- En vedette
- Le plus pertinent
- Meilleures ventes
- Alphabétique, de A à Z
- Alphabétique, de Z à A
- Prix: faible à élevé
- Prix: élevé à faible
- Date, de la plus ancienne à la plus récente
- Date, de la plus récente à la plus ancienne
Aucun produit trouvé
Aucun produit trouvé
Une distillerie posée au bord d'une rade célèbre pour ses épaves, sauvée d'un incendie par des marins de la Royal Navy, équipée d'un alambic dont il ne reste presque plus d'exemplaires en service, et qui n'a présenté sa première gamme d'âge qu'en 2024 : le whisky Scapa a une histoire moins lisse que sa douceur ne le laisse croire. Cette page réunit nos bouteilles portant ce nom et détaille ce que la distillerie fait de particulier.
La distillerie se tient à Kirkwall, sur l'île principale des Orcades, face à l'étendue d'eau qui a abrité la flotte britannique pendant deux guerres. Elle appartient depuis 2005 à Chivas Brothers et produit toujours. Sa physionomie tient à trois choses : une adresse insulaire, un épisode militaire, et le refus d'un caractère que l'archipel rendait pourtant évident.
Scapa est fondée en 1885 par Macfarlane & Townsend, un assembleur de Glasgow. L'implantation n'a rien d'anecdotique : la distillerie s'installe à quelques centaines de mètres au sud d'une voisine déjà établie de longue date sur la même île. Les Orcades se disent en repère de dégustation et non en appellation, la Scotch Whisky Association rattachant les îles aux Highlands. Une bouteille de Scapa est donc un Single Malt Scotch Whisky des Highlands.
En 1919, un incendie manque de détruire le site. Ce sont des marins de la flotte encore mouillée dans le Scapa Flow qui l'éteignent, en formant une chaîne humaine et en faisant passer des seaux d'eau de mer. L'anecdote est rapportée par les historiens de la distillerie et elle dit quelque chose de la géographie du lieu : pendant la Première Guerre mondiale, la rade abritait la principale base navale britannique, et la distillerie vivait sous le regard de plusieurs milliers d'hommes.
Les Orcades sont un pays de tourbe, et l'archipel est associé dans l'esprit du public à des whiskies fumés. Scapa prend l'orientation inverse : son orge maltée ne revendique aucune tourbe, et la maison construit son discours sur le fruit plutôt que sur la fumée. Il ne s'agit pas d'un renoncement mais d'un parti pris de fabrication, ancien et assumé, qui explique que ce malt surprenne souvent ceux qui l'abordent par sa provenance.
Un détail d'atelier décide ici d'une partie du caractère. Scapa possède un alambic issu d'une famille d'appareils conçue au milieu du XXe siècle, dont presque tous les exemplaires ont depuis disparu. Sa forme a survécu à sa fonction d'origine, et c'est cette forme qui travaille encore aujourd'hui.
L'alambic Lomond est une invention des années 1950, mise au point chez Hiram Walker et destinée à donner à une seule distillerie plusieurs caractères de distillat. Son principe : un col large et cylindrique, garni de plateaux réglables et refroidi par une chemise d'eau. En jouant sur l'inclinaison des plateaux et sur le refroidissement, on modifiait le reflux et donc le profil du liquide qui sortait. Scapa en reçoit un en 1959, sous la propriété de Hiram Walker.
Les plateaux ont été retirés en 1979, et l'appareil a cessé de faire ce pour quoi il avait été conçu. Il n'a pas été mis au rebut pour autant : sa cuve sphérique et son large col cylindrique servent depuis d'alambic de première distillation. La masse de cuivre reste considérable, et le contact prolongé entre les vapeurs et le métal continue d'agir sur le distillat. Les publications spécialisées relèvent que deux distilleries écossaises seulement conservent aujourd'hui un appareil de cette lignée en service.
La salle de distillation compte deux alambics, un seul de chaque sorte. Face à la cuve issue du Lomond, l'alambic de repasse est de forme classique, avec le renflement en ogive que l'on trouve partout en Écosse. Cette asymétrie est le vrai marqueur de la maison : la première distillation se fait dans un appareil dont personne ne peut copier exactement la géométrie, la seconde dans un alambic ordinaire. Le résultat ne se déduit d'aucune des deux pièces prises isolément.
L'autre pièce du dispositif ne se voit pas dans la salle de distillation mais dans les cuves qui la précèdent. Scapa a longtemps tenu la fermentation la plus longue de l'industrie écossaise, et ce paramètre a une influence directe sur ce qu'on trouve dans le verre.
