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Saké · Yamaguchi (Iwakuni), Honshu, Japon

Dassai · Beyond

Dassai Beyond

Saké
16.0% vol.
72 cl

La cuvée qui dépasse le Dassai 23, dont la maison refuse de communiquer le taux de polissage.

globe

Japon

experiment

72 cl

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Junmai Daiginjo (nihonshu)

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Le Dassai Beyond est la cuvée sommet d'Asahi Shuzo, un Junmai Daiginjo brassé dans la préfecture de Yamaguchi que Trinquay référence pour les amateurs de saké de haute expression.

Le Dassai Beyond, le saké sommet de la maison Asahi Shuzo

Un Junmai Daiginjo brassé à partir du riz Yamada Nishiki

Le Dassai Beyond appartient à la catégorie Junmai Daiginjo, la plus exigeante du nihonshu : le saké y est brassé sans aucun alcool ajouté, à partir d'un riz travaillé avec une précision extrême. La maison Asahi Shuzo, installée à Iwakuni dans la préfecture de Yamaguchi, ne produit que cette catégorie et retient ici le Yamada Nishiki, variété de riz à saké réputée pour la finesse de son amidon et la pureté aromatique qu'elle autorise. Le Beyond a été conçu pour aller au-delà du Dassai 23, la référence historique de la maison, sans contrainte de rendement ni de coût.

Un taux de polissage que la brasserie ne communique pas

Toute la gamme Dassai se lit d'ordinaire à travers un chiffre (45, 39, 23) qui indique la part de grain conservée après polissage. Sur le Beyond, la brasserie a choisi de ne pas divulguer ce taux, et cette décision fait partie du produit : elle invite à juger la bouteille sur son équilibre et sa texture plutôt que sur une donnée chiffrée. Nous ne l'estimerons donc pas ici. Cette absence assumée explique aussi le nom de la cuvée, qui revendique une place hors des catégories habituelles du saké japonais.

Le riz, le koji et l'eau, seuls ingrédients de ce saké

La composition tient en trois éléments : le riz Yamada Nishiki, l'eau, et le koji, ce champignon microscopique cultivé sur une partie du grain qui transforme l'amidon en sucres fermentescibles. Ce sont ensuite les levures qui assurent la fermentation alcoolique et portent le degré à 16 % vol., dans un flacon de 72 cl. Asahi Shuzo brasse toute l'année en environnement climatisé, sans maître-brasseur saisonnier, ce qui lui permet de suivre chaque cuve de très près. La production du Beyond reste très limitée et diffusée par allocation.

La dégustation du Dassai Beyond, de la robe à la finale

Une robe cristalline et un nez de fleurs blanches, de poire et de melon

La robe est cristalline, presque incolore, traversée de reflets argentés. Le nez s'ouvre sur une palette aromatique délicate : fleurs blanches, poire nashi, melon, sur un fond de céréale bien présent et quelques notes minérales. Les arômes sont fins plutôt que démonstratifs, et gagnent en netteté à mesure que le saké se réchauffe légèrement dans le verre. C'est un bouquet précis, où chaque registre reste lisible, sans lourdeur ni excès de parfum.

Une bouche soyeuse portée par une acidité fine et l'umami

L'attaque en bouche est douce, la texture soyeuse et remarquablement continue : c'est le premier marqueur de cette cuvée. Suivent des fruits à noyau mûrs, des agrumes discrets et un umami retenu, ce goût savoureux propre au saké qui donne du volume sans jamais peser. Une acidité fine et une vivacité nette structurent l'ensemble et empêchent la rondeur de s'installer. La sensation d'alcool reste totalement fondue malgré les 16 % vol., ce qui trahit un travail de fermentation particulièrement maîtrisé.

Une finale longue sur la céréale et le cacao

La finale est longue et très nette. Elle revient sur la céréale, avec une pointe cacaotée et un souffle épicé qui prolongent la dégustation bien après la gorgée. La persistance est ici l'un des arguments majeurs de la bouteille : peu de sakés tiennent aussi longtemps en bouche sans se durcir. Les papilles gardent une impression de fraîcheur plutôt que de sucre, ce qui rend la cuvée étonnamment digeste pour un profil de cette densité.

