Ă Seattle, dans un quartier d'entrepĂŽts au sud du centre-ville, une distillerie fabrique un malt qui ne cherche pas Ă ressembler Ă l'Ăcosse. Westland travaille l'orge du Pacifique Nord-Ouest, une levure de brasseur et un chĂȘne qui ne pousse nulle part ailleurs. Cette page rĂ©unit ce qui porte son nom, et commence par le lieu qui l'a vue naĂźtre. La catĂ©gorie lĂ©gale et les sĂ©ries de la maison se lisent ensuite.
Le whisky Westland, un single malt né dans un quartier industriel de Seattle
Westland ouvre en 2010 dans l'Ătat de Washington, sur la cĂŽte pacifique des Ătats-Unis. Le projet tient en une idĂ©e longtemps minoritaire chez les distillateurs amĂ©ricains : faire du single malt, c'est-Ă -dire de l'orge maltĂ©e et rien d'autre, quand la production nationale repose massivement sur le maĂŻs et le seigle. Quinze ans plus tard, la catĂ©gorie a reçu un cadre fĂ©dĂ©ral, et la distillerie a bĂąti sa gamme sur des matiĂšres premiĂšres que personne d'autre ne pouvait lui fournir.
Emerson Lamb et Matt Hofmann, deux fondateurs d'une vingtaine d'années
Emerson Lamb et Matt Hofmann ont une vingtaine d'années quand ils lancent Westland en 2010. L'ùge n'est pas une anecdote : il explique en partie le parti pris de la maison, qui ne reprend aucun héritage familial de distillation et ne se réclame d'aucune tradition locale, faute qu'il en existe une pour le malt sur cette cÎte. Tout était donc à décider, l'orge, la levure, le bois, et chacune de ces décisions se retrouve aujourd'hui dans une série identifiable de la gamme.
SoDo, une ancienne usine de grues devenue distillerie
La distillerie occupe une ancienne usine de grues du quartier de SoDo, la zone industrielle qui s'étend au sud du centre de Seattle. Le bùtiment n'a rien d'une carte postale de vallée écossaise, et la maison ne cherche pas à le faire oublier. Elle revendique au contraire une adresse urbaine, à quelques minutes du port, dans une ville de brasseurs. Ce voisinage n'a rien de décoratif : il se lit dans le choix des malts et dans celui de la levure.
Rémy Cointreau, propriétaire de la maison depuis 2016
Westland appartient depuis 2016 au groupe français RĂ©my Cointreau. Le rachat n'a pas dĂ©placĂ© la production, qui reste Ă Seattle, et la distillerie a continuĂ© de sortir ses sĂ©ries annuelles. Un propriĂ©taire n'est pas un producteur : le liquide a Ă©tĂ© distillĂ© et Ă©levĂ© dans l'Ătat de Washington, par l'Ă©quipe de la maison. La mention du groupe Ă©claire la façon dont les bouteilles arrivent en Europe, elle ne dit rien de leur fabrication.
Westland et la catégorie fédérale de l'American Single Malt
Pendant une quinzaine d'années, les distillateurs américains de malt ont travaillé sans définition officielle : rien n'encadrait ce que la mention pouvait recouvrir sur une étiquette. Le TTB, l'administration fédérale des alcools et du tabac, a publié sa rÚgle finale le 18 décembre 2024, et l'American Single Malt Whisky est devenu une catégorie fédérale le 19 janvier 2025. Westland distillait bien avant cette date, et son distillat répond aux critÚres que la rÚgle a fixés.
Ce que la rÚgle fédérale exige depuis le 19 janvier 2025
La rĂšgle pose quatre conditions. Le whisky est fait de cent pour cent d'orge maltĂ©e. Il est distillĂ© entiĂšrement dans une seule distillerie amĂ©ricaine, Ă 160 proof au plus. Il vieillit en fĂ»ts de chĂȘne d'une contenance maximale de 700 litres, neufs ou usagĂ©s, carbonisĂ©s ou non. Il est mis en bouteille Ă 40 % minimum. La mention Straight s'ajoute Ă partir de deux ans de fĂ»t, et les Ă©tiquettes antĂ©rieures bĂ©nĂ©ficient d'une transition jusqu'au 19 janvier 2030.
