Gin · Distillerie Manguin
Manguin · Oli'Gin
Oli Gin Manguin
France
70 cl
moped_package Livré entre le et le
L'Oli Gin Manguin est un gin français contemporain distillé à Avignon, où le genièvre rencontre les olives du terroir de Provence.
Le gin se définit par le genièvre, et c'est à peu près la seule contrainte que partagent toutes les bouteilles de la catégorie. Les London Dry en donnent une lecture sèche et droite, bâtie sur une poignée de botaniques classiques. L'Oli Gin Manguin appartient à la famille contemporaine, celle qui assume un ingrédient signature et construit son aromatique autour de lui. Ici, cet ingrédient est l'olive de Provence, distillée avec le genièvre et non ajoutée après coup. Le résultat reste un gin, avec la colonne vertébrale résineuse attendue, mais il déplace le curseur vers le salin.
La bouteille titre 41 % vol., un degré d'alcool atteint par réductions progressives après la distillation plutôt que d'un seul coup. Cette descente en plusieurs temps laisse au distillat le loisir de se stabiliser, et le gin passe ensuite par une maturation à l'atelier, sous des températures contrastées, avant sa mise en bouteille. Le flacon retenu à notre catalogue est un 70 cl. À ce niveau d'alcool, la matière tient l'allongement au tonic et supporte les glaçons sans se diluer en eau parfumée, ce qui compte pour un spiritueux d'apéritif. Comme toute boisson alcoolisée, il se déguste avec modération.
L'olive n'est pas une baie aromatique comme les autres. Elle amène une salinité et un registre d'épicerie fine que l'on associe d'ordinaire à la table plutôt qu'à la dégustation d'alcools. Dans un gin, elle joue le rôle d'un contrepoint : là où les agrumes tirent le verre vers le frais et les épices vers le chaud, elle installe un fond savoureux, presque umami, qui prolonge la sensation en bouche. C'est aussi ce qui rend cette bouteille lisible en apéritif : le palais reconnaît la saveur avant de nommer les botaniques.
Plusieurs variétés d'olives du terroir de Provence entrent dans la composition de ce gin. Travailler plusieurs variétés est une habitude ancienne du monde de l'olive, où chaque terroir et chaque cultivar donnent une matière première différente selon la maturité atteinte à la récolte. Les fruits sont mis en macération avec le genièvre, ce qui suppose une préparation soignée en amont, comme pour n'importe quel ingrédient destiné à passer par l'alambic. L'olive apporte ici ce que les terroirs méditerranéens donnent à leurs produits, une identité de lieu qui se lit au verre autant qu'elle se raconte sur l'étiquette.
Sous les botaniques, il y a toujours un alcool de base, et Manguin n'en publie pas la nature. La matière première est fermentée puis distillée avant même que le genièvre n'entre en jeu, selon la logique qui vaut pour tous les alcools de bouche : le moût, les levures, la fermentation, puis la chauffe. Ce support se fait discret derrière l'aromatique. Le genièvre, lui, reste le marqueur obligatoire du gin, la baie sans laquelle la catégorie n'existe tout simplement pas.
Le profil aromatique tient en trois registres : herbacé, floral et agrumes. L'herbacé prolonge le genièvre et la verdeur de l'olive, le floral se manifeste en fin de parcours, et les agrumes tiennent la ligne de fraîcheur. La famille des agrumes est vaste dans l'univers du gin, des oranges amères au pamplemousse, mais c'est ici le zeste de citron frais que l'on retrouve. Ces trois registres expliquent pourquoi la bouteille se comporte bien en cocktail, puisque chacun trouve un écho dans un tonic, un jus de citron ou un vermouth.
La fabrication commence par une macération : le genièvre et les olives passent du temps dans l'alcool avant toute chauffe, le temps que celui-ci se charge de leurs arômes. Vient ensuite une double distillation, conduite dans un alambic charentais, celui que les distillateurs de Cognac emploient pour leurs eaux-de-vie de vin. Repasser le distillat coûte du volume mais affine la matière. Le gin obtenu par distillation est ensuite ramené à son degré par réductions progressives, puis laissé mûrir à l'atelier sous des températures contrastées, sur l'île de la Barthelasse, au milieu du Rhône.
