- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Une distillerie qui a manqué d'eau au point de s'arrêter, une source retrouvée dans le champ d'un voisin, des aires de maltage rendues au service quarante ans après leur abandon : le whisky Glen Garioch se raconte par des questions très concrètes de matière première. Cette page rassemble nos embouteillages Glen Garioch, ceux de la distillerie comme ceux des embouteilleurs indépendants, et explique pourquoi deux bouteilles portant ce nom peuvent différer autant selon leur date de distillation.
La distillerie occupe le bord du bourg d'Oldmeldrum, dans l'Aberdeenshire, à l'est des Highlands. Son parcours n'a rien de linéaire. Elle cesse de produire en 1968, faute d'eau en quantité suffisante, et reste à l'arrêt deux ans. En 1970, elle est vendue au courtier en whisky glaswégien Stanley P. Morrison, qui la remet en marche et cherche à régler le problème à la racine.
L'emplacement est choisi en 1797 par John et Alexander Manson, et il ne doit rien au hasard. La vallée du Garioch est une terre céréalière réputée de l'Aberdeenshire, au point d'avoir été surnommée le grenier du comté. Une distillerie de malt y trouve son orge à sa porte, ce qui comptait davantage encore à une époque où le transport des grains coûtait cher. Glen Garioch compte parmi les distilleries les plus anciennes encore en activité en Écosse.
Le nom déroute les lecteurs francophones comme il déroute les anglophones. En doric, la langue du nord-est de l'Écosse, Garioch se dit à peu près comme s'il s'écrivait « guiri », avec un g dur et sans faire sonner le groupe final. Le mot lui-même désigne un grenier, si bien que l'enseigne raconte deux fois la même chose : le glen des greniers. C'est un détail de langue, mais il dit d'où vient la distillerie et ce qui l'a fait naître là.
Morrison confie en 1972 la direction du site à Joe Hughes, avec une mission précise : trouver de l'eau. Avec l'aide d'un homme du pays, Ian Grant, une source est repérée dans une ferme voisine, à Coutens. On la surnommera la source silencieuse, parce qu'on ne la voyait ni ne l'entendait, mais son débit suffit à relancer la production à une tout autre échelle. Le parc d'alambics passe de deux à trois en 1972, puis à quatre en 1973, année où Glen Garioch paraît pour la première fois en single malt.
Après une mise en sommeil en 1995 et une reprise en 1997, la distillerie a connu un second tournant en 2020. Son propriétaire engage alors six millions de livres pour la rénover entièrement, avec un objectif inhabituel : ne pas moderniser la production, mais y réinstaller deux gestes que l'industrie avait presque partout abandonnés. Le chantier commence en 2020, se poursuit par étapes tout au long de 2021, et le site rouvre au public en mars 2022.
Le premier geste est le maltage à l'aire, où l'orge germe étalée au sol et se retourne à la pelle. Glen Garioch l'avait abandonné, mais ses aires n'avaient jamais été converties à un autre usage : les bâtiments étaient restés en place, ce qui a rendu leur remise en service possible. Une distillerie qui malte elle-même reprend la main sur une variable qu'elle achetait auparavant toute faite, celle de la matière première.
Le second geste concerne la chauffe. La plupart des alambics écossais sont aujourd'hui chauffés par de la vapeur circulant dans des serpentins internes. Glen Garioch a réinstallé une chauffe à flamme directe sous son alambic de brassin, avec un dispositif conçu pour l'occasion. La différence n'est pas cosmétique : une flamme sous le cuivre crée des points chauds au contact du métal et provoque des réactions que la vapeur, plus douce, ne déclenche pas de la même façon.
Deux attentes sont annoncées. La première est de caractère : la maison estime que la flamme directe donne un distillat plus complexe. La seconde est énergétique, le dispositif étant présenté comme devant réduire l'empreinte carbone du site d'environ quinze pour cent. Reste une question que la distillerie n'a pas tranchée publiquement au moment de la rénovation : ces aires remises en marche serviront-elles à produire de nouveau une orge tourbée maison. Nous n'écrirons rien là-dessus tant que la réponse ne sera pas publiée.
C'est le point qui compte vraiment devant une étagère de Glen Garioch, et il est rarement expliqué. Le whisky vendu sous ce nom n'a pas été fabriqué à partir de la même orge selon les époques, et la coupure est nette. Elle explique pourquoi un embouteillage indépendant distillé dans les années 1990 et une bouteille récente de la distillerie racontent deux choses différentes, sans qu'aucune des deux ne soit fautive.
