Liqueur · Alsace
Nusbaumer · Liqueur de Myrtille
Nusbaumer Liqueur de Myrtille
France
70 cl
Fruit
moped_package Livré entre le et le
Une liqueur alsacienne bâtie sur la baie sauvage des versants boisés, dense et peu sucrée.
Quatre éléments composent cette bouteille de 70 cl : des myrtilles sauvages, une eau-de-vie de myrtille, un sirop de sucre et l'eau de source des Vosges. À 30 %, elle se situe dans le haut de la gamme des liqueurs de fruits en degré d'alcool, ce qui lui donne une tenue et une longueur inhabituelles pour une liqueur de baies. La distillerie du val de Villé, familiale et indépendante, travaille les baies et les plantes sauvages des versants boisés autant que les fruits du verger : la myrtille sauvage en est l'expression la plus directe.
La myrtille sauvage n'a rien à voir avec sa cousine cultivée : plus petite, plus foncée, plus acidulée, elle concentre un parfum que la cueillette en sous-bois rend irrégulier mais autrement intense. L'assemblage l'associe à une eau-de-vie de la même baie, obtenue par fermentation puis distillation, qui apporte la profondeur et la longueur que le fruit seul n'aurait pas. C'est cette double lecture, le fruit macéré et son distillat, qui donne à la liqueur son caractère velouté et sa persistance en fin de bouche.
La teneur en sucre n'est pas communiquée par la maison, mais l'équilibre en bouche est sans ambiguïté : le sirop reste discret et laisse le fruit devant. La réduction se fait à l'eau de source, puis la liqueur est filtrée à froid avant la mise en bouteille, ce qui garantit la stabilité de la robe et l'absence de dépôt. Ce sont ces choix qui séparent une liqueur de baies d'un sirop alcoolisé : ici, le sucre lie, il ne masque pas.
La dégustation se fait entre 6 et 10 °C, une fourchette étroite mais décisive : trop froide, la liqueur se ferme ; trop chaude, l'alcool prend le dessus. Le profil se résume à trois traits (fruité, velouté, sauvage) et se déploie de façon très régulière, sans rupture entre le nez et la finale. Un petit verre suffit, sans carafage ni aération. C'est une bouteille qui se lit vite et bien, y compris pour un dégustateur peu familier des liqueurs.
La robe est profonde, bleu-violacé, presque opaque dans le verre : la lumière n'y passe qu'en périphérie, où apparaissent des reflets violets. Cette densité visuelle est la signature des baies noires et annonce la concentration aromatique. Elle explique aussi le rendu spectaculaire de la liqueur dans un kir, où quelques centilitres suffisent à colorer tout un verre de vin blanc. Aucun trouble ni dépôt : la filtration à froid a fait son travail avant la mise en bouteille.
Le nez est intense, sur les fruits noirs, quelque part entre la mûre et la confiture de framboise. Il s'ouvre immédiatement, sans qu'on ait besoin d'agiter le verre, et garde cette générosité tout au long du service. On est dans un registre de baies mûres plutôt que de fruits frais, mais sans les notes caramélisées d'une cuisson longue. Cette intensité aromatique est ce qui permet à la liqueur de rester parfaitement identifiable une fois allongée de crémant ou d'eau gazeuse.
La bouche est marquée par la myrtille sauvage, avec une texture veloutée et un sucre discret qui laisse le fruit occuper le devant de la scène. Il n'y a ni pesanteur ni sensation confite : la matière glisse et s'étire. La finale est persistante, sur la violette et une note florale qui élargit le registre et surprend agréablement après un nez aussi fruité. C'est cette fin de bouche, plus délicate que l'attaque, qui distingue la bouteille des crèmes de fruits classiques.
Le service se fait frais, entre 6 et 10 °C, en digestif ou sur glaçons selon le moment. Deux à quatre centilitres suffisent : la concentration du fruit fait qu'une petite dose colore et parfume largement un verre. Les occasions vont du digestif de fin de repas au kir de caractère, en passant par l'accompagnement des desserts au chocolat noir. Une fois ouverte, la bouteille se garde debout, à l'abri de la lumière, sans que les arômes s'altèrent.
Deux centilitres au fond du verre, complétés de vin blanc sec ou de crémant d'Alsace : le kir myrtille est un kir de caractère, plus profond et moins sucré que la version classique à la crème de cassis. La robe presque opaque de la liqueur donne au verre une couleur intense, et la note florale de la finale répond bien à la vivacité d'un blanc sec. Avec un crémant brut, le résultat gagne en tension et convient parfaitement à un apéritif d'hiver.
Quatre centilitres servis sur glaçons, avec un zeste de citron pour relever le fruit : le service on the rocks est le plus direct, et sans doute le plus fidèle au profil de la bouteille. La glace ouvre la texture veloutée sans diluer les arômes, et l'agrume vient trancher la douceur. Un verre bas, un gros glaçon, un zeste pressé au-dessus du verre pour en libérer les huiles : le geste tient en quelques secondes et suffit à composer un digestif abouti.