Au nez, l'ouverture est franche : le genièvre et l'olive arrivent ensemble, sans que l'un écrase l'autre. Derrière, deux notes plus fraîches se détachent, une pomme verte de verger et un zeste de citron frais, qui donnent au premier contact sa nervosité. Servi bien frais, dans un verre assez large pour laisser les parfums se déployer, le gin livre cette ouverture sans effort. C'est un nez lisible, qui annonce ce que la bouche confirme, et qui explique que la bouteille se déguste pure autant qu'elle se prête aux cocktails.
En bouche, le gin se montre salin et iodé, ce qui reste rare dans la catégorie. Le blé frais et la tapenade y portent une sensation sucrée-salée, franchement umami, qui occupe le palais au lieu de le rincer. La finale prend une autre direction et part sur la violette, avec une pointe de truffe qui prolonge ce registre savoureux. Cet enchaînement, une ouverture fraîche, puis une bouche salée, puis une finale florale, donne au gin une longueur inhabituelle, à suivre verre en main, sans glaçons ni mélange, avant de le passer en cocktail.
Le gin et la vodka partent souvent du même point, un alcool neutre tiré du grain, de la betterave ou de la pomme de terre selon les maisons. La différence se joue après. La vodka cherche la pureté et la neutralité, quitte à multiplier les filtrations, et quand elle s'écarte de cette ligne elle devient une vodka aromatisée. Le gin, lui, doit son existence à l'aromatisation par le genièvre. Une vodka française et un gin français peuvent naître du même blé et donner deux alcools blancs qui n'ont plus grand-chose en commun au verre.
Le whisky raconte une autre histoire, celle du malt et de l'orge, parfois du seigle, selon qu'il s'agit d'un single malt écossais, d'un whiskey irlandais issu d'une triple distillation ou d'un bourbon américain. Son identité ne vient pas de botaniques ajoutées mais du grain et surtout du bois : des années en fûts de chêne, en barriques de réemploi, un vieillissement qui colore l'alcool et lui apporte sa vanille et son caramel. Les whiskies se jugent à l'âge et au fût, les gins à leurs botaniques et à leur distillation.
Le rhum suit la même logique de bois à partir d'un alcool de sucre, jus de canne ou mélasse, et se décline en rhums blancs comme en versions vieillies ; la cachaça et la tequila déclinent encore d'autres matières premières. Rien de cela ne s'applique ici, puisque la maturation de ce gin se fait à l'atelier et non en barrique. C'est ce qui rend la catégorie si disponible en mixologie : un alcool clair, aromatique, sans marque de chêne, qui n'impose pas le souvenir d'un fût à la recette.
Les eaux-de-vie de fruits forment une famille à part : le kirsch tiré de la cerise, la mirabelle de Lorraine, la poire williams, la vieille prune, obtenues par fermentation puis distillation du fruit lui-même. À côté, le marc de raisin, jusqu'au marc de gewurztraminer, et la grappa italienne distillent ce que la vinification laisse, l'armagnac naît du vin, les alcools de pomme du cidre. Toutes ces eaux-de-vie partagent avec le gin l'alambic et le savoir-faire du distillateur, mais aucune ne repose sur une aromatisation : leur parfum vient directement de la matière distillée.
Les liqueurs, elles, ajoutent du sucre : crème de cassis, triple sec et curaçao, limoncello, guignolet, ratafia, ou les élixirs de plantes que sont la chartreuse et le génépi. Le vermouth part d'un vin blanc aromatisé, le pastis et la gentiane jouent sur l'amer, et tous se retrouvent au moment de l'apéritif ou du digestif. Un gin n'est ni une liqueur ni un sirop, il reste sec, et c'est cette sécheresse qui lui permet de dialoguer avec eux en cocktail sans faire basculer le verre dans le sucré.
