Liqueur · Alsace
Nusbaumer · Liqueur de Menthe Poivrée
Liqueur de Menthe Poivrée Nusbaumer
France
70 cl
Plante & herbe
moped_package Livré entre le et le
Une liqueur de plante alsacienne où le menthol occupe toute la place, et le sucre presque aucune.
Cette bouteille de 70 cl s'écarte des liqueurs de fruits de la maison : sa base n'est pas un verger mais une plante aromatique, la menthe poivrée, associée à un sirop de sucre et à l'alcool. Elle titre 30 %, ce qui en fait l'une des plus corsées de la gamme signée par la distillerie familiale du val de Villé, en Alsace. Ce degré d'alcool plus élevé n'a rien d'anecdotique : il porte le menthol et prolonge la sensation de froid bien au-delà de ce qu'une liqueur douce obtiendrait.
La menthe poivrée est l'une des plantes aromatiques les plus puissantes du répertoire des liqueurs, et l'une des plus difficiles à doser : trop discrète, elle disparaît ; trop appuyée, elle vire au sirop de confiserie. Ici, elle est travaillée pour rester du côté de la feuille fraîche, avec la vigueur poivrée qui donne son nom à la variété. On est loin du registre des baies et des vergers : le champ aromatique est celui des infusions, des plantes médicinales et des digestifs de fin de repas.
La teneur en sucre n'est pas communiquée par la maison, mais la dégustation ne laisse aucun doute : le sirop reste en retrait et se contente d'arrondir les angles. C'est un parti pris net, à l'inverse des liqueurs de menthe très sucrées que l'on croise en bar. La plante occupe le premier plan, le sucre le second, et les 30 % assurent la liaison. Cette hiérarchie explique la fluidité du liquide et l'absence totale de sensation collante en fin de gorgée.
Le service très frais est la condition d'une bonne lecture : c'est à basse température que le menthol s'ouvre et que l'alcool s'efface. Le profil se lit en trois mots (mentholé, frais, net) et la dégustation les vérifie du premier au dernier instant. Nul besoin de carafe ni d'attente : une liqueur de plante délivre son aromatique immédiatement. Un petit verre à digestif ou un verre à eau rempli de glaçons suffisent selon l'usage recherché.
La robe est limpide et brillante, d'une fluidité qui trahit le faible dosage en sucre : le liquide coule sans traîner sur la paroi du verre. Cette fluidité est un indicateur fiable, car les liqueurs très chargées en sirop laissent au contraire des larmes épaisses. Aucun trouble, aucun dépôt : la préparation a été filtrée avant mise en bouteille. L'aspect annonce sans détour ce que confirmera le palais, une liqueur tendue plutôt qu'une préparation confite.
Le nez est franc et net, sur la menthe poivrée fraîche, sans aucune note sucrée pour l'adoucir. On y retrouve le parfum de la feuille froissée, presque végétal, plus proche d'une infusion que d'un bonbon. Cette lisibilité aromatique est rare dans la catégorie, où les arômes de synthèse imposent souvent une signature de confiserie. Ici, l'arôme reste stable au verre et supporte parfaitement l'allongement à l'eau glacée ou l'ajout d'un trait de limonade.
L'attaque est fraîche et mentholée, presque piquante : la plante s'installe d'emblée et occupe toute la bouche pendant que le sucre reste discret. Il n'y a pas de milieu de bouche gras, mais une tension continue qui rappelle la sensation d'une feuille croquée. La finale est froide et persistante sur le menthol, avec la chaleur des 30 % qui remonte ensuite, en contrepoint. Ce contraste entre froid et chaleur est la signature de la bouteille et ce qui la destine à la fin de repas.
Situer une liqueur de plante demande un détour par les grandes familles de spiritueux, tant les frontières y sont souvent floues pour l'amateur. Entre les liqueurs, les eaux-de-vie, les alcools blancs et les alcools de garde, les techniques et les usages diffèrent radicalement. Ce panorama est donné à titre de repère : il éclaire la place de cette bouteille, sans rien affirmer de sa composition, qui se limite à la menthe poivrée, au sirop de sucre et à l'alcool.
Une liqueur de fruit part d'un jus, d'une purée ou d'une eau-de-vie de fruit ; une liqueur de plante part d'une infusion ou d'une macération de feuilles, de racines ou de bourgeons. Le génépi, la gentiane, la verveine, la mélisse, la chartreuse ou la bénédictine appartiennent à cette seconde famille, tout comme les élixirs d'abbaye et les amers. Le pastis et l'absinthe en sont des voisins plus anisés. Les liqueurs de plantes se boivent en général plus fraîches et se prêtent mieux au registre digestif.
Chez les spiritueux blancs, la vodka mise sur la neutralité du distillat, le gin sur le genièvre et un bouquet de plantes aromatiques, le rhum blanc et la cachaça sur la canne. Aucun d'eux ne contient de sucre ajouté, ce qui les distingue nettement d'une liqueur. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils servent de base aux cocktails, la liqueur venant apporter le parfum et la rondeur. Une liqueur de menthe joue ce rôle d'appoint autant que celui de digestif servi seul.
