Soft · Belley, Ain
Henri Marie · Menthe
Henri Marie Menthe
France
25 cl
Oui : sucre de canne bio
moped_package Livré entre le et le
Six ingrédients, pas un de plus : c'est l'étiquette la plus courte de toute la gamme, et cela s'entend au premier verre.
Là où les autres recettes de la maison de Belley empilent une dizaine de plantes, celle-ci tient en six lignes : eau gazéifiée, sucre de canne, menthe douce, jus de citron vert, verveine, jus de citron concentré. Cette économie de moyens est le sujet même de la bouteille. Rien ne vient brouiller la menthe, et il n'y a nulle part où se cacher : la matière première doit être bonne, sans quoi le verre serait plat. Le résultat est finement pétillant, direct, et se boit très frais.
La plante employée est une menthe douce, dont ce sont les feuilles qui travaillent, en infusion. La menthe douce n'a ni la puissance mentholée ni le côté glacial d'une menthe poivrée : elle est plus ronde, plus herbacée, et laisse la bouche fraîche sans l'anesthésier. C'est ce qui permet de boire la bouteille entière sans lassitude, là où une menthe trop forte fatiguerait au bout de deux gorgées. Au nez comme en bouche, c'est elle qui mène, du début à la fin.
Deux agrumes complètent la recette, et ils ne jouent pas le même rôle. Le jus de citron vert relève la menthe et lui donne son tranchant, avec cette acidité vive et zestée que rien d'autre ne remplace. Le jus de citron concentré travaille plus en fond, sur une acidité plus large qui soutient l'ensemble. Le sucre de canne bio se contente de lier : la boisson reste nettement moins sucrée qu'une limonade à la menthe, et c'est précisément ce qui la rend désaltérante.
La maison appelle la recette Feuille de menthe et Verveine citron vert, et la verveine est le troisième pilier. Elle apporte la rondeur, la fraîcheur et surtout la longueur, cette persistance citronnée et légèrement florale qui prolonge la menthe après la déglutition. Sans elle, le verre serait vif mais court. Avec elle, la finale s'étire, et l'on retrouve le registre familier des infusions de verveine, transposé dans une boisson froide et pétillante. C'est le trait le plus reconnaissable de la bouteille.
La maison décrit sa recette en un mot, désaltérante, et c'est exact : c'est celle des sept que l'on ouvre quand on a soif, plutôt que celle que l'on décortique.
Le nez tient en trois éléments identifiables sans effort : la fraîcheur de la menthe douce, relevée par le citron vert, sur un fond de verveine. Aucune épice, aucun fruit rouge, aucun registre boisé ne vient s'y ajouter. La bulle est fine, comme sur toute la gamme, et sert à porter la menthe vers le haut du palais. C'est une ouverture nette, presque simple, qui contraste avec les recettes plus chargées de la maison et explique que celle-ci plaise immédiatement.
En bouche, la menthe douce et le citron vert arrivent ensemble, puis la verveine prend le relais avec sa rondeur et sa longueur. L'ensemble est rafraîchissant et désaltérant, sans le sucre qui alourdit d'ordinaire ce type de boisson. Le service se fait entre 6 et 8 °C : bien froide, la menthe reste nette et la bulle vive, alors qu'une bouteille tiède laisse ressortir le sucre et affadit la verveine. Les 25 cl correspondent à un verre bien rempli, à boire dans la foulée.
Cette recette est aussi l'une des rares de la maison à ne pas contenir de noix verte macérée en fond, si l'on excepte la gentiane et la sauge. Elle ne cherche pas la complexité mais la justesse, ce qui en fait une porte d'entrée idéale dans la gamme avant d'aborder les recettes plus difficiles. Les boissons végétales de la maison sont élaborées dans la distillerie historique de Belley, dans l'Ain, avec le chef étoilé Édouard Loubet, à partir de recettes remontant à 1905.
La maison ne nomme aucun spiritueux, mais cette bouteille est celle dont la composition parle le plus clairement à un bar : menthe et citron vert forment un couple que tout le monde reconnaît.
La menthe douce et le jus de citron vert sont les deux ingrédients du mojito, et ils sont déjà dans la bouteille : versée sur un rhum blanc, elle en donne la version prête à servir. On se dispense du pilon, du sucre et des feuilles fraîches, et le verre reste identique d'une fois sur l'autre, ce qui n'est jamais le cas d'un mojito monté à la main. Beaucoup de glace, un rhum blanc franc, une rondelle de citron vert, et rien d'autre.
Sur un gin, le raisonnement change. La verveine et le citron vert donnent la longueur et l'acidité d'un long drink d'été, sans le sucre ni l'amertume de quinine d'un tonic. Le résultat est plus sec, plus végétal, et laisse davantage entendre les botaniques du spiritueux, en particulier sur les gins herbacés ou citronnés. À servir dans un verre haut, très froid, en allongeant généreusement : la recette a assez de fraîcheur pour supporter un dosage sérieux de gin.
LE JUS D'UN CAVISTE
Un jus de fruit se juge comme un vin : sur la variété, sur la maturité à la récolte et sur ce qu'on n'y a pas ajouté. Un pur jus contient cent pour cent de fruit et rien d'autre ; un nectar est dilué et sucré. C'est cette distinction, invisible en rayon, qui sépare une bouteille de cave d'une brique de supermarché.
À LA DÉGUSTATION
LA PLANTE
La maison ne nomme pas une saveur, elle nomme un organe de la plante — une racine, un bourgeon, une fleur. C'est ce choix qui fait le goût.
LA Feuille
Mentha
La partie utilisée s'allume sur la planche : racine, bourgeon, feuille, fleur ou fruit. Sans partie renseignée, la section disparaît.

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Apéritif sans alcool · digestif · à table
Belley, Ain
LA FICHE
Alcool
Sans alcool
Contenance
25cl
Type
Boisson aux plantes
Sucres ajoutés
Oui : sucre de canne bio
Service
Bien frais, 6-8 °C
Origine
Belley, Ain
Pays
France
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