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Whisky Invergordon

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Une distillerie bâtie pour remplacer une base navale, trois colonnes qui tournent en continu, une distillerie de malt disparue dans son enceinte et des alambics repartis finir leur carrière à Campbeltown : le whisky Invergordon a une histoire industrielle que peu de noms écossais peuvent raconter. Cette page réunit nos flacons de ce grain des Highlands et explique pourquoi on le rencontre surtout sous des étiquettes indépendantes.

Invergordon Whisky, une distillerie de grain sur le Cromarty Firth

Le nom est celui d'une petite ville portuaire de l'Easter Ross, sur la rive nord du Cromarty Firth. Rien n'y relève du folklore de la distillerie de vallée : l'implantation obéit à des raisons économiques et logistiques que l'on peut nommer précisément, et qui expliquent la nature même du whisky qui en sort.

Une distillerie bâtie en 1959, premier alcool en 1961

L'établissement est créé en 1959 et produit son premier alcool en 1961. Le contexte est celui du départ de la Royal Navy de la rade en 1956, qui laisse la ville sans son principal employeur, et d'un dispositif d'incitations à implanter des industries dans les Highlands. Le lieu réunissait deux avantages concrets : l'accès aux céréales des plaines voisines et un port en eau profonde. Une distillerie de grain se pose là où arrivent les camions et les navires, pas là où sourd une belle eau de montagne.

L'eau tirée du Loch Glass

L'eau de production vient du Loch Glass, au pied du Ben Wyvis, la montagne qui domine la région. Une distillerie de grain consomme sans commune mesure avec un atelier à malt, et l'accès à une ressource abondante entre dans le choix du site au même titre que la route et le quai. La fermentation y est conduite sur une durée longue, de l'ordre de soixante-dix heures, ce qui laisse aux levures le temps de produire une part d'esters au-delà de la seule conversion en alcool.

Ce que recouvre la catégorie single grain Scotch Whisky

Un single grain Scotch Whisky vient d'une seule distillerie, comme un single malt, mais admet d'autres céréales que l'orge maltée. Le mot single désigne le lieu, jamais un fût unique ni une petite production. C'est l'une des cinq catégories reconnues par la réglementation écossaise, et notre page consacrée au whisky de grain détaille ce que cette mention engage sur une étiquette.

La distillation en continu du whisky Invergordon

La différence entre un whisky de grain et un whisky de malt ne tient pas à la céréale seule : elle tient d'abord à la machine. Un alambic à repasse travaille par charges successives, une colonne travaille sans s'arrêter. Ce sont deux métiers, deux rythmes et deux résultats, et le second commande la place que ce distillat occupe dans l'industrie écossaise. Une colonne ne se vide pas entre deux lots : elle tourne tant qu'on l'alimente, et son rendement se compte en dizaines de millions de litres plutôt qu'en centaines de milliers.

Des colonnes Coffey à la place des alambics à repasse

Le site travaille avec trois colonnes de type Coffey. La première est installée à la mise en service, deux autres suivent deux ans plus tard. Une colonne sépare l'alcool en continu sur plusieurs plateaux au lieu de le concentrer par passages successifs : elle sort un distillat à un degré très élevé, autour de quatre-vingt-quatorze pour cent, donc porteur de moins de composés issus de la céréale.

Des céréales non maltées et une part d'orge maltée

Les céréales employées sont le blé et le maïs, complétées d'une part d'orge maltée qui apporte les enzymes nécessaires à la conversion de l'amidon en sucres. Cette petite fraction maltée n'est pas un choix de goût mais une nécessité technique. Elle explique aussi qu'un whisky de grain écossais ne soit jamais fait de blé pur, contrairement à ce que certaines étiquettes laissent croire. La proportion exacte varie selon les producteurs et ne figure pratiquement jamais sur une bouteille.

Pourquoi ce distillat part surtout à l'assemblage

L'essentiel de ce que produit le site alimente les assemblages de son propriétaire. Un blended Scotch Whisky réunit du whisky de malt et du whisky de grain, et le second en constitue généralement la plus grande part en volume. Ce débouché explique la rareté des embouteillages vendus sous le nom de la distillerie : le liquide n'a jamais été conçu pour porter une étiquette à son nom.

Ben Wyvis, le malt né dans l'enceinte d'Invergordon

Le complexe a hébergé pendant douze ans une seconde distillerie, à malt cette fois, dont le nom circule encore aux enchères. Son histoire courte et sa disparition physique en font un cas rare : la distillerie a été démontée, mais son matériel a repris du service ailleurs, et c'est cette suite qui la rend intéressante à raconter.

Deux alambics installés en 1965, démontés en 1977

Une distillerie de malt nommée Ben Wyvis est installée dans l'enceinte en 1965, avec six cuves de fermentation en fonte et deux alambics d'une dizaine de milliers de litres. Elle est démontée en 1977. Douze années de production, c'est l'une des durées de vie les plus brèves de l'histoire écossaise récente, et cela suffit à expliquer que ses bouteilles se comptent aujourd'hui en unités.

