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Whisky Hazelburn

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En 1926, les pelles abattent à Campbeltown une distillerie qui avait été la plus grosse de la ville. Soixante et onze ans plus tard, la maison qui l'avait reprise en fin de vie remet son nom en service, sur un liquide qu'elle distille chez elle et qui n'a plus rien de commun avec ce qui sortait de ces murs. Cette page réunit les bouteilles de whisky Hazelburn et explique ce que ce nom recouvre aujourd'hui.

Whisky Hazelburn, un nom de Campbeltown repris par la maison Mitchell

Le whisky Hazelburn ne vient d'aucun bâtiment portant ce nom. Il est produit à Campbeltown par J & A Mitchell & Co, dans les murs de Springbank, et notre page consacrée à cette localité replace les producteurs qui y travaillent. Le nom, lui, a une histoire propre, et elle explique pourquoi la maison est allée le chercher plutôt que d'en inventer un.

La distillerie Hazelburn, arrêtée en 1925 et démolie l'année suivante

Elle a travaillé à Campbeltown jusqu'en 1925 et ses bâtiments sont tombés l'année suivante. En 1886, elle employait vingt-deux personnes et sortait cent quatre-vingt-douze mille gallons par an, ce qui en faisait la plus grosse distillerie de la ville. Sa date de fondation, en revanche, varie selon les sources, du début du dix-huitième siècle au premier quart du dix-neuvième : nous ne trancherons pas. Sa taille et sa fin, elles, sont établies.

Des frères Greenlees à la liquidation de 1921

L'outil passe en 1871 aux frères Greenlees, qui tiennent alors plusieurs sites, et Samuel Greenlees rachète en 1881 la part de son associé. La société qu'ils dirigent entre en liquidation en 1921. C'est Mitchell & Co qui reprend la distillerie, quatre ans avant de l'arrêter définitivement. La famille qui détient Springbank aujourd'hui a donc bien possédé Hazelburn, brièvement, et au moment de sa fin.

Ce que le nom Hazelburn annonce sur une étiquette d'aujourd'hui

Une bouteille marquée Hazelburn engage trois choses : un single malt écossais distillé dans la localité de Campbeltown, une orge séchée sans tourbe, et trois passages à l'alambic. Rien de plus, et il faut la prendre au mot. Ce qui varie ensuite d'une bouteille à l'autre tient au fût, à l'âge et à l'année de mise, jamais au lieu de production. Écrire la distillerie Hazelburn reste une erreur, même quand l'étiquette se comporte comme celle d'un producteur autonome.

Comment se distille le whisky Hazelburn

Deux réglages séparent ce malt des deux autres recettes nées au même endroit, et aucun des deux ne concerne le bâtiment. Le premier se joue au séchage du grain, le second au comptoir des alambics. Ils tirent dans le même sens, vers un distillat allégé, et c'est ce qui rend ce nom lisible dès le nez.

Le touraillage à l'air chaud, et pas un gramme de tourbe

Le malt destiné à Hazelburn sèche à l'air chaud seul, sans que la moindre tourbe ne soit posée sur le foyer. C'est un choix et non un défaut de moyens, puisque la maison malte son orge sur place et décide donc du combustible lot par lot. Une orge séchée ainsi n'apporte aucun phénol au brassin. Ce qui reste au verre vient du grain, de la levure et du bois, sans qu'aucune fumée ne vienne se poser devant.

Le troisième passage à l'alambic et ce qu'il retire au distillat

Un passage supplémentaire fait monter le degré du liquide qui sort et resserre la fenêtre de coupe. Les composés les plus lourds, ceux qui donnent la matière grasse et la longueur, restent en plus grande partie dans le reste des alambics. Il en sort un distillat plus clair, plus haut en degré et plus étroit, où le floral et la céréale passent devant. Ce que la triple distillation gagne en finesse, elle le paye en corps, et l'échange est assumé.

Une part du calendrier de production, et non une ligne continue

Hazelburn occupe environ un dixième du temps de production de la maison. Ce n'est pas un atelier parallèle qui tournerait toute l'année : c'est une campagne calée dans un calendrier partagé, qui suppose de vider la chaîne puis de la recharger avec une autre orge. La conséquence se lit au catalogue de la maison : les volumes qui paraissent sous ce nom restent petits et les sorties s'espacent, ce qui vaut aussi pour la troisième recette du site.

Le fût de xérès oloroso sur un whisky Hazelburn

Un distillat léger laisse au bois une place que les deux autres malts de la maison ne lui laissent pas. C'est la raison pour laquelle le xérès revient si souvent sous ce nom, et pourquoi deux bouteilles du même âge peuvent ne pas se ressembler. Deux familles se croisent, l'une permanente et bâtie sur le bourbon, l'autre annuelle et bâtie sur l'oloroso.

Le dix ans élevé en fût de bourbon

Le dix ans est la référence permanente de la gamme. Il est élevé en fûts ayant contenu du bourbon et sort à 46 %, sans filtration à froid et sans colorant ajouté, comme le reste de la production maison. Le bois de remplissage y cède peu, ce qui laisse entendre le distillat presque nu : pomme, poire, orge grillée et une pointe crayeuse. C'est le repère à partir duquel toutes les autres bouteilles se lisent.

