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Quatre chiffres tiennent le milieu de l'étiquette, et ils ne datent ni le liquide, ni la société qui le vend, ni le bâtiment où il est né. Ils renvoient à une maison disparue au début du vingtième siècle, dont la marque actuelle a repris trois manières de conduire un malt. Cette page réunit les bouteilles portant le nom Glasgow 1770 et détaille ce que chacune engage au maltage, à l'alambic et au fût, sans reprendre l'histoire du lieu.
Le Glasgow 1770 Whisky est le single malt de The Glasgow Distillery Company, société installée dans un entrepôt reconverti du parc de Hillington, au sud-ouest de la ville. Notre page consacrée à cette distillerie raconte son installation et son démarrage. Ici, c'est la marque qui nous occupe : ce qu'elle recouvre, comment elle se lit, et pourquoi elle ne se confond pas avec le nom de son producteur. Les deux se lisent sur la même bouteille, à deux endroits différents.
La société qui exploite le site a été constituée en décembre 2012 par Liam Hughes et Mike Hayward. Elle n'a repris ni les murs, ni la raison sociale, ni les stocks de la maison du dix-huitième siècle à laquelle son malt fait référence. Le chiffre 1770 est une citation, pas une filiation, et il ne mesure ni l'ancienneté de l'entreprise ni la durée passée en fût par ce que contient la bouteille.
La maison éteinte en 1902 sortait un malt non tourbé, un malt tourbé et un malt triplement distillé. La marque actuelle a construit sa gamme permanente sur ces trois mêmes écritures, et c'est le sens de la citation : elle porte sur des façons de faire, pas seulement sur une date. En revanche, le nom ne dit rien de l'âge du liquide, du bois employé ni du degré retenu, trois informations qui figurent ailleurs sur la bouteille.
Un malt écossais ne peut pas se vendre avant d'avoir passé trois ans en fût, et la société a occupé ce délai avec des alcools qui n'en demandent aucun : un gin dès 2014, un rhum en 2019, une vodka en 2020. Un assemblage de malts est venu s'ajouter la même année. Le premier fût de la maison a été rempli le 5 mars 2015, et la première mise sous le nom 1770 est sortie en juin 2018.
La gamme permanente repose sur trois décisions techniques, prises avant que le liquide ne touche un fût. Deux concernent l'alambic et une le séchage de l'orge. Aucune n'est un habillage : elles changent la matière même du distillat, et elles s'annoncent en toutes lettres sur le devant de la bouteille, ce qui rend cette gamme particulièrement lisible.
C'est la version de référence, distillée deux fois à partir d'une orge maltée séchée sans tourbe, et la première parue sous ce nom. Elle donne le point de comparaison à partir duquel les deux autres se lisent, puisqu'elle ne modifie ni le nombre de passages à l'alambic ni le combustible du touraillage. Tout ce qui la distingue d'une bouteille à l'autre vient donc du bois et du temps, deux variables que l'étiquette précise quand il y a lieu.
Un passage supplémentaire relève le degré du liquide qui sort et resserre la fenêtre que le distillateur conserve. Les composés les plus lourds restent en plus grande proportion dans les résidus, et il en résulte un alcool plus net, où le fruit à chair blanche et le floral passent devant la matière grasse. La pratique reste minoritaire en Écosse, et une maison récente peut se permettre de l'essayer sans bousculer d'habitudes acquises. Elle a aussi un coût : un passage de plus consomme du temps et de l'énergie pour un rendement moindre.
La version fumée part d'une orge maltée que la maison annonce tourbée à cinquante unités de phénols, avec une tourbe venue d'Aberdeenshire, sur la terre ferme, et non d'une île. Ce relevé se fait sur le grain au sortir du séchage, avant le brassage, et la majeure partie de ces composés disparaît ensuite en cours de fabrication. Le distillat, lui, passe deux fois à l'alambic comme The Original : seule la commande d'orge sépare les deux versions.
Une distillerie jeune n'a pas de vieux stocks, ce qui déplace le curseur sur le choix des fûts. La maison a bâti sa gamme autour de bois très actifs, capables de donner beaucoup en peu d'années, puis de finitions courtes qui posent une seconde couche. Ce parti pris se voit dans le verre avant de se lire sur le carton. Voici les trois décisions de chai qui se retrouvent sur les étiquettes.
