- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Une devise latine, une date de 1780 et une adresse dublinoise sur l'étiquette, un comté de Cork dans la réalité de la production : le whisky Jameson est le nom irlandais que le monde entier reconnaît, et c'est aussi celui dont on répète le plus de choses inexactes. Cette page rassemble nos bouteilles Jameson et remet chaque élément à sa place, la marque d'un côté, le lieu de fabrication de l'autre.
Jameson est né à Dublin et n'y est plus produit depuis un demi-siècle. Cette dissociation n'a rien d'exceptionnel dans le whiskey irlandais : la seconde moitié du vingtième siècle a vu disparaître presque toutes les distilleries de l'île pendant que les marques, elles, étaient reprises et regroupées. Lire une bouteille Jameson suppose donc de savoir ce que la date imprimée désigne, et ce qu'elle ne désigne plus.
La date de 1780 qui figure sur l'étiquette est celle de la distillerie de Bow Street, à Dublin, dans le quartier de Smithfield. Sur le rôle exact de John Jameson à cette date, les récits divergent : certaines sources en font le fondateur, d'autres racontent qu'il rejoint une distillerie établie par la famille Stein avant d'en prendre le contrôle. Nous ne tranchons pas, parce que rien dans les sources accessibles ne permet de le faire honnêtement.
Ce point est en revanche bien établi : John Jameson, juriste d'origine écossaise né en 1740, devient pleinement propriétaire de Bow Street en 1805, et la maison prend le nom de John Jameson and Son au début des années 1810. Le site grandit ensuite jusqu'à occuper tout un quartier, avec ses tonneliers, ses charpentiers et ses forgerons. Il n'est plus en activité aujourd'hui, mais il se visite depuis 1997, transformé en centre d'accueil du public.
En 1966, la maison fusionne avec John Power and Son et la Cork Distilleries Company pour former Irish Distillers. Une distillerie neuve entre en service à Midleton, dans le comté de Cork, en 1975, et la production dublinoise s'éteint au cours de la même décennie. Les dates exactes de fermeture de Bow Street varient selon les sources, entre 1971 et le milieu des années 1970 : le fait qui compte est que le whiskey Jameson se fabrique depuis lors dans le comté de Cork.
La catégorie légale du Jameson est le blended Irish whiskey, et elle recouvre un geste précis : le mariage de deux distillats de nature différente. Le cahier des charges de l'indication géographique irlandaise impose par ailleurs trois ans de vieillissement minimum sur l'île d'Irlande, en fûts de bois de 700 litres au maximum. Notre page consacrée au whisky irlandais détaille ce cadre ; ici, l'important est ce qu'il autorise à mettre dans la bouteille.
Un Jameson associe du single pot still, distillé en alambic à repasse à partir d'un mélange d'orge maltée et d'orge crue, et du whiskey de grain, produit en colonne. Le premier apporte la texture huileuse et l'épice caractéristiques de l'école irlandaise, le second une douceur plus discrète. Cette catégorie de single pot still est propre à l'Irlande et figure au cahier des charges de son indication géographique : c'est elle qui donne à la maison son vocabulaire de dégustation.
La maison distille trois fois, et elle en a fait un argument depuis longtemps. Il faut cependant écrire ce fait avec précision : la triple distillation est une tradition largement répandue en Irlande, pas une obligation inscrite dans le texte qui protège l'Irish Whiskey. D'autres producteurs irlandais distillent deux fois, et certains tourbent leur orge. La triple passe appartient donc à la signature de Jameson, elle ne définit pas la catégorie tout entière.
Les deux mots latins imprimés sur chaque bouteille, Sine Metu, signifient sans peur. C'est la devise du blason de la famille Jameson, reprise comme signature de marque. Les récits sur l'origine de cette concession héraldique varient d'une source à l'autre, y compris sur le siècle, et nous nous en tenons donc à la traduction et à son statut : une devise familiale devenue marque de fabrique, présente sur la gamme entière et jusque sur les capsules.
Le Black Barrel est l'expression qui pousse le plus loin le travail du bois dans la gamme. Son nom ne renvoie pas à une couleur de verre ni à une série limitée : il désigne littéralement l'état du fût au moment du remplissage. C'est un cas rare où le nom commercial dit exactement ce qui a été fait, et c'est ce qui rend cette bouteille utile pour comprendre l'effet du chêne sur un assemblage irlandais.
