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Une salle de distillation grande comme une pièce de vie, installée derrière le comptoir d'une brasserie de bière artisanale : c'est le point de départ de Nagahama. La maison distille du whisky depuis novembre 2016 au bord du lac Biwa, dans la préfecture de Shiga, et elle présente son atelier comme l'un des plus petits du Japon. Cette page réunit ses embouteillages.
Le whisky Nagahama ne vient pas d'un site conçu pour le whisky. Il vient d'une brasserie de bière ouverte bien avant, à laquelle une distillation est venue s'ajouter sans que rien ne bouge autour. Cette origine décide de tout le reste : la taille des alambics, le volume des lots, le rythme des sorties et jusqu'à la façon dont la maison numérote ses bouteilles. Le point de départ n'est pas un cahier des charges, c'est une contrainte de place.
La ville de Nagahama se trouve dans la préfecture de Shiga, sur la rive du lac Biwa, le plus grand lac du Japon. C'est là que la société Nagahama Roman Beer brasse de la bière artisanale depuis les années 1990, avec un restaurant attenant. La distillation de whisky y a été ajoutée au cœur de l'installation existante, sans construction dédiée. La maison décrit d'ailleurs son atelier comme faisant partie de ce même ensemble, brasserie et salle de restaurant compris.
Les alambics, fabriqués au Portugal par Hoga, arrivent à Nagahama le 10 novembre 2016. La première distillation est menée les 16 et 17 du même mois. La maison est donc l'une des toutes premières de la vague japonaise ouverte au milieu des années 2010, et elle démarre sans expérience préalable de la distillation : l'équipe venait de la bière. L'empâtage et la fermentation se font d'ailleurs avec le matériel de brassage déjà en place.
Les alambics sont installés derrière le comptoir du bar, derrière une cloison vitrée qui permet de les voir depuis la salle. Ce n'est pas un aménagement de visite ajouté après coup, c'est la conséquence de la place disponible : la distillation occupe une pièce de quelques dizaines de mètres carrés à l'intérieur d'un bâtiment qui servait déjà. Peu de distilleries de whisky se travaillent à cette échelle, et cela se lit dans chaque bouteille.
Les dimensions d'un alambic ne sont pas un détail de visite : elles fixent le volume d'un lot, donc le nombre de fûts qu'une campagne peut remplir, donc la façon dont une maison compose ses embouteillages. À Nagahama, ces dimensions sont assez modestes pour que la logique de gamme s'en trouve renversée. Le fût cesse d'être une pièce parmi d'autres dans un assemblage, il devient l'unité de sortie.
À son ouverture, la distillerie travaille avec un alambic de première distillation de mille litres et un alambic de repasse de cinq cents litres. Ces volumes situent l'atelier très en dessous de ce qu'on rencontre dans une distillerie écossaise ordinaire, et la maison les revendique : elle se décrit elle-même comme relevant de la plus petite catégorie du pays. Le matériel vient du Portugal, une provenance peu courante pour un alambic à whisky japonais.
La silhouette de ces alambics ne ressemble pas à celle des cols de cygne écossais que l'on voit ailleurs au Japon. Leur tête reprend une forme d'alambic ancienne, plus proche de celle qu'on associe à la distillation d'eaux-de-vie qu'à celle du malt. La presse spécialisée japonaise relève que Nagahama est la seule des distilleries artisanales du pays à travailler avec ce dessin aujourd'hui. Une forme de tête agit sur le reflux des vapeurs, donc sur le caractère du distillat.
La maison résume sa méthode par une formule : une cuvée, un fût. Chaque campagne de distillation est destinée à un fût précis, qui sera embouteillé pour lui-même plutôt que fondu dans un lot plus large. Ce choix découle directement de la taille des alambics, et il explique que les sorties de la maison se comptent en centaines de bouteilles. Il explique aussi pourquoi chaque étiquette porte un numéro de fût là où d'autres maisons publient un numéro de lot.
Deux noms circulent sur les bouteilles de la maison, et ils ne recouvrent pas la même chose. L'un désigne le malt distillé sur place. L'autre désigne un assemblage qui fait entrer du malt venu d'ailleurs. La distinction n'est pas cosmétique : elle décide de ce que la bouteille a le droit d'annoncer au regard des règles d'étiquetage en vigueur au Japon.