Le Dassai Beyond parmi les alcools, des vins aux eaux-de-vie

Le saké et le vin blanc : deux fermentations, deux matières premières

Le saké et le vin partagent une même famille : ce sont des boissons issues d'une fermentation, non d'une distillation. Mais la matière première diffère radicalement. Le vin blanc naît du jus de raisin, dont les sucres sont directement disponibles pour les levures ; le saké, lui, part d'une céréale, et exige l'intervention préalable du koji pour libérer ces sucres. De là viennent des repères différents : là où le vin parle vendanges, cuves et vieillissement, le saké parle riz, polissage et cuvée de brassage.

Ce qui sépare le saké des effervescents et des spiritueux vieillis en fûts

Le Dassai Beyond n'est ni un effervescent ni un spiritueux. Il ne développe aucune bulle, contrairement aux champagnes ou aux crémants dont la prise de mousse ajoute une seconde étape. Il n'est pas non plus distillé : le whisky, la vodka, le rhum ou les eaux-de-vie de fruits passent par un alambic qui concentre l'alcool, et beaucoup d'entre eux tirent leurs arômes grillés et boisés d'un séjour en fûts de chêne. Rien de tel ici : ce saké ne connaît ni chêne, ni barrique, ni vieillissement de ce type, et sa finesse tient entièrement au grain et à la fermentation.

Pourquoi le saké n'a ni cépage ni appellation

Un amateur de vin cherchera naturellement le cépage et l'appellation : ces notions n'existent pas dans le saké. On parle de variété de riz, ici le Yamada Nishiki, et de préfecture de brassage, Yamaguchi en l'occurrence. Le rôle du terroir y est aussi plus indirect : l'eau de brassage compte beaucoup, mais le riz peut venir de plusieurs régions du Japon. La catégorie, elle, se lit dans le nom : Junmai signale l'absence d'alcool ajouté, Daiginjo un riz longuement poli.

Servir et accorder le Dassai Beyond à table

La température de service et le choix du verre à vin

Ce saké se sert frais, entre 6 et 12 °C, jamais chaud : la chaleur écraserait sa finesse aromatique. Le verre à vin blanc est préférable à la coupe traditionnelle, car sa cheminée concentre les arômes floraux et fruités et donne toute leur ampleur à la poire et au melon. Quelques minutes d'aération suffisent à ouvrir la palette. Conservez la bouteille au frais et à l'abri de la lumière, et finissez-la dans les jours qui suivent l'ouverture.

Les accords mets et saké, du caviar au chocolat noir

La finesse de cette cuvée appelle des mets iodés : caviar, huîtres, coquilles Saint-Jacques crues et chair de crabe dialoguent naturellement avec sa fraîcheur et son umami. Les fruits de mer et crustacés restent l'accord le plus évident, à l'apéritif comme au début d'un repas gastronomique. Plus surprenant, le Roquefort répond bien à sa vivacité, et le chocolat noir prolonge la pointe cacaotée de la finale. Le Dassai Beyond se suffit aussi très bien à lui-même, servi seul et lentement.

L'ESPRIT DU SAKÉ

Le saké, l'art du riz fermenté

Né du riz, de l'eau et d'un champignon nommé kōji, le saké n'est ni un alcool distillé ni un vin : c'est une fermentation à part, propre au Japon, où le grain est d'abord poli puis converti en sucre avant de fermenter.

Tout se joue sur le polissage. Plus on retire les couches externes du grain, plus le saké gagne en finesse et en arômes floraux. C'est ce chiffre, le seimaibuai, qui classe les sakés entre eux.

À LA DÉGUSTATION

Œil, nez et bouche

L'œil

Robe cristalline, presque incolore, aux reflets argentés.

