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Whisky Glasgow

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Une ville de plus d'un demi-million d'habitants a passé le XXe siècle entier sans distillerie de malt. Glasgow expédiait le whisky, l'assemblait, le vendait au monde, et n'en fabriquait plus. Il a fallu attendre les années 2010 pour qu'une société reprenne le nom d'une maison éteinte depuis 1902 et rallume des alambics dans un parc d'activité de la banlieue sud. Cette page rassemble les bouteilles nées à cet endroit.

Glasgow Whisky, un nom de 1770 repris par une distillerie neuve

Le whisky Glasgow porte un nom qui a deux âges, et les confondre serait une erreur de lecture. Il y a la maison de Dundashill, active au XVIIIe et au XIXe siècle, et il y a la société d'aujourd'hui, qui a choisi de reprendre ce nom sans en descendre. Les Lowlands ont leur page chez nous : ce qui suit tient au parcours propre de cette distillerie.

La maison de Dundashill, fondée en 1770 et fermée en 1902

La première Glasgow Distillery Company voit le jour en 1770 à Dundashill, au nord du centre de la ville. Elle change plusieurs fois de raison sociale au fil du siècle suivant et cesse son activité en 1902. Rien de ce site n'a été transmis à la maison actuelle : les bâtiments, l'outil et la société ont disparu. Le lien qui subsiste est un nom et une date, et c'est ainsi qu'il faut le lire. Glasgow a pourtant compté parmi les grandes places du whisky écossais, non par ses alambics mais par ses maisons de négoce, ses chais et son port, d'où partaient les caisses vers l'Empire.

Une société montée en décembre 2012, sans filiation avec l'ancienne

La Glasgow Distillery Company d'aujourd'hui est constituée en décembre 2012 par Liam Hughes et Mike Hayward, avec le concours d'investisseurs privés. C'est une entreprise neuve qui reprend un nom ancien, pas une distillerie qui rouvre. La distinction compte : une maison rouverte hérite d'un savoir-faire et parfois de stocks, une maison neuve part de zéro et doit construire son propre caractère, ce que les fondateurs ont d'ailleurs revendiqué dès le départ.

Hillington, un parc d'activité au sud-ouest de la ville

La distillerie s'installe à Hillington, un parc d'activité du sud-ouest de Glasgow, loin des paysages de bruyère que le whisky écossais convoque d'ordinaire. L'eau vient du Loch Katrine, qui alimente la ville depuis le XIXe siècle. C'est la première distillerie de single malt indépendante à ouvrir à Glasgow depuis plus d'un siècle, et son adresse dit quelque chose de son projet : un whisky urbain, assumé comme tel, dans un bâtiment industriel banal plutôt que dans une ferme restaurée du nord.

Ce que la distillerie de Glasgow produit depuis 2015

Monter une distillerie de malt suppose d'attendre trois ans avant de pouvoir vendre quoi que ce soit sous le nom de whisky. Les fondateurs ont donc commencé par un alcool qui se vend sans attendre, puis lancé la production de malt, puis attendu. Voici les trois étapes qui expliquent la forme de la gamme actuelle.

Le gin Makar, premier alcool sorti de la maison en 2014

Le premier produit de la maison n'est pas un whisky mais un gin, le Makar Original Dry Gin, lancé en octobre 2014 et présenté comme le premier gin légalement produit à Glasgow. Le procédé est courant chez les jeunes distilleries : le gin ne demande aucun vieillissement, il finance les premières années et occupe l'outil pendant que les fûts dorment. Un alambic à gin, baptisé Annie, est dédié à cette production, et il continue de tourner aujourd'hui aux côtés des alambics de malt.

Mars 2015, le premier alcool de malt coulé à Hillington

La production de malt démarre en mars 2015. Les sources spécialisées ne s'accordent pas sur le jour exact, l'une retenant le début du mois, l'autre le 20 : nous écrivons donc le mois plutôt que de trancher entre elles. Deux alambics portent des prénoms, Tara pour la première distillation et Mhairi pour la repasse, et deux autres sont venus s'y ajouter en 2019 quand la maison a doublé sa capacité.

1770, la marque sous laquelle paraît le single malt de Glasgow

Le malt de la maison ne paraît pas sous le nom de la distillerie mais sous la marque 1770, en référence à la maison de Dundashill. Le premier single malt sort en 2018, en édition limitée, trois ans après le premier remplissage. Cette référence historique sur une étiquette neuve demande une lecture attentive : 1770 est une date d'hommage, pas une date de distillation ni une date de fondation de la maison qui embouteille.

Non tourbée, tourbée, triple distillée, les écritures du malt de Glasgow

Plutôt que de s'en tenir à un profil unique, la maison a choisi de faire coexister plusieurs manières de conduire son malt. Chacune correspond à une décision technique prise en amont, au maltage ou à l'alambic, et non à un habillage commercial. Les trois versions parues à ce jour se distinguent d'abord par ce que le distillateur a décidé avant de remplir le fût.

