DISTILLERIE

Coloma

Une finca caféière des Andes, un café Excelso cueilli à la main par les chapoleras et un rhum vieilli trois ans : la maison Coloma fabrique sa liqueur là où pousse son café.

Par Matys Hoffman, cavistePublié le 16 octobre 20269 min de lecture
Coloma
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Région
Fusagasugá (Cundinamarca)
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Il existe des liqueurs de café partout dans le monde ; il en existe très peu qui soient nées dans une plantation de café. C'est toute la singularité de la maison Coloma, une hacienda colombienne qui transforme sa propre récolte au lieu d'acheter des grains sur un marché.

La maison Coloma, la liqueur de café d'une hacienda caféière colombienne

Une liqueur née chez le producteur de café, pas chez un distillateur de spiritueux

La plupart des liqueurs de café du commerce sortent de maisons de spiritueux qui achètent un extrait ou un concentré et le mélangent à un alcool neutre. Coloma prend le problème par l'autre bout : la maison cultive le café, le récolte, le torréfie, puis l'infuse.

Cette inversion change tout dans le verre. La liqueur y gagne un profil de café frais, avec l'acidité fine d'un arabica d'altitude, là où les produits industriels tournent vite au sirop. La bouteille se comporte alors comme un spiritueux de dégustation, pas comme un simple ingrédient de bar.

Le café Excelso et le rhum vieilli, une identité aromatique hybride

Deux matières font l'identité de la maison, et aucune n'est anodine. Le café Excelso apporte la torréfaction, le cacao et l'amertume noble ; le rhum des Caraïbes vieilli apporte la canne à sucre, la vanille et le bois.

Ce croisement place la bouteille à la frontière de deux univers, celui du café de spécialité et celui des rhums arrangés, sans appartenir tout à fait à l'un ou à l'autre. C'est une liqueur au sens réglementaire, mais construite comme un assemblage, avec une matière première agricole revendiquée.

Licores Convier et la Gran Reserva, la ligne de spiritueux de la maison

La maison ne se limite pas à une seule référence. La liqueur existe aussi en version Gran Reserva, et la propriété développe une ligne de spiritueux sous la marque Licores Convier, rattachée à la même entreprise familiale.

L'hacienda est par ailleurs ouverte aux visiteurs, avec des parcours consacrés à la culture et à la transformation du café : la liqueur y apparaît comme le prolongement d'un travail agricole, pas comme une diversification opportuniste.

Coloma Liqueur de Café

Pour découvrir la distillerie

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Le terroir d'altitude du café colombien derrière la liqueur

Fusagasugá et le Cundinamarca, le terroir d'altitude du café colombien

L'Hacienda Coloma se trouve à Fusagasugá, dans le département de Cundinamarca, au sud de Bogotá, sur les contreforts andins. On y retrouve les conditions qui ont fait la réputation du café colombien : sols volcaniques, pluviométrie régulière et forte amplitude thermique entre le jour et la nuit.

L'altitude ralentit la maturation des cerises, et cette lenteur concentre les sucres et les précurseurs d'arômes. Le mot terroir n'est pas usurpé : comme pour un vignoble, sol, exposition et climat décident d'une bonne part de ce que l'on trouvera dans le verre.

La famille Constain, cent cinquante ans d'histoire agricole et la liqueur des années 1970

La propriété est une maison de campagne bâtie à la fin du dix-neuvième siècle, et elle revendique aujourd'hui environ cent cinquante ans d'histoire. Alberto Constain Medina en devient propriétaire en 1959, et la famille Constain oriente ensuite l'exploitation vers le café.

C'est au début des années 1970 que la maison développe sa production caféière et crée sa liqueur, dans laquelle une large part de la récolte est aujourd'hui transformée. Cette continuité familiale, sur plusieurs générations et sur un même lieu, reste exceptionnelle dans un secteur dominé par de grands groupes de spiritueux.

La cueillette des chapoleras, premier geste avant la macération

Chaque récolte est assurée par les chapoleras, ces cueilleuses traditionnelles de la zone caféière colombienne qui prélèvent les cerises une à une, à la main. La cueillette est dite sélective : on ne ramasse que les fruits parfaitement mûrs, quand une récolte mécanique emporte le vert avec le rouge.

