Pour découvrir la distillerie
Erasmus Bond · Dry GingerSec et franchement épicé, l'Erasmus Bond Dry Ginger est un ginger ale belge sans quinine : gingembre fraîchement coupé, poivre cubèbe et cannelle, pour allon...
DISTILLERIE
Un brevet déposé à Londres en 1858, une relance belge par un importateur de spiritueux, et quatre mixers pensés pour tenir tête aux gins d'aujourd'hui. Portrait d'Erasmus Bond, et de son Dry Ginger, le seul de la gamme que nous ayons retenu.
Derrière le nom d'Erasmus Bond se cachent deux histoires : un brevet londonien de 1858 et une marque belge de mixers relancée pour tenir tête aux gins d'aujourd'hui. Voici celle de la maison, et celle de la seule bouteille que nous ayons retenue.
La marque appartient à cette petite famille de maisons qui ne distillent rien mais dont le nom figure sur presque tous les comptoirs de bars. Elle ne produit ni gin, ni whisky, ni liqueur : elle fabrique ce qui les allonge, et revendique pour cela une filiation directe avec l'invention du tonic.
Le 28 mai 1858, un Londonien du nom d'Erasmus Bond dépose le brevet d'une « improved aerated tonic liquid », une eau gazeuse amère chargée de quinine. La quinine, tirée de l'écorce de quinquina, circulait depuis un siècle environ comme remède contre les fièvres ; l'idée neuve fut de la rendre pétillante, légèrement sucrée et buvable au verre.
Ce brevet est l'acte de naissance du tonic water tel que nous le connaissons. Le gin tonic, lui, viendra ensuite, quand les officiers britanniques prirent l'habitude d'adoucir leur ration quotidienne d'amer avec une rasade de genièvre, un zeste de citron et quelques glaçons.
La marque contemporaine est belge. Elle a été relancée par Mario Groteklaes, importateur de spiritueux, qui constatait un déséquilibre simple : le rayon des gins s'était couvert de dizaines d'expressions très différentes, quand les eaux toniques disponibles se ressemblaient à peu près toutes.
Sa réponse ne fut pas de chercher le tonic universel, mais de bâtir une petite gamme de mixers aux profils distincts, chacun pensé pour une famille de spiritueux. La maison anime depuis des masterclasses de dégustation avec des barmen qu'elle appelle ses « Guardians of Gin & Tonic », et publie une liste de près de quarante bouteilles qu'elle recommande d'associer à ses références.
Le point mérite d'être posé clairement, puisque cet article vit dans un guide des distilleries : Erasmus Bond ne possède pas d'alambic. Il n'y a ici ni distillation, ni moût, ni fermentation, ni vieillissement sous bois.
C'est une maison de boissons gazeuses, avec le savoir-faire propre à cet exercice : le dosage du sucre, la finesse de la bulle, la tenue des arômes dans le verre une fois la glace ajoutée. Un mixer raté noie le spiritueux ; un mixer juste le laisse s'exprimer. Toute la marque tient dans cette nuance.
Pour découvrir la distillerie
Erasmus Bond · Dry GingerSec et franchement épicé, l'Erasmus Bond Dry Ginger est un ginger ale belge sans quinine : gingembre fraîchement coupé, poivre cubèbe et cannelle, pour allon...
La gamme compte quatre références, toutes en petites bouteilles de 20 cl, un format qui évite d'ouvrir un litre pour un seul verre et garde la boisson bien pétillante jusqu'à la dernière goutte. Trois sont des tonics, la quatrième n'en est pas un.
Le Classic Tonic joue l'équilibre traditionnel entre l'amertume de la quinine et la douceur du sucre. La maison le destine aux gins de facture classique, les London Dry et les distillats délicats dont il ne faut pas écraser les botaniques.
Le Dry Tonic pousse le curseur vers la sécheresse : moins de rondeur, plus d'amer franc. Il vise les gins puissants, très chargés en genièvre ou en épices, ceux qui résisteraient sans mal à une eau tonique plus sucrée et qui gagnent au contraire à être soutenus par un fond plus austère.
