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Une maison de shōchū du sud du Japon qui installe sa distillerie de whisky à près de huit cents mètres d'altitude, dans les Alpes centrales, à l'autre bout du pays : la géographie de Mars Komagatake tient d'un choix délibéré. Hombo Shuzo cherchait le froid pour son whisky, et elle est allée le chercher là où il se trouvait. Cette page rassemble les embouteillages nés au pied de cette montagne.
L'altitude n'est pas un argument décoratif sur cette distillerie, c'est la raison même de son emplacement. Le site a été choisi pour ses étés courts, ses nuits fraîches et ses hivers sous la neige, conditions qui ralentissent les échanges entre le distillat et le bois. La maison qui l'exploite venait d'un tout autre climat, et ce déplacement volontaire vers la montagne est le fait fondateur de la marque.
Hombo Shuzo est une maison de spiritueux installée à Kagoshima, dans le sud de l'île de Kyūshū, dont le métier historique est le shōchū. Elle obtient une licence de production de whisky en 1949, à une période où le pays ne comptait qu'une poignée de producteurs. Cette double culture reste lisible aujourd'hui : le groupe conduit des ateliers de shōchū et des distilleries de whisky, et fait circuler ses fûts entre plusieurs de ses sites.
La distillerie se trouve au village de Miyada, dans la préfecture de Nagano, au pied du Kiso Komagatake, l'un des sommets des Alpes centrales japonaises. Hombo Shuzo indique une altitude de 798 mètres, et plusieurs sources spécialisées y voient la distillerie la plus haute du Japon. L'eau vient de la fonte des neiges du massif, et le brouillard qui s'installe au pied de la montagne fait partie du tableau décrit par la maison.
Le site a longtemps été appelé Mars Shinshu, du nom ancien de la région, avant d'être présenté par la maison comme la distillerie Mars Komagatake. Le single malt, lui, porte le nom de la montagne. Les deux appellations désignent le même lieu et se croisent encore sur les étiquettes anciennes comme dans les bases de données : voir Shinshu et Komagatake sur deux bouteilles ne signale pas deux origines différentes. La marque Mars a sa propre page chez nous, qui couvre l'ensemble de ses sites de production et d'élevage.
Le déplacement de la production vers la montagne, en 1985, n'était pas un geste symbolique. Un fût vieillit selon la température et l'humidité qui l'entourent, et un plateau à huit cents mètres n'offre pas le même régime qu'une plaine du sud du Japon. C'est cette différence que la maison est allée chercher, et elle se lit dans les whiskies qui portent la mention d'un élevage conduit sur place.
Le site connaît des étés brefs, des nuits fraîches et une couverture neigeuse en hiver, avec des écarts marqués d'une saison à l'autre. Le brouillard qui remonte au pied du massif entretient par ailleurs une humidité que la maison met en avant dans sa présentation du lieu. Ces conditions ne ressemblent ni à celles de Kagoshima, d'où vient l'entreprise, ni à celles des distilleries japonaises installées en plaine, et elles constituent la raison d'être du site.
Le froid ralentit les mouvements du liquide dans les pores du chêne. Le distillat pénètre moins vite le bois, en extrait moins d'un coup, et les composés apportés par le fût s'installent progressivement plutôt qu'en quelques saisons. Un whisky élevé en altitude demande donc plus de temps pour atteindre le même degré d'intégration qu'un whisky élevé au chaud, et il conserve plus longtemps la trace du distillat d'origine.
La part des anges désigne le volume qui s'évapore chaque année à travers le bois. Elle dépend directement de la température et de l'hygrométrie du chai, et elle reste plus faible en altitude que sous un climat chaud et humide. Ce paramètre explique pourquoi la maison a ouvert un second lieu d'élevage sous les tropiques : un même distillat y perd bien plus vite du volume, et il y arrive plus tôt à maturité. Deux climats, deux vitesses, un seul distillat au départ.
La distillerie a connu un long arrêt, et cet arrêt explique la forme actuelle de sa gamme. Il ne s'agit pas d'une fermeture définitive comme celle qu'ont connue certaines distilleries écossaises, mais d'une mise en sommeil de l'outil, décidée par un marché qui s'effondrait. La reprise, elle, est datée avec précision, et cette date se retrouve sur des étiquettes.
La production s'interrompt en 1992. Le whisky japonais traverse alors une longue période de désaffection intérieure, pendant laquelle plusieurs sites réduisent leur activité ou s'arrêtent. Les fûts déjà remplis continuent de vieillir sur place, mais plus rien ne vient les rejoindre pendant dix-neuf ans. C'est ce trou dans la chronologie qui rend certains millésimes de la maison difficiles à trouver aujourd'hui.