La fermentation ne se contente pas de transformer le sucre en alcool. Passé le travail de la levure, des bactéries lactiques prennent le relais et produisent des esters, ces composés qui portent les notes de fruits mûrs et d'agrumes. Ce second temps demande des heures, et une fermentation courte l'écourte. Allonger la durée revient donc à fabriquer davantage d'arômes fruités avant même que le liquide n'entre dans un alambic.
La distillerie a longtemps poussé la fermentation jusqu'à cent vingt heures, un record dans l'industrie. Le passage à une semaine de distillation de sept jours a ramené cette durée à un maximum d'une soixantaine à une soixante-dizaine d'heures, ce qui reste très au-dessus de la moyenne écossaise. Chivas Brothers se contente aujourd'hui d'évoquer une fermentation prolongée, sans chiffre : les nombres cités dans les guides datent d'époques différentes et ne se superposent pas.
L'eau de distillation vient du Lingro Burn, un cours d'eau local. Côté bois, la maison a fait du premier remplissage en chêne américain sa signature récente : ce sont des fûts qui accueillent du scotch pour la première fois après avoir contenu du bourbon, et qui donnent beaucoup de vanille, de coco et de fruit jaune. Le choix est cohérent avec un distillat fruité, qu'un chêne européen chargé en xérès recouvrirait.
L'offre sous ce nom a longtemps été mince, pour une raison simple qui tient à l'histoire industrielle du site. Elle s'est élargie récemment, et les repères de lecture ont changé avec elle.
La distillerie est mise en sommeil en 1994, avec seulement quelques campagnes ponctuelles à partir de 1997. Menacée de fermeture définitive, elle est finalement remise à neuf à la faveur d'un chantier de 2,1 millions de livres, et la pleine production reprend en octobre 2005. Un centre de visite ouvre en 2015. Ce trou de dix ans explique la rareté des millésimes de cette période et pèse encore sur les bouteilles à mention d'âge élevée.
Chivas Brothers a présenté à l'automne 2024 un ensemble de trois expressions, à dix, seize et vingt et un ans, élevées en premier remplissage de chêne américain et disponibles à partir de la mi-novembre. La maison les présente comme la première gamme permanente de la distillerie depuis sa création en 1885, et les attribue à son maître distillateur Mick Swanney. C'est un changement de régime pour un nom qui vivait jusque-là d'embouteillages sans mention d'âge.
Une mention d'âge sur un single malt annonce le temps passé en fût par le composant le plus jeune de l'assemblage de fûts, jamais une moyenne. Dix ans dit donc un plancher, pas un centre de gravité. Sur un distillat fruité élevé en chêne américain de premier remplissage, cette durée suffit à installer la vanille et le fruit jaune sans que le bois ne prenne le dessus. Le degré et le détail du fût se lisent sur la fiche de chaque bouteille.
Quatre questions reviennent sur ce nom, et la première tient à sa géographie insulaire. Les deux suivantes portent sur la tourbe et sur la pièce d'atelier qui fait sa réputation technique, la dernière sur le choix d'une bouteille. Les réponses s'appuient sur les publications de Chivas Brothers et sur les bases spécialisées.
À Kirkwall, sur l'île principale des Orcades, au bord du Scapa Flow, la rade qui a servi de base à la flotte britannique pendant les deux guerres mondiales. Administrativement, les whiskies des îles sont rattachés aux Highlands : les Orcades ne constituent pas une région protégée, et le mot Islands n'est pas une appellation. Une bouteille de Scapa se présente donc comme un single malt des Highlands.
Non, la maison ne revendique aucune tourbe sur son orge maltée, et cela vaut aussi bien pour sa gamme actuelle que pour son histoire récente. C'est un choix qui la distingue nettement sur un archipel où la tourbe est abondante et où sa voisine en a fait un argument central. Un fût ayant contenu un whisky fumé pourrait apporter une note de fumée, mais elle viendrait alors du bois et non de l'orge.
Un alambic conçu dans les années 1950 chez Hiram Walker, reconnaissable à son col large et cylindrique équipé de plateaux réglables et refroidi par une chemise d'eau. Il devait permettre à une même distillerie de produire plusieurs caractères de distillat en modifiant le reflux. Celui de Scapa a été installé en 1959 et ses plateaux ont été retirés en 1979 : la cuve reste en service comme alambic de première distillation, sans sa fonction d'origine.
Pour entrer dans la maison, une expression jeune à mention d'âge élevée en chêne américain donne la ligne fruitée qui fait sa réputation, sans détour par le xérès. Pour aller plus loin, les âges supérieurs de la gamme récente montrent ce que le temps ajoute à un distillat non tourbé. Trinquay travaille en sourcing direct auprès des domaines et des distilleries, et chaque fiche détaille l'âge, le fût et le degré : notre conseil personnalisé vous oriente.