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Whisky Writers' Tears

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L'Irlande reconnaît trois types de whiskey, et cette marque en assemble deux en écartant délibérément le troisième. Le geste paraît mince, il coûte cher et il change la bouche du tout au tout. Cette page réunit les bouteilles de whisky Writers' Tears de notre cave, explique ce que cette omission engage, et sépare le récit littéraire que porte l'étiquette de ce que la réglementation irlandaise garantit réellement.

Whisky Writers' Tears, deux whiskeys irlandais et pas un troisième

Le cahier des charges irlandais reconnaît le whiskey de malt, le whiskey de grain et le single pot still, catégorie que l'on ne trouve nulle part ailleurs. La plupart des assemblages irlandais vendus dans le monde s'appuient sur le grain, distillé en colonne, qui apporte du volume à moindre coût. Ici, il est absent, et c'est autour de cette absence que tout le reste s'organise.

Single pot still et single malt, les deux composants de l'assemblage

Le single pot still se distille à partir d'un mélange d'orge maltée et d'orge non maltée, dans une seule distillerie et en alambic de cuivre. Le single malt, lui, part d'orge exclusivement maltée. Réunir les deux revient à marier une matière épicée et grasse avec une matière plus ronde, sans passer par la base neutre que le grain fournit d'ordinaire. Notre page consacrée au whisky irlandais détaille ces trois familles.

Blended Irish whiskey, la catégorie légale exacte du Copper Pot

Le libellé raccourci que portent beaucoup de fiches est trompeur. La catégorie légale s'écrit blended Irish whiskey et désigne l'assemblage d'au moins deux des types reconnus par le cahier des charges irlandais. Un mariage de malt et de pot still, sans grain, en relève donc bien, même s'il n'a rien à voir avec ce que l'on imagine derrière le mot assemblage. La catégorie décrit un mode de composition, pas un niveau.

Ce que l'absence de whiskey de grain change en bouche

Le whiskey de grain allonge un assemblage et arrondit ses angles. S'en passer laisse les deux matières se répondre directement, ce qui donne une bouche plus dense, plus céréalière et plus marquée par l'orge. C'est aussi un choix économique lourd, puisque le malt et le pot still coûtent tous deux nettement plus cher à produire que le grain. Le style n'est ni supérieur ni inférieur à un assemblage classique, il répond à une autre attente. Il explique aussi pourquoi tant d'amateurs venus du single malt écossais trouvent leurs marques ici plus vite qu'ailleurs en Irlande.

Ce que raconte le nom du whisky Writers' Tears

Peu d'étiquettes de whiskey portent une référence littéraire aussi explicite, et peu de marques assument aussi ouvertement de raconter une époque qu'elles n'ont pas connue. Le nom fonctionne, il faut simplement savoir ce qu'il recouvre : une inspiration revendiquée, pas une filiation documentée. Trois éléments permettent de faire la part des choses avant de se fier au récit imprimé au dos de la bouteille.

Une marque créée en 2009 par Bernard et Rosemary Walsh

La marque naît en 2009, à l'initiative de Bernard et Rosemary Walsh, dans le comté de Carlow. Elle vient après une première marque de la même maison et s'adresse d'emblée à un autre public, avec une idée directrice unique et facile à énoncer. Notre page consacrée à cette maison irlandaise raconte son parcours, ses associations et ses changements de propriétaire, qui débordent largement du cadre de cette seule étiquette.

La larme de whiskey, un récit que la maison assume

La maison rattache son nom au dix-neuvième siècle irlandais, période où un mariage de pot still et de malt aurait été prisé des écrivains du pays, et raconte que ceux-ci l'appréciaient au point que leurs larmes en étaient faites. C'est un récit de marque, présenté comme tel, et non une continuité historique établie. La bouteille se veut une reconstitution d'un profil ancien, ce qui n'est pas la même chose qu'une recette transmise.

Aucune distillerie ne porte le nom Writers' Tears

Le nom désigne une marque et une recette d'assemblage, jamais un site de production. La maison qui la détient ne possède plus de distillerie depuis 2019 et achète son whiskey à des producteurs irlandais avant de le sélectionner, de l'élever et de l'assembler. Écrire « la distillerie Writers' Tears » revient donc à inventer un lieu, alors que le métier réel, celui d'assembleur, a construit l'essentiel des grands noms irlandais.

Les fûts et les degrés du whisky Writers' Tears

Une fois la recette de départ posée, tout se joue sur le bois et sur la mise. La gamme permanente fait varier ces deux paramètres l'un après l'autre, ce qui la rend facile à parcourir : on passe d'une version à l'autre en changeant une seule chose. Trois repères couvrent l'essentiel de ce que l'on rencontre sur une étagère.

Le Copper Pot, mis à 40 % après un séjour en fût de bourbon

Le Copper Pot est l'expression de référence de la marque : un assemblage de single malt et de single pot still triplement distillés, élevé en fûts de chêne américain ayant contenu du bourbon, et mis à 40 %. Les sources publiques se contredisent sur les proportions exactes des deux composants, certaines inversant même les deux chiffres d'une page à l'autre, et nous ne les citerons donc pas.

