Bière · Rosheim, Bas-Rhin
Les Intenables · Texto
Intenables Texto
France
44 cl
moped_package Livré entre le et le
Une canette de 44 cl brassée en Alsace, dans une maison qui compte plus de deux cents recettes à son actif.
La Texto appartient au flux de brassins courts des Intenables, cette part de la production qui ne figure pas dans la gamme permanente et qui ne repasse presque jamais à l'identique. Elle sort des cuves de Rosheim, dans le Bas-Rhin, et se présente en canette de 44 cl comme l'essentiel du catalogue de la maison. C'est une bière artisanale au sens strict : brassée en petit volume, par une équipe qui décide seule de ses recettes.
Le format de 44 cl est devenu la signature des brasseries craft françaises, et il n'est pas choisi au hasard. La canette protège mieux qu'une bouteille : elle ne laisse passer aucune lumière, très peu d'oxygène, et préserve donc la fraîcheur aromatique bien plus longtemps. Sur un brassin éphémère, tiré à quelques hectolitres et destiné à être bu dans les mois qui suivent, c'est le contenant le plus juste.
Les Intenables ont référencé plus de deux cents bières différentes depuis 2020, et beaucoup de ces brassins courts n'ont jamais reçu de fiche technique publique. La Texto est de celles-là : son nom figure sur la canette, le détail du houblonnage n'a pas été publié, et les repères de dégustation qui suivent découlent du registre dans lequel nous la situons. Nous la situons dans le registre qui fait l'essentiel de la production de la maison à ce format, celui des IPA doubles généreusement houblonnées, sans lui inventer des arômes que personne n'a décrits.
Quatre matières suffisent à faire de la bière : l'eau, la céréale, le houblon et la levure. Le malt d'orge, parfois complété de blé, fournit au moût les sucres que la fermentation transforme en alcool, et il donne aussi la couleur et le corps. Le houblon apporte l'amertume et les arômes, des agrumes aux notes résineuses, selon les variétés et le moment où on l'ajoute au brassage. La levure, enfin, ne fait pas que fermenter : en fermentation haute, celle des ales et de la quasi-totalité des bières craft, elle produit ses propres arômes fruités.
La brasserie naît à Mundolsheim en 2020, dans les murs d'une brasserie reprise par trois associés. Les premiers fûts partent chez les cafetiers le 12 mars 2020, à la veille du confinement : le pire calendrier possible pour une maison qui vise le circuit des bars. Elle bascule alors sur la canette et n'en est plus jamais sortie, ce qui explique que toute sa gamme se présente aujourd'hui sous ce format.
Les trois associés viennent d'endroits différents. Julien tenait L'Intenable, le bar dont la brasserie a gardé le nom au pluriel ; Alice est ingénieure ; Jérôme brasse, après un parcours passé par le Québec et le Mexique, deux scènes brassicoles où les bières très houblonnées sont chez elles. Ce trio explique le ton de la maison : sérieux sur la technique, léger sur la forme.
La brasserie a déménagé à Rosheim, au pied du Mont Sainte-Odile, sur la route des vins. L'Alsace n'est pas qu'une région viticole : c'est là que pousse l'essentiel du houblon français, dans le Kochersberg et autour de Haguenau, et là que se concentrent malteries et grandes brasseries historiques du pays. Une microbrasserie installée ici travaille au milieu de sa matière première, ce qui n'est le cas de presque aucune autre en France.
La maison produit aujourd'hui environ 2 000 hectolitres par an. À cette échelle, on reste une micro brasserie : de quoi tenir une gamme permanente (blonde, ambrée, triple, blanche, IPA) et surtout de quoi lancer sans arrêt des séries courtes, NEIPA houblonnées à cru, sours fruitées, imperial stouts vieillis en fûts. Sa West Coast Paradise a d'ailleurs remporté l'Alpha King Challenge européen, une compétition consacrée aux bières houblonnées.
Une bière de série courte ne se traite pas comme une pression industrielle. La plupart ne sont ni pasteurisées ni filtrées, elles vivent encore, et elles se boivent dans une fenêtre. Quelques réflexes de dégustation suffisent à ne pas passer à côté.
C'est la règle la plus utile et la moins suivie : une bière artisanale se boit jeune. Les arômes de houblon s'oxydent en quelques mois, la levure continue son travail, et un brassin qui dort un an dans une cave chaude ne ressemble plus à ce qu'il était. Conservez la canette debout, au frais et à l'abri de la lumière, et ne la gardez pas pour une grande occasion : sur ce genre de bière, la grande occasion, c'est maintenant.
Buvez-la au verre, jamais à la canette : l'essentiel des arômes se perçoit par le nez, et boire au métal les supprime purement et simplement. Versez avec un peu de hauteur pour former une mousse : elle n'est pas décorative, elle retient les composés volatils et les libère au fur et à mesure. Évitez enfin le service glacé : une bière trop froide est une bière muette, et quelques degrés de plus révèlent le malt comme le houblon.
Une canette de 44 cl est un format de partage : deux verres corrects, ou une pinte pour un seul. C'est le contenant de l'apéritif entre amis, où l'on ouvre plusieurs références pour comparer plutôt que d'en vider une seule. À table, une bière de brasseur tient tête à beaucoup de plats : sa carbonatation et son amertume nettoient le palais là où un vin accompagne. Et sans fiche de dégustation, le plus honnête reste de l'ouvrir, de la sentir et de se faire son idée.
LE MÉTIER DU BRASSEUR
Quatre ingrédients suffisent : de l'eau, du malt, du houblon et une levure. Tout le reste est affaire de dosage et de température. Le malt donne la couleur et le corps, le houblon l'amertume et les arômes, la levure décide du style — haute pour les ales et les IPA, basse pour les pils et les lagers. C'est une matière vivante qui ne se garde pas indéfiniment : une bière se boit jeune, sauf les fortes et les vieillies en fût.
À LA DÉGUSTATION
LA BRASSERIE

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Apéritif · entre amis · à table
Rosheim, Bas-Rhin
LA FICHE
Contenance
44cl
Fermentation
Haute
Service
6-8 °C, verre tulipe
Région
Rosheim, Bas-Rhin
Pays
France
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