The Original, la version non tourbée parue en juin 2018

The Original est le premier single malt de la maison, paru en juin 2018. Il est doublement distillé, produit à partir d'orge maltée non tourbée, et élevé en fûts ayant contenu du bourbon ainsi qu'en chêne neuf. Le recours au chêne neuf est un choix qui pèse : ce bois n'a rien cédé auparavant et donne beaucoup, vanille, épice douce et tanin, ce qui convient à un malt jeune qu'il faut habiller vite.

Peated, une fumée qui vient de l'orge maltée

Une version tourbée paraît en septembre 2019. La fumée d'un malt tourbé vient du touraillage, l'étape où l'orge germée est séchée au-dessus d'un feu de tourbe : les phénols se fixent alors sur le grain, et c'est sur ce grain qu'ils se mesurent, jamais dans la bouteille. À ne pas confondre avec une mise élevée en peated cask, où la fumée est apportée par le bois d'un fût ayant contenu un whisky tourbé.

Triple Distilled, un troisième passage à l'alambic

La troisième version, parue en mai 2020, ajoute un passage supplémentaire à l'alambic. Distiller trois fois au lieu de deux resserre la coupe et rend un alcool plus net, souvent plus léger, au prix d'un rendement moindre. La pratique est répandue en Irlande, où elle relève de la tradition sans jamais avoir été une obligation légale, et elle reste minoritaire en Écosse. Une distillerie neuve peut se permettre de l'essayer, là où une maison installée depuis un siècle doit composer avec des assembleurs qui attendent d'elle un distillat constant.

Un whisky Glasgow encore jeune, et ce que cela change à la lecture

Une distillerie qui a rempli son premier fût en 2015 ne peut proposer que des whiskies dont l'âge se compte en années plutôt qu'en décennies. Ce n'est ni une limite ni un défaut, c'est un fait de calendrier, et il change la manière dont on lit une étiquette. Trois repères aident à choisir sans se tromper d'attente.

Millésime et âge sur une mise de fût unique

Sur une bouteille issue d'un seul fût, le millésime indique l'année de distillation et l'âge se compte jusqu'à l'embouteillage. Les deux se recoupent et se vérifient l'un par l'autre. Un malt distillé en 2016 et embouteillé neuf ans plus tard vient d'un fût rempli moins de deux ans après le démarrage de la production : c'est une information de calendrier utile, elle situe la bouteille dans la jeunesse de l'outil, à un moment où les équipes réglaient encore leurs coupes.

Le fût, premier facteur de caractère sur un malt jeune

Sur un malt de quelques années, le bois parle plus fort que sur un malt ancien, simplement parce que le distillat n'a pas encore eu le temps de s'arrondir. Un premier remplissage de fût de bourbon, un fût de chêne neuf ou un fût ayant contenu un vin liquoreux donneront trois bouteilles très différentes issues du même alambic. C'est pourquoi les mises indépendantes précisent presque toujours le type de fût, et pourquoi cette mention mérite d'être lue avant l'âge.

Ce que Le Gus'T va chercher chez Glasgow

Le Gus'T est un embouteilleur français installé à Manosque, en Provence, qui numérote ses sélections en chiffres romains et travaille fût par fût. Ses mises de Glasgow illustrent l'écart que le bois peut créer : une sélection élevée en fût ayant contenu du vin de paille, une autre en premier remplissage de bourbon sur un malt tourbé. Même distillerie, même décennie, deux bouteilles qui ne se ressemblent pas.

Questions fréquentes sur le whisky Glasgow

La distillerie de Glasgow est-elle celle de 1770 ?

Non. La maison de Dundashill, fondée en 1770, a fermé en 1902 et n'a laissé ni société, ni bâtiments, ni stocks. La distillerie actuelle est une entreprise constituée en décembre 2012 qui a repris ce nom et cette date par hommage. Le chiffre 1770 sur une étiquette renvoie donc à l'histoire de la ville, jamais à l'âge du liquide ni à l'ancienneté de la maison qui l'embouteille.

Le whisky Glasgow est-il un Lowlands ?

Oui. Glasgow se trouve dans le périmètre de la région protégée des Lowlands, l'une des trois régions reconnues par la réglementation écossaise avec les Highlands et le Speyside, aux côtés des deux localités que sont Islay et Campbeltown. Notre page consacrée aux Lowlands détaille ce que recouvre cette délimitation. Une région dit une origine géographique, elle n'impose ni un procédé ni un profil aromatique.

Un malt de Glasgow tourbé, comment est-ce possible ?

Rien dans la réglementation écossaise ne réserve la tourbe à une région. Une distillerie des Lowlands peut acheter de l'orge maltée tourbée exactement comme une distillerie d'Islay, et la maison le fait depuis ses premières années. La tourbe n'est d'ailleurs pas une spécialité écossaise : elle se pratique aussi au Japon, en Inde, au Danemark, en Allemagne et en Bretagne.

Comment choisir un whisky Glasgow chez Trinquay ?

Partez de la question la plus simple, tourbé ou non, puis regardez le fût, qui décide beaucoup sur un malt jeune. Le degré vient ensuite : un brut de fût s'ouvre souvent avec quelques gouttes d'eau, un embouteillage réduit se sert tel quel. Notre équipe connaît chaque bouteille et vous aide à trancher entre deux fûts d'une même distillerie.