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Whisky WhistlePig

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Une ferme laitière du Vermont, cinq cents acres de collines, et une marque de seigle qui a mis huit ans avant de posséder ses propres alambics. Le whisky WhistlePig s'est bâti dans l'ordre inverse de l'habitude : la bouteille d'abord, l'outil ensuite. Cette page réunit les embouteillages de la maison, suit le chemin qui va du seigle acheté au seigle semé, et précise ce que la mention rye whiskey engage réellement aux États-Unis.

Whisky WhistlePig, une ferme du Vermont devenue distillerie de seigle

L'adresse est agricole avant d'être industrielle. La maison occupe une ancienne exploitation laitière de Shoreham, dans l'ouest du Vermont, achetée en 2007 par Raj Bhakta. Trois ans plus tard, la marque paraît sur le marché avec un rye de dix ans qu'elle n'a pas distillé. Il faudra attendre 2015 pour que le premier alcool coule sur place. Cet écart de huit ans explique la plupart des questions que se posent les amateurs devant une étiquette WhistlePig.

Shoreham, cinq cents acres et une grange laitière de cent cinquante ans

Le domaine couvre environ cinq cents acres, soit un peu plus de deux cents hectares, entre champs de seigle, parcelles d'essai, érablière et bois de chêne. L'eau de production vient d'un puits creusé sur la propriété. La distillerie elle-même n'a pas été construite en neuf : elle occupe une grange laitière de cent cinquante ans réaménagée, où travaillent deux alambics à repasse de sept cent cinquante gallons chacun. L'embouteillage se fait dans la même enceinte.

De 2007 à 2015, le chemin d'une marque vers son propre alambic

La chronologie tient en quatre dates et vaut d'être lue dans l'ordre. Les terres sont acquises en 2007. L'embouteillage démarre à Shoreham dès 2009. La marque est lancée en 2010. La production d'alcool, elle, ne commence qu'en 2015. Pendant six ans, WhistlePig a donc été ce que le métier américain appelle un producteur non distillateur : une maison qui choisit, élève, assemble et met en bouteille un distillat né ailleurs, sans le cacher.

Raj Bhakta et Dave Pickerell, les deux signatures des débuts

Raj Bhakta a acheté la ferme et porté le projet jusqu'à son retrait de la direction en 2017, avant de céder ses parts et de quitter l'entreprise en 2019. Le second nom est celui de Dave Pickerell, ancien maître distillateur de Maker's Mark, recruté pour trouver le premier whisky, dessiner l'assemblage initial et concevoir le premier alambic de la ferme. Le PiggyBack, un seigle de six ans, est le dernier produit auquel il ait travaillé.

Le seigle, matière première du whisky WhistlePig

Le seigle donne un distillat plus sec et plus épicé que le maïs, avec une trame poivrée et une amertume fine que le bois vient arrondir sans jamais l'effacer. C'est la céréale qui a fait la réputation de la maison, et c'est aussi celle qu'elle a fini par cultiver elle-même. Trois sources de matière première se sont succédé, et elles cohabitent aujourd'hui dans certaines bouteilles.

Le seigle d'Alberta, matière première des premiers embouteillages

Les premiers lots viennent de l'Alberta, au Canada, distillés par Alberta Distillers puis acheminés vers le Vermont pour y être élevés, assemblés et embouteillés. La maison l'a toujours écrit. Le Canada dispose d'une tradition ancienne du seigle et de stocks âgés que les États-Unis n'avaient plus au début des années 2010, ce qui explique un choix qui a parfois surpris. Une part de seigle de l'Indiana a rejoint ensuite certains assemblages.

Le seigle cultivé sur la ferme depuis la récolte de 2013

La première récolte de seigle du domaine date de 2013, sur une surface qui approche les trois cents acres. Ce grain alimente la gamme FarmStock, où le distillat de la ferme est assemblé avec des whiskies plus âgés venus des deux origines précédentes. La maison publie la composition de ces assemblages lot par lot, ce qui permet de suivre la montée en puissance de sa propre production sans avoir à la deviner.

Le chêne du Vermont, du bois du domaine au fût

Le troisième volet du projet est le bois. Le chêne poussé au Vermont et autour de la ferme est abattu, puis confié à une tonnellerie américaine qui le débite en douelles et monte les barriques. L'argument avancé par la maison tient à la lenteur de la croissance sous ce climat, qui resserre les cernes du bois. La ferme fournit ainsi le grain, l'eau et une partie du chêne, ce que la maison appelle son triple terroir.

Lire une étiquette de whisky WhistlePig

Une bouteille de cette maison se lit sur quatre indications : la mention d'âge, le degré, le nom de série et, pour les séries de ferme, le numéro de lot. Aucune de ces indications ne se déduit d'une autre. Une même série peut changer d'origine de distillat d'un lot au suivant, et c'est justement ce que le numéro sert à distinguer.

