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Une distillerie construite en 2016 sur le terrain où la maison avait obtenu sa licence de whisky en 1949, dans un bassin de la préfecture de Kagoshima cerné de reliefs : le whisky Tsunuki tient dans cet aller-retour. Cette page réunit nos flacons du site et donne la clé de lecture qui compte le plus ici, celle du lieu où chaque fût a passé ses années.
Le nom désigne un lieu-dit avant de désigner un whisky, et ce lieu-dit précède de loin la distillerie qui s'y trouve aujourd'hui. La maison qui l'exploite y est installée depuis plus d'un siècle, d'abord pour un autre alcool. Reconstituer cette antériorité évite de lire le site comme une implantation récente choisie sur des critères de climat.
Hombo Shuzo est un producteur de Kagoshima venu du shochu, l'alcool distillé du sud de l'archipel. Ses bâtiments de Tsunuki, détruits pendant la guerre, sont reconstruits en 1947. La maison obtient sa licence de fabrication de whisky en 1949 et commence à en produire là. Le siège social de la société y est établi en 1955. Tsunuki est donc le point de départ de l'activité whisky, et non une extension tardive. La distillation de malt, elle, n'y arrivera que soixante-sept ans plus tard.
Le site se trouve à Tsunuki, dans le secteur de Kaseda, sur la commune de Minamisatsuma, à la pointe sud-ouest de Kyushu. On est loin des grandes adresses du whisky japonais, toutes situées beaucoup plus au nord. Un bâtiment de sept étages en charpente métallique, élevé en 1956, marque encore l'emplacement et rappelle que l'endroit a servi longtemps avant l'arrivée des alambics à malt.
Après la licence de 1949, la distillation de la maison part au Yamanashi puis au Nagano. Il faut attendre 2016 pour qu'un atelier à malt soit bâti à Tsunuki, la distillation démarrant en novembre de la même année. Le premier embouteillage sort en 2020, soit le délai minimal de vieillissement augmenté d'un an. La maison exploite donc deux distilleries et, depuis, chacune peut faire vieillir chez l'autre, ce qui ouvre une combinaison que peu de producteurs japonais peuvent proposer.
L'atelier a été dimensionné pour une production limitée, et la forme du matériel oriente le distillat davantage que sa taille. Trois éléments méritent d'être regardés : la forme des alambics, la matière des cuves de fermentation, et la présence d'un second appareil qui sert à autre chose qu'au malt. Aucun de ces trois points ne relève de l'anecdote : chacun laisse une trace mesurable dans le liquide.
La distillerie travaille avec une paire d'alambics de fabrication japonaise, un pour la première distillation et un pour la repasse, tous deux chauffés indirectement. Leur bras de lyne, le tube qui conduit les vapeurs vers le condenseur, descend au lieu de monter. Un bras descendant renvoie moins de vapeurs vers la chaudière, donc limite le contact avec le cuivre : le distillat qui en sort garde davantage de matière et de gras. C'est un réglage de forme, décidé une fois pour toutes au moment de la commande du matériel, et sur lequel on ne revient plus.
La fermentation se conduit dans cinq cuves en acier inoxydable, alimentées par une cuve d'empâtage du même métal. L'acier ne participe pas au goût comme le fait une cuve de bois, qui héberge une flore microbienne propre : il rend la fermentation reproductible et facile à nettoyer. C'est un choix de constance, cohérent avec un atelier neuf dont la maison voulait pouvoir comparer les lots année après année.
Le site ne distille pas que du malt. Un alambic hybride, à colonne courte, y sert quelques semaines par an à produire un whisky de grain et un gin. Cette polyvalence est fréquente dans les distilleries japonaises récentes, où un seul atelier doit rentabiliser plusieurs gammes. Elle explique aussi que des composants de grain maison puissent entrer dans certains assemblages du groupe sans achat extérieur.
Le climat est le sujet central de cette distillerie, et la maison ne s'en cache pas. Le sud de Kyushu impose des conditions que ne connaît aucun chai écossais, et le relief qui entoure le site en accentue encore les écarts. Ce qui se joue là ne concerne pas la distillation mais les années qui la suivent.
Le site occupe un bassin cerné de chaînes de montagnes. Les étés y sont chauds et humides, et les hivers, selon la maison, exceptionnellement froids pour le secteur de Minamisatsuma. Cette amplitude est le moteur du vieillissement : la dilatation et la contraction du bois font entrer et sortir le liquide de la douelle plusieurs fois par an, ce qu'un climat régulier ne provoque jamais avec la même intensité.