Cent pour cent d'orge maltée et une seule distillerie américaine
Ces deux exigences séparent nettement l'American Single Malt du bourbon et du rye whiskey, qui reposent l'un et l'autre sur un mélange de céréales dominé par le maïs ou par le seigle. L'orge maltée seule, d'abord. L'unité de lieu ensuite : un seul site distille, ce qui interdit de réunir sous cette mention des distillats venus de plusieurs maisons. Notre page consacrée au whisky américain détaille les catégories du pays et ce qui les sépare.
Un plafond de contenance pour le fût, un plancher pour le degré
Les deux derniÚres conditions rejoignent ce que d'autres pays producteurs imposent depuis longtemps. Le plafond de 700 litres écarte les contenants géants, dans lesquels le contact entre le liquide et le bois deviendrait trop faible pour compter comme un élevage. Le plancher de 40 % fixe une limite basse au degré d'embouteillage. La mention Straight, elle, réclame au moins deux ans passés dans ce fût, et elle ne s'ajoute qu'à ce prix.
L'orge, la levure et le chĂȘne du Pacifique Nord-Ouest
Trois choix de matiĂšre premiĂšre font le distillat de la maison, et aucun des trois ne va de soi. Un assemblage de cinq orges maltĂ©es plutĂŽt qu'un malt pĂąle unique. Une levure empruntĂ©e Ă la brasserie belge plutĂŽt qu'une levure de distillerie. Un chĂȘne endĂ©mique de la cĂŽte plutĂŽt que le chĂȘne amĂ©ricain courant. Chacun se retrouve dans une sĂ©rie que l'on peut nommer, ce qui rend le catalogue lisible une fois la logique comprise.
L'assemblage de cinq orges maltées du distillat Westland
Le distillat maison repose sur cinq orges maltĂ©es assemblĂ©es : un malt pĂąle de l'Ătat de Washington, un malt de Munich, un Extra Special, un chocolat pĂąle et un malt brun. Ces noms viennent du vocabulaire de la brasserie, oĂč les malts torrĂ©fiĂ©s servent Ă colorer une biĂšre et Ă lui donner du corps. EmployĂ©s dans une distillerie, ils apportent au distillat des notes de cĂ©rĂ©ale grillĂ©e et de cacao que l'orge pĂąle seule ne donne pas.
La levure de brasseur belge et la fermentation
La fermentation se conduit avec une levure de brasseur belge. Une levure ne se contente pas de transformer le sucre en alcool : elle fabrique au passage une partie des esters, ces composés fruités que la distillation reporte ensuite dans le nouveau distillat. Choisir une souche de brasserie, dans une ville qui en compte beaucoup, relie la maison à son voisinage autant qu'à une intention de goût. Ce parti pris relÚve du procédé, pas de l'habillage.
Le Quercus garryana, un chĂȘne qui ne pousse que sur cette cĂŽte
Le Quercus garryana, ou chĂȘne de Garry, est un arbre du Pacifique Nord-Ouest. Il n'avait pas Ă©tĂ© employĂ© en tonnellerie de whisky avant que la distillerie ne s'en saisisse pour sa sĂ©rie Garryana, publiĂ©e par Ă©ditions successives dont la composition change Ă chaque fois. Un chĂȘne local ne vaut pas argument par sa seule provenance : il apporte un profil de tanins et d'Ă©pices qui lui est propre, et c'est ce que ces Ă©ditions cherchent Ă montrer.
Choisir un whisky Westland
La gamme se lit en trois familles. Les embouteillages permanents de la maison, qui portent un nom de bois ou de procĂ©dĂ©. Les sĂ©ries annuelles de la collection Outpost, qui explorent une variable Ă la fois. Les fĂ»ts uniques, numĂ©rotĂ©s, qui donnent la lecture d'un seul tonneau. Savoir dans laquelle des trois on se trouve suffit Ă comprendre ce que l'Ă©tiquette promet, avant mĂȘme de regarder le degrĂ© ou la durĂ©e d'Ă©levage.
