Bière · Rosheim, Alsace
Les Intenables · Boa
Intenables Boa
France
44 cl
moped_package Livré entre le et le
Brassée à Rosheim, en Alsace, la Boa des Intenables est un imperial stout d'un noir opaque, passé par le fût de rhum.
La Boa appartient à la famille des imperial stouts, la plus dense du répertoire brassicole : des bières noires bâties sur des grains fortement torréfiés et sur un brassin volontairement généreux. Les Intenables, brasserie artisanale fondée en 2020 par Jérôme, Alice et Julien, en signent ici une version gourmande plutôt que sévère, où le passage en fût de rhum arrondit la torréfaction. C'est une bière de dégustation, à ouvrir lentement plutôt qu'à boire d'un trait.
Dans le verre, la robe est franchement noire, opaque, et ne laisse pas filtrer la lumière : c'est la marque des malts d'orge les plus torréfiés, ceux qui donnent aux stouts leur couleur d'encre. La Boa est une bière de fermentation haute, cette famille d'ales où la levure travaille en surface de cuve et à température plus élevée que pour une lager. Ce mode de brassage explique la richesse aromatique du breuvage, plus expressive et plus fruitée que celle d'une fermentation basse.
Le fût de rhum est la vraie signature de cette cuvée. Il se devine au nez sous la forme d'un soupçon de cannelle, discret, qui vient se poser sur les arômes de la bière. En bouche, il prend nettement le pas sur l'amertume et impose une douceur épicée que l'on rencontre rarement dans une bière noire. C'est ce séjour dans le bois qui distingue la Boa des stouts secs et austères que l'on croise plus souvent chez les brasseurs.
Le grain torréfié reste pour autant perceptible en bouche, aux côtés du rhum : il apporte la trame grillée qui tient l'ensemble et empêche la douceur de tourner à la confiserie. Dans un stout, ce sont ces céréales poussées loin dans la torréfaction qui donnent à la fois la couleur, la profondeur et une bonne part des arômes. Ici, les malts composent avec le fût plutôt qu'ils ne l'écrasent, et la bière y gagne en équilibre.
La dégustation se fait en deux temps : un nez très ouvert, presque pâtissier, puis une bouche encore plus ronde que ce que ce nez laissait imaginer. À aucun moment la Boa ne cherche l'amertume mordante que l'on associe d'ordinaire aux stouts impériaux, et c'est ce déplacement qui fait tout son intérêt.
Le nez s'ouvre sur le caramel, rejoint par une note nette de banane mûre et par des fruits exotiques. La vanille complète le tableau et tire l'ensemble vers un registre sucré, gourmand, plus proche du dessert que du café noir. Le soupçon de cannelle apporté par le fût de rhum se glisse en dernier, comme une épice de fin de nez. Ces arômes se libèrent d'autant mieux que la bière n'est pas servie trop froide.
En bouche, la Boa est douce et onctueuse, avec une texture pleine qui tapisse le palais. Elle est sucrée, mais sans excès : la sucrosité reste tenue et ne sature jamais la dégustation. L'amertume, elle, est presque effacée, masquée par le rhum et par le grain torréfié qui occupent tout l'espace. On tient là une bière de fin de soirée, ample, que l'on boit à petites gorgées plutôt qu'à la chope.
L'amertume de cette bière noire est modérée, ce qui la place volontairement à l'écart des stouts les plus mordants, ceux qui misent sur le grain brûlé et sur un houblonnage appuyé. Le parti pris change la façon de la boire : la Boa se déguste pour sa rondeur et pour ses arômes, pas pour la vigueur de son amertume. Les amateurs de bières artisanales très amères y trouveront une autre lecture du stout.
Bien servie, cette bière artisanale alsacienne donne le meilleur d'elle-même. Quelques degrés de trop ou un verre mal choisi suffisent à écraser le nez de caramel et de vanille, alors que le rituel tient en deux gestes simples.
Servez la Boa entre 6 et 8 °C, dans un verre tulipe. Cette fourchette n'est pas une coquetterie : trop froide, la bière referme ses arômes et ne laisse plus percevoir ni la vanille ni la cannelle du fût ; trop chaude, la sucrosité prend le dessus. Le verre tulipe, resserré vers le haut, concentre les arômes vers le nez tout en laissant la place à la mousse.
Les Intenables destinent cette bière aussi bien à l'apéritif qu'aux moments entre amis ou à la table. Sa densité en fait une bouteille que l'on partage volontiers : quelques verres de dégustation plutôt qu'une pinte, pour laisser à chacun le temps de suivre le fil du rhum et de la torréfaction.
La bouteille de 44 cl, devenue la référence des brassins craft, correspond exactement à cet usage : de quoi remplir deux ou trois verres autour d'une table. Rappelons enfin que la brasserie ne repasse presque jamais deux fois le même brassin à l'identique : la Boa fait partie de ces bières artisanales que l'on goûte quand elles sont là.
LE MÉTIER DU BRASSEUR
Quatre ingrédients suffisent : de l'eau, du malt, du houblon et une levure. Tout le reste est affaire de dosage et de température. Le malt donne la couleur et le corps, le houblon l'amertume et les arômes, la levure décide du style — haute pour les ales et les IPA, basse pour les pils et les lagers. C'est une matière vivante qui ne se garde pas indéfiniment : une bière se boit jeune, sauf les fortes et les vieillies en fût.
À LA DÉGUSTATION
LA MATRICE
Deux repères suffisent à savoir ce qu'on va boire : la couleur dans le verre et l'amertume en bouche. Les styles connus sont placés autour pour comparer.
La position vient de la robe et de l'amertume renseignées sur la fiche. L'IBU s'affiche à côté du nom quand la brasserie le publie.
LA BRASSERIE

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Apéritif · entre amis · à table
Rosheim, Alsace
LA FICHE
Degré
12.6% vol.
Contenance
44cl
Style
Imperial Stout
Fermentation
Haute
Robe
Noire
Amertume
Modérée
Service
6-8 °C, verre tulipe
Région
Rosheim, Alsace
Pays
France
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