Les alcools de garde forment une troisième famille : whisky de malt ou de seigle, bourbon, cognac, armagnac, rhum vieux, marc et grappa, tous marqués par un vieillissement en fûts de chêne qui apporte vanille, caramel et épices. Leur complexité vient du bois et du temps, jamais du sucre. Cette liqueur de menthe suit exactement le chemin inverse : pas de barrique, pas de maturation longue, mais une plante travaillée pour rester fraîche. Deux façons opposées de conclure un repas.
Le service se joue à la température : très frais, nature en digestif, ou allongé d'eau glacée. La bouteille supporte le passage au réfrigérateur, et même un séjour au congélateur pour un service très froid, sans que le liquide ne fige, grâce à ses 30 %. Les occasions vont du digestif de fin de repas au rafraîchissement d'été, en passant par la base de cocktails. Trois à quatre centilitres suffisent, seuls ou dans un long drink.
Une dose allongée d'eau très froide et de glaçons : c'est la préparation la plus simple et la plus efficace, surtout l'été. L'eau révèle le menthol au lieu de le diluer, parce que la liqueur n'a pas de sucre pour l'alourdir. Un verre haut, beaucoup de glace, éventuellement une feuille de menthe fraîche ou une rondelle de citron vert, et le rafraîchissement est prêt. La même logique fonctionne avec une eau gazeuse, qui apporte de la vivacité supplémentaire.
Le Stinger associe cognac et liqueur de menthe, remués sur glace puis servis frais : un classique du bar d'après-guerre, sec et mentholé, qui a traversé les décennies sans changer de formule. L'intérêt tient au contraste entre la rondeur boisée de l'eau-de-vie de vin et la fraîcheur tranchante de la menthe. Le cocktail se prépare au verre à mélange plutôt qu'au shaker, pour garder la limpidité, et se sert sans glaçons dans un verre bien froid.
Une même bouteille pour deux moments opposés : le petit verre servi très frais après le repas, et le grand verre allongé d'eau glacée quand la chaleur tombe. Le point commun est la température, jamais le dosage. En digestif, trois centilitres suffisent et la finale froide prolonge la sensation bien après la dernière gorgée ; en long drink, la même dose se répartit dans le volume sans que le menthol ne s'efface, parce que le sucre discret ne vient pas alourdir le mélange. C'est cette double lecture qui rend la bouteille utile toute l'année, du dîner d'hiver à l'après-midi d'été, et qui explique qu'elle serve aussi de base à des cocktails.
L'ART DE LA MACÉRATION
Une liqueur ne se distille pas : elle s'infuse. Fruits, plantes, écorces ou fèves macèrent dans l'alcool, qui prend leur couleur et leur parfum, avant d'être adouci par le sucre. C'est cette étape de patience — quelques jours pour un fruit fragile, plusieurs mois pour une racine — qui sépare une liqueur d'une eau-de-vie.
Le sucre fait ensuite la catégorie, et la loi tranche : au moins 100 grammes par litre pour une liqueur, 250 pour une crème, et jusqu'à 400 pour une crème de cassis. Des crèmes de cassis de Bourgogne aux limoncellos de la côte amalfitaine, en passant par les grandes liqueurs de plantes d'abbaye, c'est toute une famille de goûts qui se déploie.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
Fruits mûrs, plantes de montagne, écorces d'agrumes ou fèves de cacao : la matière première d'une liqueur se lit dans son parfum.
LA BASE AROMATIQUE
Du fruit le plus direct à la douceur la plus gourmande : la matière macérée décide du profil de la liqueur, et de la façon de la boire.
Cassis, mûre, framboise, abricot : les crèmes et liqueurs de fruits, les plus sucrées.
Citron, orange, bergamote : limoncello, triple sec et rosolio, vifs et désaltérants.
Génépi, gentiane, verveine, menthe : les liqueurs d'abbaye et de montagne, amères et digestives.
Cacao, café, noix, whisky-crème : onctueuses, pour la fin de repas et le dessert.
LE SERVICE
Une liqueur se sert fraîche et en petite dose. Selon sa famille, elle termine le repas, s'allonge à l'apéritif ou vient arroser un dessert.
Astuce : la liqueur ne vieillit plus une fois en bouteille — conservez-la debout, bien fermée, à l'abri de la lumière ; elle se garde des années sans s'altérer.
EN MIXOLOGIE
Une liqueur apporte au cocktail ce qu'aucun autre ingrédient ne sait donner : de la couleur, du sucre et un parfum franc. Quelques centilitres suffisent à faire basculer un verre.

Une dose allongée d'eau très froide et de glaçons : le service le plus simple, très rafraîchissant l'été.

Cognac et liqueur de menthe remués sur glace, puis servis frais. Un classique du bar d'après-guerre, sec et mentholé.

3 cl de liqueur de menthe, 3 cl de liqueur de cacao et 3 cl de crème, frappés et servis en verre à cocktail.
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Digestif de fin de repas, rafraîchissement d'été, cocktails.
France
Se sert fraîche, en petite dose : nature, allongée ou en cocktail.

LA FICHE
Degré
30.0% vol.
Contenance
70 cl
Type
Liqueur
Base aromatique
Plante & herbe
Ingrédients
Service
Servir très frais, nature en digestif, ou allongé d'eau glacée.
Région
Alsace
Pays
France
Teneur en sucre
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