Le Double Oak et son fût de cognac en chêne français

Le Double Oak reprend la même base et lui adjoint une part élevée en fûts de chêne français ayant contenu du cognac, façonnés par une tonnellerie de Charente. La mise monte à 46 %, ce qui suffit déjà à changer la perception avant même que le bois n'intervienne. Le chêne français apporte une trame plus sèche et plus épicée que le chêne américain, dont la marque tire habituellement sa rondeur.

Le Cask Strength, une sortie annuelle datée

La maison publie chaque année une version au degré du fût, sans réduction ni filtration à froid, élevée en fûts de bourbon. Le degré change d'un millésime à l'autre : celui de 2023 est sorti à 54,8 %. Ces bouteilles ne se lisent pas comme une gamme mais une par une, avec leur année de mise et leur degré propre, puisque rien n'oblige deux sorties successives à se ressembler. La marque publie cette version chaque année depuis plus d'une décennie, ce qui en fait le fil le plus continu de son catalogue.

Trois catégories légales pour un même whisky Writers' Tears

Voici le point qui échappe le plus souvent aux acheteurs. Sous ce seul nom de marque cohabitent des bouteilles qui ne relèvent pas de la même catégorie irlandaise, et donc pas des mêmes garanties. La catégorie figure sur l'étiquette, en petits caractères, sous le nom commercial. La repérer avant d'acheter évite de comparer deux flacons qui ne racontent pas la même chose.

Le Red Head, un single malt élevé en fût d'oloroso

Le Red Head n'est pas un assemblage mais un single malt, c'est-à-dire un whiskey d'orge exclusivement maltée issu d'une seule distillerie. Il est élevé en fûts espagnols ayant contenu de l'oloroso, ce qui pousse le profil vers les fruits secs et la noix. Deux bouteilles voisines sur la même étagère, sous le même nom de marque, relèvent donc de deux catégories réglementaires distinctes.

Le Single Pot Still, l'orge non maltée et son histoire fiscale

La gamme comprend aussi une expression composée uniquement de single pot still, sans une goutte de malt. C'est la catégorie que le cahier des charges irlandais est seul à reconnaître, née d'une histoire fiscale, l'orge non maltée ayant longtemps échappé à une taxe qui frappait le malt. La goûter isolément permet de reconnaître ensuite sa part dans les assemblages de la maison, et de comprendre d'où vient l'épice poivrée que l'on prête si souvent au whiskey irlandais ancien.

Ce que la triple distillation dit, et ce qu'elle n'impose pas

Les whiskeys de la marque sont triplement distillés, comme le veut l'usage majoritaire de l'île. Il faut écarter une idée reçue tenace : cette triple distillation n'est inscrite dans aucune obligation légale irlandaise, c'est une tradition largement répandue, et plusieurs producteurs de l'île s'en écartent sans sortir de l'indication géographique. Revendiquer trois passages décrit donc un choix technique, jamais une conformité.

Questions fréquentes sur le whisky Writers' Tears

Quatre questions reviennent devant cette étiquette : la composition exacte, le producteur réel, l'origine du nom et le choix d'une première bouteille. Nous y répondons avec ce que les sources publiques établissent, en séparant systématiquement la marque, la catégorie légale et le récit commercial, trois registres que les descriptifs de revendeurs mélangent presque toujours.

Writers' Tears contient-il du whiskey de grain ?

Non, et c'est le principe même de la marque. Le Copper Pot réunit du single malt et du single pot still, tous deux distillés en alambic de cuivre, sans le whiskey de grain qui constitue d'ordinaire l'ossature des assemblages irlandais. Cette absence rapproche le résultat d'un whiskey de malt par le goût, alors que la catégorie légale reste celle du blended Irish whiskey.

Qui produit le whisky Writers' Tears ?

La marque appartient à une maison irlandaise du comté de Carlow, qui ne possède plus de distillerie depuis 2019 et achète son whiskey à des producteurs de l'île. Cette maison est elle-même passée sous le contrôle d'un groupe international de spiritueux à l'automne 2021, ce que beaucoup de descriptifs ignorent encore et continuent de présenter comme une entreprise indépendante.

Que signifie le nom Writers' Tears ?

Le nom se traduit par « les larmes des écrivains ». Il renvoie au récit que la maison associe à sa marque, celui d'un profil de whiskey prisé par les auteurs irlandais du dix-neuvième siècle, à une époque où l'assemblage de pot still et de malt tenait le haut du pavé. Ce récit explique le nom et l'esthétique de l'étiquette, il ne décrit pas une recette d'archive.

Quel Writers' Tears choisir chez Trinquay ?

Le Copper Pot donne le repère de la marque, celui auquel comparer tout le reste. Le Double Oak montre ce qu'un chêne français apporte à cette même base, et une version au degré du fût la livre sans réduction. Pour sortir de l'assemblage, le single malt de la gamme isole une seule matière. Nos fiches précisent la catégorie, le bois et le degré. Écrivez-nous, notre équipe vous oriente avant l'achat.