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Une distillerie irlandaise capable de produire les trois écritures du whiskey national dans la même salle d'alambics, et un propriétaire italien qui lui ouvre ses chais de marsala : The Busker tient en grande partie dans cette double particularité. La marque est née en septembre 2020, le site qui la fabrique tourne depuis 2016, dans le comté de Carlow. Cette page rassemble ses bouteilles.
The Busker n'est pas le nom d'une distillerie : c'est la marque sous laquelle la Royal Oak Distillery vend son whiskey. La distinction compte, parce qu'elle explique pourquoi certaines bouteilles portent les deux noms l'un à côté de l'autre. Le lieu de production, lui, est parfaitement identifié, et son histoire tient en une dizaine d'années, entre une mise en route très datée, un changement d'actionnaire et un lancement de marque tardif.
Le site occupe un domaine agricole d'une quarantaine d'acres organisé autour de Holloden House, une maison de maître des années 1750, au lieu-dit Royal Oak près de Bagenalstown. La distillerie y entre en service en mars 2016 : les premières eaux faibles coulent le Vendredi saint et le premier distillat le dimanche de Pâques, cent ans après l'insurrection de Pâques 1916 à Dublin. L'équipement vient de chez Forsyths, en Écosse, et associe des alambics à repasse en cuivre à une colonne à deux corps.
Le projet naît d'une association entre Bernard et Rosemary Walsh, fondateurs de Walsh Whiskey, et le groupe italien Illva Saronno, connu pour le Disaronno et le Tia Maria. Son dirigeant Augusto Reina voulait, dit la maison, un whiskey taillé pour accompagner l'amaretto familial dans un Godfather. En 2019, l'association prend fin : Illva Saronno reprend l'intégralité du site, qui cesse de s'appeler Walsh Whiskey Distillery pour devenir la Royal Oak Distillery.
En anglais, un busker est un musicien de rue, celui qui joue pour les passants sans salle ni programme. Le nom est arrivé avec la marque en septembre 2020, quatre ans après la mise en route du site : la maison a donc laissé son distillat vieillir avant de lui donner une identité commerciale. Sur certaines bouteilles, la mention Royal Oak Distillery accompagne le nom de la marque, ce qui permet de rattacher immédiatement le liquide à son lieu de fabrication.
C'est l'argument technique de la maison, et il est vérifiable dans la salle des alambics : le site produit du single pot still, du single malt et du whiskey de grain sans rien acheter à l'extérieur. La maison revendique d'être la seule distillerie indépendante au monde à le faire dans une même salle, et cette revendication lui appartient. Ce qui est certain, c'est que la configuration reste rare en Irlande, où la plupart des sites se spécialisent sur une ou deux écritures et achètent le reste à un confrère.
Cette catégorie est propre à l'Irlande et son fichier technique la reconnaît explicitement : elle repose sur un mélange d'orge maltée et d'orge non maltée passé en alambics de cuivre. L'orge crue apporte une texture particulière, plus dense en bouche, et un caractère épicé que les amateurs identifient vite. Notre page sur le whiskey irlandais détaille cette famille. La marque la décline en gamme permanente comme en sortie plus étroite, et c'est sur elle que le site italien engage le plus nettement ses fûts.
Le single malt part uniquement d'orge maltée et se distille en alambics de cuivre, comme son équivalent écossais. Le whiskey de grain, lui, passe par la colonne installée sur le site et travaille d'autres céréales, à un degré de distillation plus élevé. Les trois écritures se distinguent donc dès la matière première et dès l'appareil, avant même la question du bois : elles ne se classent pas, elles répondent à des attentes différentes.
La marque propose aussi une version qui réunit les trois productions maison dans un même liquide. L'exercice n'a rien d'anodin pour une distillerie : la plupart des assemblages irlandais mélangent des whiskeys venus de plusieurs sites, alors qu'ici tout sort du même bâtiment. Le résultat porte la mention légale d'assemblage, et il constitue en pratique la porte d'entrée la plus simple dans la gamme pour qui découvre la maison.
Un propriétaire italien ne change pas seulement la raison sociale d'une distillerie : il change ce qu'elle a dans ses chais. Illva Saronno possède des maisons de vin et de liqueur, et la Royal Oak Distillery accède de ce fait à des bois que peu de distilleries irlandaises ont sous la main. Cette filière interne se lit ensuite dans le verre, référence par référence.
