faire.

Les embouteillages fumés, de Smoke Season au Peated

La part tourbée de la maison sort sous des noms explicites, The Smoky Twelve, Smoke Season, ou un Peated portant une mention d'âge longue. La fumée y arrive sur une base fruitée qui reste lisible, ce qui donne une lecture différente de celle d'un malt insulaire. Notre page consacrée au whisky tourbé détaille ce que le chiffre de phénols mesure réellement, et ce que la distillation en retire avant la mise en fût.

Les fûts partis chez des maisons tierces

Une part du distillat part en fûts chez des maisons tierces, qui le mettent en bouteille sous leur propre étiquette, souvent au degré naturel et sans filtration à froid. Signatory Vintage, Asta Morris et Thompson Bros. en ont sorti, du millésime récent au fût plus âgé. La distillerie est alors nommée sur l'étiquette, aux côtés de l'année, de la durée passée en fût et parfois du numéro de fût, qui identifie le lot.

Questions fréquentes sur le whisky BenRiach

Où se trouve la distillerie BenRiach ?

Au sud d'Elgin, dans le Speyside, en Écosse, à côté de la distillerie de Longmorn à laquelle elle fut reliée par une voie ferrée privée. Le Speyside est l'une des régions reconnues par la réglementation écossaise et concentre le plus grand nombre de distilleries de malt du pays. La maison appartient depuis juin 2016 au groupe américain Brown-Forman, après plusieurs changements de propriétaire au vingtième siècle.

Le whisky BenRiach est-il tourbé ?

Cela dépend de la bouteille. La maison distille trois liquides différents, dont un malt fumé qu'elle produit depuis le début des années 1970 et qui sort sous des noms explicites comme The Smoky Twelve, Smoke Season ou Peated. Les autres embouteillages, ceux qui portent une simple mention d'âge, reposent sur un malt pour lequel aucune tourbe n'est revendiquée. L'étiquette le dit chaque fois.

Qu'est-ce qu'un BenRiach Malting Season ?

C'est une série d'embouteillages faits d'orge maltée sur les aires de la distillerie elle-même, remises en service en 2012, et non chez un malteur industriel. L'orge est trempée, étalée au sol, retournée à la main pendant plusieurs jours puis séchée au four. Chaque édition est différente : la variété d'orge et le degré de mise en bouteille sont choisis à chaque fois, ce qui interdit de les considérer comme un embouteillage permanent.

Quel BenRiach choisir chez Trinquay ?

Pour aborder le caractère de la maison, un embouteillage officiel avec mention d'âge donne la lecture la plus lisible du distillat non fumé. Pour la part tourbée, il faut se tourner vers les bouteilles qui l'annoncent sur l'étiquette. Les fûts uniques signés par des maisons tierces, souvent embouteillés au degré du fût, s'adressent à qui veut une lecture plus étroite. Nos conseillers vous orientent selon ce que vous cherchez.