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Whisky Oishi

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Un nom japonais sur une étiquette écossaise, et pas la moindre distillerie derrière : Oishi désigne une série de mises en bouteille née dans un bar du Speyside, tenu par un Japonais qui trouve qu'on regarde les assemblages de trop haut. Cette page dit ce que ce nom recouvre, d'où il vient, et comment lire les flacons qui le portent.

Oishi Whisky, une série née dans un bar de Craigellachie

Le nom Oishi ne désigne ni une distillerie ni la marque d'un distillateur. Il désigne une série de mises en bouteille signées par une adresse, le Highlander Inn, à Craigellachie, au cœur du Speyside. La maison achète des fûts, les assemble, les embouteille sous son étiquette, et n'en distille aucun. Notre page consacrée aux embouteilleurs indépendants explique le métier dans son ensemble : celle-ci raconte cette maison précise.

Ce que le nom Oishii Wisukii veut dire

Oishii Wisukii transcrit deux mots japonais, oishii, délicieux, et wisukii, whisky. La série s'écrit ainsi chez son producteur, avec deux i à oishii, quand notre catalogue et celui de notre fournisseur l'abrègent en Oishi : c'est le même nom et la même série. Il n'annonce rien du contenu, ni une région, ni une catégorie, ni un âge. Il annonce un jugement, celui de l'homme qui a choisi les fûts.

The Highlander Inn, une adresse au cœur du Speyside

Le Highlander Inn est un hôtel doublé d'un bar à whisky, installé à Craigellachie, village du Speyside entouré de distilleries. L'adresse ne produit rien : elle sert, elle fait déguster et elle embouteille. Trois étiquettes coexistent sous son toit, The Highlander Inn, Oishii Wisukii et la Maggie's Collection. C'est la deuxième qui nous occupe ici, et la première bouteille qui l'a portée date de 2016.

Tatsuya Minagawa, du comptoir à la propriété

Tatsuya Minagawa a tenu le bar de l'établissement de 2005 à 2012. Suntory l'a ensuite recruté comme ambassadeur, fonction qu'il a quittée en 2015 pour racheter l'auberge à son ancien employeur, Duncan Elphick. La série qu'il signe découle de cette trajectoire : un Japonais installé au milieu des distilleries du Speyside, qui choisit des fûts là où il travaille et les publie sous un nom que ses compatriotes lisent au premier coup d'œil.

Un whisky écossais lu avec un vocabulaire japonais

Le nom induit en erreur, et c'est le premier point à régler. Ces bouteilles sont du scotch, distillé, vieilli et embouteillé en Écosse. Rien de japonais n'entre dans le flacon : ce qui l'est, c'est le nom, le graphisme et le palais de celui qui choisit. La confusion est fréquente, et elle mérite mieux qu'une note de bas de page.

Pourquoi ces bouteilles ne sont pas des whiskies japonais

Un whisky ne devient pas japonais parce qu'il porte un nom japonais. Les normes d'étiquetage de la Japan Spirits and Liqueurs Makers Association, entrées en vigueur le 1er avril 2021, réservent la mention Japanese Whisky à un liquide dont l'eau est puisée au Japon et dont la saccharification, la fermentation, la distillation, le vieillissement et l'embouteillage se déroulent au Japon. Ces bouteilles-ci sont écossaises de bout en bout et relèvent des catégories du scotch.

Les étiquettes dessinées par Takeshi Abe

Le graphisme est confié à Takeshi Abe, designer japonais qui avait déjà signé les étiquettes de la série des cartes à jouer d'Ichiro's Malt. C'est une filiation revendiquée, et elle explique l'allure de ces flacons, plus proche de l'estampe que du blason écossais. Sur une bouteille, l'étiquette ne dit rien du liquide : elle dit à qui la maison s'adresse, et ici elle s'adresse d'abord à un public qui lit le japonais.

L'assemblage revendiqué plutôt que subi

Le propriétaire de la maison dit son agacement devant le regard porté sur le whisky d'assemblage, et raconte volontiers le dix-sept ans des années 1980 qui a fixé son goût. La série est bâtie là-dessus : des assemblages à forte proportion de malt, publiés au même rang qu'un fût unique. Un assemblage n'est pas un malt unique manqué, il répond à une autre attente, celle d'un équilibre construit plutôt que d'un caractère isolé.

Ce que la série Oishi met en bouteille

La série ne suit pas une gamme permanente. Elle procède par sorties espacées, chacune bâtie sur une matière différente, et elle a exploré deux terrains : le whisky d'assemblage d'un côté, le whisky de grain de l'autre. Les âges annoncés sont presque toujours élevés, ce qui a des conséquences concrètes sur ce que contient le flacon.

