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Campbeltown Loch n'est pas une distillerie mais un assemblage, et le nom vient d'une baie du Kintyre. Depuis 2021, la bouteille réunit les cinq malts produits par les trois distilleries en activité de la ville, mariés et mis en flacon à Springbank. Cette page explique ce que contient cet assemblage, comment il a changé de nature, et ce que son étiquette annonce.
Campbeltown Loch désigne d'abord un bras de mer, sur la côte est de la péninsule du Kintyre, au fond duquel la ville s'est établie. Le nom est aussi celui d'une chanson populaire écossaise dont le refrain souhaite que le loch soit rempli de whisky, reprise dans les années 1960 par le chanteur Andy Stewart. Poser ce nom sur une étiquette revient donc à convoquer un lieu et une plaisanterie locale en même temps, ce qui n'est pas si fréquent.
Le texte de cette chanson joue sur un contraste que les habitants connaissaient bien : une ville entourée de distilleries où le whisky restait pourtant cher. La reprise enregistrée au début des années 1960 lui a donné une audience nationale, et le nom du loch est resté associé au whisky bien au-delà du Kintyre.
Le nom circule depuis longtemps sur des bouteilles. Dans ses versions anciennes, Campbeltown Loch était un blended Scotch whisky et contenait donc une part de whisky de grain. La bouteille parue en 2021 change de catégorie : elle devient un blended malt Scotch whisky, c'est-à-dire un assemblage de single malts venus de plusieurs distilleries, sans aucun grain. Le degré passe dans le même mouvement de 40 % à 46 %. Deux versions portant le même nom ne contiennent donc pas la même chose.
L'assemblage appartient à J&A Mitchell & Co, la société familiale qui possède Springbank, et il est marié puis embouteillé sur le site même de la distillerie. Cette maison malte son orge, distille et met en bouteille au même endroit. Pour un assemblage, cela signifie que l'opération ne quitte jamais Campbeltown, du remplissage des fûts jusqu'à la mise en flacon, et que le whisky acheté à l'extérieur rejoint les autres composants sur place plutôt que dans un site de conditionnement lointain.
Trois des cinq composants sortent des mêmes murs. Springbank, Longrow et Hazelburn ne sont pas trois distilleries mais trois campagnes de production menées dans le même atelier, qui se distinguent par le maltage et par le nombre de distillations. L'une est légèrement fumée, l'autre franchement, la troisième pas du tout. Les réunir dans un assemblage revient donc à faire dialoguer trois écritures issues d'un même point de départ, et chacune dispose de sa page chez nous.
Le nombre de distillations sépare également ces trois écritures : deux fois et demie pour la première, deux fois pour la deuxième, trois fois pour la troisième. Chaque passage supplémentaire affine le distillat et retire de la matière, ce qui donne trois textures nettement différentes avant même que le fût n'entre en jeu.
Le quatrième composant vient de Glengyle, distillerie dont la production a repris en 2004 sous la conduite de la même famille, et dont le whisky paraît sous le nom Kilkerran parce que le nom Glengyle est déposé ailleurs. Son orge maltée provient des aires de maltage de sa voisine, ce qui crée une parenté immédiate entre les deux malts. Dans un assemblage régional, sa présence apporte une matière plus jeune que celle des chais anciens, avec une trame fruitée nette.
Le cinquième malt est le seul à ne pas appartenir à la famille propriétaire de l'assemblage. Glen Scotia est la deuxième distillerie historique encore en activité à Campbeltown, installée à quelques rues de la première, et elle relève d'un autre propriétaire. Sa présence est ce qui donne tout son sens au projet : sans elle, la bouteille ne réunirait que les productions d'une seule maison, et elle ne pourrait pas prétendre représenter la localité tout entière.
Campbeltown est l'une des deux localités reconnues par la réglementation écossaise, aux côtés d'Islay, et notre page consacrée à ce territoire en détaille l'histoire. Retenons ici qu'un assemblage qui se réclame d'une localité protégée engage davantage qu'un nom commercial : il annonce une origine que l'étiquette doit pouvoir tenir.
La recette combine des whiskies élevés en fûts ayant contenu du bourbon et d'autres passés en fûts de xérès. Les premiers laissent le distillat au premier plan, avec de la vanille et des fruits jaunes, les seconds apportent des fruits secs, une texture plus dense et une couleur soutenue. La proportion entre les deux n'est pas publiée et change selon les lots. C'est l'un des leviers dont dispose l'assembleur pour retrouver un équilibre comparable d'une année sur l'autre.
