Liqueur · Fusagasugá (Cundinamarca)
Coloma · Liqueur de Café
Coloma Liqueur de Café
Colombie
70 cl
Crème & cacao
moped_package Livré entre le et le
Une liqueur née dans la plantation qui produit son propre café, sur les contreforts andins au sud de Bogotá.
La Coloma Liqueur de Café est élaborée par l'Hacienda Coloma, maison de campagne et plantation familiale de cent cinquante ans installée à Fusagasugá, dans le Cundinamarca. Alberto Constain Medina en devient propriétaire en 1959 et la famille Constain oriente l'exploitation vers le café ; c'est au début des années 1970 qu'elle crée sa liqueur. Une large part de la récolte y est aujourd'hui transformée, la maison développant par ailleurs une ligne de spiritueux sous la marque Licores Convier. Le flacon de 70 cl en est la référence historique.
La matière première est un arabica Excelso, cultivé à l'ombre sur les terres de l'hacienda elle-même. C'est là que se joue la différence avec une liqueur industrielle construite sur un extrait acheté : le café n'est pas un ingrédient rapporté, il vient du verger de caféiers qui entoure la maison. La conséquence se lit à la dégustation, où la torréfaction garde une amertume vraie et une complexité de grain, loin de la note sucrée uniforme que produisent les arômes de synthèse.
La seconde ligne de la composition est un rhum des Caraïbes vieilli trois ans, qui sert de base alcoolique à la liqueur. Ce choix n'est pas neutre : un rhum ambré déjà passé par le fût apporte du bois, de la rondeur et une profondeur que ne donnerait pas un alcool neutre. Il explique en grande partie la souplesse perçue en bouche et la présence de notes boisées et fumées, qui accompagnent le café au lieu de rester en retrait derrière lui.
Le troisième et dernier ingrédient est le sucre, sans lequel une liqueur ne serait pas une liqueur. Son rôle ici est de tempérer l'amertume de la torréfaction et de lier le café au rhum, pas de dominer l'assemblage. La maison ne communique pas la teneur en sucre de sa bouteille, chiffre qu'il serait imprudent d'avancer ; ce que la dégustation confirme, c'est un équilibre où l'amertume du grain garde la main jusqu'à la fin et empêche le sucre de s'installer sur le palais.
Le profil de cette bouteille tient en trois mots : torréfié, rond et cacaoté. La dégustation suit une progression très lisible, du café pur au bois, avec une persistance finale que porte l'amertume du grain plutôt que la douceur du sucre.
Dans le verre, la liqueur affiche une robe brun ambré profond, plus dense qu'un café allongé et plus sombre qu'un rhum ambré classique. Cette couleur vient à la fois du grain torréfié et du rhum de base passé par le fût. Elle annonce un breuvage de fin de repas, à servir dans un verre bas où la surface d'échange favorise l'ouverture aromatique, et se distingue nettement des liqueurs cristallines d'agrumes ou des crèmes opaques de la même famille.
Le premier nez est celui d'un café torréfié d'intensité douce, jamais brûlé, souligné de légères notes de vanille. Cette douceur est caractéristique d'un grain travaillé sans excès de torréfaction : le bouquet reste sur le café lui-même et sur l'arôme naturel qu'il dégage à la mouture, avec un fond vanillé que le passage du rhum en fût de chêne explique en partie. L'ensemble compose un nez gourmand, mais qui ne bascule jamais dans la confiserie.
En bouche, le café et le bois se présentent ronds et souples, accompagnés de touches complexes de vanille, de chocolat et de fumée. La texture est enveloppante, portée par le rhum et lissée par le sucre. La persistance est longue et s'appuie sur une amertume de torréfaction qui tient le sucre en respect : la finale reste franche, relance la salivation et donne à la bouteille son caractère de vrai digestif plutôt que de simple douceur de fin de repas.
Pour situer cette bouteille, il est utile de rappeler comment se répartissent les grandes catégories d'alcools. Les repères qui suivent sont éducatifs : ils décrivent des familles voisines, pas la composition de cette liqueur, limitée au café de l'hacienda, au rhum des Caraïbes et au sucre.
Le rhum naît de la canne à sucre : pur jus de canne pour le rhum agricole des Antilles françaises, de Martinique ou de Guadeloupe, mélasse pour le rhum traditionnel des Caraïbes et de l'océan Indien. Un rhum blanc sort de l'alambic sans passer par le bois et fait les ti-punch, mojitos et planteurs ; un rhum ambré ou un vieux rhum a séjourné en fûts ou en foudres, parfois sous appellation d'origine contrôlée. Les rhums arrangés, eux, reposent sur une macération de fruits et d'épices.
Le passage en fût est le dénominateur commun de nombreux spiritueux. Le whisky écossais, du single malt au blended, tire du chêne sa vanille, son caramel et ses fruits confits après des années de maturation en chai ; le bourbon américain travaille le chêne neuf, l'armagnac et le cognac leurs barriques. Chaque cuvée, chaque millésime et chaque assemblage y gagne un profil aromatique différent. Une liqueur peut hériter de ce bois par sa base alcoolique, mais elle ne vieillit pas elle-même dans le fût.