Tant que la distillerie a malté son orge sur ses propres aires, elle la séchait au-dessus d'un feu qui comportait de la tourbe. Le malt maison était légèrement tourbé, et les whiskies issus de cette période portent une fumée discrète, souvent citée par les amateurs de vieux Glen Garioch. Cette fumée n'était pas un argument de vente à l'époque : elle découlait simplement de la façon dont on séchait l'orge sur place.
À la reprise de 1997, la distillerie ne malte plus. Elle achète un malt non tourbé à des malteries commerciales, comme la grande majorité des distilleries écossaises. La production de cette période, celle qui alimente les embouteillages récents, ne revendique donc aucune tourbe. Ce n'est pas un renoncement mais un changement d'organisation : le maltage à l'aire est lent, encombrant et coûteux, et il avait disparu du site avant même la mise en sommeil.
Deux causes se cumulent. La matière première a changé, d'un malt maison légèrement fumé à un malt commercial sans fumée. Et le temps de fût a joué : un millésime des années 1990 embouteillé aujourd'hui a passé bien plus de temps en bois qu'un dix ans récent. Lire l'année de distillation avant l'année d'embouteillage est donc la seule façon de savoir de quel Glen Garioch on parle, et c'est ce que nous indiquons sur chaque fiche.
La maison est présente sous deux formes bien distinctes : ses propres embouteillages, et les fûts achetés par des embouteilleurs indépendants qui la mettent en bouteille sous leur étiquette. Les deux familles ne se comparent pas terme à terme. La première cherche la constance d'une gamme, la seconde met en avant un fût et une année. Savoir laquelle on a en main change complètement ce qu'on peut en attendre.
Le Founder's Reserve ne porte pas d'âge et se lit comme la porte d'entrée de la gamme. Le 12 ans annonce, lui, un âge minimum, celui de son composant le plus jeune. Les millésimes de la distillerie, comme le Vintage 1999, désignent une année de distillation et non un âge : c'est l'écart avec l'année de mise en bouteille qui donne la durée d'élevage. Trois mentions, trois engagements différents.
Plusieurs maisons achètent des fûts de Glen Garioch et les embouteillent sous leur propre nom, parmi lesquelles Wm Cadenhead's, Thompson Bros. et la série Reserve Casks d'Elixir Distillers. Leur travail consiste à choisir un fût, à décider du moment de la mise en bouteille et, très souvent, à s'abstenir de réduire et de filtrer à froid. Ces bouteilles portent presque toujours une année, parfois un numéro de fût, et elles sortent en tirages courts.
Trois mentions à ne pas confondre. Un millésime est une année, le plus souvent celle de la distillation, mais parfois celle de l'embouteillage : quand les deux figurent, l'ambiguïté disparaît. Un âge se compte en années révolues et suit toujours le composant le plus jeune. Un numéro de fût enfin identifie un contenant, il ne dit ni l'âge ni la taille du tirage. Une bouteille qui affiche les trois est la plus simple à lire.
Le second mot ne se prononce pas comme il s'écrit. En doric, la langue du nord-est de l'Écosse, il sonne à peu près « guiri », avec un g dur, et le groupe de lettres final ne s'entend pas. Le mot désigne un grenier, ce qui renvoie à la vocation céréalière de la vallée où la distillerie est installée.
Cela dépend de la date de distillation. Tant que la distillerie maltait son orge sur ses aires, le malt maison était légèrement tourbé et les whiskies de cette période portent une fumée discrète. Depuis la reprise de 1997, la distillerie achète un malt non tourbé à l'extérieur et ses embouteillages récents ne revendiquent aucune tourbe. Les aires ont été remises en service lors de la rénovation de 2021.
La distillerie appartient aujourd'hui à Suntory Global Spirits. C'est ce propriétaire qui a financé la rénovation engagée en 2020, six millions de livres consacrés notamment à la remise en service des aires de maltage et à l'installation d'une chauffe à flamme directe sous l'alambic de brassin.
Pour découvrir le profil actuel de la maison, un embouteillage de la distillerie sans tourbe est le point de départ le plus lisible. Pour entendre l'ancienne fumée maison, il faut se tourner vers un millésime distillé avant la fin du maltage à l'aire, généralement chez un embouteilleur indépendant. Notre équipe vous aide à situer chaque bouteille sur cette ligne de partage.