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Un fermier et cabaretier du Gloucestershire, une étiquette qui promet la douceur d'un groin de cochon, un assemblage écossais qui a changé quatre fois de mains sans changer de promesse : le whisky Pig's Nose se raconte par sa marque et par ses propriétaires, jamais par une distillerie, puisque aucune ne porte ce nom. Cette page réunit nos bouteilles Pig's Nose et remet chaque mention de l'étiquette à sa place.
Pig's Nose n'est pas une distillerie et n'en a jamais possédé. C'est une marque d'assemblage, née dans un village du Gloucestershire, sur la rive anglaise de la Severn, à une journée de route des chais écossais dont elle tire sa matière. Ce point de départ explique presque tout de la marque : le nom, le ton et la façon dont elle se transmet. Une distillerie se vend avec ses murs, une marque d'assemblage se vend avec une recette et un carnet d'adresses, ce qui la rend beaucoup plus mobile et beaucoup plus dépendante de ses fournisseurs.
La maison MJ Dowdeswell & Co embouteille Pig's Nose pour la première fois en 1977, alors sous la forme d'un assemblage de quatre ans. Le pub d'Oldbury on Severn avait déjà sa marque maison, Sheep Dip, et Pig's Nose lui est donné pour pendant. Les deux noms sortent du même vocabulaire de ferme, ce qui n'est pas un hasard : leur créateur était fermier autant que cabaretier, et il vendait d'abord à ses propres clients. L'écart entre quatre et cinq ans, d'une époque à l'autre, rappelle qu'une recette d'assemblage se déplace au fil des stocks disponibles.
La marque annonce un whisky aussi doux et lisse qu'un groin de cochon. La formule est une promesse de texture, et elle ne dit rien du lieu de fabrication, contrairement à un single malt dont le nom désigne presque toujours une adresse. C'est la logique même d'un assemblage : ce que l'acheteur retrouve d'une bouteille à l'autre tient à une recette tenue dans la durée, pas à une salle d'alambics identifiable. Le nom fait donc un travail d'image que le lieu ferait ailleurs, et c'est un choix assumé plutôt qu'un manque.
L'affaire grandit vite pour sa taille. Les deux marques quittent le comptoir d'origine, entrent chez des détaillants londoniens dont Fortnum & Mason, puis partent à l'export vers les États-Unis, le Canada et la Nouvelle-Zélande. Une marque sans outil de production peut se diffuser aussi loin que ses volumes le permettent, sans jamais avoir à construire quoi que ce soit : c'est sa faiblesse et sa souplesse.
Quand une marque n'a pas de distillerie, son histoire est celle de ceux qui détiennent la recette et les fûts. Pig's Nose a connu quatre maisons en un peu moins de cinquante ans, et chacune a laissé une trace sur le contenu de la bouteille : un fournisseur de grain, un assembleur, un degré, un format. Suivre cette chaîne est la façon la plus sûre de comprendre ce que l'étiquette engage aujourd'hui.
Les deux marques passent chez Invergordon Distillers, producteur de whisky de grain, dont l'encyclopédie Scotch Whisky fait la source du grain entrant dans l'assemblage. Invergordon est absorbé par Whyte & Mackay au terme d'une offre hostile en 1993, et Pig's Nose suit le mouvement. La marque entre alors dans le portefeuille d'un groupe pour qui elle n'est qu'une ligne parmi d'autres, aux côtés d'assemblages autrement plus volumineux.
En 2005, Alex Nicol quitte Whyte & Mackay, dont il était directeur des opérations, en emportant Pig's Nose et Sheep Dip. Il fonde avec son épouse Jane la Spencerfield Spirit Company, dans le Fife, et relance les deux marques. L'assemblage reste confié à Richard Paterson, maître assembleur de Whyte & Mackay, ce qui donne une continuité de recette rare pour une marque qui vient de changer de propriétaire. Le même homme signe donc l'assemblage avant et après la cession, jusqu'au rachat suivant.
Spencerfield Spirit est rachetée en 2016 par Ian Macleod Distillers, maison familiale indépendante installée à Broxburn, dans le West Lothian. L'opération apporte au groupe Pig's Nose, Sheep Dip, The Feathery et Edinburgh Gin. Ian Macleod possède par ailleurs les distilleries Glengoyne et Tamdhu, ainsi que Rosebank, ce qui fait de Pig's Nose l'une des rares marques du groupe à n'être rattachée à aucun site de production. Le propriétaire dispose d'outils de distillation, mais cette marque, elle, reste un assemblage acheté.
Un blended Scotch marie des whiskies de malt et des whiskies de grain, et notre page consacrée à cette catégorie en détaille le cadre légal. Ce qui vaut d'être écrit ici, c'est ce que la marque publie sur son propre assemblage : une durée de vieillissement, un type de fût, et une composition dont les descriptions ne concordent pas toutes. Le reste appartient à la maison, qui ne nomme aucune de ses distilleries fournisseuses.