Un fût de bourbon arrive déjà carbonisé, puisque la loi américaine impose du chêne neuf brûlé. La maison le repasse une seconde fois à la flamme avant d'y loger son whiskey, ce qui creuse la couche de bois caramélisé et réveille un chêne déjà partiellement épuisé. Le résultat se lit au nez sur les notes de bois grillé et de caramel. La maison cite également des fûts ayant contenu du xérès parmi ceux qui composent l'assemblage.
Le Black Barrel se distingue aussi par sa recette : la proportion de single pot still y est plus élevée que dans l'assemblage d'entrée de gamme, et le whiskey de grain qu'il emploie est présenté par la maison comme une production de petit lot. Les chiffres précis de cette répartition ne sont pas publiés, et les valeurs qui circulent chez les revendeurs ne s'accordent pas entre elles : nous ne les reprenons pas ici.
La bouteille est embouteillée à 40 %, le minimum légal pour un whiskey irlandais, et ne porte aucune mention d'âge. Une absence d'âge n'est ni un aveu ni une facilité : elle laisse au maître assembleur la liberté de composer d'un lot à l'autre avec les fûts qui rendent le profil attendu. Quand un âge est affiché, il engage à l'inverse le composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne.
La gamme est large et ses noms ne se rangent pas d'eux-mêmes sur une échelle. Trois informations permettent pourtant de comparer deux bouteilles sans se tromper, et elles figurent toutes sur l'étiquette. Le reste, c'est-à-dire les notes de dégustation et les récompenses, se lit après, une fois qu'on sait de quelle catégorie et de quel bois on parle.
La première information est la catégorie légale : un blended Irish whiskey et un single pot still ne se jugent pas selon les mêmes critères. La deuxième est le bois, entre chêne ayant contenu du bourbon, chêne ayant contenu du xérès et chêne neuf. La troisième est le degré, qui décide de la concentration en bouche. Une bouteille brute de fût et une bouteille à 40 % du même assemblage racontent deux versions du même whiskey.
L'Original est l'assemblage historique de la maison, celui sur lequel tous les autres se lisent. Le Crested reprend une bouteille ancienne du répertoire, davantage marquée par le xérès. Le Black Barrel joue la carte du fût recarbonisé décrite plus haut, et il existe aussi dans une version brute de fût. La gamme se poursuit ensuite avec des séries de finitions et des bouteilles portant un âge, sans qu'aucune ne rende les autres inutiles.
Le site de production accueille plusieurs marques irlandaises connues, chacune avec ses recettes, ses alambics de prédilection et ses fûts. Deux bouteilles nées au même endroit peuvent donc être très éloignées l'une de l'autre : c'est la répartition entre pot still et grain, le choix du bois et la durée qui font la différence, pas l'adresse. Notre page consacrée à cette distillerie détaille l'outil et ce qu'il permet.
Dans le comté de Cork, en Irlande, sur le site de Midleton entré en service en 1975. La marque est née à Dublin, dans la distillerie de Bow Street, qui a cessé de produire au cours des années 1970 et se visite aujourd'hui. L'adresse dublinoise reste attachée à l'histoire de la maison et à sa date de 1780, elle ne désigne plus le lieu où le liquide est fabriqué.
Le passage de ses fûts une seconde fois à la flamme avant remplissage, et une part de single pot still plus large que dans l'assemblage d'entrée de gamme. Le fût de bourbon, déjà carbonisé à l'origine, est ainsi réactivé, ce qui accentue les notes de bois grillé, de caramel et d'épice. La bouteille est embouteillée à 40 % et ne porte pas de mention d'âge.
Sine Metu est une locution latine qui signifie sans peur. C'est la devise du blason de la famille Jameson, devenue signature de la marque et présente sur l'ensemble des étiquettes. Les versions qui circulent sur l'origine de cette devise, notamment sur l'épisode maritime qui l'aurait justifiée, ne concordent pas entre elles, et nous préférons nous en tenir à ce que le mot dit.
Commencez par la question du bois. Si vous cherchez un profil rond et facile à servir long, l'assemblage classique de la maison remplit ce rôle. Si vous voulez sentir le chêne travailler, une bouteille comme le Black Barrel pousse le curseur du côté du fût recarbonisé. Notre équipe vous oriente selon les références présentes dans cette collection et selon ce que vous avez déjà dans votre bar.