Depuis le 1er avril 2021, la Japan Spirits & Liqueurs Makers Association réserve la mention « Japanese Whisky » aux whiskies dont la saccharification, la fermentation et la distillation ont lieu dans une distillerie japonaise, avec une eau puisée au Japon, un vieillissement d'au moins trois ans en fût de bois sur place et un embouteillage au Japon à 40 % minimum. Cette norme est professionnelle et volontaire, elle n'a pas force de loi.
Amahagan est le nom de la maison écrit à l'envers. La gamme réunit du malt distillé à Nagahama et du malt importé, ce qui en fait un assemblage de malts et non un single malt. C'est aussi ce qui l'écarte de la mention réservée aux whiskies entièrement produits au Japon. Un tel assemblage n'est ni un aveu ni un raccourci : une jeune distillerie y montre son travail de fût pendant que son propre distillat prend de l'âge.
Les étiquettes de la maison portent le plus souvent une année de distillation, un numéro de fût et un degré non réduit. Ces trois informations se lisent ensemble : l'année dit quand le liquide est né, le numéro identifie le contenant unique dont il sort, le degré dit qu'aucune eau n'a été ajoutée avant la mise en bouteille. Un numéro de fût n'est ni un âge ni une note de qualité, c'est une identité.
Les embouteillages de la maison changent d'un fût à l'autre, ce qui rend la comparaison entre deux bouteilles plus utile que la lecture d'une gamme. Trois éléments suffisent à situer une bouteille : le traitement de l'orge, le type de fût, et ce que l'étiquette dit ou ne dit pas de l'âge. Les trois figurent presque toujours sur la contre-étiquette.
La maison distille des campagnes tourbées et des campagnes qui ne le sont pas, et l'indique en clair par les mentions Peated et Heavily Peated. Ces mots renvoient au traitement de l'orge maltée au séchage, pas à une intensité mesurée dans le verre. La maison ne publie pas de chiffre de phénols pour ses embouteillages, et nous n'en avancerons donc aucun : une mention d'étiquette reste plus fiable qu'un chiffre reconstitué.
Le chêne japonais mizunara occupe une place particulière chez Nagahama, qui en a fait très tôt un terrain de travail. D'autres fûts viennent du vin liquoreux, du vin japonais ou du bourbon, parfois dans des contenants de petit format qui accélèrent l'échange entre le bois et le liquide. Sur des lots de cette taille, le fût pèse davantage que sur une cuvée de plusieurs centaines de pièces : il n'accompagne pas le distillat, il le dessine.
Plusieurs embouteillages de la maison portent une année de distillation sans mention d'âge, d'autres affichent trois ou quatre ans. Une étiquette sans âge n'annonce pas un liquide plus jeune que la voisine : elle indique que la maison a préféré ne pas se lier à un chiffre. Quand un âge est écrit, il désigne toujours le composant le plus jeune, jamais une moyenne. Sur un fût unique, les deux valeurs se confondent, ce qui n'est pas le cas d'un assemblage.
Elle se trouve dans la ville de Nagahama, préfecture de Shiga, sur la rive du lac Biwa, à l'intérieur des installations de la brasserie Nagahama Roman Beer. La distillation a commencé en novembre 2016. L'atelier partage le bâtiment avec la brasserie et son restaurant, et la salle des alambics se laisse voir depuis le comptoir du bar, à travers une simple cloison vitrée posée derrière les tireuses.
Cela dépend de la bouteille. Le single malt distillé, vieilli et embouteillé sur place répond aux critères posés en 2021 par l'association professionnelle japonaise. Un assemblage qui fait entrer du malt importé, comme la gamme Amahagan, ne peut pas porter cette mention. Il faut rappeler que cette norme n'a pas force de loi japonaise : elle engage les maisons adhérentes et encadre un mot, pas une production.
Nagahama désigne le single malt de la distillerie, distillé et vieilli sur place, le plus souvent embouteillé fût par fût. Amahagan, qui est le même nom écrit à l'envers, désigne un assemblage de malts associant le distillat de la maison à du malt venu d'ailleurs. Les deux sortent du même endroit et répondent à deux intentions différentes, l'une sur le distillat, l'autre sur l'assemblage.
Trinquay référence les embouteillages Nagahama dans sa cave en ligne, aux côtés des autres whiskies japonais du catalogue. Chaque fiche indique l'année de distillation, le numéro de fût, le type de contenant et le degré tels que la maison les publie, sans les interpréter. Notre conseil personnalisé prend ensuite le relais si vous hésitez entre deux fûts d'une même année, ou entre une campagne tourbée et une campagne qui ne l'est pas.