Soft · Orliénas, Rhône
Alain Milliat · Litchi
Jus de Litchi Alain Milliat
France
100 cl
Oui : sucre (nectar)
moped_package Livré entre le et le
Le litchi est un fruit de parfum avant d'être un fruit de goût, et cette bouteille le prouve.
Le nom commun dit « jus », la recette dit nectar, et la nuance mérite d'être posée d'entrée. Trente-cinq pour cent de purée de litchi, de l'eau et du sucre : c'est un nectar, pas un pur jus, parce que la chair du litchi ne se presse pas comme une pomme. Le taux de purée reste élevé, et c'est lui qui porte le parfum.
Le litchi travaillé ici est cultivé à Madagascar, première origine mondiale pour ce fruit. La transformation, elle, reste française : la maison presse et conditionne dans la Drôme, à Valence, comme pour le reste de sa gamme née à la ferme d'Orliénas, dans le Rhône. Cette distinction compte, parce qu'on confond souvent l'origine du fruit et le lieu de fabrication. Le litchi vient de l'océan Indien, la bouteille vient de la vallée du Rhône, et les deux informations sont vraies en même temps.
Trois ingrédients, pas un de plus : purée de litchi à 35 %, eau, sucre. Le sucre est donc bien présent, et la mention « sans sucres ajoutés » que l'on associe à la marque ne s'applique pas à cette bouteille. Nous préférons l'écrire clairement. Ce sucre n'est pas là pour masquer : il équilibre une purée de fruit dense et permet au parfum floral de se déployer sans se refermer, ce qui est précisément l'enjeu sur un litchi. La liste s'arrête là, sans arôme ajouté ni concentré, ce qui reste court pour une boisson exotique de ce type.
Le litchi appartient à la famille rare des fruits dont on retient d'abord le parfum. La dégustation se joue donc au nez autant qu'en bouche. La maison ne publie d'ailleurs aucune note visuelle sur cette référence : tout se construit sur l'olfaction et sur la texture, ce qui est cohérent avec un fruit dont l'intérêt n'a jamais été la couleur.
Le nez porte les notes florales qui font l'identité du fruit, immédiatement reconnaissables et impossibles à confondre avec un autre fruit exotique. C'est une signature aromatique délicate, presque cosmétique quand elle est mal travaillée, et juste quand la purée est bien dosée. C'est là que le taux de 35 % joue son rôle : en dessous, le floral tourne au parfum artificiel ; à ce niveau, il reste attaché au fruit et garde sa fraîcheur.
La bouche est délicate et légèrement sucrée, jamais lourde. L'expression reste fraîche et franchement exotique, avec une attaque douce et une finale courte, propre au litchi. Ce n'est pas un nectar de puissance comme peut l'être un fruit de la passion : c'est un nectar de finesse, qui se boit lentement et supporte mal la concurrence d'un plat très assaisonné. Servi seul, il occupe le verre sans le saturer, ce qui explique qu'il fonctionne aussi bien en cocktail.
Le service se fait bien frais, entre 6 et 8 °C : c'est à cette température que le floral s'exprime sans devenir entêtant. La bouteille se garde à température ambiante avant ouverture, puis trois jours au réfrigérateur une fois entamée, et il faut la secouer avant de l'ouvrir. La purée se dépose naturellement au fond, et un nectar non remué donne un premier verre pâle suivi d'un dernier verre trop dense.
Sur cette référence, nous n'avons rien à inventer : les deux mélanges sont des recettes publiées par le producteur, avec leurs proportions. C'est assez rare pour être signalé, car l'accord entre une boisson sans alcool et un spiritueux relève le plus souvent de la déduction. Ici, les deux verres existent, ils sont écrits, et les quantités sont données.
La maison propose « Le Lychee Daïquiri » : 6 cl de nectar de litchi pour 3 cl de rhum blanc. Le rapport est celui d'un long drink plus que d'un daïquiri classique, et il se comprend une fois le verre en main. Le rhum blanc soutient les notes florales au lieu de les couvrir, parce que sa trame de canne reste discrète et sèche. C'est le mélange à retenir pour qui découvre ce nectar avec un spiritueux.
Le second est plus surprenant : la maison ajoute son nectar de litchi à un White Lady, aux côtés de 4 cl de gin, d'un blanc d'œuf et d'un sirop de rose. Le litchi n'y est pas la base mais la touche, à hauteur d'un centilitre, et c'est lui qui pose la note florale du verre. Le gin y gagne un parfum que ses botaniques seules n'apportent pas, et la texture du blanc d'œuf fait tenir l'ensemble.
Hors cocktail, ce nectar couvre trois moments : la table, le petit-déjeuner et l'apéritif sans alcool. C'est sur l'apéritif qu'il se distingue le plus, parce que son profil floral change des jus de fruits rouges et des agrumes que l'on sert habituellement à ceux qui ne boivent pas. Très frais, dans un verre à pied, il tient sa place à côté d'une coupe sans avoir l'air d'un pis-aller.
LE JUS D'UN CAVISTE
Un jus de fruit se juge comme un vin : sur la variété, sur la maturité à la récolte et sur ce qu'on n'y a pas ajouté. Un pur jus contient cent pour cent de fruit et rien d'autre ; un nectar est dilué et sucré. C'est cette distinction, invisible en rayon, qui sépare une bouteille de cave d'une brique de supermarché.
À LA DÉGUSTATION
L'ÉTIQUETTE
La maison ne mélange pas : chaque jus vient d'une seule variété, récoltée à sa saison, exactement la logique d'un vin de cépage.
PUR JUS
Litchi
Mis en bouteille par Alain Milliat
Une variété se choisit pour son goût avant son rendement : c'est elle qui décide de ce qu'il y a dans le verre, bien plus que le lieu de pressage.

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Nectar : pulpe de litchi 35 %, eau, sucre
À table · petit-déjeuner · apéritif sans alcool
Orliénas, Rhône
LA FICHE
Alcool
Sans alcool
Contenance
100cl
Type
Jus
Variété
Litchi
Pressage
Nectar : pulpe de litchi 35 %, eau, sucre
Sucres ajoutés
Oui : sucre (nectar)
Service
Bien frais, 6-8 °C
Conservation
À température ambiante. À conserver trois jours au réfrigérateur après ouverture. Secouer avant ouverture.
Origine
Orliénas, Rhône
Pays
France
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