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Saké · Hiroshima (Saijo, Higashi-Hiroshima)

Kamoizumi · Hajime

Kamoizumi Hajime

Saké
15.0% vol.
30 cl

« Hajime » veut dire « le premier » : la bouteille d'initiation de Kamoizumi, ronde et umami.

globe

Japon

experiment

30 cl

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Junmai (saké de riz pur, sans adjonction d'alcool)

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Le Kamoizumi Hajime est un saké japonais de catégorie junmai, élaboré à Saijo, dans la préfecture d'Hiroshima, par la maison Kamoizumi Shuzo.

Le Kamoizumi Hajime, un saké junmai pour commencer

Hajime signifie « le premier » en japonais, et la brasserie a conçu cette bouteille exactement dans cet esprit : celle par laquelle on entre dans son univers. C'est une porte d'entrée assumée, pensée pour ceux qui veulent déguster un saké de riz pur sans passer par une cuvée d'exception. La maison Kamoizumi Shuzo, fondée en 1912 à Saijo par Juichi Maegaki, s'est construite sur ce style-là et le défend depuis plus d'un siècle.

Le junmai, un saké de riz, de koji et d'eau sans alcool ajouté

La mention junmai désigne un saké élaboré uniquement à partir de riz, d'eau et de riz koji, ensemencé par la culture Aspergillus oryzae. Aucun alcool distillé n'est ajouté au moment de la mise en bouteille : tout ce que l'on trouve dans le verre vient de la fermentation du riz. Kamoizumi a fait de ce principe sa signature dès la fin des années 1960, à une époque où la quasi-totalité du marché japonais reposait sur des sakés additionnés d'alcool, ce qui a valu à la maison une réputation de pionnière.

Une robe légèrement jaune, signature d'un saké non filtré

La brasserie refuse la filtration au charbon, une pratique courante destinée à décolorer et à lisser les sakés. Le Kamoizumi Hajime conserve donc une robe légèrement jaune, presque dorée, qui surprend qui s'attend à une transparence absolue. Cette teinte n'est pas un défaut : elle signale que les composés issus du riz et de la fermentation n'ont pas été retirés, et elle annonce une matière plus ample en bouche, chargée d'umami.

Le riz, le koji et la fermentation d'un saké d'Hiroshima

Le saké naît d'un travail qui n'a pas d'équivalent direct chez nous : il faut d'abord rendre l'amidon du riz fermentescible, puis conduire la fermentation alcoolique à basse température, sur plusieurs semaines.

Un polissage à 75 %, la part du grain que l'on garde

Le taux de polissage indique la proportion de grain conservée après meulage. Ici, il s'établit à 75 % : un quart du riz a été retiré, l'essentiel des couches extérieures les plus riches en protéines et en matières grasses. C'est un polissage volontairement modéré, qui laisse au saké de la chair, de la rondeur et une saveur de céréale nette, là où des polissages beaucoup plus poussés visent la finesse et la pureté aromatique. Kamoizumi maîtrise d'ailleurs les deux registres : la maison avait fait sensation au début des années 1970 en signant un junmai poli à 60 %, un niveau inédit pour l'époque, reconnu dans tout le pays.

Les levures, le moût et la fermentation alcoolique

Le koji convertit l'amidon en sucres, que les levures transforment ensuite en alcool au sein d'un même moût : les deux opérations avancent en parallèle, ce qui explique la richesse et la densité de saveurs obtenues. Cette fermentation lente et fraîche donne un saké dense et rond, proposé ici en format 30 cl.

L'eau de source de Saijo et le terroir d'Hiroshima

Saijo compte parmi les trois grandes villes brassicoles du Japon, aux côtés de Nada et de Fushimi, et cette réputation tient d'abord à son eau. Le nom même de la maison associe Kamo, la région, et izumi, la source, en référence à l'eau de Myoga Shimizu utilisée pour le brassage. La direction actuelle, assurée depuis 2019 par Kazuhiro Maegaki, quatrième génération, continue de défendre ce terroir et la pureté de cette ressource.

