Bière · Rosheim, Bas-Rhin
Les Intenables · Monstera & Cie
Intenables Monstera & Cie
France
44 cl
moped_package Livré entre le et le
Une pale ale alsacienne qui joue la texture autant que le fruit.
Brassée à Rosheim, dans le Bas-Rhin, la Monstera & Cie appartient à cette génération de pale ales que l'on dit juteuses : peu d'amertume, beaucoup d'arômes, une texture pleine. Les Intenables y ont réuni trois houblons venus de trois pays et une base céréalière construite pour le moelleux. À 5,5 % vol. en 44 cl, elle reste facile à boire malgré sa densité aromatique. C'est une bière qui se juge autant au toucher qu'au nez, ce qui la distingue des pale ales plus sèches et plus amères de la génération précédente.
La recette ne repose pas sur le seul malt d'orge. Le blé et les flocons d'avoine viennent épaissir la trame et donnent ce toucher soyeux qui fait la signature du brassin. L'avoine apporte les protéines qui retiennent la texture en bouche ; le blé, lui, participe au voile dense de la robe. Le résultat est une bière artisanale dont on remarque la matière avant même de nommer les fruits. Ce choix de céréales n'a rien d'anodin : il coûte du travail en brasserie, les flocons rendant l'empâtage plus délicat qu'avec de l'orge seule.
Trois houblons se répartissent le bouquet. L'Idaho 7, employé sous forme Cryo, une poudre concentrée en lupuline,, pousse l'ananas, les agrumes et une pointe de résine. Le Nelson Sauvin néo-zélandais apporte le raisin blanc et le fruit de la passion, cette signature vineuse que l'on retrouve au nez. Le Citra américain complète sur les agrumes, la mangue et le fruit de la passion. Aucun des trois n'est un houblon amérisant : tous sont là pour les arômes, ce qui cadre avec l'amertume douce recherchée.
Onze grammes de houblon par litre, ajoutés à froid après la fermentation : c'est le geste qui fait cette bière. Le houblonnage à cru extrait les huiles essentielles sans extraire l'amertume, contrairement au houblon jeté en ébullition. Mené en deux fois, il empile les couches aromatiques et donne cette impression de jus de fruit frais que recherchent les brasseurs de pale ales juteuses. C'est aussi ce qui les rend meilleures jeunes, les arômes de houblon s'estompant avec le temps.
La dégustation suit une ligne cohérente, du voile de la robe jusqu'à une finale sans aspérité.
La robe est dorée et bien trouble, avec un voile dense et soyeux qui laisse à peine passer la lumière. Une mousse blanche fine la coiffe. Ce trouble est recherché : il vient du blé, de l'avoine et de la charge de houblon, et il annonce fidèlement le gras que l'on trouvera en bouche.
Le nez s'ouvre sur la pêche et l'abricot, deux fruits à noyau bien mûrs, complétés par le raisin blanc du Nelson Sauvin. L'ensemble repose sur un fond juteux et gourmand, sans note végétale ni amertume perceptible à l'olfaction. C'est un bouquet démonstratif mais net, qui ne fatigue pas le nez au fil du verre.
En bouche, la bière tient sa promesse : juteuse et soyeuse, portée par le blé et les flocons d'avoine, avec la pêche et l'abricot en première ligne. L'amertume reste douce, presque effacée, et la finale prolonge le fruit sans jamais marquer. C'est le profil qui a fait le succès de cette famille de bières : on y boit du fruit et de la texture plutôt que du houblon amer. L'équilibre tient à peu de chose, car sans amertume pour trancher, une bière aussi ronde peut vite paraître lourde : ce qui n'est pas le cas ici.
Trois repères simples suffisent à la servir comme il faut.
Elle se sert entre 6 et 8 °C, dans un verre tulipe. Plus froid, les arômes de fruits à noyau se referment et il ne reste que la texture ; plus chaud, la douceur devient pesante faute d'amertume pour l'équilibrer. Le verre tulipe rassemble le bouquet vers le nez, ce qui compte pour une bière dont l'essentiel se joue à l'olfaction.
Sa douceur en fait une bière d'apéritif immédiate, y compris pour des buveurs que l'amertume des IPA rebute. Elle se partage bien entre amis, parce que son profil fruité ne demande aucune habitude de dégustation. Elle tient enfin à table, son corps enveloppant lui permettant d'accompagner un repas sans se faire effacer. C'est souvent la bière qu'on ressort quand un groupe ne s'accorde sur rien, et elle remplit ce rôle sans jamais donner l'impression d'un compromis mou.
La Monstera & Cie est une bière de fermentation haute : la levure travaille en surface, à température plus élevée que pour une lager, et produit les esters fruités qui se marient au houblonnage. Son degré la place dans une zone confortable, avec assez de corps pour porter la texture et assez de légèreté pour en boire plus d'une. C'est l'équilibre que vise la brasserie de Rosheim dans ses séries houblonnées, brassées à côté de sa gamme permanente.
LE MÉTIER DU BRASSEUR
Quatre ingrédients suffisent : de l'eau, du malt, du houblon et une levure. Tout le reste est affaire de dosage et de température. Le malt donne la couleur et le corps, le houblon l'amertume et les arômes, la levure décide du style — haute pour les ales et les IPA, basse pour les pils et les lagers. C'est une matière vivante qui ne se garde pas indéfiniment : une bière se boit jeune, sauf les fortes et les vieillies en fût.
À LA DÉGUSTATION
LA MATRICE
Deux repères suffisent à savoir ce qu'on va boire : la couleur dans le verre et l'amertume en bouche. Les styles connus sont placés autour pour comparer.
La position vient de la robe et de l'amertume renseignées sur la fiche. L'IBU s'affiche à côté du nom quand la brasserie le publie.
LES HOUBLONS
Le houblon fait l'amertume, mais surtout le parfum. Chaque variété a une signature — c'est elle qu'on reconnaît d'une bière à l'autre.
États-Unis
Nouvelle-Zélande
États-Unis
LA BRASSERIE

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Apéritif · entre amis · à table
Rosheim, Bas-Rhin
LA FICHE
Degré
5.5% vol.
Contenance
44cl
Style
Juicy Pale Ale
Fermentation
Haute
Robe
Dorée
Amertume
Douce
Service
6-8 °C, verre tulipe
Région
Rosheim, Bas-Rhin
Pays
France
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