Une part de la gamme mûrit en barriques de chêne blanc américain neuf de deux cents litres, fabriquées par une tonnellerie du Kentucky. Un bois qui n'a jamais rien contenu cède beaucoup et vite : vanille, noix de coco, épice douce et une charpente tannique nette. C'est le choix logique pour un malt de quelques années, à condition de savoir s'arrêter avant que le bois ne recouvre le distillat, ce qui suppose de goûter les fûts souvent.
La version fumée reçoit ensuite une finition de huit à douze mois en hogsheads de deux cent cinquante litres ayant contenu du Pedro Ximénez, un vin de xérès très concentré. Sur une trame fumée, ce bois apporte du raisin sec et une sucrosité qui contrebalance la cendre. La durée annoncée est courte, et c'est le propre d'une finition : elle ajoute une couche, elle ne refait pas l'élevage.
La gamme permanente sort à quarante-six pour cent, sans filtration à froid et sans colorant ajouté. Renoncer à la filtration conserve les composés gras qui portent la texture, au prix d'un léger trouble possible quand le verre refroidit. Quant à la couleur, elle vient entièrement du bois, ce qui la rend lisible : une teinte soutenue signale ici un fût actif, et non un ajout de caramel.
Ces bouteilles n'affichent pas d'âge, et l'absence n'a rien d'un aveu. Une mention d'âge engage le composant le plus jeune d'un assemblage, ce qui contraint fortement une maison dont les stocks les plus anciens se comptent en années. D'autres repères prennent alors le relais, et ils sont plus parlants qu'un nombre, à condition de savoir ce qu'ils recouvrent.
Certaines bouteilles portent un numéro de sortie. Il identifie un lot, c'est-à-dire un assemblage de fûts précis mis en bouteille à une date donnée, et il permet de comparer deux versions successives d'une même référence. Il ne s'agit ni d'une année de distillation ni d'un âge, et deux numéros voisins peuvent recouvrir des équilibres sensiblement différents selon les fûts retenus. C'est une information utile pour qui rachète une bouteille déjà goûtée.
Le premier remplissage date de mars 2015, et le site a doublé sa surface de chais au printemps 2024. Toute bouteille portant ce nom vient donc d'un stock constitué après cette date : c'est une contrainte arithmétique, pas un choix éditorial. Elle explique la place prise par le bois neuf dans la gamme, et elle rend chaque nouvelle sortie légèrement différente de la précédente, à mesure que les fûts vieillissent et que de nouveaux entrent dans les assemblages.
À côté des trois références permanentes paraissent des lots restreints, souvent construits sur une finition en fût de vin ou de spiritueux. Ces sorties ne se rejouent pas à l'identique et se lisent comme des variations sur un distillat connu. Le réflexe utile consiste à repérer d'abord laquelle des trois écritures sert de base, puis à lire la finition, qui n'intervient qu'en fin de parcours.
Non, c'est une marque de single malt. Le producteur s'appelle The Glasgow Distillery Company et occupe un bâtiment du parc de Hillington, dans la banlieue sud-ouest de la ville. Écrire « la distillerie Glasgow 1770 » serait donc inexact. La même société édite par ailleurs d'autres alcools sous d'autres noms, ce qui montre bien que la marque et le producteur sont deux choses distinctes.
Parce qu'une maison portant ce nom a existé dans la ville à partir de cette année-là, avant de s'éteindre en 1902. La société actuelle a repris le chiffre en hommage, sans lien juridique ni matériel avec elle. La citation va toutefois plus loin qu'une date : la maison ancienne travaillait un malt non tourbé, un malt tourbé et un malt triplement distillé, et la gamme d'aujourd'hui reprend ces trois écritures.
De l'orge maltée, séchée au-dessus d'un feu de tourbe avant le brassage. La maison annonce cinquante unités de phénols sur ce grain, et précise que la tourbe provient d'Aberdeenshire, sur la terre ferme. Cette origine n'est pas anodine : elle ne donne pas le même registre qu'une tourbe insulaire. La fumée ne vient donc ni du fût ni d'un additif, mais du combustible employé au séchage.
Commencez par identifier ce que vous voulez éprouver. La version non tourbée montre le distillat de la maison sans écran, la triple distillation en donne une lecture plus fine, et la version fumée déplace l'ensemble vers la cendre et le fruit sec. Nos conseillers connaissent les trois écritures et vous aideront à choisir celle qui correspond à votre attente.