Armagnac · Bas-Armagnac
Delord · 1924
Delord Armagnac 1924
France
70 cl
Ugni blanc, Colombard, Folle blanche, Baco
moped_package Livré entre le et le
Distillé en 1924, ce Bas-Armagnac Delord a traversé plus d'un siècle avant de rejoindre votre verre.
Trouver aujourd'hui une bouteille datée de 1924 relève du miracle patrimonial : les stocks de vieux millésimes s'épuisent inexorablement, et chaque flacon vendu ne sera jamais remplacé. Cette eau-de-vie de raisin appartient à la catégorie des armagnacs hors d'âge, réservée aux distillats qui ont dormi des décennies en fût de chêne. Sa rareté en fait autant un spiritueux de dégustation qu'une pièce de collection.
À la différence d'un assemblage, un armagnac millésimé provient d'une seule année de vendange, ici 1924. Le vin blanc de base, issu des quatre cépages traditionnels de l'appellation (ugni blanc, colombard, folle blanche et baco), a été distillé à l'alambic armagnacais l'hiver suivant la récolte. Rien n'a été ajouté ni corrigé : la bouteille livre le portrait fidèle d'un terroir de sables fauves et d'une saison gasconne figés dans le temps.
Installée à Lannepax, au cœur du Bas-Armagnac, la Maison Delord distille depuis 1893, quand Prosper Delord parcourait les fermes du Gers avec son alambic ambulant. Cette longévité familiale explique qu'elle conserve encore quelques fûts de millésimes aussi anciens, patiemment vieillis dans ses chais. Peu de maisons peuvent aligner une telle profondeur de cave.
Un siècle passé sous le bois façonne une eau-de-vie d'une intensité que rien n'imite. Le rancio, signature oxydative des distillats très anciens, domine ici chaque étape de la dégustation.
La robe est acajou profond, aux reflets bruns et sombres, dense, huileuse et infiniment concentrée. Le nez, marqué par un très grand âge, déploie un rancio somptueux mêlant pruneau, cuir ancien, épices, cacao, noix et vieux bois précieux. C'est un parfum de chai centenaire, chaud et enveloppant, qui se dévoile par couches successives.
En bouche, la plénitude est majestueuse : la matière, veloutée et concentrée, laisse le rancio dominer un festin de fruits confits, d'épices et de torréfaction. La finale semble ne jamais s'éteindre, tapissant longuement le palais de cuir et d'épices douces. Un armagnac de méditation, à savourer lentement.
Après un si long séjour en fût, l'eau-de-vie affiche un degré assagi de 40 % vol, une force ronde qui a perdu toute agressivité. Les décennies d'évaporation, la part des anges chère aux chais gascons, ont concentré les arômes et arrondi l'alcool. Le résultat est un distillat souple, sans la moindre brûlure, où seule l'intensité aromatique rappelle sa grande puissance d'origine.
Une eau-de-vie de cette valeur mérite un service à sa hauteur, qui en révèle toute l'ampleur aromatique.
Servez ce Bas-Armagnac à température ambiante, entre 18 et 20 °C, dans un verre tulipe ou un ballon qui concentre les arômes. Nul besoin de carafer : laissez simplement le distillat s'ouvrir quelques minutes dans le verre.
En digestif, il accompagne un foie gras mi-cuit des Landes, dont l'onctuosité épouse le rancio et les fruits confits. Il dialogue aussi avec la fumée d'un cigare, ou se prolonge sur un dessert de pruneau d'Agen et de chocolat noir intense. Autant de façons de célébrer un flacon devenu introuvable.
L'ART DE L'ARMAGNAC
L'armagnac est la plus ancienne eau-de-vie de France, née au cœur de la Gascogne — dans le Gers, les Landes et le Lot-et-Garonne. On y distille un vin blanc issu de cépages locaux — folle blanche, ugni blanc, baco et colombard — dans un alambic armagnacais continu, à chauffe unique, qui préserve toute la richesse aromatique de l'eau-de-vie.
Le temps fait le reste : des années, souvent des décennies, en fût de chêne de Gascogne. Le bois lui donne sa robe ambrée, ses notes de pruneau, de vanille et de rancio. Trois crus — Bas-Armagnac, Ténarèze et Haut-Armagnac — et surtout la tradition du millésime, où chaque année de récolte est mise en bouteille séparément, font de l'armagnac une eau-de-vie de collection et de partage.
À LA DÉGUSTATION
LES CRUS
Trois crus se partagent la Gascogne : le Bas-Armagnac, sur ses sables fauves, donne les eaux-de-vie les plus fines et fruitées ; la Ténarèze, plus corsée et structurée ; le Haut-Armagnac, plus rare.
LE MILLÉSIME
Un armagnac millésimé ne provient que d'une seule récolte. Le sceau porte l'empreinte de son année — des décennies de fût scellées dans la bouteille.
Un millésime porte l'année de la récolte : offrir un armagnac né l'année d'une naissance, c'est offrir le temps lui-même.

À DÉGUSTER
Un vieil armagnac se savoure d'abord seul, chambré dans un verre tulipe — puis s'accorde aux plaisirs de la table gasconne : foie gras, pruneau à l'armagnac, chocolat noir ou cigare.

Un foie gras des Landes mi-cuit trouve dans le rancio et les fruits confits de l'armagnac un écho gascon parfait, où la rondeur de l'eau-de-vie prolonge l'onctuosité du foie.

Les notes de cuir, de tabac et d'épices d'un vieux millésime dialoguent avec la fumée d'un beau cigare, chacun rehaussant la longueur de l'autre.

Le pruneau d'Agen et un chocolat noir intense reprennent les arômes de fruits confits et de cacao de l'armagnac, pour un accord de terroir gourmand et profond.
LA FICHE
Degré
40.0 % vol.
Contenance
70 cl
Type
Armagnac
Cru
Bas-Armagnac
Région
Bas-Armagnac
Pays
France
Service
Servir à température ambiante (18-20 °C), dans un verre tulipe ou un ballon à armagnac pour concentrer les arômes.
Maison
Maison Delord
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