Soft · Orliénas, Rhône
Alain Milliat · Fruit de la Passion
Alain Milliat Fruit de la Passion
France
100 cl
Oui : sucre (nectar)
moped_package Livré entre le et le
Peu de fruits marquent un verre aussi vite que le fruit de la passion.
La proportion dit tout : trente-huit pour cent de pulpe, c'est un taux élevé pour un nectar, et cela s'entend dès la première gorgée. La pulpe est ici l'ingrédient principal, pas un parfum posé sur de l'eau sucrée, et c'est ce qui donne à ce nectar sa densité et sa longueur.
La robe est d'un rouge orangé profond, dense, presque opaque dans le verre. Le nez suit sans transition : il est à la fois frais et puissant, avec cette montée aromatique immédiate que le fruit de la passion produit rarement à ce niveau dans une boisson industrielle. On est loin des jus de fruits exotiques dont l'arôme s'évapore entre l'ouverture et le service. Ici, il faut à peine approcher le verre pour identifier le fruit, et cette puissance de nez annonce fidèlement ce que la bouche va confirmer.
La texture est fluide, plus légère que ce que la couleur laisse attendre, et c'est l'acidité qui structure l'ensemble. Elle est franche, tenue, et elle empêche la préparation de tomber dans le confit. La persistance, elle, est forte : le fruit reste sur les papilles bien après la gorgée, ce qui est la vraie signature de cette référence. Cette longueur est aussi ce qui rend le nectar mixable, là où une boisson courte se ferait avaler par le moindre spiritueux.
La liste est de trois lignes : pulpe de fruit de la passion à 38 %, eau, sucre. C'est un nectar, et il faut le nommer comme tel : du sucre est bien ajouté. La formule « sans sucres ajoutés » que l'on associe à la marque ne vaut donc pas pour cette bouteille, et nous préférons l'écrire que le laisser croire. Le sucre y remplit d'ailleurs une fonction précise face à une acidité de ce niveau : sans lui, le fruit serait difficilement buvable seul.
La méthode de la maison est constante d'une référence à l'autre, et elle explique pourquoi ses fruits exotiques ne ressemblent pas aux autres.
Fils et petit-fils d'agriculteurs, Alain Milliat reprend la ferme familiale d'Orliénas, dans le Rhône, au début des années 1980, et transforme aujourd'hui à Valence, dans la Drôme. Le principe n'a pas changé : une seule variété à la fois, récoltée à maturité, sans concentré ni arôme ajouté. C'est cette discipline qui a fait entrer ses bouteilles sur les cartes des restaurants étoilés, à une époque où le jus de fruits n'y avait aucune place.
Un nectar et un pur jus ne se comparent pas. Le second se contente de presser, quand le premier part d'une pulpe trop épaisse ou trop acide pour être bue telle quelle, et lui ajoute de l'eau et, le plus souvent, du sucre. Le fruit de la passion appartient sans discussion à la seconde famille : sa pulpe pure est presque impossible à servir au verre. Le taux de pulpe devient alors le seul indicateur honnête de la qualité d'un nectar, et 38 % place celui-ci très haut.
Le service se fait bien frais, entre 6 et 8 °C, température à laquelle l'acidité se tend et le nez s'ouvre. La bouteille se garde à température ambiante avant ouverture, puis trois jours au réfrigérateur une fois entamée. Il faut penser à la secouer avant de l'ouvrir : la pulpe se dépose au fond, et l'oublier revient à servir deux verres différents dans la même bouteille.
C'est le vrai domaine de ce nectar. Une acidité de ce niveau et une persistance aussi longue tiennent tête à un alcool blanc, ce que peu de boissons sans alcool savent faire.
La vodka est l'accord le plus évident : l'acidité franche et la longueur du fruit donnent un verre dans l'esprit d'un pornstar martini. Précision nécessaire : ce cocktail, la maison le signe avec son concentré à diluer, pas avec ce nectar, qui est un autre produit de sa gamme. L'accord est donc motivé par la composition, pas revendiqué par le producteur. La différence a son importance, et elle ne retire rien à l'intérêt du mélange.
Le rhum blanc est la seconde piste, et elle relève de la même logique. La rondeur d'un rhum blanc a besoin d'être coupée pour ne pas s'alourdir, et l'acidité du fruit de la passion joue exactement ce rôle : elle tranche, puis elle allonge. Le résultat gagne une longueur que le sucre seul n'apporte jamais, et la couleur du verre fait le reste. Là encore, c'est la recette qui commande, pas une recommandation de la maison.
Hors cocktail, ce nectar tient trois moments : la table, le petit-déjeuner et l'apéritif sans alcool. C'est sur ce dernier qu'il est le plus convaincant, parce que sa densité et son acidité donnent à un verre non alcoolisé la tenue qui lui manque d'ordinaire. Servi très frais, dans un verre à pied plutôt que dans un grand verre, il se boit lentement, ce qui reste la meilleure définition d'un apéritif réussi.
LE JUS D'UN CAVISTE
Un jus de fruit se juge comme un vin : sur la variété, sur la maturité à la récolte et sur ce qu'on n'y a pas ajouté. Un pur jus contient cent pour cent de fruit et rien d'autre ; un nectar est dilué et sucré. C'est cette distinction, invisible en rayon, qui sépare une bouteille de cave d'une brique de supermarché.
À LA DÉGUSTATION
L'ÉTIQUETTE
La maison ne mélange pas : chaque jus vient d'une seule variété, récoltée à sa saison, exactement la logique d'un vin de cépage.
PUR JUS
Fruit de la Passion
Mis en bouteille par Alain Milliat
Une variété se choisit pour son goût avant son rendement : c'est elle qui décide de ce qu'il y a dans le verre, bien plus que le lieu de pressage.

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Nectar : pulpe de fruit de la passion 38 %, eau, sucre
À table · petit-déjeuner · apéritif sans alcool
Orliénas, Rhône
LA FICHE
Alcool
Sans alcool
Contenance
100cl
Type
Jus
Variété
Fruit de la Passion
Pressage
Nectar : pulpe de fruit de la passion 38 %, eau, sucre
Sucres ajoutés
Oui : sucre (nectar)
Service
Bien frais, 6-8 °C
Conservation
À température ambiante. À conserver trois jours au réfrigérateur après ouverture. Secouer avant ouverture.
Origine
Orliénas, Rhône
Pays
France
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