Les embouteillages de la maison, du Sherry Wood au Beer Cask
Les embouteillages permanents nomment leur bois ou leur emprunt. Le Sherry Wood annonce un élevage en fût de xérÚs. Le Beer Cask reprend à la brasserie un fût dans lequel une biÚre a séjourné. Le Peated revendique de la tourbe, ce que les autres embouteillages de la maison ne font pas. Ces noms ne sont pas décoratifs : ils désignent la variable que la distillerie a changée par rapport à son distillat de référence.
La série Outpost et les variétés d'orge de Colere
La collection Outpost rĂ©unit les sĂ©ries d'exploration de la maison, dont Colere, consacrĂ©e aux variĂ©tĂ©s d'orge. Le principe est celui d'une expĂ©rience : on garde le reste constant et on change la cĂ©rĂ©ale, pour voir ce que la variĂ©tĂ© seule apporte au verre. Chaque Ă©dition porte un numĂ©ro et une orge diffĂ©rente. Une bouteille Colere ne se compare donc pas Ă la prĂ©cĂ©dente comme deux lots d'un mĂȘme whisky, mais comme deux rĂ©ponses Ă une mĂȘme question.
Les fûts uniques et les embouteillages tourbés de la distillerie
Les fûts uniques portent un numéro et une durée d'élevage, sept, huit ou neuf ans le plus souvent. Chacun tient dans un seul tonneau : une fois vidé, aucune autre bouteille ne le reproduira à l'identique. Certains revendiquent de la tourbe, d'autres non, et l'étiquette le dit. On trouve aussi du malt de la distillerie mis en bouteille par l'embouteilleur indépendant écossais Adelphi, qui nomme alors la maison d'origine sur son étiquette.
Questions fréquentes sur le whisky Westland
OĂč est distillĂ© le whisky Westland ?
Ă Seattle, dans l'Ătat de Washington, sur la cĂŽte pacifique des Ătats-Unis. La distillerie occupe une ancienne usine de grues du quartier industriel de SoDo, au sud du centre-ville, et elle y travaille depuis 2010. L'orge employĂ©e vient du Pacifique Nord-Ouest. La maison appartient au groupe RĂ©my Cointreau depuis 2016, mais la production n'a pas quittĂ© Seattle pour autant. Le site est urbain, et non rural comme la plupart des distilleries de malt.
Que change la catégorie American Single Malt à une bouteille Westland ?
La catĂ©gorie est fĂ©dĂ©rale depuis le 19 janvier 2025, créée par une rĂšgle finale du 18 dĂ©cembre 2024. Elle rĂ©clame cent pour cent d'orge maltĂ©e, une distillation entiĂšrement conduite dans une seule distillerie amĂ©ricaine Ă 160 proof au plus, un Ă©levage en fĂ»ts de chĂȘne de 700 litres maximum et un embouteillage Ă 40 % minimum. Pour la maison, elle donne un cadre Ă©crit Ă ce qu'elle pratiquait dĂ©jĂ .
Que désigne le nom Garryana chez Westland ?
Garryana renvoie au Quercus garryana, le chĂȘne de Garry, une essence du Pacifique Nord-Ouest. La sĂ©rie qui porte ce nom fait vieillir le malt de la maison dans ce bois, par Ă©ditions successives dont la composition change. Elle appartient Ă la collection Outpost, l'ensemble des sĂ©ries d'exploration de la distillerie, aux cĂŽtĂ©s de Colere qui travaille les variĂ©tĂ©s d'orge. Ce chĂȘne ne pousse que sur cette cĂŽte, et chaque Ă©dition porte son propre numĂ©ro.
Quel whisky Westland choisir chez Trinquay ?
Tout dĂ©pend de ce que vous cherchez Ă goĂ»ter. Un embouteillage permanent pour dĂ©couvrir le distillat de rĂ©fĂ©rence et le travail du bois. Une Ă©dition Colere ou Garryana pour suivre les recherches de la distillerie sur l'orge et sur le chĂȘne. Un fĂ»t unique numĂ©rotĂ© pour la lecture d'un seul tonneau. Notre Ă©quipe connaĂźt les bouteilles de la cave et vous oriente selon ce que vous aimez dĂ©jĂ boire.