Bière · Rosheim, Alsace
Les Intenables · Master of Strata #3
Les Intenables Master of Strata #3
France
44 cl
moped_package Livré entre le et le
Troisième volet de la série, ce brassin confronte le houblon Strata à l'un des noms les plus recherchés du houblonnage moderne.
Après deux opus, l'exercice est rodé : le Strata reste la colonne vertébrale de la série, et c'est le houblon qui l'accompagne qui redistribue les cartes. Ici, c'est le Mosaic, variété américaine réputée pour l'ampleur de sa palette. La rencontre est franche, et elle tire la bière vers l'exotique et le floral, là où les numéros précédents penchaient vers l'agrume et le fruit à noyau. Brassée à Rosheim par Les Intenables et conditionnée en 44 cl, cette bière artisanale s'adresse d'abord à ceux qui aiment reconnaître un houblon dans un verre.
L'association fonctionne parce que les deux variétés ne travaillent pas sur le même plan. Le Strata occupe le fond, résineux et végétal ; le Mosaic déploie au-dessus une aromatique exotique et florale d'une grande largeur. Ni l'un ni l'autre ne joue les faire-valoir, et le brasseur n'a pas cherché à lisser leur différence. Le résultat est une bière très parfumée, dont la lecture change selon le moment où on la porte au nez.
Le registre est immédiatement identifiable : mangue, ananas et fruit de la passion, complétés par des fruits rouges et une note franchement florale. Cette densité aromatique est la signature du Mosaic, capable à lui seul de couvrir plusieurs familles d'arômes que la plupart des houblons n'atteignent qu'en assemblage. Sur un brassin non filtré, ces parfums arrivent sans être atténués, et le nez est nettement plus démonstratif que celui d'une bière blonde classique.
Sous le fruit, le Strata reste bien là. Il apporte ce fond végétal et dank, cette impression de sous-bois et de verdure froissée qui donne du corps à l'ensemble et l'empêche de tomber dans le nectar de fruits. Ce sont aussi ses arômes de fruit de la passion, de fraise et de résine qui font le lien avec les notes exotiques du Mosaic : les deux houblons se rejoignent sur le fruit avant de diverger sur le reste.
Le parti pris technique est identique à celui du reste de la série : pas de filtration. Le brassin conserve donc ses levures en suspension et tout ce que le houblonnage a laissé derrière lui, ce qui explique à la fois l'intensité du nez et la texture en bouche. Chez une brasserie qui enchaîne les séries houblonnées sans jamais reproduire deux fois la même recette, c'est une constante assumée plutôt qu'une contrainte de production. Le malt suit la même logique de discrétion : l'orge apporte la base fermentescible que les levures convertissent en fermentation haute, sans jamais chercher à peser sur le profil aromatique. Tout le brassin est orienté vers le houblon, de l'empâtage au conditionnement.
Dans le verre, la bière se présente dorée et trouble, opaque plutôt que brillante. Ce voile est la conséquence directe du choix précédent, et il vaut mieux le connaître avant d'ouvrir la bouteille : il ne s'agit ni d'un défaut ni d'un accident. Servez sans chercher à retenir le dépôt à tout prix ; une partie de la matière aromatique s'y trouve, et la bière y gagne en rondeur ce qu'elle perd en limpidité.
L'attaque est expressive et punchy, exotique et florale dans le prolongement du nez, avec une aromatique intense qui occupe tout le palais. L'amertume, elle, reste douce : le houblon est employé ici pour son parfum bien plus que pour sa morsure. C'est ce contraste qui définit la bière, une intensité aromatique élevée sur une amertume mesurée, et c'est ce qui la rend redoutablement facile à boire malgré sa densité de goût. Le palais n'est jamais saturé : chaque gorgée relance le fruit au lieu d'accumuler l'amertume, et l'ensemble garde une lisibilité que les brassins très amers perdent souvent au bout de quelques minutes de dégustation.
Sur une bière aussi parfumée, la manière de servir n'est pas un détail : elle décide de la part du fruit et de la part du végétal que l'on percevra réellement.
La bonne fenêtre se situe entre 6 et 8 °C, dans un verre tulipe. Trop froide, la bière garde le végétal et perd la mangue ; correctement tempérée, elle donne les deux. Le verre tulipe, resserré vers le haut, rassemble les arômes floraux et exotiques au lieu de les laisser s'échapper, et tient la mousse. Un versement franc aère le brassin et l'ouvre immédiatement.
C'est une bouteille de partage, à ouvrir entre amis à l'apéritif, et une pièce évidente à garder en cave à bières pour une dégustation comparative avec les deux autres numéros de la série. À table, son profil exotique et sa douceur répondent bien aux cuisines épicées, aux plats sucrés-salés et aux fromages frais. Comme tous les brassins de la maison, celui-ci ne repassera pas à l'identique : c'est une bière à goûter tant qu'elle est là.
LE MÉTIER DU BRASSEUR
Quatre ingrédients suffisent : de l'eau, du malt, du houblon et une levure. Tout le reste est affaire de dosage et de température. Le malt donne la couleur et le corps, le houblon l'amertume et les arômes, la levure décide du style — haute pour les ales et les IPA, basse pour les pils et les lagers. C'est une matière vivante qui ne se garde pas indéfiniment : une bière se boit jeune, sauf les fortes et les vieillies en fût.
À LA DÉGUSTATION
LA MATRICE
Deux repères suffisent à savoir ce qu'on va boire : la couleur dans le verre et l'amertume en bouche. Les styles connus sont placés autour pour comparer.
La position vient de la robe et de l'amertume renseignées sur la fiche. L'IBU s'affiche à côté du nom quand la brasserie le publie.
LES HOUBLONS
Le houblon fait l'amertume, mais surtout le parfum. Chaque variété a une signature — c'est elle qu'on reconnaît d'une bière à l'autre.
États-Unis
LA BRASSERIE

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Apéritif · entre amis · à table
Rosheim, Alsace
LA FICHE
Degré
6.7% vol.
Contenance
44cl
Style
Hazy IPA
Fermentation
Haute
Robe
Dorée
Amertume
Douce
Service
6-8 °C, verre tulipe
Région
Rosheim, Alsace
Pays
France
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