- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Sur l'étiquette du 12 ans officiel, une loutre. L'animal n'est pas un ornement de circonstance : il vient du ruisseau au pied duquel la distillerie a été bâtie, et qui lui a donné son tout premier nom. Cette page rassemble les bouteilles nées à Pitlochry, et elle commence par ce détail parce qu'il dit déjà l'essentiel : une maison que le grand public connaît par une seule étiquette, alors que la plus grande part de son malt s'en va ailleurs.
Blair Athol Whisky vient du Perthshire, à la sortie de Pitlochry, sur la route qui monte vers le nord. La distillerie appartient à la région des Highlands, dont notre page dédiée raconte l'étendue et les frontières. Ce qu'il faut retenir ici tient à son âge : le site a été ouvert à la toute fin du dix-huitième siècle, il a changé de nom, il a été arrêté puis rebâti, et chacune de ces étapes se lit encore dans ce que la maison met en bouteille.
La distillerie est fondée en 1798 par John Stewart et Robert Robertson, sous le nom d'Aldour. Le mot vient de l'Allt Dour, le ruisseau qui coule au pied du site. Le nom d'origine de la maison est donc celui d'un cours d'eau, pas celui d'un fondateur ni d'un domaine. L'affaire ferme peu après son ouverture, ce qui n'a rien d'exceptionnel pour une distillerie de cette époque, et il faudra attendre le quart de siècle suivant pour la voir repartir.
La distillerie reprend son activité en 1825 sous la conduite de John Robertson, et c'est à ce moment qu'elle change de nom pour Blair Athol, emprunté au village voisin. Les propriétaires des terres alentour portaient le titre de duc d'Atholl, et l'hypothèse retenue par les historiens du whisky est que le choix visait à s'attirer leurs faveurs. La suite du dix-neuvième siècle voit le site passer de main en main, chez les Conacher, chez Peter Fraser, puis chez P. Mackenzie & Co.
La distillerie s'arrête en 1932, dans une décennie qui en a mis beaucoup à genoux. Arthur Bell & Sons rachète le site pendant cette période de silence, le reconstruit, et la production ne reprend qu'en 1949. Cette reprise décide de tout ce qui suit : la maison entre dans un groupe d'assemblage, et son malt trouve sa destination. Guinness reprend Arthur Bell & Sons en 1987, et Blair Athol appartient à Diageo depuis la fusion de 1997.
Une distillerie peut très bien travailler pour un assemblage sans que cela dise quoi que ce soit de la qualité de son malt. Un blended Scotch et un single malt répondent à deux attentes différentes, et notre page consacrée aux assemblages détaille ce que la catégorie recouvre. Blair Athol appartient à cette famille de sites dont la production est d'abord un ingrédient, ce qui explique la rareté de ses embouteillages officiels et l'intérêt que lui portent les maisons indépendantes.
Le site a fonctionné longtemps avec deux alambics, et il en compte quatre depuis 1973, refroidis par des condenseurs tubulaires. Deux choix d'atelier font le reste : un moût volontairement trouble et une fermentation courte, qui ne dépasse guère cinquante heures. Un moût trouble emporte des particules de céréale dans la cuve de fermentation, et une fermentation courte laisse peu de place aux bactéries lactiques : le distillat qui en sort est céréalier et charnu plutôt que floral.
Depuis le rachat par Arthur Bell & Sons, l'essentiel de la production de Blair Athol sert le blend Bell's, dont la maison est la distillerie d'origine. Ce malt part majoritairement en fûts ayant déjà contenu du bourbon, un bois qui donne de la vanille et de la céréale sans écraser le distillat. C'est une destination technique autant que commerciale : un assemblage a besoin de malts constants d'une année sur l'autre, et la conduite de l'atelier est réglée pour cela.
Une petite fraction de la production prend une autre route : elle mûrit en fûts de xérès de premier remplissage, et ressort en single malt sous une mention de douze ans. Le bois de xérès pousse le fruit sec, la noix et l'épice, sur un distillat déjà dense. Rappelons ce que l'âge affiché veut dire en Écosse : il désigne le composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne des fûts réunis dans la bouteille.
Beaucoup d'acheteurs rencontrent cette maison par une bouteille dont ils ne savent pas très bien à quelle série elle appartient. L'étiquette porte un animal, une mention d'âge, le nom de la distillerie, et rien qui ressemble à un nom de gamme. Ce n'est pas un oubli du fabricant : la série en question n'a jamais été baptisée officiellement, et le nom sous lequel les amateurs la désignent vient d'ailleurs. Voici comment elle se lit.