Ce geste conditionne la suite : un grain sous-mûr apporte une amertume verte que ni la torréfaction ni la macération dans l'alcool ne rattrapent. La qualité d'une liqueur de café se joue dans la caféière, bien avant le chai.

De la torréfaction à l'infusion, l'élaboration de la liqueur Coloma

L'arabica Excelso, une matière première d'une grande richesse aromatique

La liqueur est élaborée à partir de grains 100 % Excelso issus de la propriété. Excelso n'est pas un nom commercial : c'est une classification colombienne à l'exportation, fondée sur le calibre du grain et sur un nombre maximal de défauts par échantillon, les grains étant retenus par les cribles les plus fins.

On est donc sur un arabica lavé d'un niveau d'exportation élevé, à l'opposé des sous-produits de torréfaction souvent utilisés pour aromatiser les alcools. Le choix de l'arabica plutôt que du robusta oriente clairement le profil : moins de puissance brute, davantage de finesse, d'acidité et de complexité aromatique.

L'infusion naturelle du café dans un rhum des Caraïbes vieilli trois ans

Les grains sont torréfiés puis moulus selon des méthodes traditionnelles, avant d'être mis à infuser lentement dans l'alcool. Le mot compte : il s'agit d'une infusion naturelle du café, pas d'un ajout d'arôme ou d'extrait concentré, l'alcool jouant le rôle de solvant pour extraire les huiles et les composés de torréfaction.

La base alcoolique est un rhum des Caraïbes vieilli trois ans, et non un alcool neutre. Un rhum déjà élevé apporte ses propres notes de canne à sucre, de vanille et de bois, qui se glissent sous le café au lieu de s'effacer. La différence est la même qu'entre une liqueur bâtie sur un distillat anonyme et une liqueur bâtie sur une eau-de-vie de caractère.

Huit à dix semaines de maturation en fûts de chêne américain

Le mélange n'est pas embouteillé immédiatement : il repose de huit à dix semaines en fûts de chêne américain de premier remplissage, c'est-à-dire des barriques n'ayant servi qu'une seule fois auparavant. Le chêne américain est réputé pour livrer des arômes de vanille, de noix de coco et de caramel plus démonstratifs que le chêne français.

Sur une durée aussi courte, il ne s'agit pas d'un vieillissement au sens d'un rhum vieux, mais d'une harmonisation : le bois lie le café, le sucre et l'alcool, et arrondit les angles.

La maison Coloma parmi les spiritueux

Liqueur de café, rhum agricole et rhum de mélasse, trois catégories à ne pas confondre

Un rhum agricole est distillé à partir de jus de canne fraîchement pressé, comme en Martinique où l'appellation d'origine encadre la production ; un rhum de tradition est distillé à partir de mélasse, résidu sucré du raffinage, ce qui donne les profils les plus répandus dans les Caraïbes. Dans les deux cas, on obtient une eau-de-vie sèche, blanche, ambrée ou vieille selon son passage en fûts.

Une liqueur de café n'appartient à aucune de ces familles. Elle utilise un rhum comme matière, puis lui ajoute du café et du sucre : le produit fini n'est plus un rhum, il ne peut pas en revendiquer l'appellation, et il ne se déguste pas de la même façon.

Le fût de chêne, dénominateur commun du rhum, du bourbon et du whisky

Le fût est le point de rencontre de presque toutes les grandes familles de spiritueux. Le bourbon américain est élevé en chêne neuf fortement brûlé ; le whisky écossais utilise principalement d'anciens fûts de bourbon et de xérès ; les rhums vieux et les eaux-de-vie de vin passent par des barriques et des foudres pendant des années.

Partout, le bois joue le même rôle : il apporte vanille, épices douces et tanins, il oxyde lentement le distillat et il arrondit l'alcool. La différence tient à la durée et à l'intensité, d'un simple passage de quelques semaines à des maturations de plusieurs décennies dans les chais.

