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Whisky Longrow

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Un nom de distillerie éteinte depuis 1896, posé sur un malt né d'une expérience menée en 1973. Longrow ne désigne aucun bùtiment en activité aujourd'hui : c'est l'un des trois whiskies distillés à Campbeltown dans les murs de Springbank, celui que la maison réserve à son orge la plus fortement tourbée. Cette page rassemble les bouteilles qui portent ce nom.

Whisky Longrow, le malt fortement tourbé distillé chez Springbank

Le whisky Longrow vient de Campbeltown, sur la pĂ©ninsule du Kintyre, dont nous tenons une page Ă  part. Ce qui le distingue tient Ă  un point de mĂ©thode plutĂŽt qu'Ă  une adresse : la distillerie qui le produit fabrique deux autres malts, sous deux autres noms, selon deux cahiers des charges diffĂ©rents. Springbank, Longrow et Hazelburn sortent des mĂȘmes murs, de la mĂȘme aire de maltage et des mĂȘmes alambics. Le nom portĂ© par l'Ă©tiquette ne dit pas oĂč le whisky a Ă©tĂ© fait, il dit comment.

Le nom d'une distillerie de Campbeltown arrĂȘtĂ©e en 1896

Longrow a d'abord été une distillerie à part entiÚre, fondée en 1824 par John Ross et installée dans l'espace contraint de Well Close, à Campbeltown. Son matériel vieillissant et le manque de place ont mis fin à la distillation en 1896. Ses bùtiments ont été rachetés par J & A Mitchell & Co en 1971. Quand Springbank a cherché comment nommer son malt tourbé, elle est allée prendre un nom que la ville connaissait déjà et que plus personne n'utilisait.

L'expérience de 1973 et la distillation reprise en 1987

La premiĂšre distillation de Longrow date de 1973. Le dirigeant de Springbank voulait montrer qu'un malt fortement tourbĂ© pouvait naĂźtre sur le continent et pas seulement sur les Ăźles. L'essai a Ă©tĂ© reconduit l'annĂ©e suivante, puis laissĂ© de cĂŽtĂ©. Ce sont les embouteillages tirĂ©s de ces deux campagnes, sortis bien plus tard, qui ont fait changer les avis. La distillation a repris en 1987 et se tient depuis chaque annĂ©e, au mĂȘme titre que celle des deux autres malts de la maison.

Ce que le nom Longrow désigne sur une étiquette

Une bouteille marquée Longrow annonce trois choses à la fois : une orge séchée longuement sur un feu de tourbe, une double distillation, et un embouteillage réalisé sur place. Elle ne promet aucun lieu de production distinct de Springbank. C'est pour cette raison qu'une fiche Longrow se lit comme un Single Malt Scotch Whisky de Campbeltown, la localité étant, elle, une indication d'origine reconnue par la réglementation écossaise.

Comment se fabrique le whisky Longrow

Ce qui sĂ©pare le whisky Longrow des deux autres malts nĂ©s au mĂȘme endroit ne tient pas au bĂątiment. Le premier Ă©cart se joue au sĂ©chage de l'orge, le deuxiĂšme au nombre de passages dans les alambics, le troisiĂšme Ă  la chaĂźne complĂšte que la maison garde chez elle. Pris ensemble, ces rĂ©glages expliquent pourquoi deux bouteilles issues du mĂȘme site peuvent n'avoir presque rien en commun au nez.

Quarante-huit heures d'orge séchée sur un feu de tourbe

Springbank malte sur son aire la totalitĂ© de l'orge qu'elle distille, ce qui lui laisse la main sur la durĂ©e du touraillage. Pour Longrow, le grain reste quarante-huit heures dans la fumĂ©e de tourbe, contre trente heures d'air chaud pour Hazelburn. Cette durĂ©e est la variable qui dĂ©cide du niveau de phĂ©nols du malt, et elle se rĂšgle avant mĂȘme que le grain n'entre dans la cuve d'empĂątage. Tout le reste du procĂ©dĂ© travaille ensuite Ă  en conserver ou Ă  en perdre.

