Saké · Hyōgo
Akashi-Tai · Tokubetsu Honjozo
Akashi Tai Honjozo
Japon
72 cl
Tokubetsu Honjozo (honjozo « spécial » : riz poli à 60 %, niveau ginjo, avec ajout réglementé d'une petite quantité d'alcool distillé avant filtration, à ne pas confondre avec un junmai, brassé sans ajout d'alcool)
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Brassé dans la ville portuaire d'Akashi, sur la baie d'Osaka, ce saké japonais sec et léger est l'une des plus belles portes d'entrée dans l'univers du nihonshu.
La brasserie Akashi Sake Brewery, fondée en 1856 dans la préfecture de Hyōgo, signe avec ce Tokubetsu Honjozo un saké artisanal, brassé en petits volumes sous la conduite du toji Kimio Yonezawa. À 15 % vol en bouteille de 72 cl, il affiche un profil sec, léger et rafraîchissant, immédiatement lisible pour un palais habitué aux vins blancs secs.
Le saké naît d'une céréale, pas d'un raisin : ici du riz Gohyakumangoku à 100 %, cultivé dans la préfecture de Hyōgo, région réputée pour son riz à saké et la qualité de son eau. Il sert de riz de koji comme de riz de moût, et il est poli à 60 % : 40 % du grain a été meulé pour ne garder que le cœur amylacé, débarrassé des protéines et des lipides qui alourdissent le breuvage. De là viennent la pureté et la finesse du saké.
« Tokubetsu » signifie « spécial ». Dans la classification japonaise, cette mention, l'équivalent d'un cran supérieur d'appellation, récompense ici le polissage à 60 %, soit le seuil requis pour la catégorie ginjo, alors que le brassage reste conduit en style honjozo. La matière première est donc travaillée au niveau d'un saké supérieur, sans le prix qui va habituellement avec.
Un honjozo se distingue d'un junmai par l'ajout, strictement réglementé et en très petite quantité, d'un alcool distillé neutre avant la filtration. Cet ajout ne sert ni à allonger le volume ni à gonfler le degré alcoolique : il capte des composés aromatiques que l'eau seule ne retient pas, allège la texture et rend la bouche plus nette. Le saké demeure une boisson fermentée, jamais un distillat. Loin d'être un saké au rabais, un honjozo est souvent le plus gastronomique de tous.
La robe est cristalline, très claire et lumineuse, animée de légers reflets argentés. Là où un vin blanc porte des reflets verts ou une couleur jaune pâle héritée du cépage, le saké tire sa transparence de son eau et de la propreté de sa fermentation.
Le bouquet est délicat et discret, construit sur le citron jaune et le citron vert, avec une note végétale de paille sèche qui rappelle la céréale d'origine. On est loin des parfums exubérants de fruits exotiques que déploient certains daiginjo : l'aromatique reste retenue, minérale, et c'est ce qui la rend si polyvalente à table.
L'attaque en bouche est nette et franchement sèche. Suivent des saveurs d'agrumes rafraîchissantes (écorce de citron, pointe de pamplemousse) soutenues par une acidité fine et un corps léger, sans lourdeur ni rondeur sucrée. La finale est douce, équilibrée et persistante, dépourvue de chaleur alcoolique. Un profil que les amateurs de blancs secs et minéraux reconnaîtront immédiatement.
Techniquement, le saké est plus proche de la bière que du vin : comme les brasseurs travaillent l'orge ou le blé, les brasseries japonaises partent d'une céréale dont l'amidon doit être converti en sucres avant que les levures n'opèrent. La différence tient au koji, ce champignon qui assure la conversion en même temps que la fermentation. Mais par le degré et la place à table, le saké se comporte comme un vin blanc sec, sans houblon ni amertume, sans bulles ni effervescence.
Un whisky, un single malt, un rhum, un armagnac ou un gin naissent d'une distillation, souvent suivie d'un vieillissement en fûts de chêne qui apporte vanille, caramel et notes boisées. Rien de tel ici : le saké n'est pas distillé et ne connaît ni barrique ni maturation sous bois. L'alcool distillé ajouté au honjozo est un correcteur de brassage, pas une base spiritueuse, et à 15 % vol, le saké reste au niveau d'un vin, loin des spiritueux et des eaux-de-vie.
Là où un vigneron raisonne en cépages et en terroirs, un maître brasseur raisonne en variété de riz, en taux de polissage, en eau et en souche de levure. Le grain remplace la grappe, la cuve remplace le chai, mais la logique de typicité demeure : le Gohyakumangoku de Hyōgo donne des sakés secs et structurés, comme un sol calcaire donne des blancs tendus. Différence notable en revanche, le saké ne se bonifie pas avec l'âge.