La série Sherry Wood, reconduite chaque année

La série Sherry Wood paraît par éditions annuelles, élevées en fûts de xérès oloroso, avec un âge et un degré qui changent d'une sortie à l'autre. Le quinze ans a ainsi paru à 55,8 %, très loin des 46 % de la référence permanente. Deux bouteilles portant les mêmes mots sur l'étiquette ne sont donc pas interchangeables : c'est l'année de mise, et elle seule, qui identifie une édition.

Le huit ans de mars 2025, élevé de bout en bout en oloroso

L'édition parue en mars 2025 a été distillée en février 2017 et a passé la totalité de ses huit années en fûts de xérès oloroso de premier remplissage, avant d'être mise à 48,2 %. Dix mille cinq cents flacons en sont sortis. Un élevage aussi appuyé sur un distillat aussi fin donne des fruits noirs, du cacao et une épice douce, là où le dix ans reste sur les fruits du verger.

Choisir une bouteille de whisky Hazelburn

Les mentions qui comptent sur ces étiquettes ne sont pas celles qu'on regarde d'abord. Le nom de série renseigne moins que la date de mise, et l'âge annoncé engage autre chose que ce qu'on lui prête. Trois repères suffisent à comparer deux flacons sans se tromper d'objet.

L'année de mise en bouteille plutôt que le nom de gamme

Sur une maison qui publie par éditions successives, le nom de série désigne une intention et non une recette figée. Deux Sherry Wood séparés de quelques années ne portent ni le même âge, ni le même degré, ni la même sélection de fûts. L'année de mise est donc l'information à retenir en premier. Rappelons au passage qu'une année inscrite sur une étiquette désigne plus souvent la mise en bouteille que la distillation, et que les deux se lisent fiche par fiche.

Le degré, du 46 % de la maison aux embouteillages plus élevés

Tout scotch part de 40 % au minimum. Au-dessus, le chiffre traduit une décision : réduire à un degré fixe pour tenir une constance d'une année sur l'autre, ou embouteiller au degré atteint par le fût. La maison pratique les deux, et un degré élevé n'annonce ni un whisky plus jeune ni un whisky plus concentré, seulement une réduction moindre. Sur un distillat aussi fin, l'écart entre 46 et 55 % se sent immédiatement en bouche.

Ce qu'un élevage intégral change face à une finition

Un whisky élevé de bout en bout dans un même type de fût n'a pas la même construction qu'un whisky passé tardivement dans un second bois. Dans le premier cas, le bois et le distillat ont vieilli ensemble et se répondent. Dans le second, la dernière couche se pose sur un ensemble déjà formé et reste identifiable. Les étiquettes de la maison précisent lequel des deux a eu lieu, et cette mention pèse plus lourd que le seul nom du xérès.

Questions fréquentes sur le whisky Hazelburn

Ce nom soulève toujours les mêmes interrogations, et la première tient à un malentendu que le vocabulaire des étiquettes entretient. Voici les réponses, une par une.

Hazelburn est-il une distillerie ?

Plus depuis 1925. Une distillerie de ce nom a bien travaillé à Campbeltown jusqu'à cette date et a été démolie l'année suivante. Le nom désigne aujourd'hui l'un des trois malts produits par J & A Mitchell & Co dans les murs de Springbank, celui qui est distillé trois fois à partir d'une orge non tourbée. Une bouteille de Hazelburn sort donc d'un site en activité, mais pas de celui qui portait ce nom.

Pourquoi le whisky Hazelburn est-il distillé trois fois ?

Parce que la maison a voulu, à côté de ses deux autres recettes, un malt délibérément allégé. Le troisième passage fait monter le degré du distillat et laisse derrière lui une part des composés lourds. Le liquide obtenu est plus fin, plus floral et plus céréalier que ses voisins de cuve. Ce n'est ni une tradition héritée sur ce site ni une contrainte technique, c'est un réglage choisi et reconduit depuis 1997.

Le whisky Hazelburn est-il tourbé ?

Non. Le malt qui lui est destiné est séché à l'air chaud, sans tourbe au foyer, ce que la maison annonce explicitement. C'est le point qui le sépare des deux autres noms produits au même endroit, dont l'un est légèrement tourbé et l'autre fortement. Rappelons qu'un malt non tourbé n'est pas un tourbé manqué : les deux répondent à des attentes différentes et ne se classent pas l'un par rapport à l'autre.

Où acheter un whisky Hazelburn en ligne ?

Chez Trinquay. Nous travaillons en sourcing direct auprès des distilleries et suivons les éditions successives publiées sous ce nom, du dix ans permanent aux sorties annuelles élevées en xérès. Chaque fiche précise l'âge annoncé, le degré, le type de fût et l'année de mise. Dites-nous si vous cherchez un profil de verger ou un profil de fruits noirs, notre conseil personnalisé fait le reste.