Les Cantine Florio, maison de marsala installée à Marsala en Sicile, appartiennent au même groupe. Leurs fûts arrivent donc à Carlow sans passer par un courtier, ce qui garantit un approvisionnement régulier et une traçabilité complète du contenant. Le marsala est un vin muté, comme le porto ou le xérès : le bois qui l'a contenu restitue au whiskey des notes de fruits secs, d'amande et de sucre cuit, avec une signature qui lui est propre.
La maison n'applique pas la même finition à toutes ses références. Le single grain passe par des fûts de marsala, le single pot still est fini en butts d'oloroso, le single malt en fûts préparés au xérès, et les trois reposent au départ sur des barriques américaines ayant contenu du bourbon. Cette répartition n'est pas décorative : elle attribue à chaque écriture le bois qui prolonge son caractère plutôt que celui qui le recouvre.
Un fût de vin muté a été imprégné pendant des années par un liquide sucré et oxydatif, et il rend une partie de cette empreinte au whiskey qu'on y loge. Sur un distillat irlandais, souvent plus léger et plus fruité qu'un malt écossais tourbé, l'effet se lit tout de suite : la texture s'épaissit, des notes de raisin sec et d'écorce d'orange apparaissent. La durée de ce passage décide de tout, entre soutien et domination.
La gamme est lisible pour une raison simple : chaque bouteille annonce sa catégorie en toutes lettres. Reste à savoir ce que cette mention engage, et à repérer ce qui distingue une sortie régulière d'une série plus étroite. Deux repères suffisent, la catégorie et le format d'embouteillage, auxquels s'ajoute le cadre commun à tout whiskey irlandais.
Single Grain, Single Malt, Single Pot Still : le nom de l'écriture figure sur l'étiquette et suffit à savoir de quelle céréale et de quel appareil vient le liquide. Le mot single, ici, ne signifie pas fût unique : il désigne une production issue d'une seule distillerie. Une bouteille d'assemblage, elle, porte une mention différente. C'est le repère le plus fiable pour choisir sans se fier à la couleur ni au packaging.
La maison a sorti en novembre 2023 une version en petit lot de son single pot still, élevée d'abord en barriques américaines de premier remplissage ayant contenu du bourbon, puis affinée en butts de chêne européen préparés à l'oloroso. Un petit lot désigne un nombre de fûts limité assemblés ensemble : la mention ne garantit aucun âge, elle indique que l'embouteillage ne sera pas reconduit à l'identique.
Toutes les références de la marque relèvent de l'indication géographique Irish Whiskey, dont le fichier technique a été déposé auprès de la Commission européenne en 2014. Elle exige une maturation d'au moins trois ans sur l'île d'Irlande, dans des fûts de bois n'excédant pas 700 litres. Elle reconnaît par ailleurs le single pot still comme catégorie à part entière. En revanche, elle n'impose aucune triple distillation : c'est une tradition largement suivie, pas une règle.
Oui. The Busker est la marque de la Royal Oak Distillery, dans le comté de Carlow, en service depuis mars 2016 et détenue depuis 2019 par le groupe italien Illva Saronno. Le site produit lui-même le whiskey qu'il embouteille, ce qui n'a rien d'automatique en Irlande, où beaucoup de marques achètent leur liquide à un tiers avant de l'élever et de le mettre en bouteille sous leur propre nom.
Cette mention désigne une catégorie propre à l'Irlande, reconnue par le fichier technique de l'indication géographique : un whiskey distillé en alambics de cuivre à partir d'un mélange d'orge maltée et d'orge non maltée, dans une seule distillerie. La part d'orge crue lui donne une texture plus enveloppante et une pointe épicée. Ce n'est ni un single malt ni un assemblage, c'est une troisième famille.
Parce que la distillerie et une maison de marsala sicilienne appartiennent au même groupe. Les Cantine Florio fournissent donc directement leurs fûts à la Royal Oak Distillery, ce qui permet un approvisionnement suivi plutôt qu'un achat ponctuel sur le marché du bois. Le marsala étant un vin muté, ses fûts laissent des notes de fruits secs et d'amande qui distinguent ces embouteillages des finitions au xérès plus courantes.
Commencez par la mention de catégorie portée par l'étiquette : elle vous dira si vous partez sur de l'orge maltée seule, sur un mélange d'orge maltée et d'orge crue, ou sur un whiskey de grain. Les fiches réunies sur cette page précisent cette information ainsi que le type de fût. Notre équipe travaille en sourcing direct auprès des maisons et répond à vos questions avant l'achat.