Le nez

Bouquet fin de poire nashi, fleurs blanches et melon, sur un fond de céréale et de fines notes minérales.

La bouche

Texture soyeuse et sans aspérité, fruits à noyau mûrs, agrumes discrets et umami retenu, portée par une vivacité nette.

LA MATIÈRE

Les ingrédients du saké

Quatre ingrédients, pas un de plus : du riz, de l'eau, le kōji qui transforme l'amidon en sucre, et la levure qui fermente.

riz Yamada Nishikikoji (Aspergillus oryzae)eau

LA CLASSIFICATION

Le polissage

Le seimaibuai indique la part du grain conservée après polissage. Plus le chiffre est bas, plus le saké est raffiné : 70 % pour un Honjozo, 60 % pour un Ginjo, 50 % ou moins pour un Daiginjo.

Honjozo · 70 %

Le grain garde ses couches externes : style franc et droit.

Ginjo · 60 %

Un tiers du grain retiré : les arômes floraux apparaissent.

Daiginjo · 50 %

La moitié du grain disparaît : la finesse domine.

Junmai Daiginjo · 45 %

Poli au-delà du Daiginjo : il ne reste que le cœur du grain.

Le riz poli est un travail de patience : plusieurs dizaines d'heures de meulage pour un grand Daiginjo.

LE RITUEL

L'art de servir le saké

Un saké fin se sert frais, jamais chaud : la chaleur détruirait les arômes floraux et fruités qui font tout son prix.

1

Le dosage

Versez une dose de saké, 2 à 3 cl, dans un grand verre.

2

Cinq volumes d'eau

Allongez de 5 volumes d'eau bien fraîche : le fameux « 1 pour 5 ».

3

Jamais chaud

Le service chaud est réservé aux sakés simples : il détruirait ce parfum.

4

Les glaçons en dernier

Ajoutez la glace après l'eau, jamais avant, pour ne pas figer les arômes.

Astuce : servez-le en verre à vin plutôt qu'en coupelle, les arômes s'ouvrent bien mieux.

Sélection goûtée

Choisi et validé par le caviste Trinquay.

Style & usage

Saké de table, à servir frais ou légèrement tempéré selon le style.

Origine

Yamaguchi (Iwakuni), Honshu, Japon

LA BRASSERIE

Asahi Shuzo (Dassai Inc.)

Asahi Shuzo est installée à Iwakuni, dans les montagnes de la préfecture de Yamaguchi, sur un site brassicole en activité depuis le XVIIIe siècle. La famille Sakurai reprend l'affaire à l'ère Meiji ; la société Asahi Shuzo est constituée en 1948. Sous l'impulsion de Hiroshi Sakurai, arrivé à sa tête en 1984, la maison abandonne le saké de consommation courante pour ne produire que du Junmai Daiginjo, sous la marque Dassai. Elle brasse toute l'année, sans toji saisonnier, et est aujourd'hui dirigée par Kazuhiro Sakurai, quatrième génération.

Découvrir la brasserie →
Asahi Shuzo (Dassai Inc.)

À TABLE

Les accords du saké

Sans acidité mordante ni tanin, le saké accompagne les produits de la mer là où le vin blanc peut les heurter.

Caviar

Caviar

L'accord de démonstration : sa minéralité et sa texture soyeuse répondent au gras iodé sans jamais le couvrir.

Chair de crabe

Chair de crabe

Une chair sucrée et délicate, qui demande un saké capable de finesse plutôt que de puissance.

Chocolat noir

Chocolat noir

Sur la finale, un accord inattendu que la longueur de cette cuvée rend possible. À réserver aux amateurs curieux.

LA FICHE

Caractéristiques

Degré

16.0% vol.

Contenance

72cl

Catégorie

Junmai Daiginjo (nihonshu)

Préfecture

Yamaguchi (Iwakuni), Honshu, Japon

Riz

Yamada Nishiki

Service

Frais, entre 6 et 12 °C, dans un verre à vin blanc pour concentrer les arômes.

Pays

Japon