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Whisky Octomore

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Octomore n'est pas une distillerie. C'est le nom d'une série de whiskies fortement tourbés produits par Bruichladdich, sur l'ßle d'Islay, et c'est aussi le nom d'une ferme qui domine le village de Port Charlotte. Chaque série est distillée à partir d'une orge maltée dont le taux de phénols est annoncé au dixiÚme prÚs sur l'étiquette. Cette page rassemble les bouteilles qui portent ce nom et explique comment les lire.

Octomore Whisky, la série ultra tourbée de Bruichladdich

Le whisky Octomore sort des alambics de Bruichladdich, au bord du Loch Indaal, et emprunte son nom à une ferme des Rhinns d'Islay. La distillerie a sa propre page chez nous, la région et la tourbe également. Ce qui appartient en propre à Octomore tient à trois éléments : un nom de lieu chargé d'histoire, une orge maltée poussée trÚs loin dans la fumée, et un chiffre affiché en clair sur chaque bouteille.

Un nom emprunté à une ferme des Rhinns d'Islay

Octomore est d'abord un lieu, une ferme installée sur les hauteurs au-dessus de Port Charlotte, dans la péninsule des Rhinns, à l'ouest d'Islay. Le nom vient du gaélique Ochdamh-Mor, qui désigne une division ancienne des terres. La ferme existe toujours et cultive de l'orge. Une partie de cette orge revient dans les bouteilles, ce qui donne au nom un sens agricole et pas seulement commémoratif. En 2008, de l'orge a de nouveau été cultivée pour la distillation dans ces champs, ce qui n'était plus arrivé depuis 1839.

La distillerie Montgomery, en activité de 1816 à 1852

Une distillerie sous licence a bel et bien fonctionnĂ© sur ces terres, tenue par la famille Montgomery, des fermiers locataires, entre 1816 et 1852. Sa production annuelle se comptait en dizaines de fĂ»ts, et elle s'est arrĂȘtĂ©e au milieu du XIXe siĂšcle. Elle n'a aucun lien de production avec les bouteilles d'aujourd'hui : la filiation est celle d'un lieu et d'un nom, jamais celle d'un liquide.

Pourquoi Octomore ne désigne pas une distillerie

Aucune distillerie ne porte ce nom aujourd'hui. Octomore est une campagne de production de Bruichladdich, au mĂȘme titre que Port Charlotte : la mĂȘme maison, les mĂȘmes alambics, un autre malt et une autre destination. Écrire la distillerie Octomore serait donc une fiction. Le nom identifie une orge, un cahier des charges de maltage et une suite de mises en bouteille numĂ©rotĂ©es, ce qui suffit largement Ă  faire une identitĂ©. La distinction n'a rien de thĂ©orique : elle change ce qu'il faut chercher sur l'Ă©tiquette.

Les phénols annoncés sur une bouteille d'Octomore

Chaque Ă©tiquette porte un chiffre en parties par million, souvent au dixiĂšme prĂšs. Ce chiffre est le cƓur de l'argument, et la maison prĂ©sente d'ailleurs Octomore comme le whisky le plus tourbĂ© au monde : c'est une dĂ©claration de producteur, elle se lit comme telle. Le chiffre, lui, ne mesure pas la fumĂ©e du verre. Il mesure la matiĂšre premiĂšre, Ă  un moment prĂ©cis, trĂšs en amont de la bouteille.

Un chiffre relevé sur l'orge maltée, avant le brassage

Le taux de phĂ©nols est une spĂ©cification de maltage. On le relĂšve sur l'orge maltĂ©e aprĂšs le touraillage, c'est-Ă -dire aprĂšs le sĂ©chage au feu de tourbe, et avant qu'elle ne parte au moulin. À ce stade, rien n'a encore Ă©tĂ© brassĂ© ni fermentĂ©. Le producteur commande donc un malt Ă  tant de parties par million, comme on commanderait une farine Ă  tant de protĂ©ines, et cette commande prĂ©cĂšde tout le reste de la fabrication.