United Distillers, le prédécesseur de Diageo, lance en 1991 une série d'embouteillages destinée à donner un visage public à des distilleries que seuls les assembleurs connaissaient. Une vingtaine de sites en font partie au départ, et la série en a compté vingt-six au fil du temps. L'intention est claire : sortir du silence des maisons dont la production entière partait dans des blends, et proposer une lecture directe de leur distillat sous une présentation commune.
La série n'a pas reçu de nom de la part de son propriétaire. C'est l'écrivain britannique Michael Jackson qui l'a baptisée Flora & Fauna, en référence aux plantes et aux animaux qui ornent les étiquettes, et l'usage a suivi. La mention ne figure donc sur aucune bouteille. Devant un rayon, on ne cherche pas les deux mots imprimés quelque part : on reconnaît la présentation, l'animal et la mise en page, qui sont les mêmes d'une distillerie à l'autre.
L'Allt Dour se traduit du gaélique par le ruisseau de la loutre, et c'est cet animal qui a été retenu pour l'étiquette du douze ans. La boucle est cohérente : le ruisseau donne son nom à la distillerie d'origine en 1798, le nom disparaît en 1825 au profit du village voisin, et il revient près de deux siècles plus tard sous la forme d'un dessin. Rares sont les étiquettes de whisky dont le motif renvoie précisément à la toponymie du site.
Deux familles d'étiquettes coexistent sur cette maison, et elles ne racontent pas la même chose. D'un côté un embouteillage signé par la distillerie, pensé pour être constant. De l'autre des fûts achetés par des maisons tierces, qui sortent au degré du fût et ne se rejouent pas. Savoir laquelle on a en main change ce qu'on peut en attendre, et c'est la première question à se poser devant une bouteille portant ce nom.
L'embouteillage maison reste le point de départ le plus sûr pour comprendre le distillat : il est réduit, assemblé à partir de plusieurs fûts, et pensé pour se retrouver identique d'une année sur l'autre. Le registre attendu tient au malt cuit, au fruit sec et à la noix, avec l'épice que le bois de xérès apporte. C'est la version que les guides prennent comme étalon quand ils décrivent le caractère de la maison.
Un embouteilleur indépendant achète un fût, le suit, puis le met en bouteille sous sa propre étiquette, très souvent sans réduction et sans filtration à froid. Sur Blair Athol, la pratique est courante et ancienne. Elixir Distillers sous sa collection The Single Malts of Scotland, Mossburn Distillers et Thompson Bros. en ont sorti, du millésime encore jeune aux fûts de plus de vingt ans. Chaque lot correspond à un fût précis et ne se reproduira pas.
Une étiquette indépendante donne quatre repères qui décrivent le contenu mieux que le nom en gros caractères : l'année de distillation, l'âge passé en fût, le degré d'embouteillage et, quand il est publié, le numéro du fût. Attention à un piège courant : une année imprimée sur une étiquette est plus souvent une année d'embouteillage qu'une année de distillation, et un numéro de fût n'a jamais rien dit de l'âge d'un whisky.
Du village voisin de la distillerie, dans le Perthshire. La maison ne s'est pas toujours appelée ainsi : fondée en 1798, elle portait le nom d'Aldour, tiré de l'Allt Dour, le ruisseau de la loutre qui coule au pied du site. Le changement intervient vers 1825, lors de la reprise de l'activité, et les historiens du whisky y voient une attention adressée aux propriétaires des terres, qui portaient le titre de duc d'Atholl.
Des Highlands. La distillerie se trouve à Pitlochry, dans le Perthshire, bien au sud de la vallée de la Spey, et elle relève de la région protégée des Highlands au sens de la réglementation écossaise. La confusion vient du profil du malt, riche et porté sur le fruit sec, qu'on associe souvent au Speyside. Les régions du Scotch délimitent une aire géographique, elles ne décrivent jamais un goût imposé.
L'embouteillage officiel réunit plusieurs fûts pour obtenir un résultat constant, il est réduit à un degré fixe et il se retrouve d'une année sur l'autre. Un fût unique indépendant ne concerne qu'un seul contenant : le degré est souvent celui du fût, la filtration à froid et le colorant sont généralement écartés, et la bouteille porte un millésime et un âge propres à ce lot. L'un donne un repère, l'autre un instantané.
Tout dépend de ce que vous cherchez. Pour découvrir le caractère de la maison, l'embouteillage officiel avec mention d'âge donne la lecture la plus juste. Pour un profil plus tendu, plus démonstratif, il faut aller vers un fût unique sorti par une maison indépendante, dont le degré est souvent élevé. Nos conseillers répondent à vos questions et vous orientent vers la bouteille qui correspond à ce que vous avez en tête.