Le 10 ans, cent pour cent de seigle à cinquante degrés

Le dix ans est l'embouteillage qui a installé le nom. Il est composé de seigle à cent pour cent, très au delà du minimum légal américain, et sort à cinquante degrés, soit cent proof. La maison indique un distillat né en Alberta, élevé, assemblé et embouteillé à Shoreham. Les dégustateurs y relèvent régulièrement le cèdre, la menthe, le miel et les épices douces, avec une finale longue et poivrée.

Ce que la mention rye whiskey impose aux États-Unis

La réglementation fédérale demande un mélange de céréales composé d'au moins cinquante et un pour cent de seigle et un vieillissement en fûts de chêne neufs et carbonisés. La mention straight ajoute une durée minimale de deux ans dans ce fût neuf, et l'embouteillage se fait à quarante degrés au minimum. Un seigle à cent pour cent dépasse donc largement le seuil : la loi fixe un plancher, pas une recette.

FarmStock, Boss Hog et les séries qui changent d'année en année

À côté du dix ans, la gamme comporte des mentions d'âge plus élevées, la série FarmStock construite sur le seigle du domaine, et le Boss Hog, une sortie annuelle en fût unique dont la composition et le degré changent à chaque édition. Un nom de série ne suffit donc pas à savoir ce qu'on ouvre : sur ces éditions annuelles, l'année et le numéro de lot portent autant d'information que le nom.

Choisir un whisky WhistlePig pour son caractère de seigle

Sur cette maison, la question utile n'est pas de savoir si le whisky est bon mais quelle proportion de seigle et quel degré on cherche. Trois repères permettent de s'orienter sans se fier au seul prix : le profil aromatique attendu, le degré d'embouteillage, et la place que tient le seigle dans le paysage américain, où il reste minoritaire face au maïs.

Un profil poivré, mentholé et boisé

Le seigle vieilli en chêne neuf carbonisé donne une signature reconnaissable : poivre, aneth, menthe fraîche, puis vanille et caramel apportés par le bois. Plus la part de seigle est élevée, plus la trame épicée domine et plus la bouche paraît sèche. Un amateur venu du bourbon trouvera l'attaque moins sucrée et la finale plus tranchante, ce qui est la caractéristique de la céréale et non un défaut d'élevage.

Le degré d'embouteillage, un repère avant la mention d'âge

Chez cette maison, les degrés varient beaucoup d'une série à l'autre, du cinquante degrés du dix ans aux éditions annuelles sorties au degré du fût. Un même âge à des degrés différents ne donne pas la même bouteille : la réduction change la texture, la perception des épices et la longueur. Lire le degré avant l'âge évite bien des surprises, en particulier sur les séries en fût unique.

Seigle et maïs, deux grammaires du whiskey américain

Le bourbon repose sur un mélange dominé par le maïs, le rye sur un mélange dominé par le seigle, et les deux passent par le fût de chêne neuf carbonisé. Ce n'est pas une hiérarchie mais une bifurcation : le maïs installe le sucre et la rondeur, le seigle installe l'épice et la tension. Notre page consacrée au whisky américain détaille ce que la réglementation fédérale encadre pour chacune de ces familles.

Questions fréquentes sur le whisky WhistlePig

Quatre questions reviennent sur ce nom, et la première tient à la confusion entre la ferme, la marque et le lieu de distillation. Voici ce que les sources publiques permettent d'affirmer, sans reprendre les chiffres de production que nous n'avons pas pu recouper.

Où est produit le whisky WhistlePig ?

À Shoreham, dans le Vermont, sur une ancienne ferme laitière d'environ cinq cents acres acquise en 2007. L'élevage, l'assemblage et l'embouteillage s'y font depuis 2009, et la distillation depuis 2015, dans une grange laitière de cent cinquante ans réaménagée. Le domaine fournit aussi l'eau de puits et une partie du chêne des fûts.

Le whisky WhistlePig est-il distillé sur la ferme ?

Cela dépend de la bouteille. La distillation à Shoreham n'a commencé qu'en 2015, et les embouteillages les plus anciens reposent sur un distillat né en Alberta, au Canada, parfois complété par du seigle de l'Indiana. La série FarmStock est celle qui intègre le distillat de la ferme, en proportion variable selon les lots, et la maison publie cette composition.

Que veut dire 10 ans sur une bouteille de whisky WhistlePig ?

Que le composant le plus jeune de l'assemblage a passé dix ans en fût, jamais qu'il s'agit d'une moyenne. Le dix ans de la maison est un seigle à cent pour cent embouteillé à cinquante degrés. La mention d'âge ne dit rien du lieu de distillation ni du type de fût : ce sont trois informations distinctes, qui se lisent séparément sur l'étiquette.

Quel whisky WhistlePig choisir chez Trinquay ?

Le dix ans si vous voulez entendre le seigle sans détour, avec la trame poivrée et mentholée qui a fait le nom de la maison. Une série de ferme si vous cherchez à comparer le distillat du Vermont aux stocks canadiens, en gardant en tête que la composition change d'un lot à l'autre. Dites-nous le degré et le profil qui vous intéressent, nous vous orientons vers l'embouteillage correspondant.