101,4 ppm sur la série 16, et 189,5 sur son orge d'Islay

La sĂ©rie 16, sortie en 2025, met la mĂ©canique Ă  nu. Deux de ses mises en bouteille partent du mĂȘme distillat, issu d'une orge Concerto cultivĂ©e sur le continent Ă©cossais et maltĂ©e Ă  101,4 ppm. Une troisiĂšme part d'une orge Concerto cultivĂ©e sur Islay mĂȘme, dans une parcelle de la ferme Octomore, maltĂ©e Ă  189,5 ppm. Le chiffre change parce que la commande de maltage change, jamais parce qu'on aurait mesurĂ© une bouteille.

Pourquoi le verre ne goûte pas ce que le chiffre annonce

L'essentiel des phĂ©nols disparaĂźt en cours de route : au brassage, Ă  la fermentation, et surtout Ă  la seconde distillation, qui en laisse une bonne part derriĂšre elle. Une bouteille annoncĂ©e Ă  189,5 ppm ne contient donc rien de tel. Deux whiskies partis du mĂȘme chiffre peuvent en outre arriver trĂšs diffĂ©rents selon la conduite de la distillation et selon le bois. Le chiffre reste une information utile, Ă  condition de savoir ce qu'il mesure.

Cinq ans de fût, la rÚgle du whisky Octomore

La gamme assume un ùge court, cinq ans le plus souvent, alors que la mention d'ùge sert d'ordinaire à vendre l'inverse. Le raisonnement de la maison est technique : passé un certain temps, le bois prend le pas sur la fumée, et l'objet de la série est précisément de montrer la fumée. L'ùge court n'est donc pas une contrainte subie, c'est le sujet.

Un ùge court assumé sur chaque mise en bouteille

Cinq ans, c'est deux ans de plus que le minimum légal du scotch whisky, et c'est peu au regard des usages du single malt écossais. La série l'affiche sans détour, l'ùge écrit en clair. Ce choix a une conséquence directe pour l'amateur : ce qui se goûte ici vient d'abord du distillat et du maltage, pas d'une longue maturation. Le bois est présent, il n'est pas le sujet principal. Un amateur habitué aux longues maturations y trouvera un whisky trÚs direct.

Le degré naturel du fût, sans réduction

Les bouteilles sortent au degré du fût, sans ajout d'eau. La série 16 illustre l'écart que cela produit : 59,3 % pour la premiÚre, 58,1 % pour la deuxiÚme, 61,6 % pour la troisiÚme, trois valeurs qui ne se décident pas mais se constatent au moment de l'embouteillage. Un tel degré demande un verre ouvert, et l'ajout progressif de quelques gouttes d'eau change beaucoup le nez.

Bourbon, Sauternes et Pedro Ximénez sur un malt fumé

Le bois change d'une mise en bouteille Ă  l'autre, et c'est le second levier de la sĂ©rie. La rĂ©fĂ©rence de base repose sur des barriques ex-bourbon de premier remplissage, qui laissent la fumĂ©e au premier plan. Les autres empruntent au xĂ©rĂšs oloroso, au bordeaux, au madĂšre, au muscat, au sauternes ou au Pedro XimĂ©nez. Un vin liquoreux posĂ© sur un malt aussi fumĂ© produit un contraste franc, sucrĂ© d'un cĂŽtĂ©, cendrĂ© de l'autre. C'est lĂ  que se joue l'Ă©cart de goĂ»t entre deux bouteilles d'une mĂȘme sĂ©rie.

Lire une numérotation Octomore avant d'acheter

La gamme se lit comme un systĂšme, et ce systĂšme devient simple une fois qu'on en a la clĂ©. Deux nombres sĂ©parĂ©s par un point, et tout le reste en dĂ©coule : la sĂ©rie, la recette, l'origine de l'orge et la nature des fĂ»ts. C'est le seul cas oĂč un numĂ©ro de sĂ©rie vaut mieux qu'une note de dĂ©gustation.