Un malt destiné aux assemblages du groupe

Ce malt n'a pas été conçu pour être vendu seul. Il devait fournir la part maltée des assemblages du même propriétaire, qui disposait ainsi des deux composants sur une seule adresse. Quelques embouteillages en single malt existent néanmoins, tirés de fûts conservés après le démontage. Un stock fini que rien ne renouvelle se comporte différemment d'une gamme courante, et cela vaut pour tout ce qui porte ce nom.

Des alambics repartis à Campbeltown chez Glengyle

Les alambics de Ben Wyvis n'ont pas été ferraillés : ils ont été conservés, puis remis en service à Glengyle, à Campbeltown, distillerie relancée au début des années 2000 et dont les whiskies paraissent sous un autre nom. Un matériel de distillation dure bien plus longtemps qu'une entreprise, et il n'est pas rare qu'il change de région et de siècle avant d'être mis au rebut. Un alambic déplacé emporte avec lui sa forme, donc une partie du caractère qu'il imprimait au distillat sur son site d'origine.

Choisir un whisky Invergordon chez un embouteilleur indépendant

Presque tout ce qui se vend sous ce nom vient de maisons qui ont acheté un fût et l'ont embouteillé chez elles. Le producteur n'a longtemps proposé qu'un seul embouteillage à son nom, un dix ans lancé en 1990 et retiré au bout de quelques années. Il publie depuis une gamme officielle de single grain sous mention d'âge, en quatorze, dix-huit et vingt et un ans. La lecture d'une étiquette indépendante demande donc un peu de méthode, d'autant que ces bouteilles affichent souvent des durées d'élevage considérables.

Les millésimes de 1972 et de 1990

Un millésime 1972 situe une distillation onze ans après la mise en service, dans une usine encore jeune et sous son premier propriétaire. Un millésime 1990 correspond à l'année de lancement du premier embouteillage officiel, et précède de trois ans le changement de propriétaire. Deux dates, deux configurations industrielles différentes : l'année portée sur une étiquette de grain dit donc quelque chose de concret, à condition de savoir à quoi la rapporter.

Archives, The Whisky Blues et Thompson Bros.

Archives est le label d'embouteillage de Whiskybase, base de données néerlandaise qui a ouvert sa boutique à Rotterdam en 2011 et sort ses fûts au degré naturel, sans filtration à froid ni additif. The Whisky Blues est un embouteilleur taïwanais actif depuis 2018, issu de la maison Whisky AGE. Thompson Bros., adossée à la distillerie Dornoch, fait l'objet d'une page distincte chez nous, où l'on détaille ce que cette maison écossaise engage sur ses étiquettes.

Ce que l'année, l'âge et le fût disent ensemble

Sur ces bouteilles, l'année indique la distillation et l'âge la durée passée sous bois : les deux doivent concorder avec l'année d'embouteillage. Le numéro de fût identifie un contenant, rien d'autre, et deux numéros voisins ne signalent pas un lot mais deux fûts distincts. Le degré, souvent au-dessus de quarante-huit pour cent après des décennies d'élevage, indique une absence de réduction.

Questions fréquentes sur le whisky Invergordon

Quatre questions reviennent régulièrement sur cette distillerie des Highlands : la définition de sa catégorie, son propriétaire actuel, la rareté de ses embouteillages officiels et le flacon par lequel commencer. Nous répondons avec ce que les sources publiques établissent, et nous laissons de côté sa capacité annuelle, que les bases spécialisées chiffrent différemment.

Invergordon est-il un single malt ou un whisky de grain ?

Un whisky de grain, jamais un single malt. Le site travaille en colonne et non en alambic à repasse, et emploie du blé et du maïs avec une fraction d'orge maltée. La mention légale portée sur ses bouteilles est celle de single grain Scotch Whisky : un seul lieu de production, mais d'autres céréales que la seule orge maltée. Comme tout scotch, il exige au moins trois ans de fût de chêne en Écosse.

Qui possède la distillerie Invergordon ?

Whyte & Mackay, qui a pris le contrôle d'Invergordon Distillers en 1993 au terme d'une offre hostile. Le groupe est lui-même passé sous contrôle du philippin Emperador en novembre 2014. La distillerie est en activité, et son propriétaire a annoncé en 2023 l'agrandissement de son complexe de vieillissement sur place, dont l'emprise doit passer d'environ quarante-cinq à quatre-vingt-douze hectares.

Pourquoi trouve-t-on peu d'Invergordon en embouteillage officiel ?

Parce que la production a été conçue pour l'assemblage, où elle apporte le volume de whisky de grain des blends du groupe. Un dix ans officiel a été lancé en 1990 puis retiré après quelques années, et la maison a depuis rouvert une gamme sous mention d'âge, en quatorze, dix-huit et vingt et un ans. Les bouteilles qui portent ce nom restent pourtant très majoritairement issues de fûts achetés par des maisons indépendantes, ce qui explique la diversité des degrés et des âges rencontrés.

Quel whisky Invergordon choisir chez Trinquay ?

Pour découvrir ce que devient un whisky de grain après des décennies sous bois, un millésime ancien embouteillé au degré du fût donne la lecture la plus nette. Pour comparer deux mains de sélectionneurs sur un même distillat, mieux vaut prendre deux fûts d'années proches signés par des maisons différentes. Notre équipe répond à vos questions par message avant l'achat.