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Mossburn met en bouteille des fûts qu'il n'a pas distillés, et distille par ailleurs sur deux sites qui lui appartiennent. Les bouteilles réunies ici relèvent du premier métier : ce sont des malts achetés à des distilleries écossaises, élevés puis embouteillés sous l'étiquette de la maison. Avant de parler de fûts et de millésimes, il faut donc dire qui choisit, et selon quels critères.
Le nom Mossburn Whisky désigne d'abord une maison de sélection. Elle achète des fûts à des distilleries qui ne signent pas ces bouteilles, les garde dans ses propres chais, puis les embouteille sous son étiquette. Ce métier, celui de l'embouteillage indépendant, a sa page dédiée sur notre catalogue. Ce qui suit tient à la trajectoire particulière de cette maison, passée en quelques années du négoce à la propriété de deux distilleries.
Neil Macleod Mathieson fonde Eaux de Vie Ltd dans les années 1980, une société d'importation et de distribution de spiritueux, avant de bâtir Mossburn Distillers. Il en reste le whisky maker, celui qui arrête les assemblages et signe les sélections. Le parcours explique la forme que prend la maison : un carnet d'adresses de distilleries construit sur des décennies de négoce, puis un outil de production venu ensuite. L'ordre a son importance, et il se lit dans les gammes.
Les premières bouteilles portant le nom Mossburn sortent en 2017. La série d'ouverture réunit des millésimes 2007 et 2008 achetés à des distilleries du Speyside et des Highlands, parmi lesquelles Linkwood, Blair Athol, Teaninich et Craigellachie, tous élevés dans les chais de la maison. Sous ce nom, la maison est donc récente, alors que les fûts qu'elle embouteille avaient déjà une décennie derrière eux au moment de la première mise en bouteille.
Deux choses coexistent sous la même étiquette et ne se confondent pas. D'un côté, des single malts distillés ailleurs, achetés en fût, que Mossburn élève et met en bouteille : c'est ce que rassemble cette page. De l'autre, Torabhaig et Reivers, deux distilleries que la maison possède et fait tourner, dont le liquide sort sous son propre nom. Lire une étiquette Mossburn commence toujours par la même question : qui a distillé ?
Un embouteilleur indépendant n'a pas d'alambic à défendre : son travail commence au fût et se juge sur ce qu'il en fait. Chez Mossburn, la sélection se fait distillerie par distillerie et millésime par millésime, avec des lots très courts, parfois un seul fût. Les choix d'embouteillage sont annoncés sur l'étiquette et ils restent constants d'une bouteille à l'autre, ce qui rend la gamme lisible dès le premier coup d'œil.
Vintage Casks est la série principale de la maison. Chaque sortie porte un numéro, le nom de la distillerie d'origine, un millésime et un âge : Vintage Casks No. 9 pour un Royal Brackla de 2008, No. 19 pour un Glen Elgin de la même année. Le numéro n'est ni un âge ni un numéro de fût, c'est un rang dans la série. Il sert à identifier un embouteillage précis, que la maison ne rejouera pas à l'identique.
Les Vintage Casks sortent en couleur naturelle et sans filtration à froid, à 46 % ou au degré du fût. Le second cas donne des bouteilles nettement plus hautes en degré, autour de 56 % sur un Linkwood 2007 ou un Mannochmore 2008. Ces trois mentions ne sont pas décoratives : elles disent que rien n'a été ajouté pour la teinte, que le froid n'a pas retiré les composés qui troublent le verre, et que l'eau n'est pas venue ramener le degré à un standard.
À côté des single malts, Mossburn signe des assemblages de malts régionaux, un Island et un Speyside, réunis sous le nom Signature Casks et embouteillés eux aussi à 46 %, sans colorant ni filtration à froid. Chacun repose sur un cahier des charges de fûts que la maison appelle son Cask Bill : le Speyside reçoit ainsi une seconde maturation avec des fonds de chêne américain neuf fortement carbonisé. Ce sont des blended malts, pas des single malts.
Une sélection se raconte par les maisons qu'elle traverse. Celle de Mossburn tient pour l'essentiel dans deux régions écossaises, le Speyside et les Highlands, et revient souvent vers des distilleries dont la production part d'ordinaire dans des assemblages plutôt que sous leur propre nom. C'est un choix de fond : ce sont précisément les malts que l'amateur a peu d'occasions de goûter en bouteille officielle. La sélection couvre aussi le whisky de grain, avec des embouteillages venus de distilleries de grain écossaises, catégorie que notre page dédiée présente en détail.