Deux distillations, lĂ  oĂč Springbank en compte deux et demie

Longrow passe deux fois dans les alambics, quand le malt Springbank y passe deux fois et demie et le Hazelburn trois fois. Le nombre n'est pas un dĂ©tail de procĂ©dĂ© : chaque passage supplĂ©mentaire retire au distillat une part de ses composĂ©s les plus lourds, et ce sont eux qui portent la fumĂ©e. En s'arrĂȘtant Ă  deux, la maison laisse passer une matiĂšre plus Ă©paisse. C'est donc le mĂȘme outil, rĂ©glĂ© autrement, qui produit ici un malt tourbĂ© et lĂ  un malt qui ne l'est pas.

Du maltage Ă  l'embouteillage sans quitter le site

La maison rĂ©alise sur place l'ensemble des Ă©tapes, du maltage du grain Ă  la mise en bouteille. La consĂ©quence se lit sur l'Ă©tiquette : sauf mention contraire, ses embouteillages sortent Ă  46 %, sans filtration Ă  froid et sans colorant ajoutĂ©. Ce sont trois partis pris qui se vĂ©rifient bouteille par bouteille, et ils valent pour Longrow comme pour les deux autres noms distillĂ©s dans les mĂȘmes murs.

Le caractĂšre du single malt Longrow

Un malt fortement tourbĂ© ne se rĂ©sume pas Ă  un chiffre de phĂ©nols. La durĂ©e du touraillage, le nombre de distillations et le fĂ»t pĂšsent chacun sur ce qu'il reste de fumĂ©e dans le verre. Sur Longrow, ces variables tirent toutes dans le mĂȘme sens, et le rĂ©sultat ne ressemble pas forcĂ©ment Ă  ce qu'un amateur attend d'un malt tourbĂ© quand il n'a bu jusque-lĂ  que des whiskies d'Islay.

Une fumée grasse et marine plutÎt que médicinale

La double distillation laisse dans le distillat des Ă©lĂ©ments lourds, huileux, que les malts distillĂ©s trois fois perdent en route. Sur Longrow, la fumĂ©e s'installe donc sur une matiĂšre Ă©paisse plutĂŽt que sur un profil net. Les descripteurs qui reviennent le plus souvent tiennent du feu de tourbe humide, du sel et de l'huile, lĂ  oĂč d'autres malts fortement tourbĂ©s se lisent davantage sur l'iode et le goudron. Ce sont deux lectures diffĂ©rentes d'une mĂȘme famille.

Les phénols annoncés, une mesure faite sur l'orge maltée

Le malt destiné à Longrow est annoncé entre cinquante et cinquante-cinq parties par million de phénols. Ce chiffre décrit l'orge maltée aprÚs touraillage, jamais le liquide dans la bouteille. L'essentiel des phénols disparaßt ensuite, à l'empùtage, à la fermentation et surtout à la seconde distillation. Une bouteille ne titre donc pas cinquante ppm : elle vient d'un grain qui en portait cinquante avant que le travail ne commence. Notre page consacrée au whisky tourbé développe ce point.

Ce que le fût de vin rouge fait à un malt tourbé

La maison Ă©lĂšve une partie de ses Longrow dans des fĂ»ts ayant contenu du vin rouge, le pinot noir en tĂȘte. Le bois apporte alors des fruits noirs et une amertume tannique qui se posent sur la fumĂ©e sans la couvrir. D'autres embouteillages passent par le xĂ©rĂšs ou le porto : le 18 ans de la maison associe ainsi une trĂšs large majoritĂ© de fĂ»ts de xĂ©rĂšs Ă  une part de fĂ»ts de porto. Le fĂ»t dĂ©place le curseur, il ne remplace pas le distillat.

Lire une bouteille de whisky Longrow

Plusieurs familles d'embouteillages se croisent sous ce nom, et elles ne se lisent pas de la mĂȘme façon. Il y a les bouteilles sans mention d'Ăąge, celles qui en portent une, et celles dont le degrĂ© annoncĂ© est le vrai sujet. Savoir laquelle on tient en main Ă©vite de comparer deux objets qui ne rĂ©pondent pas Ă  la mĂȘme question.