Troisième tonic de la gamme, le Botanical vise les distillats les plus inhabituels : gins floraux, spiritueux complexes aux arômes de fleurs, d'agrumes fins ou de fruits. Là où le Dry Tonic appuie, celui-ci accompagne.
C'est la référence la plus difficile à écrire pour une maison de mixers, parce qu'elle doit apporter du relief sans jamais rivaliser avec ce qu'elle allonge. Elle illustre bien le parti pris de la marque : quatre profils plutôt qu'une eau tonique à tout faire.
Nous ne proposons qu'une seule des quatre bouteilles de la maison, le Dry Ginger. Ce n'est ni un oubli ni le début d'une gamme complète : c'est la référence qui nous a paru la plus utile à côté de nos spiritueux, et les trois tonics ne figurent pas à notre catalogue.
Autant le dire franchement plutôt que de laisser croire à un rayon Erasmus Bond bien fourni. Si la gamme devait s'élargir un jour, ce serait un choix assumé, pas un état de fait à sous-entendre aujourd'hui.
La bouteille est rangée avec les tonics par commodité, mais la lecture de l'étiquette tranche : eau minérale naturelle gazéifiée, sucre, acide citrique, arôme naturel de gingembre, autres arômes naturels et colorant E150d. Pas de quinine, donc pas de tonic au sens strict, mais un ginger ale sec.
Le nez ouvre sur un gingembre épicé, avec une douceur de sucre demerara et un léger zeste de citron vert en fond. Rien de confiseur : la première impression est celle d'une racine fraîchement coupée plutôt que d'un bonbon.
La bouche confirme, sur des épices chaleureuses où se lisent le poivre cubèbe noir et une pointe de cannelle, avec une acidité citrique tenue en équilibre par une juste dose de sucre. La finale revient sur le gingembre confit et le citron frais, avec un piquant léger et net qui ne brûle pas les papilles.
La maison revendique une teneur en sucre inférieure à celle de la plupart des boissons au gingembre du marché, et c'est le point qui change tout à l'usage. Un soda trop sucré transforme n'importe quel long drink en limonade parfumée et efface le travail du distillateur.
Ici, la sécheresse laisse le spiritueux occuper le premier plan. La bulle reste vive, l'amertume est légère et vient du gingembre lui-même plutôt que d'une écorce amère ajoutée, et le verre garde sa fraîcheur jusqu'au bout sans jamais devenir gourmand.
La règle tient en peu de mots : bien frais, entre 6 et 8 °C, dans un verre déjà rempli de glaçons pleins plutôt que de glace pilée, qui fond trop vite et dilue tout.
La bouteille se verse doucement le long de la paroi pour préserver le pétillant, et le spiritueux s'ajoute ensuite. Un zeste ou une rondelle de citron vert suffit à l'habillage ; les feuilles de menthe, le concombre ou le romarin conviennent selon ce que l'on allonge, mais le gingembre porte déjà beaucoup d'arômes à lui seul.
Un mixer ne se juge jamais seul. Il se juge à côté de ce qu'il accompagne, et cette maison a la particularité de recommander nommément une large sélection de bouteilles pour chacune de ses références. Voici comment son Dry Ginger se situe dans le paysage des alcools.
C'est du gin tonic que vient toute la marque, et la comparaison est éclairante. Le gin est un distillat neutre redistillé avec des botaniques dont le genièvre est le pivot obligé, auxquelles s'ajoutent selon les maisons la coriandre, l'écorce d'agrume, la racine d'angélique ou la cardamome.
Le tonic lui répond par l'amertume de la quinine, le Dry Ginger par le piquant de la racine. Le second donne un verre plus épicé et moins amer, et convient aux gins que la quinine aurait tendance à masquer.