La dégustation du Kamoizumi Hajime, du nez à la finale

Un nez fumé et fruité aux notes de champignon

Le premier nez joue sur un registre inattendu, à la fois fumé et fruité, avec des notes de champignon qui donnent immédiatement au saké une identité forestière et automnale. C'est un bouquet de caractère, plus terrien que floral, dans la lignée des sakés non filtrés.

Une bouche ronde sur les fruits blancs, la poire et la pêche

L'attaque en bouche est ronde et enveloppante. Les arômes de fruits blancs dominent, avec la poire et la pêche en première ligne, prolongés par une pointe poivrée et une amertume délicate qui empêche l'ensemble de basculer dans la douceur. L'umami du riz s'exprime pleinement, sans jamais alourdir la matière.

Une finale élégante portée par une acidité franche

C'est l'acidité qui referme la dégustation : nette, franche, elle nettoie le palais et laisse une impression résolument sèche. La finale est élégante et persistante, avec un bel équilibre entre la rondeur du riz et cette fraîcheur tranchante. Une réussite reconnue par une médaille d'or au Concours national du saké chaud en 2018.

Le Kamoizumi Hajime parmi les alcools, des vins blancs secs aux eaux-de-vie

Saké et vins blancs secs, deux fermentations à comparer

Le rapprochement avec les vins blancs secs est tentant, et il est utile jusqu'à un certain point : dans les deux cas, on obtient une boisson par fermentation alcoolique, et l'on retrouve un vocabulaire de dégustation commun, fait d'arômes de fruits, de fraîcheur, d'acidité et de finesse. Mais la matière première n'a rien à voir. Un vin blanc naît des raisins de la vigne, avec ses cépages, ses vendanges, son millésime, son appellation et ses coteaux ; le saké, lui, part du grain de riz et du koji. Là où le vigneron parle de vinification et de cuve, le brasseur parle de polissage et de moût de riz.

Ni distillation ni élevage en fûts de chêne, ce qui sépare le saké des spiritueux

Le Kamoizumi Hajime n'est pas non plus un spiritueux. Le whisky, le rhum, le gin ou les eaux-de-vie de fruits passent tous par un alambic : c'est la distillation qui les définit et qui les porte à des degrés bien supérieurs. Beaucoup poursuivent ensuite un vieillissement en barriques, où le chêne apporte vanille et notes boisées. Rien de tel ici : ce saké ne connaît ni alambic ni fûts, et son degré modéré le place très loin des liqueurs et des digestifs.

Le service et les accords, du saké frais au saké tiède

Sa vraie particularité tient à sa plage de service, exceptionnellement large : on peut le boire frais, autour de 10 °C, ou tiède, jusqu'à 40 °C, et le profil change du tout au tout selon le choix. Frais, il gagne en tension et fonctionne à l'apéritif ; tiède, sa rondeur et son umami se déploient, ce qui explique sa distinction en concours de saké chaud. À table, il accompagne des petites gambas au curry de lait de coco, un fromage de chèvre frais de type brocciu, des poissons grillés ou des bouillons et plats mijotés, ces derniers appelant naturellement un service chaud. Trinquay vous invite à tester les deux températures sur une même bouteille : c'est le meilleur moyen de comprendre ce que ce saké a dans le ventre.

L'ESPRIT DU SAKÉ

Le saké, l'art du riz fermenté

Né du riz, de l'eau et d'un champignon nommé kōji, le saké n'est ni un alcool distillé ni un vin : c'est une fermentation à part, propre au Japon, où le grain est d'abord poli puis converti en sucre avant de fermenter.

Tout se joue sur le polissage. Plus on retire les couches externes du grain, plus le saké gagne en finesse et en arômes floraux. C'est ce chiffre, le seimaibuai, qui classe les sakés entre eux.

À LA DÉGUSTATION

Œil, nez et bouche

L'œil

Robe legerement jaune a reflets dores, consequence du refus de la filtration au charbon pratiquee par la maison.

Le nez

Nez fume et fruite, ponctue de notes de champignon.

La bouche

Bouche ronde sur les fruits blancs, la peche et la poire, avec une pointe poivree et une amertume delicate.