Le Peated permanent et les bouteilles qui affichent un Ăąge

Le Peated est l'embouteillage permanent de la gamme, sans mention d'Ăąge. À cĂŽtĂ©, la maison publie des bouteilles qui en portent une, dont un 18 ans reconduit d'annĂ©e en annĂ©e et des Ă©ditions limitĂ©es plus ĂągĂ©es, comme le 21 ans paru en 2022. Une Ă©tiquette sans Ăąge ne renseigne pas sur la jeunesse du contenu : elle indique surtout que la maison n'a pas voulu s'engager sur le chiffre du composant le plus jeune, seul chiffre qu'un Ăąge annoncĂ© autorise.

Le 100 Proof et le degré hérité du proof britannique

La mention 100 Proof renvoie à l'ancien systÚme de titrage britannique, dans lequel cent degrés de preuve correspondent à 57,1 % d'alcool en volume. C'est exactement le degré auquel sort cet embouteillage, qui a pris la suite de la série Red. Le liquide y combine un long passage en fûts de bourbon de remplissage et un passage plus court en fûts de pinot noir. Un degré élevé n'annonce ni un whisky plus jeune ni un whisky plus concentré, seulement une réduction moindre.

Longrow Red, la série annuelle élevée en fût de vin

Longrow Red a dĂ©signĂ© pendant plusieurs annĂ©es une sortie annuelle dont le fĂ»t de vin changeait Ă  chaque Ă©dition : pinot noir, malbec, cabernet sauvignon ou porto selon les annĂ©es, avec des Ăąges et des degrĂ©s qui varient d'une sortie Ă  l'autre. Une bouteille Red se lit donc par son couple Ăąge et fĂ»t, jamais par le seul mot Red. La sĂ©rie s'est arrĂȘtĂ©e, et les fĂ»ts de vin rouge continuent d'apparaĂźtre ailleurs dans la gamme.

Questions fréquentes sur le whisky Longrow

Longrow est-il une distillerie ?

Non. Longrow est le nom de l'un des trois malts distillĂ©s chez Springbank, Ă  Campbeltown. Une distillerie Longrow a bien existĂ© dans la ville, de 1824 Ă  1896, et ses bĂątiments appartiennent aujourd'hui Ă  la maison, mais elle ne distille plus depuis longtemps. Une bouteille Longrow sort donc du mĂȘme site qu'une bouteille Springbank, avec une orge et un nombre de distillations diffĂ©rents.

Quelle différence entre Longrow, Springbank et Hazelburn ?

Les trois noms sortent du mĂȘme site et se distinguent par deux rĂ©glages. Springbank part d'une orge lĂ©gĂšrement tourbĂ©e et d'une distillation comptĂ©e deux fois et demie. Longrow part d'une orge fortement tourbĂ©e et de deux distillations. Hazelburn ne revendique aucune tourbe et passe trois fois dans les alambics. Le nom portĂ© par l'Ă©tiquette est donc une indication de mĂ©thode, pas une adresse.

Quel niveau de tourbe annonce le whisky Longrow ?

La maison annonce un malt tourbé entre cinquante et cinquante-cinq parties par million de phénols. Ce chiffre se relÚve sur l'orge maltée aprÚs séchage, avant l'empùtage, et une bonne partie de ces phénols disparaßt ensuite pendant la fermentation et la distillation. Il donne donc une intention de maltage, pas une mesure de ce que contient le verre. Le repÚre reste utile pour comparer deux malts, à condition de savoir ce qu'il décrit.

OĂč acheter un whisky Longrow en ligne ?

Trinquay référence les embouteillages Longrow dans sa cave en ligne, aux cÎtés des autres malts de Campbeltown. Chaque fiche précise l'ùge annoncé, le degré, le type de fût et l'année d'embouteillage quand la maison la publie. Si vous hésitez entre deux références, notre conseil personnalisé répond au cas par cas, en partant du profil que vous cherchez et de ce que vous buvez déjà par ailleurs.