La maison recommande son Dry Ginger avec le whisky, et l'accord se comprend : un single malt ou un blend passé par le fût de chêne apporte des notes de malt, de vanille et de caramel que les épices du gingembre relèvent sans les sucrer davantage. Le bourbon, plus rond et plus vanillé encore, réagit de la même façon.
Le cognac et le calvados figurent également dans ses conseils. Ces eaux-de-vie, distillées puis vieillies, offrent des notes de fruits secs et de pomme cuite auxquelles les épices chaudes répondent bien. L'armagnac, cousin gascon du cognac, se prête au même exercice.
Le rhum figure nommément parmi les spiritueux conseillés, et le rhum agricole en particulier : distillé à partir du jus de canne frais plutôt que de la mélasse, il garde un caractère végétal que le gingembre frais prolonge naturellement. La cachaça brésilienne, proche par la matière première, suit la même logique.
La tequila et le mezcal complètent la liste. C'est de ces accords qu'est né le mule, ce long drink élémentaire fait d'un alcool, d'un ginger et d'un trait de jus de citron vert, décliné à la vodka comme au rhum ou au whisky selon les bars.
La confusion est courante, elle vaut d'être levée. Une liqueur, la chartreuse ou une liqueur de gentiane par exemple, est un alcool sucré et aromatisé : elle titre, et se boit en digestif ou entre dans un cocktail à petite dose. Un vermouth est un vin aromatisé, un amer une macération amère alcoolisée.
Un sirop, lui, est un concentré de sucre à diluer, sans bulle et sans alcool. Le mixer occupe une troisième place : boisson gazeuse prête à verser, sans alcool, dosée pour représenter l'essentiel du volume du verre. C'est la raison pour laquelle sa teneur en sucre pèse autant sur le résultat final.
Non, pas au sens strict. Une eau tonique se définit par la présence de quinine, qui lui donne son amertume caractéristique. Le Dry Ginger n'en contient pas : sa liste d'ingrédients ne mentionne que de l'eau minérale gazéifiée, du sucre, de l'acide citrique, des arômes naturels et un colorant.
C'est un ginger ale sec, et le ranger parmi les tonics relève d'un classement de rayon plutôt que d'une définition. Les trois vrais tonics de la maison sont le Classic, le Dry et le Botanical.
Non. C'est une boisson gazeuse sans alcool, au même titre qu'un soda, une limonade ou une eau tonique. L'alcool d'un gin tonic ou d'un mule vient exclusivement du spiritueux que l'on y ajoute.
Elle se boit donc très bien seule, bien fraîche, comme une boisson rafraîchissante à part entière, ce que font volontiers ceux qui cherchent un apéritif sans alcool un peu plus intéressant qu'un jus de fruits.
Le mule reste la valeur sûre : un spiritueux, le ginger, un trait de jus de citron vert, des glaçons et rien d'autre. Il se décline à la vodka, au rhum, au whisky ou à la tequila, et se monte directement dans le verre, sans shaker.
Au-delà, le gingembre s'entend avec le bourbon allongé, avec un cognac en long drink, et supporte les garnitures fraîches : rondelle de citron, feuilles de menthe, bâton de cannelle en saison froide. À déguster avec modération, comme tout ce qui contient de l'alcool.
QUESTIONS FRÉQUENTES
Par l'embouteillage de base, celui que la distillerie produit toute l'année. Il dit son style sans la rareté d'une série limitée, et si elle plaît, les versions au-dessus tiennent la même ligne. Le repère « à partir de » en tête de gamme donne la moins chère du moment.
Un spiritueux ne vieillit plus une fois en bouteille, mais il s'oxyde une fois ouvert. Debout, bouchon serré, à l'abri de la lumière : comptez quelques mois sans changement net, puis une perte d'arômes d'autant plus rapide que la bouteille se vide.
Oui, le calage anti-casse tient six bouteilles par colis, panachées ou non, vins et spiritueux mélangés. La livraison est offerte dès 100 € en point relais, hors Corse.