La production redémarre en février 2011, au moment où la demande internationale pour le whisky japonais commence à se manifester. La maison indique que l'équipement de distillation d'origine est resté en service jusqu'en 2014, année de son remplacement. Le site compte deux alambics, un de première distillation et un de repasse, ce qui en fait une unité de taille modeste au regard des grandes distilleries japonaises. La production y reste conduite par lots, avec des séries annuelles plutôt qu'une gamme permanente étendue.
Un millésime 2011 sur une bouteille de cette distillerie désigne les tout premiers fûts remplis après la reprise, distillés sur l'outil d'origine. La maison a d'ailleurs baptisé l'un de ces embouteillages en référence à ce redémarrage. L'information est donc double : elle donne une année de distillation, et elle situe une bouteille dans l'histoire du site, ce qu'un simple âge ne dirait pas. Peu de distilleries offrent un repère aussi net, parce que peu ont interrompu leur production aussi longtemps.
Les étiquettes de la maison portent des mentions qui ne se rencontrent pas ailleurs, et qui décrivent pour l'essentiel le lieu où le fût a passé sa vie. À cela s'ajoutent les repères habituels du fût unique, millésime, année de sortie et numéro. Trois lectures suffisent à comprendre ce que l'on a devant soi, et elles valent aussi bien pour les séries annuelles que pour les fûts choisis à l'unité.
Hombo Shuzo élève ses fûts sur plusieurs sites et l'indique sur la bouteille. La mention Shinshu Aging désigne un vieillissement sur le plateau de Miyada, en montagne. La mention Yakushima Aging désigne un vieillissement sur l'île de Yakushima, à une soixantaine de kilomètres au large de Kagoshima, dans un climat subtropical très humide où les fûts travaillent beaucoup plus vite. Le distillat est le même, le résultat ne l'est pas.
Sur les embouteillages uniques, deux années figurent souvent côte à côte : celle de la distillation et celle de la mise en bouteille. Les confondre change tout, puisque l'écart entre les deux donne l'âge réel du whisky. Le numéro de fût identifie le contenant, rien de plus : deux fûts voisins du même millésime peuvent donner deux profils distincts, et le numéro ne renseigne ni sur le bois ni sur la qualité.
La maison publie régulièrement des embouteillages finis en fûts ayant contenu de la bière, précisément des India Pale Ale brassées par la brasserie Minami Shinshu Beer Komagatake, installée à proximité. Le houblon laisse dans le bois une amertume et une fraîcheur mentholée que le whisky reprend en fin de bouche. C'est une signature de la maison plus qu'un effet de mode, et elle revient d'une année sur l'autre.
Elle est installée au village de Miyada, dans la préfecture de Nagano, au pied du Kiso Komagatake, dans les Alpes centrales japonaises. Hombo Shuzo indique une altitude de 798 mètres, et plusieurs sources spécialisées la présentent comme la distillerie la plus haute du Japon. Le groupe exploite par ailleurs une seconde distillerie dans le sud du pays et un cellier d'élevage sur une île, ce qui lui permet de faire vieillir un même distillat sous deux climats.
Aucune quant au lieu. Mars Shinshu est l'ancien nom de la distillerie, tiré du nom ancien de la région, et Komagatake est celui de la montagne voisine, retenu ensuite pour le single malt puis pour le site lui-même. Les deux mentions circulent encore en parallèle sur les étiquettes et dans les bases de données, ce qui multiplie les orthographes pour une seule origine.
La distillerie travaille des orges non tourbées et des orges tourbées selon les lots, et publie de loin en loin des embouteillages nettement fumés. Hombo Shuzo ne communique pas de spécification chiffrée de phénols, et les valeurs qui circulent chez les revendeurs ne viennent d'aucune source de producteur. La mention portée sur la bouteille reste donc le seul indicateur fiable.
Regardez d'abord la mention d'élevage, montagne ou île, parce que c'est elle qui déplace le plus le profil. Regardez ensuite l'écart entre l'année de distillation et l'année d'embouteillage, qui vous donne l'âge réel. Notre équipe vous précise pour chaque bouteille le lieu de vieillissement, le type de fût et le degré, et vous oriente selon ce que vous cherchez. Un premier Komagatake se choisit plus facilement sur le lieu d'élevage que sur l'âge affiché.