La bouteille actuelle porte cinq ans, quand le premier embouteillage de 1977 en affichait quatre. Sur un scotch whisky, l'âge annoncé est celui du composant le plus jeune de l'assemblage, jamais une moyenne : la mention engage donc tout ce qui entre dans la bouteille, malts comme grains. Beaucoup d'assemblages de diffusion préfèrent ne rien afficher du tout, ce qui rend cette mention lisible pour comparer. Sur une bouteille de diffusion, un âge affiché est une contrainte que la maison s'impose et qu'elle doit tenir lot après lot.
La matière est élevée en chêne ex-bourbon, avec une part de fûts de premier remplissage, c'est-à-dire de fûts qui n'ont accueilli qu'un seul whiskey américain avant celui-ci. Un fût de premier remplissage cède beaucoup et vite, vanille, coco et sucre de bois, là où un fût de troisième usage ne donne presque plus rien. C'est un choix cohérent avec une maturation courte, qui doit obtenir son effet en peu d'années.
Nous ne publions pas de liste de régions pour cet assemblage : les sources n'en donnent pas la même. L'encyclopédie Scotch Whisky décrit des malts de Speyside, d'Islay et des Lowlands mariés à du grain d'Invergordon, quand la présentation actuelle de la maison cite un autre trio de régions. Une recette d'assemblage peut évoluer, et c'est même ce que la catégorie autorise : deux descriptions justes à dix ans d'écart peuvent différer. Nous préférons écrire ce que la maison garantit, la catégorie, l'âge et le bois, plutôt qu'une liste que la source suivante contredira.
Le choix se joue en peu de points, parce que la marque tient une gamme courte et n'affiche ni millésime ni numéro de fût. L'essentiel est de savoir à quoi la comparer : ses voisines de portefeuille, qui ne relèvent pas de la même catégorie légale, et les embouteillages indépendants, qui par construction ne peuvent pas porter ce nom.
Les trois marques appartiennent au même propriétaire, mais elles ne racontent pas la même chose. Pig's Nose est un blended Scotch whisky, qui mêle malt et grain. Sheep Dip et The Feathery sont des blended malts, assemblés uniquement à partir de whiskies de malt de plusieurs distilleries. Aucune des deux familles ne vaut mieux que l'autre : elles n'ont simplement pas la même matière, ni la même destination. Comparer les trois bouteilles revient à comparer deux catégories légales distinctes, pas deux niveaux de qualité.
Toutes les bouteilles de cette page portent la signature du propriétaire de la marque. La raison est structurelle : un embouteilleur indépendant achète des fûts à des distilleries et les met en bouteille sous sa propre étiquette, or Pig's Nose désigne une recette, pas un lieu de production. Personne d'autre que la maison ne peut donc en sortir une version, ce qui n'est pas le cas d'un single malt.
L'étiquette engage une catégorie légale, un âge minimum, un degré et un format. Elle ne nomme ni distillerie, ni année de distillation, ni fût : ces informations n'existent pas pour un assemblage de ce type, et leur absence n'est pas une lacune. En regard, un single malt millésimé d'embouteilleur indépendant donne le détail inverse, une seule origine et un seul fût, sans aucune garantie de retrouver la même bouteille ensuite.
Non. Pig's Nose est une marque de blended Scotch whisky, créée en 1977 dans le Gloucestershire, et aucune distillerie écossaise ne porte ce nom. L'assemblage est composé de whiskies de malt et de whiskies de grain achetés à des producteurs, puis élevés et mis en bouteille par le propriétaire de la marque, Ian Macleod Distillers depuis 2016.
De la promesse portée par l'étiquette, un whisky aussi doux et lisse qu'un groin de cochon. Le nom répond à celui de Sheep Dip, la marque maison du pub d'Oldbury on Severn où l'affaire a commencé, et les deux ont été conçus ensemble. Le vocabulaire de ferme est un choix d'origine, conservé par chacun des propriétaires successifs de la marque.
Elle indique que le plus jeune whisky entrant dans l'assemblage a passé au moins cinq années en fût, en Écosse. Ce n'est pas une moyenne : un assemblage peut contenir des composants bien plus âgés sans que la mention change. La réglementation écossaise impose au minimum trois ans de vieillissement, une bouteille qui affiche cinq ans va donc au-delà du plancher légal.
La gamme est courte, et le choix se fait surtout entre l'assemblage de la marque et ses voisines en blended malt. Nous sourçons en direct et nous détaillons sur chaque fiche la catégorie légale, l'âge et le type de fût, de façon à ce que la comparaison se fasse sur des éléments vérifiables. Notre conseil personnalisé répond aux questions de choix, bouteille par bouteille.