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Whisky Glenlossie

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Un homme fonde une distillerie à Elgin en 1876, puis en fonde une autre dix-sept ans plus tard à quelques kilomètres de là. La seconde est devenue un nom que les amateurs connaissent, la première est restée dans l'ombre des assemblages pendant près d'un siècle et demi. Glenlossie n'a jamais cherché la lumière, et c'est pourtant l'une des rares maisons du Speyside dont les alambics portent une pièce que peu de distilleries emploient. Cette page rassemble les bouteilles nées à cet endroit.

Glenlossie Whisky, un malt d'Elgin né en 1876

Le whisky Glenlossie vient d'un site situé au sud d'Elgin, dans le Moray, en plein cœur du Speyside. La région a sa propre page chez nous. Ce qui est propre à Glenlossie tient à trois éléments : un fondateur qui a marqué la vallée, un incendie qui a failli tout arrêter, et une cohabitation avec une seconde distillerie bâtie sur le même terrain près d'un siècle plus tard.

John Duff, fondateur de Glenlossie avant Longmorn

Glenlossie est fondée en 1876 par John Duff, associé pour l'occasion à plusieurs partenaires réunis sous la raison sociale John Duff & Co. Le même homme montera Longmorn dix-sept ans plus tard, à quelques kilomètres de là. Deux distilleries d'une même main dans une même vallée, et deux destins opposés : l'une est devenue une signature recherchée, l'autre a passé sa vie à remplir des cuves d'assemblage sans que son nom circule.

L'incendie de 1929 et la reconstruction rapide du site

La distillerie fonctionne en indépendante jusqu'en 1919, année où elle rejoint la Distillers Company. En 1929, un incendie détruit le site, qui est reconstruit peu après. Les deux guerres mondiales imposent par ailleurs des arrêts, comme partout en Écosse où l'orge fut réquisitionnée. Ces interruptions expliquent en partie la rareté des fûts anciens portant ce nom, et elles se lisent en creux dans les millésimes que proposent aujourd'hui les maisons indépendantes.

Thornshill, un site partagé avec Mannochmore depuis 1971

En 1971, une seconde distillerie, Mannochmore, est construite sur le même terrain de Thornshill. Les deux partagent des installations, dont un vaste ensemble de chais et une unité de traitement des drêches qui sert plusieurs sites du groupe. Deux distilleries voisines ne font pas pour autant le même whisky : elles ont chacune leurs alambics, leur conduite et leur caractère, et confondre leurs noms sur une étiquette serait une erreur de lecture. Le partage d'une adresse relève de la logistique d'un groupe, jamais d'une parenté de goût.

Les purificateurs d'alambic, la signature technique de Glenlossie

Ce qui distingue le distillat de cette maison ne tient ni à son eau ni à son orge, mais à une pièce de cuivre montée sur ses alambics. Peu de distilleries écossaises en sont équipées, et celles qui le sont partagent une même famille de caractère. Trois éléments expliquent le liquide qui sort d'ici : le nombre d'alambics, ce que le purificateur renvoie, et la durée de fermentation.

Six alambics, trois de première distillation et trois de repasse

La distillerie compte six alambics, trois de première distillation et trois de repasse, un parc porté à ce niveau en 1962 alors qu'il en comptait quatre. Ce nombre pair réparti en deux séries de trois n'a rien d'anecdotique : il fixe le rythme de production et impose une conduite régulière, chaque alambic de repasse traitant le produit d'une première distillation. La capacité du site s'est stabilisée à cette échelle depuis lors, et l'eau de production vient du Bardon Burn, un cours d'eau voisin.

La fraction lourde renvoyée dans l'alambic plutôt qu'au condenseur

Un purificateur est un tube greffé sur la sortie de l'alambic, qui condense les vapeurs les plus lourdes avant qu'elles n'atteignent le refroidisseur et les renvoie dans la cuve. Elles y repartent pour un tour, tandis que la fraction légère poursuit seule. L'effet décrit par les sources spécialisées est double : une texture légèrement huileuse, et une netteté qui vient de tout ce que le tube a retenu en chemin.

Une fermentation longue qui pousse l'herbacé du nouveau distillat

La maison conduit par ailleurs des fermentations longues, et cette durée se retrouve dans le nouveau distillat, décrit comme herbacé et floral. C'est exactement le profil que recherchent les assembleurs : un malt qui apporte de la fraîcheur et de la tenue sans imposer sa présence. Rien là d'un caractère mineur, simplement un caractère qui travaille en équipe, ce qui explique la place que la maison occupe depuis un siècle.

Un whisky Glenlossie voué aux assemblages, et ce qui en découle

Une distillerie qui remplit des cuves d'assemblage ne construit pas de marque. Elle produit un liquide dont la qualité se juge à l'aptitude à se marier, et son nom reste dans les registres du groupe plutôt que sur les étiquettes. Voici les trois faits qui expliquent pourquoi ce nom se rencontre si peu, et où on le rencontre malgré tout.