Le premier chiffre dit la série, le second dit la recette

Le nombre placé avant le point identifie la série, publiée par vagues successives depuis la premiÚre mise en bouteille de 2008. Le nombre placé aprÚs le point identifie la recette à l'intérieur de cette série. Le rang 1 revient à la référence élevée en fût ex-bourbon, le rang 2 aux fûts de vin et aux finitions, le rang 3 à l'orge cultivée sur Islay. Un quatriÚme rang paraßt selon les années, réservé à la vente en distillerie et en ligne.

Concerto d'Écosse et Concerto d'Islay, deux orges

Concerto est une variĂ©tĂ© d'orge de brasserie, la mĂȘme de part et d'autre. Ce qui change est le lieu de culture. L'orge du continent Ă©cossais alimente les rĂ©fĂ©rences de base, tandis que l'orge cultivĂ©e sur Islay, parfois parcelle par parcelle, alimente celles qui portent le rang 3. Pour la sĂ©rie 16, cette parcelle est nommĂ©e sur l'Ă©tiquette, Church Field, sur la ferme Octomore elle-mĂȘme.

16.1, 16.2 et 16.3, trois lectures d'une mĂȘme annĂ©e

La sĂ©rie 16 montre la mĂ©thode Ă  l'Ɠuvre. La 16.1 sert de rĂ©fĂ©rence : orge du continent, cinq ans, fĂ»t ex-bourbon de premier remplissage. La 16.2 repart du mĂȘme distillat et le fait passer par l'oloroso et le bordeaux, avant une finition en madĂšre et en muscat. La 16.3 change d'orge et monte le taux de phĂ©nols annoncĂ©, avec un Ă©levage combinant bourbon, sauternes et Pedro XimĂ©nez. Une seule annĂ©e, trois questions diffĂ©rentes.

Questions fréquentes sur le whisky Octomore

Octomore est-il une distillerie ?

Non. Octomore est une sĂ©rie de single malts fortement tourbĂ©s produite par la distillerie Bruichladdich, sur l'Ăźle d'Islay, en Écosse. Le nom vient d'une ferme des Rhinns d'Islay, oĂč une distillerie a fonctionnĂ© entre 1816 et 1852, sans lien de production avec les bouteilles actuelles. Bruichladdich appartient au groupe RĂ©my Cointreau depuis 2012.

Que veulent dire les numéros 16.1, 16.2 et 16.3 ?

Le premier nombre dĂ©signe la sĂ©rie, le second la recette Ă  l'intĂ©rieur de cette sĂ©rie. Le rang 1 correspond Ă  la rĂ©fĂ©rence Ă©levĂ©e en fĂ»t ex-bourbon, le rang 2 aux Ă©levages en fĂ»ts de vin, le rang 3 Ă  l'orge cultivĂ©e sur Islay. Deux bouteilles de rangs diffĂ©rents dans une mĂȘme sĂ©rie peuvent partager le mĂȘme distillat et ne pas se ressembler du tout dans le verre.

Quel Ăąge a un whisky Octomore ?

Cinq ans dans la grande majorité des cas, et l'ùge figure sur l'étiquette. Des éditions plus ùgées existent, mais la logique de la gamme reste de montrer ce que donne un malt fortement tourbé aprÚs un séjour court en fût. Le minimum légal du scotch whisky étant de trois ans, ces bouteilles se situent juste au-dessus, ce que la maison revendique plutÎt que de le taire.

Quel Octomore choisir chez Trinquay ?

Pour aborder la gamme, la référence en fût ex-bourbon d'une série donnée montre la fumée sans habillage. Pour un contraste marqué, une version élevée en fûts de vin liquoreux joue le sucre contre la cendre. Pour aller au bout de la logique, la version issue d'orge cultivée sur Islay pousse le taux de phénols annoncé nettement plus haut. Nos fiches précisent la série, le taux annoncé, l'ùge, les fûts et le degré.