Les fûts reposent dans un chai construit en pierre, que la maison décrit comme peu sujet aux variations de température sur l'année, et dans des chais bas de plafond où les fûts sont empilés sur peu de rangs. Les deux configurations ne travaillent pas de la même façon : la première tempère, la seconde suit le climat extérieur de plus près. Un même distillat n'y vieillit donc pas au même rythme.
Une bonne part des embouteillages du site sort entre quatre et six ans, durées auxquelles un malt écossais paraîtrait souvent encore anguleux. L'échange entre le bois et le liquide se fait ici plus vite. La conséquence pratique est simple : sur ce site, un chiffre d'âge bas ne se lit pas comme ailleurs, et il ne signale ni un raccourci ni une sortie précipitée. La règle légale reste la même partout, trois ans de fût au minimum, mais ce que ces trois ans produisent dépend entièrement de l'adresse du chai.
Une étiquette de cette maison porte souvent deux noms de lieux : celui où le whisky a été distillé et celui où il a vieilli. Confondre les deux est l'erreur la plus répandue chez les revendeurs. S'y ajoutent les mentions habituelles d'un fût unique, et la mention Japanese Whisky, dont notre page consacrée au whisky japonais détaille les conditions.
Ces trois mentions ne désignent pas le lieu de distillation mais celui du vieillissement. Un flacon marqué Tsunuki et Shinshu Aging a donc été distillé dans le Kagoshima et élevé dans le Nagano, à plus de mille kilomètres au nord. Yakushima renvoie à un chai insulaire très arrosé, qui ne distille rien. Le même distillat placé dans ces trois adresses donne trois whiskies différents, et c'est précisément l'exercice proposé.
Sur un fût unique, l'année indique la distillation, l'âge la durée d'élevage, et le numéro identifie un contenant précis, rien de plus : il ne dit ni le type de bois ni la taille du fût. Le degré, souvent proche de soixante pour cent, signale un embouteillage sans réduction. Ces mentions se lisent ensemble, car prises isolément elles induisent en erreur plus souvent qu'elles ne renseignent.
Le premier single malt de la distillerie, appelé Tsunuki The First, paraît en avril 2020 à un peu moins de dix mille bouteilles. Il fixe le point de départ de la gamme et sert de repère à tout ce qui suit. Depuis, les sorties alternent des embouteillages annuels et des fûts uniques, dont certains sont sélectionnés pour un marché donné et ne circulent pas partout. Un fût unique ne se rejoue jamais : une fois vidé, il n'existe plus que dans les bouteilles qu'il a remplies.
Quatre questions reviennent régulièrement sur cette distillerie du sud de Kyushu : sa localisation exacte, son rattachement à une marque plus connue, la signification des mentions de vieillissement et le flacon par lequel commencer. Nous répondons avec ce que les sources publiques établissent, et nous laissons de côté les chiffres que les bases spécialisées se contredisent à donner.
À Tsunuki, dans le secteur de Kaseda, sur la commune de Minamisatsuma, préfecture de Kagoshima, au sud-ouest de l'île de Kyushu. C'est le berceau historique de Hombo Shuzo, qui y produisait du shochu bien avant d'y distiller du malt. L'atelier à malt actuel date de 2016 et la distillation y a commencé en novembre de cette année-là.
Mars est le nom sous lequel Hombo Shuzo vend son whisky, et Tsunuki est l'une de ses deux distilleries. La marque figure donc souvent devant le nom du site sur l'étiquette. Notre page consacrée à la marque détaille l'ensemble de ses lieux de production et de vieillissement, ainsi que les gammes qui n'appartiennent pas en propre à cette distillerie.
Que le liquide a été distillé à Tsunuki puis transporté pour vieillir dans le chai de l'autre distillerie de la maison, dans le Nagano. La mention porte sur l'élevage et non sur la distillation. Elle a un sens concret : le climat frais d'une vallée d'altitude ralentit les échanges entre le bois et l'alcool, là où le sud de Kyushu les accélère, à durée égale et distillat identique.
Pour découvrir le distillat élevé chez lui, un fût unique portant la mention du site donne la lecture la plus directe. Pour comprendre ce que le lieu de vieillissement change, mieux vaut prendre deux flacons du même millésime élevés à deux adresses différentes et les comparer. Notre équipe vous oriente selon le millésime, le fût et le degré qui vous intéressent.