Le service conseillé est simple : frais, en gin tonic, avec une olive ou un zeste de citron. Un verre rempli de glaçons, une part de gin allongée de tonic bien pétillante, et la garniture décide de la direction. L'olive tire le verre vers le salin et prolonge la bouche, le zeste de citron rallume les agrumes du nez. Verser l'eau gazeuse le long de la paroi garde la bulle intacte, et servir le gin très froid limite la dilution. C'est le gin tonic le plus fidèle à ce que cette bouteille propose, rafraîchissant sans trahir l'ingrédient signature.
Le dry martini est le cocktail où ce gin joue à domicile. La recette tient en deux ingrédients, du gin et un peu de vermouth, remués avec de la glace puis versés dans un verre à cocktail glacé, la garniture traditionnelle étant une olive. Autant dire que la bouteille porte sa garniture dans son aromatique. Les barmen préfèrent la cuillère au shaker sur cette recette, pour garder le liquide limpide. Remplacer le gin par de la vodka donne un vodka martini, plus neutre, où l'olive n'a plus rien à quoi répondre.
Le negroni associe le gin à un vermouth et à un amer, sur un gros glaçon et un zeste d'agrume : l'amertume y sert de colonne, et la salinité de ce gin lui répond très bien. Dans la même veine d'apéritif, un gin fizz mêle jus de citron, sirop de sucre et eau gazeuse pour un verre plus léger, et nombre de recettes de cocktails classiques acceptent la substitution sans broncher. Reste que l'olive est une signature : elle s'entend avec l'amer et l'acidité, beaucoup moins avec les liqueurs très sucrées. À déguster avec modération.
LE GIN D'UN CAVISTE
À LA DÉGUSTATION
Genièvre et olive en ouverture, avec des touches de pomme verte et de zeste de citron frais.
Saline et iodée ; le blé frais et la tapenade portent une sensation sucrée-salée umami.
Sur la violette et une pointe de truffe.
LE PROFIL
LES BOTANIQUES
LES COCKTAILS
Chaque gin de la cave porte ses trois verres, avec la liste exacte de ce qu'il faut mettre dedans. Ce ne sont pas des recettes génériques : elles changent d'une bouteille à l'autre.

Manguin Oli'Gin, tonic premium, olive, zeste de citron

Manguin Oli'Gin, vermouth dry, olive

Manguin Oli'Gin, Campari, vermouth rouge, zeste d'orange
LE SERVICE
Un gin contemporain se sert frais, allongé ou en cocktail court. La règle qui change tout tient au garnish : un zeste exprimé relance les agrumes de la distillation, là où une rondelle noyée les dilue.
Sur glace, avec un tonic premium et un zeste d'agrume. C'est le service que la maison met en avant.
Très froid, un trait de vermouth dry et un zeste de citron. Le gin y est nu, il n'a rien pour se cacher.
Citron vert, menthe fraîche et sirop de sucre, secoué. La version longue et végétale.
Un verre à pied bien froid, jamais rempli de glace pilée qui fond trop vite.
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Contemporain
Macération puis double distillation du genièvre et des olives dans un alambic charentais, réductions progressives jusqu'à 41 %, puis maturation à l'atelier sous des températures contrastées. Distillerie Manguin, sur l'île de la Barthelasse, au milieu du Rhône à Avignon.
Frais, en gin tonic avec une olive ou un zeste de citron
LA MAISON
LA FICHE
Degré
41% vol.
Contenance
70cl
Type
Contemporain
Service
Frais, en gin tonic avec une olive ou un zeste de citron
Distillation
Macération puis double distillation du genièvre et des olives dans un alambic charentais, réductions progressives jusqu'à 41 %, puis maturation à l'atelier sous des températures contrastées. Distillerie Manguin, sur l'île de la Barthelasse, au milieu du Rhône à Avignon.
Pays
France
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