La bouteille sort à 46 %, sans filtration à froid et sans colorant. Les trois choix vont ensemble : au-delà de 46 %, un whisky reste généralement limpide quand on y ajoute de l'eau, ce qui rend inutile le passage à froid destiné à retirer les composés responsables du trouble. L'absence de caramel colorant signifie par ailleurs que la teinte du liquide vient uniquement des fûts. Ces mentions figurent sur l'étiquette et se vérifient donc avant l'achat.
La maison ne publie pas la part exacte de chaque malt, et cette part varie selon les mises. Cette réserve est habituelle chez les assembleurs, pour qui la recette constitue un savoir-faire, mais elle a une conséquence pratique : deux bouteilles achetées à deux ans d'écart ne sont pas strictement identiques. Les amateurs suivent d'ailleurs ces lots comme des séries distinctes, et une note de dégustation sérieuse précise l'année de mise en bouteille plutôt que le seul nom du produit.
Le blended malt Scotch whisky est l'une des cinq catégories reconnues par la réglementation écossaise. Elle réunit des single malts issus d'au moins deux distilleries, sans aucun whisky de grain. La catégorie n'indique ni le nombre de distilleries, ni leur identité, ni leurs proportions : elle dit seulement que le contenu est entièrement du malt et qu'il vient de plusieurs sites. Les anciennes mentions pure malt et vatted malt, qui désignaient la même chose, sont interdites depuis 2009.
Les quatre autres catégories sont le single malt, le single grain, le blended grain et le blended Scotch. Elles se distinguent par deux critères seulement, la céréale employée et le nombre de distilleries d'origine, et notre page consacrée aux catégories du scotch les détaille. Aucune ne vaut mieux qu'une autre, elles répondent à des projets différents.
La bouteille ne porte pas d'indication d'âge. Cela ne signifie pas que son contenu est jeune, seulement que la maison n'a pas voulu s'engager sur le composant le plus jeune du lot, puisque la règle écossaise oblige à afficher celui-ci et non une moyenne. Sur un assemblage qui puise dans cinq malts et dans des chais aux disponibilités inégales, une mention d'âge contraindrait la recette bien davantage qu'elle ne renseignerait celui qui achète.
Vérifiez d'abord la catégorie inscrite sur l'étiquette, car les versions anciennes ne relèvent pas de la même. Regardez ensuite l'année de mise en bouteille, seule façon d'identifier le lot. Le degré confirme la période, puisque la version d'aujourd'hui sort plus haut que celles d'autrefois. Gardez enfin en tête que cette bouteille est faite pour donner une vue d'ensemble de la localité : elle se compare utilement aux single malts de chacune des maisons qui la composent.
Non. C'est un blended malt Scotch whisky, catégorie qui réunit des single malts venus de plusieurs distilleries, sans whisky de grain. Un single malt provient au contraire d'une seule distillerie. Les versions anciennes du même nom étaient d'ailleurs des blended Scotch et contenaient du grain : la catégorie a changé en 2021 et l'étiquette la porte en toutes lettres, c'est elle qui tranche.
Les trois distilleries en activité à Campbeltown, à travers les cinq malts qu'elles produisent : Springbank, Longrow et Hazelburn pour la première, Kilkerran pour Glengyle, et Glen Scotia. Les proportions ne sont pas publiées et varient d'un lot à l'autre. C'est cette composition qui distingue la bouteille d'un simple assemblage maison, puisqu'elle intègre un malt appartenant à un propriétaire différent de celui qui signe le flacon.
Il contient une part de malts fumés, puisque plusieurs de ses composants le sont à des degrés variables, mais il ne se range pas parmi les whiskies fortement tourbés. La fumée y apparaît en arrière-plan, sur une base fruitée et saline, et elle n'occupe jamais seule le devant de la scène. La maison ne publie aucune mesure de phénols pour cet assemblage, et un tel chiffre se relèverait de toute façon sur l'orge maltée, avant brassage, pas dans le verre.
Repérez d'abord l'année de mise en bouteille, qui identifie le lot, puis vérifiez la catégorie et le degré portés sur l'étiquette. Si vous connaissez déjà les malts de la ville, cette bouteille sert de point de comparaison entre eux. Si vous les découvrez, elle donne une vue d'ensemble avant d'aller vers une distillerie en particulier. Nos fiches reprennent la catégorie, le degré et le traitement annoncés sur l'étiquette, et notre équipe répond à vos questions pour vous orienter selon ce que vous cherchez.