LA MATIÈRE

Les ingrédients du saké

Quatre ingrédients, pas un de plus : du riz, de l'eau, le kōji qui transforme l'amidon en sucre, et la levure qui fermente.

rizriz koji (Aspergillus oryzae)eau

LA CLASSIFICATION

Le polissage

Le seimaibuai indique la part du grain conservée après polissage. Plus le chiffre est bas, plus le saké est raffiné : 70 % pour un Honjozo, 60 % pour un Ginjo, 50 % ou moins pour un Daiginjo.

Honjozo · 70 %

Le grain garde ses couches externes : style franc et droit.

Ginjo · 60 %

Un tiers du grain retiré : les arômes floraux apparaissent.

Daiginjo · 50 %

La moitié du grain disparaît : la finesse domine.

Junmai Daiginjo · 45 %

Poli au-delà du Daiginjo : il ne reste que le cœur du grain.

Le riz poli est un travail de patience : plusieurs dizaines d'heures de meulage pour un grand Daiginjo.

LE RITUEL

L'art de servir le saké

Un saké fin se sert frais, jamais chaud : la chaleur détruirait les arômes floraux et fruités qui font tout son prix.

1

Le dosage

Versez une dose de saké, 2 à 3 cl, dans un grand verre.

2

Cinq volumes d'eau

Allongez de 5 volumes d'eau bien fraîche : le fameux « 1 pour 5 ».

3

Jamais chaud

Le service chaud est réservé aux sakés simples : il détruirait ce parfum.

4

Les glaçons en dernier

Ajoutez la glace après l'eau, jamais avant, pour ne pas figer les arômes.

Astuce : servez-le en verre à vin plutôt qu'en coupelle, les arômes s'ouvrent bien mieux.

Sélection goûtée

Choisi et validé par le caviste Trinquay.

Style & usage

Saké de table, à servir frais ou légèrement tempéré selon le style.

Origine

Hiroshima (Saijo, Higashi-Hiroshima)

LA BRASSERIE

Kamoizumi Shuzo

Kamoizumi Shuzo a ete fondee en 1912 a Saijo, dans la prefecture d'Hiroshima, par Juichi Maegaki, alors age de 23 ans et jusque-la negociant en riz avec son pere. Le nom associe Kamo, la region, et izumi, la source, en reference a l'eau de source Myoga Shimizu utilisee pour le brassage. Saijo est consideree comme l'une des trois grandes villes brassicoles du Japon, avec Nada et Fushimi. La maison s'est fait connaitre en pionniere du style junmai : a une epoque ou le marche etait domine par les sakés additionnes d'alcool, elle revient au riz seul et signe au debut des annees 1970 un saké tres poli qui lui vaut une reconnaissance nationale. Elle refuse la filtration au charbon, ce qui donne a ses sakés leur robe doree caracteristique et leur profil ample et charge en umami. La presidence est assuree depuis novembre 2019 par Kazuhiro Maegaki, quatrieme generation.

Découvrir la brasserie →
Kamoizumi Shuzo

À TABLE

Les accords du saké

Sans acidité mordante ni tanin, le saké accompagne les produits de la mer là où le vin blanc peut les heurter.

Gambas au curry de coco

Gambas au curry de coco

Sa rondeur et son umami encaissent les épices douces, là où un blanc sec se ferait effacer.

Chèvre frais

Chèvre frais

Le lactique du fromage et le grain du saké non filtré se répondent, un accord de contraste réussi.

Yakitori et brochettes grillées

Yakitori et brochettes grillées

Servi tiède, il épouse le caramélisé de la sauce et la fumée du gril. C'est son terrain de prédilection.

LA FICHE

Caractéristiques

Degré

15.0% vol.

Contenance

30cl

Catégorie

Junmai (saké de riz pur, sans adjonction d'alcool)

Préfecture

Hiroshima (Saijo, Higashi-Hiroshima)

Polissage

75 %

Service

De frais (10 °C) a tiede (autour de 40 °C) : la maison revendique cette amplitude, le saké ayant recu une medaille d'or au Concours national du saké chaud (Kansake Contest) 2018.

Pays

Japon