Soft · Belgique
Erasmus Bond · Dry Ginger
Erasmus Bond Dry Ginger
Belgique
20 cl
Oui : sucre
moped_package Livré entre le et le
Le mot tonic figure partout sur ce rayon, mais celui-ci n'en est pas un : il ne contient pas de quinine.
La confusion est courante et vaut la peine d'être levée d'emblée. Cette petite bouteille belge n'est pas un tonic mais un ginger ale sec, c'est-à-dire un soda au gingembre construit pour accompagner un alcool plutôt que pour se boire seul. La différence n'est pas de vocabulaire : elle change la façon dont le verre se comporte, puisque l'amertume vient ici du gingembre et des épices, et non de l'écorce de quinquina. C'est ce qui en fait un allongeur plus large qu'un tonic classique.
La marque produit par ailleurs des tonics, et ceux-là portent explicitement la mention de boisson à la quinine. Ce Dry Ginger, lui, ne la porte pas, et sa composition le confirme : aucune quinine n'y figure. La conséquence en bouche est nette. Un tonic apporte une amertume sèche et persistante qui structure le verre mais fatigue vite sur les alcools vieillis ; le gingembre, lui, apporte du piquant et de la chaleur, sans cette amertume de fond. Le champ des mélanges s'en trouve élargi.
La liste est courte : eau minérale naturelle gazéifiée, sucre, acide citrique, arôme naturel de gingembre, autres arômes naturels, colorant E150d. L'eau minérale gazéifiée donne une bulle fine et tenace, le sucre reste dosé bas pour un soda, et l'acide citrique apporte le tranchant qui empêche l'ensemble de coller au palais. C'est une construction de mixer, pensée pour être versée sur un alcool : trop de sucre déséquilibrerait le verre, trop peu d'acidité le rendrait mou.
Le gingembre arrive ici sous forme d'arôme naturel, complété par d'autres arômes naturels : il n'y a ni jus pressé, ni racine entière dans la bouteille. Ce n'est pas un défaut, c'est un choix de fabrication qui garantit un profil identique d'une bouteille à l'autre, ce que cherche un bar. Le rendu en bouche reste franchement épicé, sans les fibres ni la sédimentation d'un jus de racine, et la boisson se conserve limpide et stable.
La maison publie une fiche de dégustation en trois temps, du nez à la finale, ce qui est rare pour un soda et dit assez comment elle envisage son produit : comme un ingrédient à goûter, pas comme un simple diluant.
Le nez ouvre sur un gingembre épicé, accompagné d'une note de sucre demerara et, en fond, d'un léger zeste de citron vert. Cette dernière touche compte plus qu'il n'y paraît : elle apporte la fraîcheur qui empêche le nez de rester uniquement sur l'épice chaude. C'est déjà l'annonce du profil d'ensemble, sec et relevé, à mille lieues des ginger ales très sucrés dans lesquels le gingembre se réduit à un souvenir.
La bouche déploie des épices chaleureuses, poivre cubèbe noir et cannelle, autour d'un gingembre qui donne l'impression d'avoir été fraîchement coupé. L'acidité citrique est équilibrée par une juste dose de sucre, sans jamais basculer d'un côté ou de l'autre. La finale porte sur le gingembre confit et le citron frais, plus longue que celle d'un soda ordinaire. C'est cette persistance qui permet au produit de tenir face à un alcool sans se faire effacer dès la deuxième gorgée.
Le service se fait entre 6 et 8 °C, sur un verre déjà rempli de glace, et le format de 20 cl correspond exactement à un long drink monté avec quatre centilitres de spiritueux. C'est la bonne unité pour un mixer : une bouteille, un verre, aucune bouteille entamée qui perd sa bulle au réfrigérateur. La marque est belge, relancée par un importateur de spiritueux qui cherchait des allongeurs capables de tenir tête à la variété des bouteilles d'aujourd'hui, et son nom vient du dépôt, à Londres en 1858, du brevet d'une boisson tonique gazéifiée.
Le producteur publie ses propres associations, ce qui est assez rare pour qu'on s'y tienne plutôt que d'improviser. Trois familles d'alcools y reviennent, et elles ont un point commun : ce sont des spiritueux qui ont du fond.
La maison fait de ce Dry Ginger le compagnon des mixed drinks au gingembre, et le whisky vient en tête de sa liste. Le principe est simple : le piquant sec du gingembre relève la céréale et le fût sans les sucrer, là où un soda plus doux les empâterait. Le mélange fonctionne aussi bien sur un blend que sur un single malt rond, et supporte un dosage généreux en spiritueux, puisque la bouteille garde de la longueur en finale.
Le rhum figure également parmi les spiritueux que la maison conseille. Le gingembre frais en prolonge les notes de canne sans les sucrer, ce qui donne un verre plus sec que les associations habituelles entre rhum et soda au gingembre. L'acidité citrique fait le reste du travail, et l'on peut se dispenser d'ajouter le moindre agrume, même si un trait de citron vert ne nuit jamais. À servir très froid, sur beaucoup de glace.
Le cognac est le troisième mélange recommandé par la maison, et c'est probablement le plus intéressant, parce qu'il est le moins attendu. Les épices chaudes du gingembre, poivre cubèbe et cannelle en tête, répondent aux notes de fruits secs de l'eau-de-vie de vin au lieu de les contredire. Le verre gagne en fraîcheur ce que le cognac perd en concentration, sans que sa trame disparaisse. Nous ne référençons qu'une seule des quatre bouteilles de la marque, et c'est celle-ci.
LE JUS D'UN CAVISTE
Un jus de fruit se juge comme un vin : sur la variété, sur la maturité à la récolte et sur ce qu'on n'y a pas ajouté. Un pur jus contient cent pour cent de fruit et rien d'autre ; un nectar est dilué et sucré. C'est cette distinction, invisible en rayon, qui sépare une bouteille de cave d'une brique de supermarché.
À LA DÉGUSTATION

Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Cocktail · apéritif · long drink
Belgique
LA FICHE
Alcool
Sans alcool
Contenance
20cl
Type
Tonic
Sucres ajoutés
Oui : sucre
Service
Bien frais, 6-8 °C
Origine
Belgique
Pays
Belgique
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