La brasserie indique une plage de service de 6 à 50 °C, une amplitude exceptionnelle. Frais, entre 8 et 12 °C dans un verre à vin blanc, il livre ses agrumes et sa fraîcheur ; à température ambiante, il gagne en rondeur. Surtout, il supporte parfaitement le service tiède (le kanzake, autour de 40 à 50 °C, en tokkuri et ochoko), ce que ne permettent pas les daiginjo dont les arômes fragiles s'effondrent à la chauffe. Le style honjozo, léger et discret, est celui qui gagne le plus à être réchauffé : la meilleure façon de découvrir le saké chaud sans se tromper de bouteille.
Sa sécheresse et son acidité en font un compagnon naturel des produits de la mer : sashimis et sushis, coquillages, crustacés, coquilles Saint-Jacques poêlées au beurre de miso. La brasserie propose aussi un accord avec un suprême de volaille et une crème de potiron, qui montre son aisance sur les viandes blanches : sans oublier la tempura, dont il nettoie le gras.
Le saké n'est pas un produit de garde : consommez-le dans les douze mois suivant sa mise en bouteille. Conservez la bouteille debout, à l'abri de la lumière et de la chaleur, puis au réfrigérateur une fois ouverte, pour la finir sous une à deux semaines. Une raison de plus pour la déboucher à plusieurs, autour d'un repas japonais : l'usage même pour lequel Trinquay a sélectionné ce saké.
L'ESPRIT DU SAKÉ
Né du riz, de l'eau et d'un champignon nommé kōji, le saké n'est ni un alcool distillé ni un vin : c'est une fermentation à part, propre au Japon, où le grain est d'abord poli puis converti en sucre avant de fermenter.
Tout se joue sur le polissage. Plus on retire les couches externes du grain, plus le saké gagne en finesse et en arômes floraux. C'est ce chiffre, le seimaibuai, qui classe les sakés entre eux.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
Quatre ingrédients, pas un de plus : du riz, de l'eau, le kōji qui transforme l'amidon en sucre, et la levure qui fermente.
LA CLASSIFICATION
Le seimaibuai indique la part du grain conservée après polissage. Plus le chiffre est bas, plus le saké est raffiné : 70 % pour un Honjozo, 60 % pour un Ginjo, 50 % ou moins pour un Daiginjo.
Le grain garde ses couches externes : style franc et droit.
Un tiers du grain retiré : les arômes floraux apparaissent.
La moitié du grain disparaît : la finesse domine.
Poli au-delà du Daiginjo : il ne reste que le cœur du grain.
LE RITUEL
Un saké fin se sert frais, jamais chaud : la chaleur détruirait les arômes floraux et fruités qui font tout son prix.
Versez une dose de saké, 2 à 3 cl, dans un grand verre.
Allongez de 5 volumes d'eau bien fraîche : le fameux « 1 pour 5 ».
Le service chaud est réservé aux sakés simples : il détruirait ce parfum.
Ajoutez la glace après l'eau, jamais avant, pour ne pas figer les arômes.
Astuce : servez-le en verre à vin plutôt qu'en coupelle, les arômes s'ouvrent bien mieux.
Choisi et validé par le caviste Trinquay.
Saké de table, à servir frais ou légèrement tempéré selon le style.
Hyōgo

À TABLE
Sans acidité mordante ni tanin, le saké accompagne les produits de la mer là où le vin blanc peut les heurter.



LA FICHE
Degré
15.0% vol.
Contenance
72cl
Catégorie
Tokubetsu Honjozo (honjozo « spécial » : riz poli à 60 %, niveau ginjo, avec ajout réglementé d'une petite quantité d'alcool distillé avant filtration, à ne pas confondre avec un junmai, brassé sans ajout d'alcool)
Préfecture
Hyōgo
Riz
Gohyakumangoku 100 % (riz de koji et riz de moût), cultivé dans la préfecture de Hyogo
Polissage
60 %
Service
Saké très polyvalent en température : la brasserie indique une plage de service de 6 à 50 °C. Frais (8-12 °C) en verre à vin blanc pour les agrumes et la fraîcheur ; à température ambiante pour plus de rondeur ; et il supporte parfaitement le service tiède (kanzake, ~40-50 °C) en tokkuri/ochoko, ce que ne permettent pas les daiginjo dont les arômes fragiles s'effondrent à la chauffe. Le style honjozo, léger et peu aromatique, est justement celui qui gagne le plus à être réchauffé.
Pays
Japon
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