Des blended Scotch whisky à forte proportion de malt

La catégorie légale de la plupart de ces bouteilles est le Blended Scotch Whisky, l'assemblage de whiskies de malt et de whiskies de grain écossais. La maison précise que la part de malt y est élevée, ce que la catégorie ne dit pas d'elle-même puisqu'elle n'impose aucune proportion. Certaines sorties partent d'un élevage en fût de xérès et sont embouteillées sans réduction, au degré rendu par le fût.

Les éditions de whisky de grain

Deux sorties au moins ont porté du whisky de grain, un quatorze ans en 2020 et un trente-cinq ans en 2023. Le Single Grain Scotch Whisky est une catégorie légale à part entière : un whisky né dans une seule distillerie écossaise, à partir de céréales qui ne se limitent pas à l'orge maltée. Vieilli longtemps, ce distillat léger prend au bois une matière sucrée et vernie que peu de malts donnent, et la maison est allée le chercher pour cela.

Des âges élevés, et ce qu'ils supposent

Un trente-six ans en 2016 puis en 2017, un trente-huit ans en 2019, un vingt-huit ans en 2022, un quarante-trois ans en 2024, un quarante ans en 2025 : la série vit dans le haut de l'échelle des âges. Un âge annoncé désigne toujours le composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne. Et un fût qui dort quatre décennies rend beaucoup moins de bouteilles qu'au premier jour, l'évaporation prélevant sa part chaque année.

Lire une bouteille de whisky Oishi

Trois informations suffisent à situer un de ces flacons, et le nom de la série n'en fait pas partie. La catégorie légale, l'âge annoncé et le degré disent l'essentiel. Le reste, le graphisme et le nom japonais, relève de la signature d'une maison, pas de la description d'un liquide.

La catégorie légale avant le nom de série

Cherchez d'abord la mention écrite en toutes lettres sur l'étiquette : Blended Scotch Whisky, Single Grain Scotch Whisky ou Single Malt Scotch Whisky. Elle ne se déduit pas du nom de la série, qui a couvert plusieurs catégories au fil des sorties. C'est elle qui dit combien de distilleries ont contribué et quelles céréales sont entrées dans la cuve, et c'est le seul repère qui ne bouge pas d'une édition à l'autre.

L'année, l'âge et le degré sur l'étiquette

Une année portée sur ce type de flacon est plus souvent celle de l'embouteillage que celle de la distillation, et les deux ne se déduisent pas l'une de l'autre. L'âge, lui, se compte en années pleines passées en fût. Quant au degré, il indique si la maison a réduit à l'eau ou laissé le fût décider : dans le second cas, le chiffre change d'une sortie à l'autre, et c'est normal.

Un embouteilleur qui ne distille pas

Aucun bâtiment de production ne se cache derrière ce nom, et aucune bouteille ne prétend le contraire. Ce que la maison engage, c'est un choix de fûts et un assemblage, pas une méthode de fabrication. Les distilleries d'origine ne sont pas toujours nommées, ce qui tient aux accords passés avec leurs propriétaires : sur ces bouteilles, la signature de l'assembleur remplace celle du lieu.

Questions fréquentes sur le whisky Oishi

Le whisky Oishi est-il japonais ?

Non. Le nom est japonais, le whisky est écossais. Il est distillé, vieilli et embouteillé en Écosse, et il relève des catégories du scotch. Les normes d'étiquetage japonaises, entrées en vigueur le 1er avril 2021, réservent la mention Japanese Whisky à un liquide fabriqué au Japon d'un bout à l'autre de la chaîne, ce qui n'est pas le cas ici.

Qui embouteille le whisky Oishii Wisukii ?

Le Highlander Inn, un hôtel et bar à whisky de Craigellachie, dans le Speyside, propriété de Tatsuya Minagawa depuis 2015. La maison achète des fûts à des distilleries écossaises, les assemble et les embouteille sous ses propres étiquettes. Oishii Wisukii est l'une des trois qu'elle publie, aux côtés de The Highlander Inn et de la Maggie's Collection.

Oishi est-il un single malt ?

Pas nécessairement. La série a surtout porté des Blended Scotch Whisky, des assemblages de whiskies de malt et de grain écossais dont la maison revendique une forte proportion de malt, et elle a aussi publié du whisky de grain. La catégorie légale change donc d'une sortie à l'autre et se lit sur l'étiquette, jamais sur le nom de la série.

Quel whisky Oishi choisir chez Trinquay ?

Pour comprendre le parti pris de la maison, une sortie d'assemblage à forte part de malt en donne l'image la plus juste, entre fruit sec et rondeur. Pour un profil plus sucré et plus vernis, une édition de whisky de grain âgé déplace nettement le curseur. Nos fiches indiquent la catégorie légale, l'âge et le degré, et notre conseil personnalisé vous aide à trancher.