Marc · Bourgogne
Thévenin · Marc · Magnum 1952
Thévenin Marc 1952 Magnum
France
150 cl
Chardonnay (selon les descriptifs de vente, à confirmer)
moped_package Livré entre le et le
Une rareté absolue : le très vieux Marc de Bourgogne signé Thévenin, mis en magnum en 1986 après plus de trois décennies passées en fût.
Ce magnum appartient à une catégorie à part, celle des eaux-de-vie que le temps a rendues introuvables. Distillé en 1952 puis conservé de longues années en fût avant sa mise en bouteille le 4 mai 1986, il totalise environ trente-quatre ans d'élevage sous bois. Un tel âge le situe très au-delà des mentions officielles de l'AOC Marc de Bourgogne, où le « Hors d'âge » commence dès dix ans de vieillissement.
Roland Thévenin fut l'une des figures marquantes de la Bourgogne du XXe siècle. Propriétaire du Château de Puligny-Montrachet et maire de Saint-Romain, il détenait alors une parcelle du prestigieux Montrachet Grand Cru, cédée en 1980. C'est de son domaine que provient ce magnum : un dernier témoin de cette maison de Puligny, dont l'enseigne a aujourd'hui disparu du paysage viticole bourguignon.
Le marc est une eau-de-vie obtenue par la distillation des gennes, c'est-à-dire des pellicules, pépins et rafles de raisin qui restent après le pressurage. Selon les descriptifs de vente, ce sont ici des gennes de Chardonnay, cépage roi des grands vins blancs de Bourgogne, qui ont nourri l'alambic. Le résultat relève de l'appellation AOC Marc de Bourgogne, l'un des rares marcs français à jouir d'une reconnaissance officielle.
C'est la durée d'élevage qui fait la singularité de ce flacon. Entre la distillation de 1952 et la mise en magnum de 1986, l'eau-de-vie a patiemment mûri au chêne. Ce long séjour en fûts explique la teinte ambrée du liquide et laisse présager une oxydation lente, la fameuse évolution que les amateurs de vieux marcs recherchent. Un marc n'évolue plus une fois embouteillé : ces trente-quatre années restent donc gravées dans le verre, telles quelles.
S'agissant d'un flacon de collection issu d'une maison éteinte, les informations de dégustation publiées sont volontairement minces. Nous restons ici sur les seuls éléments attestés et sur le registre attendu d'un très vieux marc, sans prêter à cette bouteille des arômes qui n'ont jamais été décrits.
Le seul repère visuel avéré est la robe ambrée, marque des marcs longuement élevés sous bois. Cette teinte chaude, dorée et profonde, signe les années passées au chêne et distingue immédiatement une eau-de-vie de garde d'un marc blanc de jeunesse resté incolore. C'est la couleur d'un spiritueux qui a pris son temps.
Les descriptifs mentionnent des notes fumées, seul élément aromatique documenté. Au-delà, un marc de cet âge développe généralement un registre dit rancio, fait de noix, de torréfaction et de pruneau, propre aux eaux-de-vie très oxydées. Nous l'évoquons au conditionnel : aucune note de nez complète n'a été publiée pour ce magnum, et il reviendra au dégustateur de la confirmer, verre en main.
De même, aucune note de bouche précise n'existe pour ce flacon. On attend d'un marc de plus de trente ans de fût une matière ample et chaleureuse, à la texture assouplie par l'élevage, et une finale longue, dans l'esprit des grands marcs de garde. Ces impressions relèvent du registre attendu, non d'une dégustation retranscrite : la bouteille reste à découvrir.
Un tel magnum ne se boit pas comme un spiritueux ordinaire : il se savoure en petite quantité, comme la pièce de collection qu'il est, au fil d'un moment que l'on veut mémorable.
À la différence des marcs blancs aromatiques que l'on sert frappés, un marc vieilli comme celui-ci se déguste chambré, à température ambiante, pour libérer ses arômes. Un verre tulipe ou une petite tasse, une mesure de 1 à 2 cl que l'on hume avec délicatesse : le geste est celui du digestif de tradition, ralenti par le respect que commande un tel flacon.
Ce marc s'apprécie avant tout en dégustation seule, en fin de repas. Il accompagne naturellement un café serré, un chocolat noir intense ou un cigare pour les amateurs. Fidèle à la tradition bourguignonne, il fait aussi merveille avec un fromage lavé au marc, à l'image de l'Époisses, dont il prolonge le caractère dans le verre. Autant d'accords qui ancrent cette eau-de-vie dans le patrimoine gourmand de la région.
Parce que la maison Roland Thévenin n'existe plus, ce magnum ne sera jamais réédité : chaque bouteille encore en circulation est un fragment d'histoire viticole. On le conserve debout, à l'abri de la lumière, l'alcool finissant par attaquer le bouchon des flacons couchés. Offert ou gardé pour une occasion rare, il s'adresse aux collectionneurs comme aux passionnés de spiritueux de garde en quête d'un flacon vraiment unique.
L'ESPRIT DU MARC
Quand le raisin a été pressé et le vin tiré, il reste les pulpes, les pépins et les peaux. C'est de ce résidu, longtemps considéré comme un déchet, que naît le marc : on le fait fermenter, puis on le distille.
Le marc porte donc la signature du cépage dont il est issu, là où d'autres eaux-de-vie effacent leur matière. Sorti de l'alambic il est incolore : sa robe, sa rondeur et ses notes boisées lui viennent ensuite du fût.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
Un marc ne s'achète pas ailleurs : il naît des pulpes pressées du domaine lui-même, et garde l'empreinte de son cépage.
LE VIEILLISSEMENT
Sorti de l'alambic, le marc est incolore et vif. C'est le fût de chêne qui lui donne sa robe, sa rondeur et ses arômes de vanille et de fruits confits — et rien ne remplace le temps.
Le minimum exigé par l'appellation.
Robe ambrée, bois et épices.
Fruits confits, cacao, tabac blond.
Cuir et rancio, longue finale.
LE MOMENT
Le marc est un digestif : il se sert en fin de repas, à température ambiante, dans un verre tulipe qui concentre les arômes. Ni glace, ni allongement.
Servez le marc pur dans un verre tulipe, à température ambiante, sans glace ni allongement.
Dégustez-le lentement, en digestif : sa chaleur et son fruité se révèlent par petites gorgées.
En fin de repas, il accompagne un café, un chocolat noir ou une tarte aux fruits.
À température ambiante, sans glace : le froid referme les arômes du fût.
Astuce : laissez le verre s'ouvrir quelques minutes avant la première gorgée, l'alcool s'assouplit et les arômes de fût se déploient.
Choisi et validé par le caviste Trinquay.
Marc artisanal, à siroter ou en cocktail.
Distillé au domaine, à partir de ses propres pulpes.
Production confidentielle, longue garde en fût.

LA FICHE
Degré
42.0 % vol.
Contenance
150 cl
Type
AOC Marc de Bourgogne
Région
Bourgogne
Cépage
Chardonnay (selon les descriptifs de vente, à confirmer)
Service
Servir chambré, en verre tulipe ou en tasse, 1 à 2 cl, en dégustation de collection.
Pays
France
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