Le chocolat noir est l'accord le plus évident : l'amertume du cacao répond à la note florale de la finale, et le fruit noir prolonge la sensation en bouche. La liqueur fonctionne aussi bien versée sur un sorbet, une glace vanille ou une salade de fruits rouges, où elle joue le rôle d'un coulis alcoolisé. Servie très fraîche à côté d'un dessert plutôt que dessus, elle garde davantage de tension et évite d'ajouter du sucre à un plat déjà sucré.
Une liqueur de baies occupe une place bien précise dans le paysage des spiritueux, et la confusion avec les crèmes ou les eaux-de-vie est fréquente. Un rappel des catégories permet de savoir ce que l'on sert : la présence ou l'absence de sucre, le passage ou non par l'alambic, la durée de vieillissement changent tout. Ce détour est donné à titre de repère et ne dit rien de plus sur la composition de cette bouteille, limitée aux myrtilles, à leur eau-de-vie, au sucre et à l'eau de source.
Une eau-de-vie de fruit s'obtient par fermentation puis distillation à l'alambic, sans sucre ajouté : c'est le principe du kirsch, de la mirabelle, de la poire williams ou de la framboise, tous secs et à haut degré d'alcool. Une liqueur, elle, repose sur la macération ou l'infusion du fruit dans l'alcool, complétée d'un sirop de sucre. Le vocabulaire de la distillerie leur est commun (vergers, cueillette, alambics, distillat) mais le résultat dans le verre n'a ni le même degré ni le même usage.
Chez les liqueurs de fruits rouges, les crèmes forment une catégorie à part, bien plus dosée en sucre : crème de cassis, crème de framboise ou crème de mûre relèvent d'une réglementation qui impose un minimum de sucre par litre. Les liqueurs de fraise, de framboise, de sureau ou de griotte sont en général plus légères et plus vives. Les liqueurs de plantes (génépi, gentiane, chartreuse, verveine) jouent, elles, sur un tout autre registre, celui de l'infusion et de l'amertume.
Enfin, la famille des spiritueux de garde suit une logique inverse : whisky de malt ou de seigle, bourbon, cognac, armagnac, rhum vieux, marc ou grappa tirent leur complexité d'un vieillissement en fûts de chêne, qui apporte vanille, caramel, épices et couleur. Le temps y remplace le sucre. Une liqueur de myrtille se boit au contraire jeune, sur la fraîcheur de la baie, et n'a jamais vu de barrique.
L'ART DE LA MACÉRATION
Une liqueur ne se distille pas : elle s'infuse. Fruits, plantes, écorces ou fèves macèrent dans l'alcool, qui prend leur couleur et leur parfum, avant d'être adouci par le sucre. C'est cette étape de patience — quelques jours pour un fruit fragile, plusieurs mois pour une racine — qui sépare une liqueur d'une eau-de-vie.
Le sucre fait ensuite la catégorie, et la loi tranche : au moins 100 grammes par litre pour une liqueur, 250 pour une crème, et jusqu'à 400 pour une crème de cassis. Des crèmes de cassis de Bourgogne aux limoncellos de la côte amalfitaine, en passant par les grandes liqueurs de plantes d'abbaye, c'est toute une famille de goûts qui se déploie.
À LA DÉGUSTATION
LA MATIÈRE
Fruits mûrs, plantes de montagne, écorces d'agrumes ou fèves de cacao : la matière première d'une liqueur se lit dans son parfum.
LA BASE AROMATIQUE
Du fruit le plus direct à la douceur la plus gourmande : la matière macérée décide du profil de la liqueur, et de la façon de la boire.
Cassis, mûre, framboise, abricot : les crèmes et liqueurs de fruits, les plus sucrées.
Citron, orange, bergamote : limoncello, triple sec et rosolio, vifs et désaltérants.
Génépi, gentiane, verveine, menthe : les liqueurs d'abbaye et de montagne, amères et digestives.
Cacao, café, noix, whisky-crème : onctueuses, pour la fin de repas et le dessert.
LE SERVICE
Une liqueur se sert fraîche et en petite dose. Selon sa famille, elle termine le repas, s'allonge à l'apéritif ou vient arroser un dessert.
Astuce : la liqueur ne vieillit plus une fois en bouteille — conservez-la debout, bien fermée, à l'abri de la lumière ; elle se garde des années sans s'altérer.
EN MIXOLOGIE
Une liqueur apporte au cocktail ce qu'aucun autre ingrédient ne sait donner : de la couleur, du sucre et un parfum franc. Quelques centilitres suffisent à faire basculer un verre.

2 cl de liqueur de myrtille au fond du verre, complétés de vin blanc sec ou de crémant d'Alsace.

4 cl servis sur glaçons, avec un zeste de citron pour relever le fruit.

3 cl de liqueur, 4 cl de gin et 2 cl de jus de citron, secoués fort sur beaucoup de glace.
Choisie et validée par le caviste Trinquay.
Digestif, kir de caractère au vin blanc sec ou au crémant, accompagnement des desserts au chocolat noir.
France
Se sert fraîche, en petite dose : nature, allongée ou en cocktail.

LA FICHE
Degré
30.0% vol.
Contenance
70 cl
Type
Liqueur
Base aromatique
Fruit
Ingrédients
Service
Servir frais, entre 6 et 10 °C, en digestif ou sur glaçons.
Région
Alsace
Pays
France
Teneur en sucre
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