La famille des liqueurs est la plus vaste et la plus hétérogène. Les crèmes de fruits, dont la crème de cassis du kir, jouent la douceur et le fruit ; les triple sec et le limoncello travaillent le zeste d'agrume ; la chartreuse, le génépi et la gentiane relèvent des élixirs de plantes ; d'autres partent d'une eau-de-vie de fruit obtenue à l'alambic, comme le kirsch ou la poire Williams. Ce qui les réunit toutes est le sucrage après macération, infusion ou assemblage.
Cette bouteille a un avantage rare : elle se boit aussi bien seule qu'en mixologie, et elle occupe dans le verre la place que tiendrait un café en fin de repas. Trois recettes suffisent à en faire le tour, de la plus simple, le verre bas sur glace, aux deux classiques du shaker. Dans tous les cas, le froid compte autant que le dosage : il resserre le sucre et laisse l'amertume de torréfaction passer devant, là où un service tiède donne un verre plus doux et moins net.
Le service le plus simple consiste à verser quelques centilitres sur deux ou trois glaçons dans un verre bas, au moment précis où l'on servirait le café. Le carajillo pousse l'idée plus loin : ajouter la liqueur à un café noir ou à un cappuccino, couvrir de crème fouettée et saupoudrer de cannelle. La torréfaction de la liqueur et celle de la tasse se répondent, et le sucre remplace celui que l'on aurait ajouté à la cuillère.
Deux classiques de la mixologie reposent sur cette catégorie. L'espresso martini associe quatre centilitres de vodka, trois centilitres de liqueur de café et un espresso encore chaud, frappés fort et longtemps sur beaucoup de glace pour obtenir la mousse de surface. Le white russian, plus doux, mêle trois centilitres de liqueur et cinq centilitres de vodka au shaker sur glace, versés dans un verre sur un fond de crème. Deux cocktails de fin de soirée, à servir bien froids.
Contrairement aux liqueurs contenant un produit laitier, qui exigent le réfrigérateur et une consommation rapide, celle-ci se comporte comme un spiritueux : la bouteille entamée se garde debout, à l'abri de la lumière et de la chaleur, pendant plusieurs années. C'est un atout pour une bouteille que l'on sort au verre, au rythme des fins de repas, des cocktails au café ou d'un dessert au chocolat, d'un cheesecake ou d'une glace vanille.
L'ART DE LA MACÉRATION
Une liqueur ne se distille pas : elle s'infuse. Fruits, plantes, écorces ou fèves macèrent dans l'alcool, qui prend leur couleur et leur parfum, avant d'être adouci par le sucre. C'est cette étape de patience — quelques jours pour un fruit fragile, plusieurs mois pour une racine — qui sépare une liqueur d'une eau-de-vie.
Le sucre fait ensuite la catégorie, et la loi tranche : au moins 100 grammes par litre pour une liqueur, 250 pour une crème, et jusqu'à 400 pour une crème de cassis. Des crèmes de cassis de Bourgogne aux limoncellos de la côte amalfitaine, en passant par les grandes liqueurs de plantes d'abbaye, c'est toute une famille de goûts qui se déploie.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
Fruits mûrs, plantes de montagne, écorces d'agrumes ou fèves de cacao : la matière première d'une liqueur se lit dans son parfum.
LA BASE AROMATIQUE
Du fruit le plus direct à la douceur la plus gourmande : la matière macérée décide du profil de la liqueur, et de la façon de la boire.
Cassis, mûre, framboise, abricot : les crèmes et liqueurs de fruits, les plus sucrées.
Citron, orange, bergamote : limoncello, triple sec et rosolio, vifs et désaltérants.
Génépi, gentiane, verveine, menthe : les liqueurs d'abbaye et de montagne, amères et digestives.
Cacao, café, noix, whisky-crème : onctueuses, pour la fin de repas et le dessert.
LE SERVICE
Une liqueur se sert fraîche et en petite dose. Selon sa famille, elle termine le repas, s'allonge à l'apéritif ou vient arroser un dessert.
Astuce : la liqueur ne vieillit plus une fois en bouteille — conservez-la debout, bien fermée, à l'abri de la lumière ; elle se garde des années sans s'altérer.
EN MIXOLOGIE
Une liqueur apporte au cocktail ce qu'aucun autre ingrédient ne sait donner : de la couleur, du sucre et un parfum franc. Quelques centilitres suffisent à faire basculer un verre.

Ajouter la liqueur à un café noir ou à un cappuccino, couvrir de crème fouettée et saupoudrer de cannelle.

4 cl de vodka, 3 cl de liqueur de café et un espresso encore chaud, frappés fort et longtemps sur beaucoup de glace.

3 cl de liqueur, 5 cl de vodka au shaker sur glace, versés dans un verre sur un fond de crème.
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Digestif à la place du café, cocktails au café, desserts au chocolat et cheesecake
Colombie
Se sert fraîche, en petite dose : nature, allongée ou en cocktail.

LA FICHE
Degré
25.0% vol.
Contenance
70 cl
Type
Liqueur
Base aromatique
Crème & cacao
Ingrédients
Service
Servir quelques centilitres sur deux ou trois glaçons dans un verre bas, au moment où l'on servirait le café. La bouteille entamée se garde debout, à l'abri de la lumière et de la chaleur, pendant plusieurs années.
Région
Fusagasugá (Cundinamarca)
Pays
Colombie
Teneur en sucre
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