Le Speyside revient souvent dans la série, avec Aultmore, Benrinnes, Glen Elgin, Linkwood, Mannochmore ou Glentauchers. Ce sont des noms que l'on croise plus souvent au dos d'un assemblage qu'en façade d'une bouteille. Le Speyside est l'une des trois régions protégées du scotch, et notre page de région en détaille les contours. Chez Mossburn, il apparaît surtout par des millésimes 2007 et 2008 embouteillés autour de dix à quatorze ans d'âge.
Les Highlands complètent la sélection avec Blair Athol, Royal Brackla et Teaninich. C'est la plus vaste des régions protégées du scotch, et le mot recouvre des caractères très différents d'une côte à l'autre. Sur ces trois noms, l'embouteillage indépendant fait souvent le travail que l'étiquette officielle ne fait pas : donner une date de distillation, un âge exact et un degré non ramené, là où la gamme maison reste rare ou muette.
Beaucoup de distilleries écossaises n'ont jamais eu vocation à sortir sous leur propre nom : elles fournissent la matière des blends, et leur gamme officielle se limite à une ou deux bouteilles. Teaninich en est un cas net, son malt alimentant d'abord les assemblages du groupe qui la détient. Pour ces maisons, l'embouteilleur indépendant est la voie principale d'accès en single malt, ce qui explique la place qu'elles tiennent chez Mossburn. Cette mécanique vaut aussi pour Mannochmore, Glen Elgin ou Glentauchers, dont les gammes maison se comptent sur une main.
La maison ne se limite pas à la sélection. Elle exploite deux distilleries en propre, et le liquide qui en sort ne porte pas le nom Mossburn : il porte le leur. Les évoquer ici sert à dissiper une confusion fréquente, et à comprendre un point technique que la maison documente mieux que beaucoup, la façon dont un chiffre de tourbe annoncé sur l'orge se retrouve, ou non, dans la bouteille.
Torabhaig se trouve sur l'île de Skye et produit depuis janvier 2017. C'est la deuxième distillerie licenciée de l'île, après Talisker établie en 1830 : le site avait été choisi et autorisé par Sir Iain Noble, mort en 2010 avant les travaux, et c'est l'équipe de Mossburn qui l'a bâti. Le premier embouteillage, Legacy Series 2017, paraît en février 2021, suivi d'Allt Gleann. Torabhaig produit un malt tourbé et le signe de son propre nom.
Sur son Allt Gleann, Torabhaig annonce deux chiffres au lieu d'un : une orge maltée à 77 ppm de phénols, et 22,8 ppm résiduels au moment de l'embouteillage. Le premier est une spécification de maltage, relevée sur le grain après touraillage, avant même le brassage. Le second est ce qu'il en reste après fermentation et double distillation. Difficile de trouver démonstration plus nette qu'un chiffre de ppm décrit une matière première et non le contenu du verre.
Le second site, Reivers, se trouve dans les Scottish Borders. La maison le présente comme son centre d'innovation, tourné vers des whiskies de grain expérimentaux, avec sur un même terrain une distillerie, des chais de vieillissement et de finition, une ligne d'embouteillage et un laboratoire. On y a distillé du seigle et du genièvre. C'est le versant recherche de Mossburn, celui qui n'apparaît pas sur les étiquettes de la sélection mais nourrit le vocabulaire de fûts de la maison. Un embouteilleur qui possède ses propres chais, sa propre ligne et son propre laboratoire ne dépend de personne pour décider du moment de la mise en bouteille, et cela se voit dans la précision des mentions portées sur ses étiquettes.
Les questions qui reviennent sur Mossburn tiennent presque toutes à la double casquette de la maison. Voici les réponses courtes.
Les deux, mais pas sur les mêmes bouteilles. Mossburn Distillers embouteille des fûts achetés à des distilleries tierces, et exploite par ailleurs Torabhaig sur Skye et Reivers dans les Borders. Les bouteilles de cette page relèvent du premier métier : le liquide vient d'une autre distillerie, nommée sur l'étiquette.
C'est le nom de la série de single malts de la maison. Chaque sortie porte un numéro de série, le nom de la distillerie d'origine, un millésime et un âge, et sort en couleur naturelle sans filtration à froid, à 46 % ou au degré du fût. Le numéro de série n'a rien à voir avec le numéro de fût.
Torabhaig est une distillerie que Mossburn possède et exploite, sur l'île de Skye, en production depuis janvier 2017. Son whisky sort sous le nom Torabhaig, pas sous celui de Mossburn. Un Mossburn Vintage Casks et un Torabhaig ne sont donc pas le même produit.
Commencez par la distillerie d'origine, c'est elle qui donne le caractère, puis regardez le millésime, l'âge et le degré. Nos fiches indiquent ces quatre repères pour chaque bouteille, et notre équipe répond aux questions de sélection si vous hésitez entre deux fûts.