De la Distillers Company en 1919 au portefeuille Haig en 1930

Après son entrée dans la Distillers Company en 1919, Glenlossie est versée en 1930 au portefeuille Haig, l'une des grandes maisons d'assemblage écossaises. Elle y reste, suit les recompositions successives du groupe, passe sous l'enseigne United Distillers, puis rejoint Diageo à la formation de celui-ci en 1997. Sa vocation n'a jamais changé au fil de ces mains : fournir des malts de composition, pas des bouteilles à son nom.

Le 10 ans Flora & Fauna, la mise officielle de la maison

La seule mise officielle installée dans la durée est un 10 ans paru dans la série Flora & Fauna, une collection lancée par le propriétaire pour donner enfin une étiquette aux distilleries qu'il réservait à ses assemblages, chacune illustrée par une plante ou un animal de son environnement. Cette bouteille reste la porte d'entrée officielle vers le malt de la maison, et elle est presque la seule.

Pourquoi ce sont les indépendants qui portent le nom Glenlossie

Faute de gamme officielle, ce sont les embouteilleurs indépendants qui font connaître ce malt. Ils achètent des fûts, les suivent en chai et les mettent en bouteille sous leur propre étiquette, en indiquant le millésime, l'âge et souvent le numéro de contenant. C'est par eux que circulent les millésimes et les degrés que la propriétaire n'a jamais commercialisés, et c'est là que la maison se rencontre le plus souvent. Le paradoxe mérite d'être noté : un malt destiné à disparaître dans des assemblages est devenu, par cette voie, un nom de collectionneur.

Lire une bouteille de Glenlossie mise par un indépendant

Une étiquette indépendante dit beaucoup de choses en peu de mots, et chacune répond à une question différente. Le degré, la mention de la série et le nom de la maison qui a choisi le fût ne se lisent pas de la même façon. Trois repères suffisent pour aborder ces bouteilles avec les bonnes attentes.

Ce que 100 Proof veut dire chez Signatory Vintage

Signatory Vintage, fondée à Pitlochry en 1988 par Andrew Symington, a lancé fin 2023 une série appelée 100 Proof Editions, embouteillée à 57,1 %, sans colorant ni filtration à froid. Ce chiffre correspond à cent degrés de l'ancienne échelle britannique, et non à l'échelle américaine où cent degrés valent cinquante pour cent d'alcool. Une même mention recouvre donc deux titrages selon le pays, et c'est le degré imprimé qui tranche.

Le brut de fût, un degré que personne n'a ramené

Un embouteillage brut de fût n'a reçu aucune eau avant la mise en bouteille : le degré affiché est celui du contenant au moment où il a été vidé. Il varie d'un fût à l'autre et diminue avec les années sous ce climat. La conséquence pratique tient en une phrase : ces bouteilles se goûtent d'abord pures, puis se diluent à la goutte, chacun s'arrêtant là où le verre lui paraît ouvert. Une bouteille réduite par la maison, elle, a déjà reçu ce réglage et ne le redemande pas.

The Single Malts of Scotland et le choix du fût unique

The Single Malts of Scotland est la gamme de fûts uniques d'Elixir Distillers. Le principe est de ne marier aucun contenant : une bouteille vient d'un fût et d'un seul, ce qui interdit toute correction et rend chaque mise différente de la précédente. Deux fûts du même millésime et du même âge ne sont pas pour autant un doublon, et l'écart de degré entre les deux suffit souvent à le montrer.

Questions fréquentes sur le whisky Glenlossie

Le whisky Glenlossie est-il tourbé ?

La maison ne revendique aucun apport de tourbe sur son distillat, dont le caractère annoncé est floral et herbacé. Précisons que les chiffres de phénols, quand ils existent, se relèvent sur l'orge maltée après touraillage et avant le brassage, jamais dans la bouteille. Une mise indépendante peut toutefois avoir séjourné dans un fût ayant contenu un whisky tourbé : la fumée vient alors du bois, et l'étiquette le mentionne.

Où se trouve la distillerie Glenlossie ?

À Thornshill, au sud d'Elgin, dans le Moray, en plein périmètre de la région protégée du Speyside. Le site est vaste, puisqu'il abrite également une seconde distillerie et un ensemble important de chais qui servent plusieurs maisons du même groupe. Il n'est pas ouvert aux visites : c'est un outil de production, conçu pour alimenter des assemblages, et non une adresse pensée pour recevoir du public.

Glenlossie et Mannochmore, quel rapport entre les deux ?

Ce sont deux distilleries distinctes installées sur le même terrain, Mannochmore ayant été bâtie en 1971 à côté de sa voisine. Elles partagent des installations et un propriétaire, mais elles ont chacune leurs alambics et leur conduite, donc leur propre caractère. Un même site peut abriter deux malts sans rapport, et il ne faut jamais déduire l'un de l'autre sous prétexte qu'ils partagent une adresse.

Comment choisir un whisky Glenlossie chez Trinquay ?

Commencez par le couple millésime et âge, qui situe la bouteille, puis par le degré, qui vous dit si elle a été réduite ou non. Le nom de l'embouteilleur oriente ensuite, chaque maison ayant sa manière de choisir un fût et de décider du moment de la mise. Notre équipe connaît chaque référence et vous aide à trancher entre deux bouteilles proches.