Des eaux-de-vie sèches aux liqueurs sucrées, ce que dit le règlement européen

Le règlement européen 2019/787 fixe les repères. Une liqueur doit titrer au moins 15 % vol et contenir au minimum 100 grammes de sucre par litre. Une crème de fruit exige au moins 250 grammes de sucre par litre, et une crème de cassis au moins 400 grammes par litre.

Le mot crème ne désigne donc pas la présence de crème laitière, mais un seuil de sucre plus élevé. À l'autre extrémité du curseur, les eaux-de-vie de fruits, les marcs, les rhums et les whiskies sont des spiritueux secs, sans sucre ajouté significatif : entre ces deux mondes, la liqueur de café occupe une position intermédiaire assumée.

Déguster la liqueur de café de la maison Coloma

La robe ambrée, le nez torréfié et la finale cacaotée

La robe est d'un ambre profond, presque brun. Le nez livre d'emblée le café torréfié, souligné d'une note de vanille apportée par le fût.

En bouche, le café et le bois sont ronds, complétés par le chocolat, la vanille et une pointe fumée. La finale reste franche et longue, portée par une légère amertume de torréfaction qui empêche le sucre de dominer. C'est un profil de liqueur de café adulte, à rapprocher d'un expresso serré plutôt que d'un dessert lacté.

Le degré d'alcool et la sucrosité d'une liqueur de café

Le degré se lit sur l'étiquette de la bouteille : la liqueur se situe nettement au-dessus du minimum réglementaire de 15 % vol et bien en dessous d'un rhum sec, et que sa sucrosité reste contenue grâce à l'amertume du café. C'est cette tension entre le sucre et la torréfaction qui la rend digeste en fin de repas.

Sur glaçons en digestif, à la place du café

Le service le plus juste est aussi le plus simple : quelques centilitres sur deux ou trois glaçons, dans un verre bas, au moment où l'on servirait le café. Le froid tend la liqueur, met la torréfaction en avant et fait reculer la sensation sucrée.

Une bouteille entamée se conserve sans difficulté : à la différence des liqueurs à la crème laitière, qui réclament le réfrigérateur et se boivent dans l'année, celle-ci se garde debout, à l'abri de la lumière et de la chaleur, pendant plusieurs années.

Carajillo et espresso martini, les cocktails au café de la maison

Le carajillo, l'espresso martini et les cocktails à base de rhum

La maison met en avant plusieurs usages au bar : le carajillo, le capuchino, le black russian et le white russian, ou encore un B-52 à la colombienne. L'espresso martini est l'autre évidence, et la base rhum y apporte une profondeur que les liqueurs de café standard n'ont pas.

Elle se comporte aussi très bien en dose de complément dans un old fashioned, avec un bourbon ou un rhum vieux, pour ajouter du cacao et de la torréfaction sans alourdir le verre. Un trait suffit : c'est un produit puissant en arômes.

Les accords sucrés d'une liqueur aromatique en dessert

Le café et le bois appellent le chocolat noir, la glace vanille arrosée à la manière d'un affogato, le cheesecake ou un simple carré de chocolat de dégustation. En cuisine, un trait relève une pâte à tiramisu, une ganache ou un sirop destiné à imbiber un gâteau.

Comme tous les spiritueux sucrés, elle se déguste en petites quantités et s'apprécie avec modération : sa longueur en bouche fait qu'un verre suffit à clore un repas.

Notre liqueur de café Coloma chez Trinquay

Nous proposons la liqueur de café Coloma dans la cave en ligne Trinquay, aux côtés de nos rhums, de nos whiskies et de nos autres liqueurs. C'est l'une des rares bouteilles de la catégorie dont on peut nommer la propriété, la région et la variété de café.

Chaque commande est préparée à la main et expédiée dans un emballage renforcé adapté au transport du verre, avec la livraison en point relais offerte dès 100 euros d'achat en France métropolitaine. Notre équipe reste joignable pour vous orienter vers la bonne liqueur, en dégustation comme en cadeau.

QUESTIONS FRÉQUENTES

Ce qu'on nous demande sur cette distillerie

Par quelle bouteille commencer ?

Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.

Une bouteille ouverte se garde combien de temps ?

Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.

Peut-on panacher plusieurs bouteilles dans un colis ?

Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.